Altars of Fab' Death

Element (USA) : Aeons Past

Element (USA) : Aeons PastOriginaire de l’état de Californie, terre propice à nombre de formations brutaldeath depuis l’essor de Disgorge ou Deeds Of Flesh, Element se forme en 2004, plus exactement dans la ville de San Diego, autour des guitaristes / chanteurs Mason Gregory & Chris Lozano. Possédant un seul EP à son actif, mais fort d’un line up complet comptant notamment l’excellent KC Howard derrière les fûts (futur Odious Mortem et Decrepit Birth), le groupe est rapidement prêt pour l’enregistrement d’un premier album. Dès octobre 2005, il rejoint ainsi l’ingénieur Matt Sotelo (Decrepit Birth) dans ses propres studios, pour les sessions d’Aeons Past.

Avec un album sous le bras, Element décroche un contrat avec la jeune écurie BrutalBands, qui possède déjà quelques formations telles Devourment, Emeth ou Abysmal Torment dans son catalogue. Aeons Past sort toutefois tardivement, bénéficiant d’une commercialisation en janvier 2007, quasiment une année et demi après sa mise en boite.

Autour de sujets traitant principalement de science fiction, loin des stéréotypes macabres habituels, Element déploie un brutaldeath d’une complexité remarquable. La vitesse et la précision des roulements et blast-beats de KC Howard impressionnent, supportant impeccablement les jeux de Chris & Manson. Les deux guitaristes prennent alors un malin plaisir à superposer leurs riffs techniques et à entremêler leur chant guttural, apportant une nuance toute particulière aux compositions.

Adroitement ficelés, joués avec vitesse et dextérité, des titres comme Cursed Through Time ou Sentiment Dissolve impressionnent ainsi par leur mise en place. La majorité des compositions d’Aeons Past manque en revanche de passages singuliers ou de soli éclatants, qui permettraient d’éviter la fâcheuse interchangeabilité des morceaux. En revanche, lorsque le groupe prend le temps d’insérer quelques parties acoustiques, à l’instar du titre éponyme et de l’instrumental Within Singularity qui clôturent superbement l’album, il installe de suite une tout autre atmosphère et apporte enfin le relief tant attendu.

D’une maturité remarquable pour un premier album, le quatuor californien lâche ainsi un brutaldeath technique offrant de multiples lectures, toutefois encore un poil trop linéaire. Les thèmes futuristes d’Aeons Past et les touches progressives de ses deux derniers morceaux préparent alors le terrain aux brillantes formations voisines telles Odious Mortem, Decrepit Birth ou Severed Savior, largement influencés par le style d’Element sur leur futur Cryptic Implosion, Diminishing Between Worlds et Servile Insurrection, qui s’imposeront quelques mois plus tard sur la scène nord américaine.

Fabien.

> - Les chroniques -, Element — admin @ 2:00

17 septembre 2009