Altars of Fab' Death

Disgorge (USA) : Parallels of Infinite Torture

Disgorge (USA) : Parallels of Infinite Torture

Trois ans après avoir marqué les esprits avec l’effroyable Consume the Forsaken, Disgorge remet le couvert en cette année 2005, fort du nouveau growleur Levi Fuselier, au guttural tout aussi incompréhensible que son prédécesseur AJ Magana, et du guitariste Ed Talorda, renforçant l’équipe à la seconde guitare. Le gang californien s’embarque ainsi au Blackbeard Studio de San Diego, pour les sessions de Parallels of Infinite Torture, débouchant sur sa sortie chez Crash Music en mai 2005, muni d’une illustration de l’incontournable Jon Zig.

Alors que nombre de formations s’assagissent avec le temps, Disgorge conserve quant à lui sa brutalité légendaire, plus extrême et suffocant que Broken Hope, Incantation et Suffocation réunis. Le couple rythmique Myers / Marlin martèle en effet comme jamais, servant les riffs aussi précis qu’étouffants du duo Sanchez / Talorda, et le guttural horrifiant de Fuselier, à l’image de Revealed In Obscurity & Enthroned Abominations, aux paroles d’un ésotérisme particulièrement malsain.

Pourtant, au-delà de son extrême brutalité, Disgorge épaissit encore son style, grâce l’apport d’une seconde guitare, lui permettant de nuancer considérablement ses riffs. Le groupe soigne parallèlement ses atmosphères, variant ses tempos à coup de breaks écrasants ou d’interludes instrumentaux judicieux, à l’instar des mémorables Atonement et Forgotten Scriptures, mais prend également le temps d’enrichir ses compositions, qui s’étendent au final sur une durée conséquente de 44 minutes.

Usant de rythmiques d’une lourdeur insoutenable, de guitares accordées très bas et d’un guttural parmi les plus terrifiants du circuit, Parallels of Infinite Torture ne s’adresse donc qu’à un public plus le moins limité. Mais, au delà de cette déferlante sonore, l’auditeur averti découvre au fil d’écoutes attentives que cette débauche de brutalité à pourtant un sens, délivrée par un combo d’une technique irréprochable, maîtrisant son sujet et soignant parfaitement ses ambiances. Parallels s’inscrit en effet comme l’effort le plus abouti de Disgorge à ce jour, dépassant l’imparable Consume the Forsaken en terme de profondeur, et se situant désormais à mille lieux du death expéditif de She Lay Gutted.

Fabien.

> - Les chroniques -, Disgorge (US) — fabien @ 3:45

17 mars 2008

Disgorge (USA) : Consume the Forsaken

Disgorge (USA) : Consume the Forsaken

Trois ans après l’abominable She Lay Gutted, avec sa pochette et ses textes outranciers, Disgorge revient battre les tympans des métalleux les plus endurcis. Il délaisse cette fois son gore inutile et choquant, adoptant un concept plus sobre en apparence, mais tout aussi malsain, jetant cette fois son dévolu sur le messie et ses douze apôtres. Reconduisant son contrat avec l’écurie Unique Leader, le quatuor de San Diego rejoint Chris Djuricic au Studio One en février 2002, pour les sessions de Consume the Forsaken, son troisième méfait impeccablement illustré par l’incontournable Jon Zig.

Version extrême de Cannibal Corpse et Suffocation réunis, Disgorge reste fidèle à son death brutal et particulièrement étouffant. Dès le terrible Demise Of The Trinity, le couple rythmique de Ricky Meyers et Ben Marlin (RIP) broie tout sur son passage, à coup de blasts, de roulements et de grondements d’une violence sans limite, mais également d’une maîtrise imparable, servant les riffs techniques et suffocants de Diego Sanchez. AJ Magana, nouvelle recrue au micro, enfonce alors le clou, avec son dégorgement parmi les plus effrayants jamais entendus.

Pourtant, au-delà d’un mur sonore apparemment infranchissable, Consume the Forsaken affiche une précision et une subtilité étonnantes, comblant le fan de death brutal le plus exigeant, depuis les redoutables Perverse Manifestation & Manipulation Of Faith, jusqu’à Divine Suffering et son final écrasant. Bénéficiant en outre d’un enregistrement d’une épaisseur et d’une lourdeur considérables, l’album montre ainsi toute la marge de progression effectuée par Disgorge depuis Cranial Impalement & She Lay Gutted, laissant déjà les deux précédents assauts loin derrière.

Brutal et asphyxiant au possible, ne laissant aucune seconde de répit durant ses 31 minutes, Consume the Forsaken s’adresse avant tout au fan inconditionnel de deathmetal extrême. Ses compositions meurtrières, plus abouties et parfaitement assemblées, hissent sans conteste Disgorge parmi les formations les plus intéressantes du “brutal underground” californien, aux côtés de ses confrères de Deeds Of Flesh.

Fabien.

> - Les chroniques -, Disgorge (US) — fabien @ 2:45

19 février 2008