Altars of Fab' Death

Exoto : Carnival of Souls

Exoto : Carnival of SoulsSi Rest in Peace et Fatal Exposure (Blasphereion, Chemical Breath) représentent les premiers albums deathmetal issus de Belgique entre 1991 et 1992, ils ne touchent toutefois qu’un public confidentiel à l’époque de leur sortie. Parus deux années plus tard, Exaltation of the Eclipse et Carnival of Souls, premiers full-lenght des deathrashers belges d’Anesthesy et Exoto, ne connaissent d’ailleurs pas plus de succès, en partie faute aux faibles moyens promotionnels de leur label Tessa Records, bien qu’Exaltation of the Eclipse bénéficie quant à lui d’une distribution assurée par Blackmark Productions et d’un tirage plus conséquent.

Bref, focalisons-nous sur Exoto. Formé en 1989 et auteur de trois démos parues au début des nineties, le quatuor n’est pas vraiment un nouveau venu lors de la parution de son premier album cinq années après sa formation. Mélange détonant de death et de thrashmetal, Carnival of Souls bénéficie en effet d’un couple basse batterie solide et des riffs de Flip Boonen aussi précis qu’incisifs. Le chant écorché de Chris Meymen s’accorde en outre idéalement à l’agressivité instrumentale d’Exoto, bénéficiant parallèlement d’une réverbération lui apportant un côté un peu plus bestial. Capturé en décembre 1993 aux Midas studios, le tout est doté d’une production claire et relativement claquante, qui renforce la hargne et ce côté live dégagé par nos interprètes.

Depuis le furieux morceau d’ouverture Loss of Identity jusqu’à sa fin, Carnival of Souls distribue ainsi rythmiques agressives, riffs acérés, vocaux rageurs et soli furieux sans vraiment lâcher de test, pour trouver plus particulièrement son point d’orgue sur l’excellent titre Immortality As Defence et son riffing d’entrée déchirant. Exoto ralentit toutefois la cadence à de nombreux instants, à l’image des débuts d’Escape the Eternal Sleep et de Dignity of Entrails montant génialement en puissance, ou encore de la pièce finale Art the Butchery aux guitares acoustiques & accélérations idéalement intégrées et à l’ensemble tout aussi finement ciselé.

Si Carnival of Souls ne révolutionne en rien les styles thrash et deathmetal pour lesquels tant de choses ont si bien été écrites jusqu’à cette année 1994, paraissant même un brin daté à une époque ou le thrashmetal n’a pas forcément le vent en poupe, il reste en tout cas un disque d’une bonne solidité, s’étendant sur 52 minutes ou rien n’est foncièrement à jeter. On peut toutefois lui reprocher ses morceaux de couleur souvent identique et son côté encore scolaire, sans commune mesure avec la violence débridée d’un Decameron (Epidemic) ou la folie contagieuse d’un Shedding of Skin (Protector) parus quelques années auparavant. Enfin, sachant qu’Exoto a rejoint l’écurie Blackmark Productions dès 1995 pour son second album, on est en droit de se demander pourquoi le label suédois n’a jamais pris la peine de rééditer ce bon Carnival of Souls.

Fabien.

> - Les chroniques -, Exoto — admin @ 19:45

10 octobre 2011