Altars of Fab' Death

Discharge : Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing

Oeuvre culte si il en est, le premier album de Discharge chamboule de par sa violence et sa noirceur une culture punk mourante, en mal de fraicheur et ne présentant plus grand interêt.

Formé a Stroke-on-Trent en Grande Bretagne, Discharge apparait dans le paysage punk anglais en 1977. Le groupe se compose alors des frères Roberts, Terry et Tony, de Roy Wainright et Tony Axon. Dès sa première démo le groupe se démarque énormément de la scène punk contemporaine par un son très agressif et une saturation au niveau des guitares incroyable, puisant ses influences chez les Clash, The Damned et plus tard chez Motörhead.

Après plusieurs changements de line-up, qui verra entre autre arriver dans la formation le charismatique Cal (Kelvin Morris) au chant, un mini-album, Why, et une tournée avec The Exploited et Anti Nowhere League, le groupe rentre en studio pour enregistrer le premier album de Discharge,  Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing. Mike Tanya les ayants vu jouer en concert leur proposa alors un deal chez Clay Records, le label de Mike Stone. L’album redéfinit intégralement le son punk anglais, guitares saturées au maximum, chants carrément braillés, vitesse démentielle et solos complètement déstructurés,s’imposant ainsi comme les leaders d’un punk outrageusement agressif et posant les bases d’un nouveau style musical : le D-Beat. Sorte de Hardcore Punk minimaliste, cradingue, lourd, extrêmement rapide avec une rythmique quasi-hypnotique qui fera des émules un peu partout dans le monde, du Japon aux USA en passant par la Scandinavie. Les morceaux dépassent rarement les 2 minutes, c’est dire l’intensité de leur musique.

Discharge ne fait pas dans la dentelle et délivre son message franco de port. “Cal” vomit littéralement son flot de paroles et “Bones” assènes du riff acéré sous les déflagrations de “Tez” le tout légèrement arrondi par la basse bien présente de “Rainy”. Sur une production étonnamment moderne. Aidé de textes hautement revendicatif, anarcho-pacifiques et anti-establishment, d’ailleurs plus des slogans scandés que de véritables paroles, les 4 fous furieux réinventent ici le terme “Punk”, avec une bonne grosse dose de “Do It Yourself”. Les premiers 45 T seront d’ailleurs vendus depuis le coffre de la voiture de Stone, montrant ainsi le désir d’intégrité et d’indépendance du groupe, s’attirant ainsi les bonnes grâces de la scène underground Punk, devenue moribonde depuis la chute de ses ténors.

Alliant la simplicité à la rage le groupe lâche ici une musique d’une violence inouïe et d’une vitesse hallucinante , alors encore jamais égalées, politisée à l’extrême, noire, angoissante, vile et typiquement urbaine reflétant ainsi une Angleterre ouvrière morose. Le groupe fut d’ailleurs souvent décrié pour ses prises de positions politiques.

Jonction idéale entre la lourdeur du Metal et la folie du Punk, Discharge se pose en réconciliateur des frères ennemis. Rarement un groupe avait été aussi influent. Servant de modèle aux futurs groupes de Thrash, Grind et Crust. Devenant même l’inspiration majeurs des Napalm Death, Extreme Noise Terror, Metallica et autre Slayer. D’ailleurs faut-il rappeler que Hannemann et Hetfield portaient régulièrement un T-shirt à l’effigie du groupe dans leur jeunesse? Hommage ultime à un groupe qui défonça les portes du Rock à coups de riffs burnés et de paroles sanguignolantes, se foutant définitivement des conventions. Pas de compromis.

Barback (www.spirit-of-metal.com).

Redéfinissant les règles d’un punk mourant, Discharge débarque avec 27 minutes d’un hardcore métal survolté, d’une énergie et d’un enthousiasme imparables. En 1982, le groupe Britannique réussit, sans en mesurer la portée, le premier mariage entre l’agressivité punk et la lourdeur métallique, influençant directement tous les jeunes protagonistes de l’époque, qui allaient définir les scènes HC/grind & thrash de demain. Indispensable pour comprendre la génèse du mouvement extrême. Fabien.

> - Les guests -, Discharge — fabien @ 0:15

23 janvier 1982