Altars of Fab' Death

Fleshgod Apocalypse : Oracles

Pendant longtemps le Death Metal italien se résumait à Sadist et par la suite Natron, mais des combos comme Blasphemer ainsi que les redoutables Hour Of Penance ont repris vaillamment le flambeau ces dernières années. Fleshgod Apocalypse, jeune groupe né en 2007 pourrait mettre tout ce petit monde d’accord dès leur premier album Oracles. Mis sur pied par Francesco Paoli, accessoirement chanteur de Hour Of Penance et qui tient également ici la guitare en compagnie de Cristiano Trionfera, le combo italien évolue dans un brutal Death percutant avec déjà une personnalité bien affirmée.

A première vue avec cette belle pochette de Chiara Battistoni d’inspiration mystique où trônent, l’imposant logo du spécialiste Christophe Szpajdel et deux statues grecques (les fans de l’excellent jeu God Of War reconnaîtront la similitude), on penserait plutôt avoir à faire à du Black symphonique ou du Death mélodique. In Honor of Reason n’a besoin que de quelques secondes pour nous y ramener (à la raison), une courte intro, un riff acéré et un départ à 200 km/h justement façon Hour Of Penance, les doutes sont vite dissipés nous sommes bien en présence d’un groupe de Death Metal brutal dans les règles de l’art. D’entrée le son colle au siège, Stephano Morabica a fait un boulot titanesque dans son Cellar Studio, la batterie du sessioniste Mauro Mercurio développe une puissance phénoménale qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Reno Killerich sur le monstrueux Room Service, l’impact des blast-beat sur ce titre est décuplé par le fait que guitares et basse coupent leur son à plusieurs reprises au départ de ceux-ci.

L’équilibre basse / guitare, trop souvent en défaveur de la première est ici bien respectée, mettant en exergue le jeu dynamique de Paolo Rossi (jolie reconversion pour le ballon d’or France Football 1982…). Malgré une brutalité et une agressivité indéniable dans les structures Fleshgod Apocalypse garde un côté mélodique sous jacent qui refait surface de temps à autre aussi bien dans les soli qu’en rythmique principale, je recommande d’ailleurs chaudement celui de Post-Enlightement Executor à 1 : 20. En soutien des percutantes compositions, le guttural profond de Francesco, toujours proche du meilleur d’un Glen Benton contribue un peu plus au côté imposant et suprême de ce Oracles.

Pour se faire une idée correcte de leur musique on peut situer leur style quelque part entre Hour Of Penance / Origin et Necrophagist pour la patte mélodique, mais Fleshgod Apocalypse est loin d’être une pale copie se contentant d’imiter ses aînés, d’ailleurs les transalpins axent moins leurs tracks sur la vélocité extrême et la technique déboulonnante que les groupes cités, en revanche quelques passages de clavier néo classique bien intégrés et un étonnant passage de chant féminin couplé à la voix Death, apportent une touche originale et contribuent à faire de ce Oracles un album au caractère unique et bien trempé.

Cela dit la qualité première de ce disque est la force colossale dégagée par les compos, Sophitic Demise mettra les metalheads les plus endurcis à genoux avec ses riffs acérés (gardant pourtant parfois un léger côté mélodique), les plans chant destructeurs et débités à une vitesse plus que respectable, ainsi que le pilonnage en règle d’un batteur pas loin de concurrencer Derek Roddy. At the Guillotine, ses breaks abruptes et une intensité jamais relâchée fait aussi partie de ces titres tirant le Death par le haut, prouvant que dans le domaine tout n’a pas encore été dit et qu’il est encore possible de proposer une violence extrême en étant ni un clone de Hate Eternal, ni un ersatz de Angel Corpse…

Entre la course à la technique ultime façon Origin / Obscura et un impact immédiat des riffs à la Panzerchrist, Fleshgod Apocalypse n’a pas choisi et pioche dans les deux domaines pour un résultat franchement à la hauteur, il n’y a qu’à jeter une oreille au dévastateur Retrieving my Carcass aux jeux de basse et guitare tour à tour virevoltants et appuyés. Willowtip Records l’écurie américaine spécialisé dans le Death et le Grind (Kill The Client, Impaled, Severed Savior,…) a clairement misé sur le bon cheval avec Fleshgod Apocalypse qui apporte un peu de fraîcheur avec ce premier album déjà empreint d’une maturité musicale évidente. Je vous fiche mon billet que ce Oracles ne sera pas loin de titiller le Cosmogenesis de Obscura dans le domaine des sorties Death Metal à tendance moderne. A écouter en priorité.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Oracles est un bon album, puissant et original, lâchant une violence deathmetal particulièrement maîtrisée, en opposition à ses passages classiques distillés avec beaucoup de parcimonie. En revanche, le fait que Paoli & Mercurio évoluent parallèlement au sein d’Hour of Penance génère une relative ressemblance entre les deux formations.  J’ai alors parfois l’impression d’entendre un A Vile Conception, auquel on aurait justement ajouté quelques touches de piano. A mon sens, Fleshgod Apocalypse doit donc à l’avenir s’affranchir de l’influence de son aîné, pour jouir d’une pleine personnalité. Fabien.

> - Les guests -, Fleshgod Apocalypse — fabien @ 17:35

21 janvier 2009