Altars of Fab' Death

Goreaphobia : Apocalyptic Necromancy

Goreaphobia : Apocalyptic NecromancySans vouloir froisser notre chroniqueur GanghiEgo, je m’insurge contre les mots “album bancal” ou “absence de fil conducteur” de sa rédaction. Tous les morceaux d’Apocalyptic Necromancy sont reliés par cette même science occulte, la véritable clé de cette nécromancie apocalyptique que notre rédacteur cherche dans sa critique. Je ne trouve personnellement rien de choquant dans la différence entre titres tantôt rentre-dedans, impitoyables, ou diaboliquement envoutants. Au contraire, à l’image du logo épuré de Goreaphobia, on sent combien le groupe a reculé encore de quelques années en arrière par rapport à l’invincible Mortal Repulsion, jusqu’aux racines du metal extrême, à l’époque où speed, thrash, black & death les plus radicaux ne faisaient encore qu’un, lors de cette période créatrice bénie où Sodom, Possessed, Slayer, Morbid Angel était reliés par cette même noirceur dans cette quête absolue du metal vers l’extrême.

Je trouve ainsi préjudiciable que la critique s’attarde sur ce manque d’homogénéité que je conteste, tout en survolant ou occultant la dévotion de Goreaphobia pour les racines du genre, pour ce metal anthracite, ou tout en ignorant l’incroyable personnalité de la bande de Chris Gamble et ce parfum occulte & maléfique qui transpire par toutes les pores. En s’imprégnant au cœur d’Apocalyptic Necromancy, on s’aperçoit de surcroît combien l’ouvrage est orienté vers une quête mystique, un appel aux morts pour reprendre la définition de nécromancie, à l’image de l’illustration, des titres, des paroles et des explications de Gamble lourds en symboles. Tout ceci pour dire combien l’album doit être pris comme un tout et renferme un héritage musical et une quête spirituelle d’une sacrée richesse. Enfin, plus précisément, lorsque l’on évoque une pointe mélancolique sur le morceau White Wind Spectre, j’y décèle pour ma part une noirceur rarement ressentie, qui me prend directement aux tripes. Ce titre en faible distorsion, avec ses guitares qui hypnotisent et la voix charbonneuse de Gamble emporte si loin.

Enter the Deathcult.

Fabien.

> - Les commentaires -, Goreaphobia — admin @ 20:21

25 août 2011

Goreaphobia : Mortal Repulsion

Goreaphobia : Mortal RepulsionNom culte dans l’underground deathmetal nord américain, Goreaphobia se forme en 1988 à Philadelphie, autour de ses leaders Chris Gamble (basse, grunts) et Alex Bouks (guitares), partageant une passion commune pour le metal diabolique de Slayer, Possessed & Celtic Frost. Tournant avec les plus grands noms de l’époque, tels Morbid Angel, Nocturnus ou Repulsion, le groupe marque la scène US au fer rouge, notamment lors de la parution de son EP Omen of Masochism en 1991 chez le jeune label Relapse Records, spécialiste à l’époque du pressage de démos sur vinyles 45 tours.

Toutefois, alors qu’Immolation, Suffocation ou Incantation immortalisent leur deathmetal sur les invincibles Dawn of Possession, Effigy of the Forgotten & Onward to Golgotha, le gang de Pennsylvanie ne dépasse quant à lui pas le stade des EP (malgré un LP Conqueror of Thorns planifié chez Relapse en 92), à l’instar de ses homonymes Exmortis & Sadistic Intent, qui détenaient pourtant noirceur et toute puissance. En effet dès 1993, le groupe se sépare une première fois, puis connait de nombreux aller-retour jusqu’en 2004, année où Chris & Alex se réunissent durablement pour l’enregistrement de quatre nouveaux morceaux (dont deux inédits de la première époque), à l’occasion de la réédition de leurs premiers méfaits chez Necroharmonic Productions.

Ayant conservé cette foi inébranlable dans le dark deathmetal des premières heures, les deux acolytes concrétisent enfin 21 années de carrière lors des sessions de leur premier album complet, dans les propres studios de leur nouveau batteur Jim Roe (ex-Incantation & ex-Disciples of Mockery). Produit par le groupe, Mortal Repulsion sort en été 2009, bénéficiant d’une illustration du célèbre Kris Verwimp et d’une distribution Ibex Moon, l’écurie de leur incontournable ami John McEntee (Incantation & ex-membre de la formation).

Dès le premier titre Ordeal of the Abyss, Goreaphobia happe directement le deathster au coeur de l’album, dominé par les rythmiques lourdes & complexes de Jim Roe, les riffs noirs & sans pitié d’Alex Bouks, et les vociférations de Chris Gamble, à mille lieux des grognements synthétiques et caricaturaux qui inondent la scène actuelle. Le dosage subtil des blast-beats, la profondeur du riffing, les plaintes semblant surgir d’outre tombe, sont autant d’atouts montrant l’incroyable maîtrise du groupe dans la propension d’atmosphères glauques & ténébreuses, terrain où excellent ses homonymes Autopsy, Incantation ou Sadistic Intent.

Toutefois, loin de lâcher un deathmetal pesant & mélancolique durant 48 minutes, Goreaphobia croise habilement des morceaux aux ambiances occultes, tels l’interlude noir Negatives Screams ou le doomesque Despised and Ruined, à d’autres titres bien plus directs, tels Grave Plagued Planet au deux-temps entrainant et au refrain entêtant, Black Morbid Angel Eyes et A Grevious Curse au double pédalage & accélérations mortels, ou encore The Inevitable Punishment et l’éponyme Mortal Repulsion au riffing tout aussi meurtrier.

Loin de tout déballage technique aussi vite joué qu’oublié, le gang de Philadelphie possède l’art du riffing percutant, ainsi qu’une identité fortement marquée, diffusant parallèlement ces relents deathrash de la fin des eighties plus que délectables. Lâchant un darkdeath obsédant au fil des écoutes, mêlé à des ambiances sombres & maléfiques savamment entretenues, Mortal Repulsion représente ainsi l’album de Goreaphobia tant attendu depuis le début des nineties, à conseiller à tous les mordus de Possessed, Morpheus Descends ou Sadistic Intent.

Fabien.

> - Les chroniques -, Goreaphobia — admin @ 2:00

5 octobre 2009