Altars of Fab' Death

Epidemic (USA) : The Truth of What Will Be

Epidemic (USA) : The Truth of What Will BeIssu de San Francisco durant la seconde partie des eighties, Epidemic est la réunion de cinq furieux thrashers bien décidés à repousser les limites de la vitesse, un cocktail supersonique calé entre thrash et deathmetal. La première démo-tape Immortal Minority de 1988 s’enchaine rapidement sur l’enregistrement d’une seconde maquette durant trois journées de décembre 1988, 23 minutes de folie qui arrivent dans les mains du jeune label anglais Metalcore, déjà en contact avec les thrashers texans de Torture et les deathgrinders d’Atrocity dans le Connecticut. Subjuguée par l’extrême rapidité et la violence des sessions qui ne devaient être initialement sorties qu’en démo-tape, la petite écurie propose directement un contrat à nos deathrashers, débouchant en automne 1989 sur la sortie de The Truth of What Will Be en format vinyle suivi du CD en 1990, que d’aucuns citeront comme le premier album de la formation.

N’ayant que la prétention d’une simple maquette, The Truth of What Will Be surprend non seulement par sa qualité de mise en place et d’interprétation, mais également par la clarté et l’incision de sa capture, jouissant notamment d’une basse grondante et d’un son de guitares tout aussi abrasif, sans parler des rythmes de batterie infernaux de Bob Cochran, qui impose une vitesse d’exécution hallucinante à ses collègues, à l’image du morceau Thigh Rubbage destructeur lors de ses accélérations. Enfin, le chant de Carl Fulli d’une teigne sans grand équivalent, transforme ce cataclysme en un déchainement de colère, qui ne demandait qu’à se libérer.

The Truth of What Will Be, c’est aussi la force et l’agression des guitares duo Moggridge / Higbey, à l’image du redoutable AMX idéalement placé en ouverture, assommant dès son riff d’introduction. Lorsqu’Epidemic ralentit plus significativement la cadence (ceci restant relatif chez nos cinq brutes californiennes), ses morceaux deviennent plus longs mais restent tout aussi virulents, pour citer le terrible In Fear We Kill comptant parmi les compositions les plus incisives du quintet, ainsi que le génial Three Witches aux riffs de guitares meurtriers et aux soli rapides & irréprochables, deux titres d’ailleurs repris sur l’album Decameron immortalisé en janvier 1992.

Simple démo pressée en LP/CD ou premier album d’Epidemic pour d’autres, The Truth of What Will Be est un enregistrement d’une rapidité affolante à l’époque, un condensé deathrash dégageant une hargne considérable couplée à un sens du riff imparable. Cet essai permet au quintet californien de rejoindre l’écurie internationale Metal Blade Records dans laquelle il place plein d’espoir, le soutien exécrable de son nouveau label étant malheureusement inversement proportionnel à la hauteur de son talent.

Fabien.

> - Les chroniques -, Epidemic — admin @ 20:57

5 octobre 2012

Epidemic (USA) : Exit Paradise

Exit Paradise

Deux ans après l’enregistrement du redoutable Decameron, passé affreusement inaperçu, Epidemic retourne aux Razor’s Edge Studios en octobre 1993, pour le compte de son écurie Metal Blade. Exit Paradise sort ainsi en juillet de l’année suivante, et présente désormais le groupe californien sous forme de quatuor, suite au départ de son second guitariste Guy Higbey.

Délaissant le côté ultra speed et teigneux de la démo The Truth of What Will Be et de l’album Decameron, Epidemic oriente Exit Paradise vers un death thrash aux tempos résolument plus lourds, mais perd du coup une grande partie de sa hargne, mais aussi de son originalité. Malgré tout, le groupe conserve ses riffs incisifs très typiques et lâche une série de morceaux particulièrement écrasants, à l’iamge des sulfureux Vulture, Deaden ou Institution Of Ignorance, et leurs rythmiques déblayant tout sur leur passage.

Enfin, brillamment mis en valeur la production tranchante et épaisse de Scott Sargeant, Exit Paradise déploie une énergie conséquente, renforcée par la voix arrachée de Carl Fulli. Malgré tout, les titres ne possèdent pas tous la même intensité, certains paraissant même un brin poussifs par rapport aux brûlots habituellement balancés par Epidemic.

Dégageant moins de caractère que le culte Decameron, faute à ses titres moins rapides et plus conventionnels, Exit Paradise reste un album puissant et inspiré, d’une force bien supérieure à la majorité des réalisations deathmetal de cette année 1994. Mais, ne bénéficiant d’aucun soutien de la part de son label, Epidemic ne parvient dès lors pas à s’imposer, restant confiné dans un anonymat qui finit malheureusement par lui être fatal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Epidemic — fabien @ 6:30

6 novembre 2007

Epidemic (USA) : Decameron

Decameron

Suite à sa brillante démo The Truth of What Will Be de 1989 éditée sous la foulée en support CD chez l’écurie Metalcore, Epidemic se fait rapidement remarquer au sein de la scène extrême, notamment par la label nord américain Metalblade Records, conquis par son mélange fracassant entre la lourdeur du deathmetal et l’agressivité du thrash, le tout exécuté avec une rapidité affolante et une rage de tout instant. Le team de Brian Slagel offre ainsi un contrat au quintette de San Franscisco, débouchant sur les sessions d’enregistrement de Decameron en janvier 1992 et à sa parution en aôut de la même année.

Alors que nombre de groupes deathmetal misent sur des ambiances lourdes, une essence gore, anticléricale ou des relents d’outre tombe à grands renforts de chants gutturaux, Epidemic sonne différent de ses homonymes de l’époque. Le groupe mise avant tout sur une agressivité de tout instant, renforcée par la vitesse d’exécution impitoyable des  interprètes et leur placement rythmique tout aussi redoutable. Decameron dégage ainsi tout comme la précédente démo de nos californiens une atmosphère particulièrement violente, renforcée par les vocaux déchirés de Carl Fulli.

Chaque morceau renferme ainsi une teigne considérable, entrainé par un couple basse batterie de folie soutenant les rafales de riffs du couple Highbey / Moggridge tout aussi techniques que meurtrières, le tout libérant ce tourbillon extrême de violence. Les accélérations de Unknown, le riffing assassin de Factor Red, les soli décharnés de Vision Divine, les guitares tranchantes en palm muting de Blown Doors, la vitesse démentielle de Tornado, sont autant de baffes distribuées à la pelle tout au long de Decameron, sur un rythme et un niveau d’intensité qui ne s’essoufflent pas un instant.

On peut ainsi regretter la promotion quasi inexistante de Metalblade Records, ayant distribué à l’époque les albums de Cannibal Corpse à tour de bras (et à juste titre), tout en laissant une pépite comme Decameron, ou encore des Into Eternity et The Bowels of Repugnance (Desultory, Broken Hope) au fond de son catalogue. La rage, la qualité et la singularité du premier album d’Epidemic en tout point renversantes l’inscrivent pourtant parmi les réalisations deathrash les plus rapides et les plus incisives du deathmetal des nineties.

Fabien.

> - Les chroniques -, Epidemic — fabien @ 10:15

27 avril 2007