Altars of Fab' Death

Fog (USA-1) : Through the Eyes of Night… Winged They Come

Fog (USA-1) : Through the Eyes of Night... Winged They ComeFan infatigable de deathmetal US de la première heure, notamment du foyer des états de New York et du New Jersey, j’ai rebondi par hasard sur Fog grâce aux groupes Nokturnel et Morpheus Descends qui abritaient chacun un membre du groupe en leur sein. A savoir Lord Typhus (Andy Newton) et Tophetarath, le premier ayant participé à l’enregistrement de Chronicles of the Shadowed Ones et Horrors of the Truth, le second à celui de Fury Unleashed, quelques réalisations que les férus de death US doivent peut-être connaître, quoique.

Bref, pensant tomber sur un groupe de deathmetal du giron, je dus vite m’apercevoir combien Fog différait des groupes précités, jouant au contraire non seulement un blackmetal dans sa pleine et entière définition, mais également directement influencé par la première vague des groupes norvégiens du début des nineties, tels Emperor ou Enslaved, dans ce qu’ils avaient de plus rageur et de plus haineux.

Ces recherches me conduisirent rapidement à l’unique album de cette formation aujourd’hui défunte, Through the Eyes of Night… Winged They Come, le second effort Disturbing The Balance Of The Spheres n’ayant à ma connaissance jamais vu le jour. Parue en avril 2001 chez le label nord américain Dark Horizon Records, l’oeuvre fût pourtant enregistrée de longs mois auparavant aux Abyss Audio Studios entre janvier et février 1999, gravée par nos deux protagonistes aux côtés de leurs acolytes surnommés Luathca et Aziluth Voslupa.

Sur une thématique principalement occulte, Fog y délivre un blackmetal glacial, axé avant tout sur des rythmes de batterie indomptables et des guitares au son si tranchant. Etonnamment, on retrouve dès les premiers accords le son si froid dont la Norvège s’était rendue maîtresse au début des années 90, avec cette approche à la fois sombre et crue couplée à des mélodies glaçantes dont Immortal ou Satyricon possédaient le secret. Jamais les studios Grieghallen n’ont semblé aussi proches.

Toutefois loin d’une basse copie, Fog maîtrise indéniablement son sujet, livrant un blackmetal non seulement très pur mais aussi d’une richesse musicale insoupçonnée, ne demandant qu’une multiplication des écoutes pour prendre progressivement toute son ampleur. Comment résister ainsi aux blast-beats intraitables de Tophetarath couplés aux lignes de basse rondes de Luathca, à ces guitares si incisives, et à la voix décharnée de Lors Typhus, notamment sur les formidables The Leech Within et Whispered Myths. Et que dire des six cordes déchirantes d’In Magnificent Glory, du charme épique des choeurs discrets de By This Axe We Rule et The Storm Unholy, ou encore du riffing entêtant du titre éponyme, tant ils emportent l’âme irrémédiablement.

Synthèse idèale des débuts du blackmetal norvégien, à une époque où son anticonformisme et sa rage profonde avaient encore un sens, Through the Eyes of Night… Winged They Come est un album respectueux des racines scandinaves du genre, ce qui ne manque pas de surprendre de la part d’une formation nord américaine, à mille lieux de la démarche rude de nombreux confrères outre-Atlantique. Sans connaitre objectivement l’impact de l’album sur le commun des blacksters, en tant que nostalgique des premiers souffles venus de Norvège, cette oeuvre furieuse & glaciale m’a conquis d’office et ne cesse de m’envouter aujourd’hui.

Fabien.

> - Les chroniques -, Fog — admin @ 2:00

29 octobre 2010