Altars of Fab' Death

Exmortis : Immortality’s End

Exmortis : Immortality's EndOriginaire du Maryland (ayant aussi vécu en Floride, ce véritable vivier de formations deathmetal), Exmortis se forme en 1987 autour de Brian Werking, Chris Wiser et Aantar Lee Coates, figurant parmi ces premiers groupes deathmetal nord-américains, tout comme Incantation, Immolation ou Goreaphobia, à avoir directement emboiter le pas aux pionniers du style, tel que Death ou Morbid Angel. Circuit des démo-tape oblige, la bande débute avec sa première cassette Descent into Chaos en 1988, encore thrashisante, avant d’enchainer plusieurs concerts en compagnie de Prime Evil, Ripping Corpse, Deceased ou Dr Shrinker durant les deux années qui suivent.

Désormais épaulé par un second guitariste en la personne de Ted Hartz, et ayant entre temps considérablement alourdi son style depuis son premier effort, Exmortis retourne aux studios Zax Trax en 1989 pour les sessions de sa seconde démo-tape Immortality’s End, comprenant quatre titres centraux entourés de deux courts morceaux aux claviers, histoire d’assombrir le climat. Le groupe est immédiatement contacté par l’écurie anglaise Underground Records (CCG), qui édite à cette période plusieurs démos sous forme de vinyle 12′, pour citer Splattered Remains des US-deathsters de Ripping Corpse ou encore Black Bible des british-thrashers de Xyster, autant d’EPs du label ayant la particularité de n’avoir aucune illustration en couverture !

La bonne introduction sur des claviers lugubres nous plonge de suite au cœur d’Immortality’s End, qui terrasse d’entrée avec son titre instrumental éponyme tout en lourdeur, où le couple basse/batterie de Chris et Aantar assomme, servant de moteur à des riffs qui tronçonnent et des soli qui déchirent tout autant, soit un peu plus de deux minutes d’une parfaite montée en puissance se terminant par des coups de tocsin qui appuient idéalement les guitares et épaississent l’atmosphère. La suite n’en est que plus intense, Exmortis accélérant significativement la cadence grâce aux rythmes tapageurs d’Aantar L.Coates, tandis que le chant guttural et agressif de Brian entre en jeu. Le quatuor nous lâche ainsi trois morceaux d’anthologie, The Resurrection à la décélération centrale sans pitié, Beyond the Realms of Madness aux riffs terriblement tranchants, et un Casual Killing tout aussi fracassant.

Après quelques concerts, notre quatuor se sépare hélas en 1990, se reforme le temps de l’EP Fade from Reality toutefois moins intense, puis repart de nouveau en vrille, nos protagonistes se disputant notamment le fameux patronyme d’Exmortis durant de nombreuses années. Si cette mauvaise entente lui coûte à l’époque un contrat avec plusieurs labels intéressés et un album à la clé, le groupe nous laisse en tout cas cette seconde démo-tape qui constitue assurément le meilleur de ses premières années, mais aussi l’une des démos parmi les plus prometteuses du deathmetal nord-américain de cette période. Rééditée en CD-R il y a quelques années par Brian Werking et disponible également sur la compilation de Necroharmonic Records, Immortality’s End se déguste encore comme au premier jour grâce à sa force du riff, son épaisseur et son côté si tronçonnant, un condensé de deathmetal pur jur et sacrément sauvage.

Fabien.

> - Les chroniques -, Exmortis — admin @ 20:59

24 août 2012