Altars of Fab' Death

Dying Fetus : Destroy The Opposition

Deux ans se sont écoulés depuis l’excellent Killing On Adrenaline qui en disait long sur le potentiel destructeur du death / grind des brutes du Maryland et Dying Fetus a changé se statut. En effet les efforts métalliques déployés sur les précédentes productions ont tapé dans l’œil des responsables de Relapse Records et après l’intermède Grotesque Impalment (mini CD) c’est sous ce label spécialisé dans les combos brutaux (Nasum, Cephalic Carnage,…) que Dying Fetus sort en 2000 Destroy The Opposition.

On remarquera rien qu’à la pochette que le quartette a toujours une dent contre le système et leur gouvernement, l’intérieur du CD est encore plus parlant avec un oncle Sam des dollars à la place des yeux qui dit « I WANT YOU to stop thinking and start killing. », on peut difficilement faire plus explicite.

Côté musique, là non plus la tendance n’est pas vraiment à l’apaisement et quand déboule Praise The Lord (Opium for the masses) la similitude avec leur album précédent est évidente. On retrouve ici tout ce qui a fait la réussite de Killing On Adrenaline, c’est à dire riffs incisifs, blasts à gogos, légères influences hardcore et toujours quelques notes dissonantes qui sont désormais la marque de fabrique de Dying Fetus. D’ailleurs une fois de plus John Gallagher (Non il n’a jamais joué dans Oasis.) se taille une fois de plus la part du lion avec les 5 premières chansons à son crédit (sur 8 au total). Heureusement les trois derniers titres sont également au niveau et Justifiable Homicide, composée par Jason Netherton clôt l’album de façon assez magistrale.

Il est important de préciser que cette galette est loin d’être une redite de Killing On Adrenaline, les américains ont ici canalisé au mieux leur furie sans en abandonner l’énergie mais en structurant les compos d’une façon un poil moins rentre-dedans mais plus carré et aussi efficace, la chanson titre Destroy The Opposition étant le meilleur exemple pour illustrer mes propos. Une autre différence est la production. Dying Fetus a pourtant choisi le confort d’un enregistrement près de chez eux au Studio Rockville (Maryland) ce qui peut parfois s’avérer une erreur, mais force est de constater qu’ils ont eu raison sur ce coup là : le son est plus clair, plus précis et met en valeur la rapidité d’exécution des riffs et le jeu bien technique du batteur technique du batteur Kevin Talley.

Une réussite sur toute la ligne pour Dying Fetus et du coup il n’est pas évident de conseiller des titres plutôt que d’autres, malgré tout ne passez pas à côté de Destroy The Opposition, Pissing In The Mainstream (explicite là aussi !), ou Praise The Lord.

Sachez aussi que Dying Fetus est un redoutable groupes de scène et pour les avoir vu en 2004 (avec d’ailleurs une set-list orientée au maximum sur cet album) au Fury-Fest, peu de groupes arrivent à dégager autant d’énergie sur scène. Vous savez ce qui vous reste à faire si ils passent près de chez vous.

BG (www.spirit-of-metal.com)

Destroy The Opposition constitue une entrée réussie au sein du label Relapse, et confirme sans problème la qualité du death grind de Killing On Adrenaline, saupoudré de ces pointes hardcores délicieuses. Sans sortir véritablement d’albums cultes, le groupe de Gallagher devient pourtant une référence inévitable du style au fil de ses réalisations. Fabien.

> - Les guests -, Dying Fetus — fabien @ 1:15

23 janvier 2000

Dying Fetus : Killing On Adrenaline

Après un début de carrière balbutiant et un album de moyenne facture sortie chez Die-hard en 1996, Dying Fetus change de maison de disque pour atterrir chez les allemands de Morbid Records, écurie spécialisée dans le death brutal et le grind (Nyctophobic, Obscenity, Krabathor…) et vue le style pratiqué par les américains , ils ne changeront pas les habitudes de la maison.

En effet, la bande à John Gallagher évolue dans un style des plus belliqueux, et pas seulement dans le domaine de la musique : un simple coup d’œil à la cover est suffisant pour comprendre la défiance du groupe à l’égard de la nation américaine.

Parlons musique maintenant, et ça envoi du bois sévère. D’ailleurs on ne trouvera point ici d’intro de « mise en condition », le titre Killing On Adrenaline est une belle entrée en matière de près de 6 minutes qui nous en met plein la vue, ça blaste dru et ça grunt gras (pléonasme ?). Mais Dying Fetus ce n’est pas uniquement du bourrinage à tout va : le riff de départ dissonant de Procreate the malformed est du meilleur effet et deviendra au fur et à mesure une des marques de fabriques du groupe.

Il est important de préciser que nous ne sommes pas en présence d’un groupe de brutal death classique, mais plutôt d’un hybride à la croisée des chemins entre ce style, le grind et une pointe de hardcore, à l’image encore de Procreate the malformed et de son mosh-part herculéen. Ce qui est certain c’est que l’ensemble sonne terriblement agressif et carré. L’évolution par rapport a Purification though violence est assez impressionnante, les compositions ont gagné en technicité et efficacité, ce en partie grâce au jeu de batterie dévastateur et précis de Kevin Talley.

Il est inutile de décrire un par un les titres de ce Killing On Adrenaline, il faut simplement savoir qu’ils sont tous diablement efficaces et qu’il vous sera impossible de ne pas secouer la tête au rythme des guitares percutantes du boss Gallagher. On pourra quand même conseiller quelques compos au dessus du lot : Fornication Terrorists hallucinante de brutalité avec un effet délirant sur la voix, Absolute defiance aux riffs très inspirés, ou encore Inventional manslaughter, sprint final à la vitesse de la lumière agrémenté de grunts puissants.

Dans tous les cas rien n’est à jeter sur ce Killing On Adrenaline qui mettra sur le cul n’importe qui ne l’ayant jamais écouté. De plus la production, sans atteindre des sommets est suffisante pour mettre en valeur cette galette alors si vous aimez Suffocation et Deeds Of Flesh saupoudrés d’une pincée de hardcore, ne passez pas à côté de cette bombe datée de 1998, éclipsée peut-être par la victoire finale des bleus cette année.

BG (www.spirit-of-metal.com)

Killing On Adrenaline est effectivement un album marquant dans la carrière du groupe de Gallagher, qui lui vaudra une signature méritée chez Relapse, le spécialiste des groupes death grind à forte personnalité. J’appréhende l’album de la même façon que toi et à ce titre, je n’ai rien à ajouter. Merci pour ta rédaction. Fabien.

> - Les guests -, Dying Fetus — fabien @ 0:15

23 janvier 1998