Altars of Fab' Death

Dismember : The God That Never Was

Dismember est sans conteste une figure emblématique du death metal, un pionnier ayant pondu des merveilles par le passé. Et face à une légende on est en droit d’être exigent.

La pochette de Dan SeaGrave est laide à souhait, quasiment ridicule, premier mauvais point ! C’est un détail, l’important se trouve sur la galette et comment dire… Et bien c’est du Dismember, voila tout ! The God That Never Was aurait pu sans problème sortir il y a 12 ans, sans paraitre en avance sur son temps. Les fans de death metal old school, dont je fais partie, peuvent ainsi largement trouver de quoi se déboucher les conduits auditifs avec ce nouvel album.

Dismember nous balance ainsi des bombes épileptiques de 2 ou 3 minutes, des morceaux en mid-tempos parfaits pour le head-banging et des parties mélodiques “Maideniènne” à souhait, sans oublier Phantoms (Of the Oath), instrumental sympathique sans être toutefois renversant. Bref, aucune surprise sur ce nouvel opus et c’est là tout le problème. La bande de Blomqvist se contente de jouer du Dismember archi classique, aucun morceau n’arrive à recréer la magie des 2 premiers albums, les riffs ne parviennent qu’à de trop rares occasion à être percutant.

The God That Never Was n’est donc pas un mauvais album ; j’esperais toutefois me prendre un gros pain dans la figure avec ce skeud, et non pas une petite claque sur le pif. Vraiment dommage, je croise les doigts pour le prochain car ce groupe est capable de beaucoup mieux…

Tonio (www.spirit-of-metal.com).

Considerant un Where Ironcrosses Grow bien plus convaincant que le moyen Hate Campaign, notamment avec ses relents de Mental Funeral sur le bon Me-God, mais aussi une signature chez l’écurie Regain Records, j’attendais plus de la part de Dismember cette année. Or, tout en dégageant ce côté old school sympathique, The God That Never Was ne constitue effectivement pas le meilleur du groupe suédois à ce jour. J’apprécie toutefois la bande Karki, Blomqvist, Etsby pour leur intégrité et leur amour indéfectible envers le death metal. Sinon, moi j’aime bien la pochette de Dan SeaGrave… Fabien.

> - Les guests -, Dismember — fabien @ 1:30

23 avril 2008

Dismember (SWE) : Where Ironcrosses Grow

Where Ironcrosses Grow

Suite à un Hate Campaign décevant, tant au niveau musical, conceptuel et promotionnel, Dismember quitte le label Nuclearblast pour Karmageddon Media (ex-Hammerheart), espérant retrouver l’impulsion perdue quelques années en arrière. Amputé de Richard Cabeza, ayant quitté le groupe à contre coeur pour rejoindre à l’époque son épouse au Texas (non sans avoir enregistré tout de même les parties de basse sur Where Angels Fear to Tread et Children of the Cross), le noyau des inséparables Blomqvist / Etsby / Karki ressort des studios avec sa sixième réalisation parue en ce mois de mars 2004.

Dismember décide de frapper fort, à commencer par le choix du dessinateur Dan SeaGrave, figure des illustrations death old school, signant une pochette alambiquée rappelant la vieille époque de Left Hand Path ou de Dark Recollections. Côté enregistrement, Fred Etsby hausse sensiblement la barre, donnant plus de corps et de profondeur aux basses, tout en gardant le côté très roots propre au groupe, mais évitant dès lors le son plat des deux précédentes réalisations.

Les compositions sont également plus inspirées, Dismember mélangant habilement sa marque de fabrique suédoise, brutale et mélodique, à des colorations tantôt macabres dignes d’Autopsy (période Mental Funeral) pour citer le break doomy et lugubre de l’excellent Me-God, ou bien tantôt heavymetal aux influences Maiden, notamment lors des soli de Blomqvist ou encore dans ses lignes de guitares mordantes sur le bon Tragedy Of The Faithful.

Malgré tout, le son et la musique de Dismember restent intentionnellement figés dans le temps et résonnent alors petitement face aux hordes prédatrices actuelles. Dans ces conditions, Where Ironcrosses Grow plaira avant tout aux amateurs de deathmetal old school, mais aussi aux fans du quintet suédoie l’ayant lâché depuis quelques années, mais encore prêts à lui donner une seconde chance. En effet, sans renverser des montagnes, son sixième album mérite le détour.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dismember — fabien @ 2:30

1 avril 2008

Dismember (SWE) : Hate Campaign

Dismember (SWE) : Hate CampaignPeu habitué aux changements de line up, Dismember perd coup sur coup Robert Senneback & Richard Cabeza, pourtant présents au sein de la formation depuis 1991. Les deux musiciens sont respectivement remplacés à la guitare et à la basse par Magnus Sahlgren et Sharlee d’Angelo (Arch Enemy), qui rejoignent alors le groupe aux Dat Boot Studios de Stockholm en avril 1999, sous la coupe de leur batteur Fred Estby, pour les sessions du cinquième album. Baptisé Hate Campaign, le disque muni d’une pochette morne sort tardivement en janvier 2000 chez Nuclear Blast qui, en assurant le strict minimum, relègue le groupe au fond de son catalogue.

Perdant deux précieux membres, et ne sentant aucun soutien de la part de son label, Dismember traverse alors une période de doute indéniable, se ressentant au travers de son nouveau cru. Le quintette suédois conserve bien sûr son death tout droit sorti du début des nineties, avec ses rythmiques entraînantes et un son scandinave immédiatement reconnaissable, mais apparaît en revanche bien moins fougueux et inspiré au fil des années.

Hate Campaign débute pourtant sur les bons Suicidals Revelations & Questionable Ethics, mêlant adroitement riffs crus et lignes mélodiques caractéristiques, mais devient rapidement terne au fil de son écoute. Entre les vocaux de Matti Karki manquant de fureur et les soli de David Blomqvist sans éclat, Dismember semble perdre progressivement la rage qui l’animait à ses débuts.

Visiblement pressé d’en finir avec son écurie Nuclear Blast, à l’instar de Deicide avec Roadrunner, Dismember livre ainsi un Hate Campaign de facture honorable, mais possédant en revanche ce côté fâcheusement vite expédié, en faisant l’effort le plus fade de sa discographie à ce jour. L’album se conclût toutefois sur l’intense morceau éponyme et son superbe final en lead de Blomqvist, où le groupe retrouve alors toute son intensité, montrant ainsi sa passion intérieure encore prête à s’enflammer.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dismember — admin @ 2:00

31 mars 2008

Dismember (SWE) : Death Metal

Dismember (SWE) : Death MetalAlors que le deathmetal connaît une crise identitaire en ce milieu des années 90, perdant progressivement de nombreux fans, certains groupes à l’image de Dismember s’accrochent quant à eux au style tant chéri au début de la décennie. De retour aux Sunlight Studios vers la fin d’année 1996, la formation suédoise confirme en effet clairement ses positions, nommant purement et simplement son nouvel album Death Metal, commercialisé en août de l’année suivante par sa fidèle écurie Nuclear Blast.Pour son quatrième effort, Dismember délaisse en partie les accents mélodiques de Massive Killing Capacity, pour retourner vers un death aux consonances un peu plus crues.

Dès le premier titre, le son et le style de la formation reste toutefois parfaitement identifiables, sur les rythmiques caractéristiques de Fred Estby, les riffs typiquement suédois de la paire Blomqvist / Senneback, et le guttural rageur de Matti Karki. Le groupe enchaîne ainsi les titres avec une intégrité exemplaire, à l’image des bons Of Fire & Silent Are The Watchers, où l’on retrouve parallèlement les leads si particulières de Blomqvist, trahissant encore un peu plus sa passion pour le heavymetal d’Iron Maiden.

La production de Skogsberg et d’Estby manque toutefois cruellement d’épaisseur, dotant l’ensemble d’un son assez plat et vieillot, soutenant difficilement la comparaison avec les enregistrements des redoutables High On Blood, Loathing et Black To The Blind (Deranged, Broken Hope, Vader) sortis cette même année. Parallèlement, le groupe reste figé dans le temps, ne montrant aucune progression depuis ses deux premiers albums désormais cultes.

Sans ce soucier des modes, Dismember continue ainsi petitement son chemin en cette année 1997, à l’instar de ses compatriotes de Grave & Unleashed, n’intéressant désormais qu’une poignée d’irréductibles deathsters, principalement de la vieille école. Au-delà, sans friser la transcendance, Death Metal renferme des compositions convaincantes et inspirées, forçant l’admiration devant la conviction inébranlable du quintette suédois, qui fièrement, annonce qu’il ne changera jamais son style, sauf abandon très improbable de son patronyme.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dismember — admin @ 2:00

28 mars 2008

Dismember (SWE) : Massive Killing Capacity

Massive Killing Capacity

Grâce au culte Like an Ever Flowing Stream et à l’excellent Indecent and Obscene, Dismember bénéficie d’une réputation à toute épreuve, s’affichant parmi les chefs de file du deathmetal suédois de l’époque. Le groupe retourne alors aux Sunlight Studios pour les sessions de Killing Massive Capacity, son troisième album, sortant en août 1995 pour le compte de Nuclear Blast, dont les épaules deviennent chaque jour plus solides.

A l’instar de la superbe pochette de Kristian Wahlin, toutefois quelques peu stéréotypée, le groupe délaisse son côté gore et délibérément provocateur, proposant ainsi un death plus lissé, en renforçant son côté mélodique, notamment sur les nombreux soli soignés de David Blomqvist, comme sur l’instrumental Menia. Bien que Wardead renvoie encore l’image d’un Dismember brutal, la majorité des titres de Killing Massive Capacity deviennent en effet plus accessibles, privilégiant les structures middle tempo, à l’image des sympathiques et entrainants I Saw Them Die et Casket Garden.

Dismember n’a toutefois pas réellement changé ses structures dans le fonds, conservant ses riffs traditionnels, et un son made by Tomas Skogsberg immédiatement reconnaissable. Mais bien que parfaitement exécutés, les titres de Killing Massive Capacity restent moins marquants que les brûlots des précédentes réalisations. Ainsi, Collection By Blood & Shape Of Sorrow (copie du fabuleux Dreaming In Read) paraissent bien trop sages, et parviennent difficilement à convaincre.

Alors que plusieurs formations extrêmes passent indéniablement à la vitesse supérieure, à l’image de Death et Suffocation sur les immémoriaux Symbolic et Pierced From Within, Dismember fige quant à lui sa technique à dans le temps, adoucissant même son deathmetal, dont le degré d’intensité et d’excitation s’effrite immuablement au fil des années. Killing Massive Capacity reste toutefois de bonne facture, comblant encore les fans conquis par le touché si particulier du groupe scandinave.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dismember — fabien @ 6:45

12 décembre 2007

Dismember (SWE) : Indecent And Obscene

Indecent And Obscene

En 1993, fort d’un Dark Recollections et d’un Like an Ever Flowing Stream très convaincants, sortis sur les noms respectifs de Carnage & Dismember, la bande d’Etsby, Blomqvist & Kärki doit désormais confirmer son statut de leader chez le label Nuclear Blast, mais aussi son nom sur la scène death métal. Tout d’abord, le groupe choisit de rompre avec la traditionnelle illustration de Dan Seagrave, en optant pour un visuel gore, montrant des boyaux explosés par un logo Dismember en métal. L’effet escompté est réussi, l’album subit les foudres de la censure, notamment dans la Grande-Bretagne puritaine, et fait alors fatalement parler de lui.

Musicalement, Dismember marque également le pas, l’ombre d’Entombed s’éloigne désormais. Effectivement, non seulement David Blomvqist exécute cette fois l’intégralité des solos (autrefois assurés par Nicke Andersson), mais le groupe propose aussi des compositions très abouties et très affirmées, tout en gardant sa marque de fabrique. Le son de l’album est admirable, d’une profondeur impressionnante, avec des guitares plus lourdes que par le passé, mais conservant le son froid typique de Dismember, reconnaissable entre mille.

La formation est parfaitement en place, balançant des titres de grande puissance, à l’image de Case # Obscene ou Reborn In Blasphemy, particulièrement percutants. Mais, malgré des titres d’excellente facture et d’une grande homogénéité, l’album dégage tout de même une certaine linéarité, comparé notamment à Like An Ever Flowing, lequel délivrait au final plus de relief, de mélodies et de fraîcheur.

Heureusement, cette impression de linéarité vole en éclat avec Dreaming In Red, le dernier titre, s’affirmant non seulement comme le meilleur titre de Dismember, mais aussi comme l’un des plus marquants de la longue histoire du death métal. L’équilibre de ce morceau est parfait ; il s’ouvre sur une superbe intro à la basse, supportée ensuite par un solo prodigieux de Blomqvist, puis le titre devient rapide et agressif, pour se clore sur une outro terriblement belle et sombre, avec un nouveau solo renversant, d’une intensité finale rarement atteinte.

En cette année 1993, tout en restant fidèle aux sonorités scandinaves, Dismember s’impose pour de bon sur la scène internationale, en sortant cette fois un album très personnel. Du coup, il fait taire tous les détracteurs, qui pensaient à tort que la formation n’était qu’un clone d’Entombed.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dismember — fabien @ 1:00

18 juin 2007

Dismember (SWE) : Like An Ever Flowing Stream

Like An Ever Flowing Stream

Formé en 1988 autour de Matti Karki, David Blomqvist & Fred Etsby, Dismember figure parmi les pionniers de la scène deathmetal scandinave. La carrière du groupe est alors mise quelques temps en suspens, lorsque la bande rejoint Michael Amott au sein de Carnage en 1989/1990. Puis, suite du départ de Michael chez Carcass, le trio poursuit la route en reprenant ses activités sous le nom de Dismember, complétant le line-up par le bassiste Richard Cabeza et le second guitariste Robert Senneback.

Like an Ever Flowing Stream, premier disque du groupe, est alors enregistré dans la foulée, et sort mi-1991 sous la bannière NuclearBlast, désormais à plein régime dans le deathmetal. D’entrée, le ton est donné avec une illustration DanSeagrave et une production Tomas Skogsberg aux Sunlight Studios, rappelant incontestablement Left Hand Path et Dark Recollections, sortis tout deux une année auparavant. Mais la similitude avec les albums d’Entombed et de Carnage ne s’arrête pas là, la musique se situant dans la même veine.

On retrouve en effet le jeu très caractéristique de la scène death scandinave, avec ce son très froid, accordé en si, et cette touche à la fois brutale, sombre & mélodique. Les soli sont d’ailleurs exécutés par Nicke Andersson, leader d’Entombed à l’époque. Tel Override of the Overture ou l’excellent Sickening Art, chaque titre reste judicieusement pensé, possédant soit un break fracassant, une accélération vicieuse ou un solo exquis, conférant au disque un intérêt sans cesse renouvelé. L’oeuvre dégage également une grande spontanéité, avec ses morceaux directs et entraînants, à tel le redoutable And So Is Life et son riff d’intro particulièrement tranchant.

Like an Ever Flowing Stream est également l’un des premiers disques deathmetal ayant connu les foudres de la censure, avec ses interprètes couverts de sang sur le dos du LP et son morceau Skin Her Alive, au titre sans équivoque. Mais ce genre de déboires, apportant au final toujours plus de publicité que de nuisance, permet au groupe, à l’instar de Cannibal Corpse & Deicide, de bénéficier d’un d’intérêt supplémentaire, en plus des qualités indéniables de ses compositions, et de son apport sur la scène deathmetal de l’époque.

Premier album de Dismember, ou second album de Carnage (à vous de choisir), Like an Ever Flowing Stream s’impose rapidement parmi les classiques de la scène deathmetal, propulsant Dismember et son écurie NuclearBlast sous le feux des projecteurs, confirmant ainsi toute la dangerosité de l’école death suédoise.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dismember — fabien @ 8:30

17 juin 2007