Altars of Fab' Death

Fester (NOR) : Silence

Fester (NOR) : SilencePremier album de la prolifique écurie No Fashion Records, Winter of Sin montrait au grand jour Fester, formation assez atypique dans un paysage extrême norvégien d’obédience blackmetal, qui monopolisait alors tous les regards en ces années 92/93. En effet, le groupe s’affranchissait notoirement du style sans concession dictés par ses homonymes de l’époque, pour lâcher un metal à la teinte black certaine, mais construit autour d’une ossature plus particulièrement deathmetal. Un vrai crime dans ce pays à une période où ce genre structuré était souvent lynché par la scène black radicale du moment.

Fester revient dès l’année 1994 muni d’une signature avec l’écurie autrichienne Lethal Records (renfermant déjà les brutes de Miasma ou l’occulte Belial dans son catalogue) et prend une nouvelle fois ses distances en entreprenant le voyage jusqu’à Vienne pour l’immortalisation de son second effort baptisé Silence, album tout aussi surprenant que son prédécesseur. En effet, là où le quatuor créait la surprise grâce à son mélange singulier entre black & deathmetal, il change cette fois-ci sensiblement la couleur au profit d’un deathmetal aux teintes dark/doom délicieuses.

Les chants éraillés du premier album se muent ainsi en des voix davantage chuchotées, tandis que les rythmes posés, les lignes de basse rondes et les guitares tantôt acoustiques ou saturées charment par leur saveur si singulière. Fester regorge alors d’idées et de talent pour ficeler des compositions à la fois variées, accrocheuses et envoutantes, insérant des lignes acoustiques somptueuses sur Silent is The Raven, des soli tout aussi sensibles sur le poignant Frustrations, renversant sur le riffing entêtant de The Maze ou les couplets & refrains intenses de Dream, pour montrer enfin sa facette la moins extrême sur le morceau final Nar Noen Dor, instant de plénitude bâti sur des guitares acoustiques, des claviers apaisants, une voix narrée et des soli saisissants.

Difficile de mettre ainsi quelconque titre en avant sur Silence, ce second et ultime album au feeling de chaque instant, composé avec les tripes et sans préoccupations des tendances purement death ou blackmetal de l’époque. Inutile de chercher également des débordements d’agressivité pure chez Fester, servant un mélange death, dark et doom plein de sensibilité, sans pour autant être soporifique ou gnangnan grâce à un couple basse batterie toujours puissant et des guitares possédant suffisamment de lourdeur et d’incision.

Fabien.

> - Les chroniques -, Fester — admin @ 0:42

27 février 2011