Altars of Fab’ Death

Extreme Noise Terror : Damage 381

Damage 381Branle bas de combat ! Pete Hurley, fondateur et compositeur d’Extreme Noise Terror quitte le groupe, heureusement encore représenté par les vocalistes Phil Vanes et Dean Jones, avec leurs vocaux alternés si particuliers. Par ailleurs la formation est complétée par un troisième hurleur, le célèbre Mark Greenway, s’étant à l’époque fait virer arbitrairement de Napalm Death. De nouveau sous la bannière Earache, la bande d’Ipswich sort ainsi Damage 381 en cette fin d’année 1997, soit son troisième full lenght en plus de douze ans de carrière.

Palliant à la défection d’Hurley, qui a composé deux uniques titres sur Damage 381, c’est le second gratteux Ali Firouzbahkt qui prend les commandes du combo, en signant huit nouveaux morceaux, soit un total de dix petits titres expédiés en 30 minutes. Même si les compositions de Firouz sont bien ficelées, à l’image du puissant Cold World, elles sont par contre d’une banalité déconcertante, face aux titres rebelles dont Hurley avait le secret. De plus, revendiquant encore l’étiquette grindcore, Extreme Noise Terror balance pourtant un death metal conventionnel, au lieu du hardcore grind teigneux et déjanté des nerveux A Holocaust In Your Head et Retro-bution, perdant dès lors une grande partie son identité.

De plus, Damage 381 bénéficie d’une production Colin Richardson certes hyper puissante, dotant les guitares d’une épaisseur rarement atteinte, mais beaucoup trop propre pour un groupe d’origine aussi rebelle. Mais diable, ou est passé la folie hardcore / grind d’antan ? Le trio de vocalistes est tout de même là pour apporter un brin de nervosité, mais pas assez pour donner un caractère suffisant à ces morceaux, costauds certes, mais bien fades en regard.

Damage 381 n’est pas un mauvais album en soi, et mérite certainement plus que la moyenne, montrant une formation encore solide malgré le départ de son leader. Néanmoins, Extreme Noise Terror est en 1998 un groupe sans âme, jouant un death/grind banal, laissant du coup au placard ses allures destroy et sa musique cradingue, qui le caractérisaient pourtant si bien.

Fabien.

> - Les chroniques -, Extreme Noise T. — admin @ 8:30 am

January 1, 1997

Extreme Noise Terror : Retro-bution

Retro-butionParmi les quelques groupes fondateurs du grindcore britannique, l’histoire retient particulièrement Napalm Death, Bolt Thrower et Carcass, mais nettement moins Extreme Noise Terror, pourtant aussi à l’origine de ce mouvement. Si les trois premiers groupes ont en effet bénéficié de l’explosion du label Earache, et ont pris un virage death métal au moment le plus opportun, E.N.T n’a quant à lui jamais eu de plan de carrière établi, conservant son hardcore grind rebelle, se dispersant dans les split LP et 45 tours, et n’enregistrant son premier album qu’en 1989, sur un label aux épaules beaucoup trop frêles pour lui assurer un enregistrement et une distribution correctes.

Il faut finalement attendre 1994 pour qu’ E.N.T signe enfin avec Dig Pearson, boss de l’incontournable écurie Earache, encore leader du death / grind à l’époque, débouchant sur la sortie de Retro-bution à la fin de cette même année. A l’image de son titre évocateur, l’album est un réenregistrement des meilleurs titres de la formation de 1985 à 1994, figurant principalement sur le split LP In It For Life avec Filthkick, et le premier LP A Holocaust In Your Head.

Dépassant tout juste les 30 minutes, Retro-bution balance un grind / crust explosif, conservant brillamment la fraîcheur et le côté rebelle de la formation, tout en bénéficiant enfin d’un enregistrement digne de ce nom. Sur des rythmique très saccadée, les guitares de Pete Hurley et d’Ali Firouz balancent des riffs enragés, servant la guttural teigneux de Dean Jones et la voix crasseuse de Phil Vane, point fort de la formation. Enfin, au détour de breaks très percutants, à l’image de l’excellent Think About It, le groupe cale judicieusement le tempo, lâchant des riffs nerveux, à s’en dévisser la tête.

Britannique jusqu’au bout des ongles, en affichant cette désinvolture et ce côté punk délicieux, Extreme Noise Terror balance ainsi un hardcore grind particulièrement teigneux. En reprenant impeccablement le meilleur de ses premières années, et alignant son line up culte autour de Pete Hurley, Dean Jones, Phil Vanes et Lee Barrett, le gang d’Ipswich signe ainsi un album incontournable, s’adressant à tous les fondus de Doom (UK) et des premiers Napalm Death.

Fabien.

> - Les chroniques -, Extreme Noise T. — admin @ 12:45 am

January 1, 1995

Extreme Noise Terror : A Holocaust In Your Head

A Holocaust In Your HeadFondé en 1985 par le chanteur Dean Jones et le guitariste Pete Hurley, Extreme Noise Terror (ENT) est le groupe typique du hardcore/grind anglais, avec le Napalm Death des débuts. A ce titre, Mick Harris, l’un des batteurs-blasteurs les plus célèbres, inventeur du terme Grindcore (un grind = une partie de batterie blastée), a officié dans les deux formations, même si sa participation dans ENT n’a été que de courte durée, faute à son caractère insupportable.

Après un split EP avec Chaos UK et des sessions live mémorables chez John Peel , ENT signe avec la petite structure Head Eruption Records en 1998, et entame dans la foulée l’enregistrement de son premier LP, en reprenant notamment plusieurs titres du précédent split. L’album, sobrement intitulé A Holocaust In Your Head, sort ainsi en 1989 sur support 33t, et deux longues années plus tard en édition CD.

A l’image des Peel Sessions et du Split, Holocaust est particulièrement brutal, développant un grind terrible, où s’enchaînent blasts traumatisants et riffs hardcore bien balancés, à l’image du très entraînant Show Us You Care. De plus, l’alternance des vocaux de Dean Jones et ceux de Phil Vane apporte un punch supplémentaire au groupe, qui réussit l’exploit de réunir keupons et métalleux dans les mêmes pogos.

Côté production, c’est loin d’être le top avec un son qui manque cruellement de basses, mais qui contient en revanche suffisamment de mordant dans les guitares, pour rendre les compositions très percutantes. Et puis, de toute façon, ce son pourri colle à merveille avec l’attitude très destroy qui règne tout au long de l’album.

Comme le tempo est rapide, les titres défilent vite, même très vite, puisque la démonstration ne dure que 24 minutes au total. De plus, attendu que Retro-bution, leur seconde réalisation sortie chez Earache en 1994, contient la moitié des titres d’Holocaust, réenregistrés au passage avec une meilleure production, il ne reste au final que 13 minutes d’inédits sur cet Holocaust d’anthologie.

Ainsi, pour tous ceux désirant connaître la période grindcore des incontournables ENT, je leur conseille tout d’abord l’acquisition de Retro-bution. Par contre, pour tous les grindeurs désirant posséder un témoignage authentique des premières années hardcore/grind britanniques, Holocaust in Your Head est l’album parfait ; son ambiance crade, destroy et désinvolte est en tout point mémorable, et devrait ravir à ce titre tous les nombreux fans des Scum et From Enslavement To Obliteration.

Fabien.

> - Les chroniques -, Extreme Noise T. — admin @ 4:15 am

January 1, 1989