Altars of Fab' Death

D.R.I : Crossover

Croisement parfait entre le côté “raw” du Hardcore et l’aspect plus maîtrisé du Thrash, DRI incarne cette génération de musiciens 80’s, comme Suicidal Tendencies, Cro-Mags , MOD ou encore Wehrmacht, désireux de faire fusionner ces deux courants musicaux, parents historiques.

Consolidant définitivement les bases d’un Thrash Hardcore massif et furibard, jetées 2 ans plus tôt par la bande à Milano avec son Speak English Or Die, les “imbéciles sales et pourris” sortent Crossover, synthèse parfaite des deux genres et point de ralliement des moshers de tout bords. Le terme même de Crossover, qui signifie “croisement”, devient alors un style à part entière,tout comme l’avait fait avant eux les canadiens de DOA et leur Hardcore’81. Les Texans se débarrassent du coup de leurs principales indisciplines punk pour s’orienter vers un style plus structuré et thrash, tendance confirmée depuis Dealing With it sorti en 1985. Le résultat donne une musique plus étoffée et beaucoup moins anarchique qu’auparavant.

Dès The Five Year Plan on sent que le groupe a beaucoup mûri. Riff lourd, batterie carrée, les plans sont moins désordonnés que sur leurs premiers lp, avec des parties instrumentales plus conséquentes qui laissent apparaitre de ci de là de timides solos de guitares.

DRI donne ainsi un aspect légèrement plus mélodique à sa musique, comme avec Probation qui commence sur une ligne de basse entrainante et solo avant de dégénérer, comme d’habitude, dans la furia totale. Le chant de Brecht est toujours aussi braillard mais moins en avant que par le passé au profit de guitares nettement plus présentes et d’une basse terriblement cinglante. Les morceaux sont dans l’ensemble plus longs et mieux construits, notamment au niveau des intro, avec des schémas plus conventionnels et des transitions bien plus cohérentes, le tout allant en moyenne de 3 à 4 minutes. On est loin de la vélocité expéditive des débuts. La production est d’ailleurs plus axée “Metal” et moins rugueuse. Le groupe n’en oublie par pour autant ses racines punks et parsème son Thrash Hardcore d’accélérations aussi violentes que soudaines donnant lieu à de virulents mosh part. Engagé dans ses textes, DRI évoque pêle-mêle les problèmes de drogue, la religion ou encore la prolifération nucléaire, sujets bien éloignés des préoccupations d’ado décrites sur Dirty Rotten LP.

C’est aussi le premier album du groupe sur le jeune label de Brian Slagel, Metal Blade, alors que le groupe attire une foule toujours plus grande et bigarrée, à l’image des metalheads, punks et autres skins qui arpentent leurs concerts, bien que certains des premiers fans punk aient lâché le groupe après ce virage metal. Le succès aidant, DRI entamera une tournée européenne à la suite de laquelle leur bassiste, Josh Pappe, ira chez les skateurs alcooliques de Gang Green, alors en pleine transition Thrash eux aussi.

Genèse du Crossover, cet opus sonne encore aujourd’hui très “fresh” et rivalise sans peine avec bon nombres de formations actuelles aux productions lisses et sans âme. Un album chaudement recommandé quand on a les lombaires solides.

Barback (www.spirit-of-metal.com).

Si le croisement entre le thrash et le hardcore possédait déjà quelques pierres angulaires, à l’image des incontournables Age of Quarrel ou Speak English Or Die de Cro-Mags & SOD, DRI a effectivement standardisé le mouvement en 1987, en lui donnant un nom, au travers son album Crossover. Ce troisième album des Dirty Rotten (fort bien enregistré par Bill Metoyer) est ainsi essentiel dans l’histoire du thrash des eighties, confirmant l’explosion du crossover en cette année 1987, aux côtés d’autres pépites comme Join the Army ou USA for MOD de Suicidal Tendencies & MOD. Fabien.

> - Les guests -, D.R.I. — fabien @ 6:30

23 juillet 2008

DRI : Dirty Rotten LP

DRI : Dirty Rotten LPC’est début 1983 que les jeunes Dirty Rotten Imbeciles sortent leur premier album Dirty Rotten LP, un album de 22 titres pour moins de 18 minutes, vendu pratiquement sous le manteau, mais ne l’empêchant pas de se faire rapidement connaître. Puis, en 1987, l’album sort pour la première fois en format CD, couplé avec le EP Violent Pacification et deux inédits, exactement dans le même esprit, constituant ainsi une galette de 28 titres pour 25 minutes. Au passage, une nouvelle pochette est dessinée, conférant un côté plus métal au disque, lequel bénéficie cette fois d’une distribution européenne via Roadrunner.

L’album, à la croisée entre les mondes speed metal et punk, est un album typique de hardcore metal, précurseur de cette scène encore naissante à l’époque. Mais ce qui frappe le plus à sa sortie, c’est l’extrême rapidité et brutalité de l’opus; les rythmes sont les plus furieux que l’on peut trouver à l’époque, avec Eric Brecht à la batterie qui introduit pour la première fois le blast dans le monde de la musique, avant même Napalm Death et Repulsion (Eric Brecht a joué d’ailleurs un moment dans Death avec Chuck Shuldiner) ; ce n’est certes pas le blast tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais l’aspect ultra tapageur est bien présent. En 1983/84, DRI est alors très vite catalogué comme le groupe le plus rapide de tous les temps ; l’histoire veut également que le Stage Diving (monter sur scène), à ne pas confondre avec le Slam (nager sur les gens), soit né lors des fameux concerts du groupe.

Dès le premier titre, l’excellent I Dont’t Need Society, l’avalanche de riffs, de blasts se met en place, sur une vitesse hypersonique, aussi bien musicalement que sur le débit des paroles de Kurt Brecht, qui hurle d’ailleurs plus qu’il ne chante.

Cet album furieux possède une fraîcheur et une énergie vraiment débordantes, les morceaux sont courts mais n’en sont que plus percutants, tandis que d’autres (un peu) plus longs, à l’image du culte Sad To be, sont aujourd’hui de véritables classiques.

Bon, la production est assez limite, avec un son d’album enregistré dans un garage, mais tout le feeling et la violence de l’opus sont bel et bien présents, conférant à l’ensemble cette énergie exemplaire.

Véritable album d’avant-garde en 1983, ce Dirty Rotten LP est un album culte, c’est une étape incontournable dans la longue histoire du métal ; pratiquement 25 ans après sa sortie, ses invitations aux pogos et headbangs les plus fous sont toujours intactes.

PS : Par la suite, DRI choisit une orientation plus métal, entre le thrash et le hardcore, qu’il nomme lui-même Crossover, terme qui deviendra très vite une qualification à part entière dans le monde métal.

Fabien.

> - Les chroniques -, D.R.I. — admin @ 2:00

23 mai 2007