Altars of Fab' Death

Exodus : Pleasures Of The Flesh

En accouchant d’un chef-d’œuvre en guise de premier album, Exodus s’est sans doute mis une pression sur ses épaules difficile à gérer. Concrétisant son travail de pionnier et son aura générée dans l’underground californien, Bonded By Blood avait immédiatemment consacré Exodus comme une légende de ce thrash metal naissant. Il va sans dire que le second album du groupe de Gary Holt devient ainsi le centre de toutes les attentions, d’autant plus qu’en cette année 1987 le thrash metal a très largement agrandi sa longue litanie d’albums cultes via une concurrence nombreuse et talentueuse.

Désormais affublé d’un nouveau chanteur en la personne de Steve Souza, Pleasures Of The Flesh a le mérite de ne pas chercher à faire illusion en copiant son aîné.
C’est donc loin de la furie nerveuse et géniale de son illustre prédécesseur que le metal d’Exodus évolue en profondeur. Exit les riffs légendaires si percutants, les envolées enjouées, on a le droit ici à une création plus variée certes, allant explorer de nouveaux répertoires, mais surtout nettement moins inspirée.

Les morceaux les plus rapides sont le plus souvent bâtis sur des bases assez monolithiques, voire monotones, ce qui peut parfois rendre ces passages paradoxalement les plus thrashisants également les plus ennuyeux, comme sur Deranged ou Parasite, quand Faster se veut plus proche de l’héritage de Bonded By Blood, pour un résultat guère plus convaincant. Gary Holt en fait d’ailleurs parfois des tonnes niveau soliste pour faire décoller des rythmiques en panne d’inspiration, même les plus nerveuses (Seeds Of Hate, Choose Your Weapon). Bien évidemment, en toute objectivité, on parvient tout de même à headbanguer gentiment sur bon nombre de passages où la patte Exodus, même moins touchée par la grâce, reste tout de même reconnaissable entre mille.

Là où Exodus surprend plus en profondeur, c’est dans sa propension a ralentir le tempo en s’appuyant sur des rythmiques heavy/thrash carrées, qui mettent assez en valeur le répertoire plus complet de Steve Souza, et qui regroupent les meilleurs soli de l’album (un parfait exemple avec Brain Dead).
En alternant les différentes approches, Exodus parvient quand même à accoucher de solides morceaux, comme Pleasures Of The Flesh, qui alterne le correct et le très bon au travers d’une composition bien bâtie et accrocheuse. On peut également citer le très heavy Chemi-Kill, pour le coup un retour à l’inspiration des guitaristes et une nouvelle preuve du talent de Souza. Le résultat n’est pas pour autant de nature à rassasier les thrashers les plus exigeants et les plus avides de violence et de vitesse…
Déjà lourdement handicapé par le contexte du fameux piège du deuxième album, Pleasures Of The Flesh n’est définitivement pas mis en valeur par une production des plus faiblardes.

Alors certes, Exodus n’est pas passé du groupe de légende au dernier des cancres, en valeur intrinsèque Pleasures Of The Flesh n’est pas un mauvais album en soi, loin de là, mais son écoute suffit à comprendre pourquoi les Californiens, véritables chefs de meute du thrash metal en 1985, rentrent brutalement dans le rang en 1987. Rien de définif ni d’irrémédiable…c’est d’Exodus dont il s’agit, tout de même.

Eulmatt (www.spirit-of-metal.com)

Un second effort sympathique, mais tout de même guère convaincant après l’inoubliable Bonded By Blood. L’album est même poussif et peu inspiré sur plusieurs titres (Parasites), n’introduisant pas Steve Souza de la plus belle manière. Heureusement, Exodus redresse largement la barre deux ans plus tard, sur le très bon Fabulous Disaster, dans le même esprit, mais supérieur à tous niveaux. Fabien.

> - Les guests -, Exodus — fabien @ 6:45

31 octobre 2008

Exodus : Fabulous Disaster

Exodus : Fabulous DisasterAprès un Pleasures of the Flesh en demi-teinte, bien poussif en regard du culte Bonded by Blood, Exodus est bien décidé à remettre les pendules à l’heure en cette année 1989. Fort d’un line up stable, la formation californienne revient ainsi avec son troisième effort, le bien nommé Fabulous Disaster.

D’entrée, le nouvel album annonce le retour d’un thrash plus nerveux, à commencer par ses deux premiers titres, les excellents Act Of Defiance et l’éponyme Fabulous Disaster, emmenés par les rythmiques entraînantes de Tom Hunting, les riffs accrocheurs de Gary Holt et Rick Hunolt, et la voix râpeuse de Steve Souza. Parallèlement, Exodus ralentit judicieusement la cadence et devient alors incroyablement heavy, le temps du superbe Like Father, d’une puissance étonnante, comptant parmi les meilleurs titres d’Exodus et justifiant à lui seul l’achat de l’album.

A l’image de sa pochette amusante, Fabulous Disaster dégage également un thrash emplit de bonhomie, notamment avec ses « backing vocals » caractéristiques, comme sur le très bon Toxic Waltz, ajoutant un relief et une décontraction évidente, et conférant aujourd’hui ces accents délicieusement rétros. Enfin, quelques colorations blues / rock apportent une identité et une originalité appréciables, depuis le fabuleux Cajun Hell et son intro à l’harmonica, jusqu’au sympathique Overdose, reprise d’AC/DC en bonus CD. Au final, seul Low Rider, reprise de War particulièrement mollassonne, s’avère purement dispensable.

Sous ses airs désinvoltes, Exodus revient ainsi avec un troisième album convaincant, réaffirmant du coup toute sa force et sa détermination, mais justifiant également sa place parmi les leaders de la scène thrash Bay Area de l’époque. Aujourd’hui encore, Fabulous Disaster s’inscrit indéniablement comme la réalisation la plus marquante de l’ère “Steve Souza” d’Exodus.

Fabien.

> - Les chroniques -, Exodus — admin @ 2:00

30 octobre 2007

Exodus : Bonded by Blood

Exodus : Bonded by BloodFondé en 1980 à San Francisco par Tom Hunting & Kirk Hammet, Exodus prend véritablement son envol avec l’arrivée de Gary Holt, qui devient son compositeur principal, puis de Paul Baloff, son chanteur charismatique. Peu après le départ de Hammet chez Metallica, le groupe de la Bay Area complète son line up avec Rick Hunolt, fin prêt pour l’enregistrement de son premier album. Initialement prévu sous le nom de A Lesson in Violence en 1984, mais faute de trouver une illustration en rapport avec son titre, le disque est finalement intitulé Bonded by Blood, et sort en avril de l’année suivante.

A sa sortie, Bonded by Blood surprend le monde du metal par sa violence thrash encore inédite. Derrière les fûts, Tom Hunting n’est lâche ses rythmiques fluides et entrainantes, soutenant le team H, la redoutable paire de guitaristes Holt / Hunolt, aux riffs incroyablement percutants, qui justifient à eux seuls la véritable signification du mot thrash (bastonner).

Ainsi, depuis les riffs rugueux du titre éponyme jusqu’aux rythmiques assassines de Strike Of The Beast, en passant par le terrible refrain de There Were None, Exodus balance un thrash à s’en dévisser la tête. De plus, sur ces rythmes de folie et ces rafales de riffs meurtrières, Paul Baloff place sa voix hargneuse, alternant un chant âpre et des cris déchirants, qui renforcent toute la rugosité et le mordant de Bonded by Blood.

Manifeste d’agressivité, Bonded by Blood compte non seulement dans les sorties déterminantes de cette année 1985, aux côtés des indestructibles Hell Awaits et Seven Church (Slayer, Possessed), mais s’inscrit plus généralement parmi les albums incontournables et authentiques du thrashmetal. Mon discours se résume à un simple extrait de ses paroles : « Get on your knees and bow, or learn a Lesson in Violence ».

Fabien.

> - Les chroniques -, Exodus — admin @ 2:00

29 octobre 2007