Altars of Fab' Death

Gorefest : Rise To Ruin

Aaahhh… Quel plaisir de retrouver Gorefest ! Ce groupe responsable du monument de death qu’est False (1992) et qui nous a fait son come-back il y’a deux ans avec le convainquant La Muerte. Cette nouvelle sortie nous prouve que cette reformation n’était pas un feu de paille et que les néerlandais font de nouveau réellement partie de la scène métal…

Encore faut-il le contenu de Rise To Ruin soit de qualité, car le groupe est quand même attendu au tournant par pas mal de fans. Alors, verdict ? Ben c’est du GOREFEST, tout simplement ! Pas le meilleur du groupe, mais un album franc, fortement encré dans les racines death métal du groupe. Un death métal bien gras, tant au niveau du son que des vocaux typique de Jan-Chris De Koeijer. Pas de tentatives d’innovation, pas de sonorités nouvelles, juste du death métal à la fois lourd et puissant, parfois groovy, recette qui a fait la renommée du groupe au début des années 90. Les compos sont partagées entre cavalcades rentre-dedans et parties écrasantes qui vous filent la sensation de vous manger une chape de plomb sur la tronche. Des blasts rudement efficaces font de temps en temps leur apparition et le groupe sait les utiliser avec parcimonie, sans en abuser, ce qui file une pêche supplémentaire aux compos.

Les solos, jamais démonstratifs, sont toujours aussi savoureux, mélange de heavy et d’inspiration plus mélodique. Ils sont d’ailleurs souvent en décalage par rapport à la violence des morceaux et exécutés sur des rythmes très lourds. A ce titre, le premier morceau de l’album, “Revolt”, un de mes préférés, est un assemblage de bastonnages entraînants et directs entrecoupés d’un intermède acoustique curieux et d’un magnifique solo qu’on jurerait sorti de chez PESTILENCE. Excellent ! La batterie de Ed Warby n’est pas en reste et le bonhomme nous prouve que les années ne l’on pas calmé. Il reste pour moi un des meilleurs cogneur du milieu, technique, véloce et enragé. L’intro de “Revolt” suffit à le prouver…

Tout n’est pas non plus parfait dans cet album, des défauts, il y en a ! Certains morceaux sont très bons, comme “Revolt”, “A Question Of Terror” ou “A grim Charade”, sur lesquels les mid tempo chargés de double et les riffs saccadés sont radicaux. Par contre des longueurs se font clairement sentir durant les 45 minute de cet album. J’aurais préféré que Gorefest allège ses morceaux car pas mal de parties finissent par être répétitives, d’autant que les riffs sont dans l’ensemble plutôt basiques. Le morceau Babylon’s Whores atteind par exemple les neuf minutes, et même s’il renferme un excellent riff entraînant et un solo captivant, c’est long, beaucoup trop long ! Les parties doom pesantes sont assez nombreuses sur cet album et ont également tendance à devenir lassantes. Heureusement, les bons titres sont marquants et la balance penche plutôt du bon côté pour Gorefest.

A mi-chemin entre Mindloss (1991) et False (1992), cet album est simplement un bon Gorefest. Je ne pense pas que Rise To Ruin deviendra un classique du groupe mais il renferme de quoi replonger les fans dans l’atmosphère des années 90. C’est toujours un bonheur de constater que les vieux métaleux ont autant la forme !

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Reprenant la musique de False et de La Muerte, Gorefest ne prend aucun risque et revient exactement dans le trip où les métalleux l’attendaient. Rise To Ruin est donc un album sans surprise et sans ambition particulière. Quoiqu’un peu moins accrocheurs que les compositions de La Muerte, les titres de Rise To Ruin demeurent néanmoins d’une qualité toujours irréprochable, à la fois techniques, mordants et brillamment ficelés, avec ce feeling groove si propre au groupe. Fabien.

> - Les guests -, Gorefest — fabien @ 7:30

20 décembre 2008

Gorefest : Soul Survivor

Gorefest : Soul SurvivorAprès un Erase en demi-teinte, s’étant néanmoins bien vendu, Gorefest s’attaque à son quatrième album, après de nombreux concerts à travers le monde. Ed, Jan et Frank, en manque d’inspiration à cette période, laissent alors le champ libre à Boudewijin Bonnebakker, qui signe pratiquement l’ensemble des nouvelles compositions, en s’inspirant largement de sa passion pour Thin Lizzy et le hard rock traditionnel des seventies. Le groupe rentre ainsi en studio avec Oscar Holleman, réputé pour ses enregistrements avec Scorpions ou Judas Priest, débouchant sur la sortie de Soul Survivor en avril 1996.

Dès le premier titre Freedom, débutant sur une intro blues rock, Soul Survivor se démarque nettement de son prédécesseur. Il conserve certes le son massif et le chant guttural grave de Jan Chris, mais reste beaucoup plus mélodique dans l’esprit, imposant les rythmiques groove d’Ed Warby et le jeu aérien de Frank & Boudewijn, à l’image des très bons Electric Poet & Forty Shades.

Mais incontestablement, le point fort de Soul Survivor réside dans l’excellence des soli de Boudewijn, mélodiques et techniques, trahissant un peu plus son amour pour Thin Lizzy, éclairant alors magnifiquement chaque morceau. Gorefest s’adjoint parallèlement des services de René Merkelbach, qui renforce le côté psychédélique de l’ensemble grâce à l’apport de son orgue Hammond, créant une atmosphère toute particulière, notamment sur le refrain du somptueux River ou de l’outro du mémorable Dragon Man.

En décalage partiel avec la musique de Gorefest, Soul Survivor est dès lors incompris à sa sortie par la scène death métallique, qui vit de surcroît ses pires années d’incertitude à cette époque. L’album connaît ainsi un échec commercial important, accentuant les tensions internes au sein du quatuor néerlandais, qui part toutefois à la rencontre d’un nouveau public.

Electron libre dans la discographie de Gorefest, mais particulièrement authentique, Soul Survivor reste ainsi avant tout l’album d’un seul homme, celui de Boudewijn Bonnebakker, dont le talent et l’avant garde déjà connus de tous, éclatent cette fois-ci au grand jour. Le recul et la maturité aidant, il est encore temps de redécouvrir cette rencontre improbable entre le death lourd d’Erase et le hard rock des années 70, aux accents psychés délicieux.

Fabien.

> - Les chroniques -, Gorefest — admin @ 2:00

25 mars 2008

Gorefest : Erase

Gorefest : EraseSuite au formidable False, et son death groove délicieux, Gorefest revient sur le devant de la scène en cet été 1994 avec son troisième album, baptisé simplement Erase, représentant la priorité de Nuclear Blast Europe, aux côtés de Tales From The Thousand Lakes d’Amorphis. Délaissant son logo épineux et dévoilant une pochette sobre, loin des stéréotypes death métal de l’époque, le groupe néerlandais affiche un concept résolument novateur.

Dès le premier titre Low, Gorefest annonce la couleur, en proposant un death métal particulièrement lourd, bâti autour de rythmiques syncopées, millimétrées par le talentueux Ed Warby derrière les fûts, s’opposant aux passages groovy et plus aériens, conférés par le jeu et les soli vertueux Boudewijn. Les guitares de Franck et Boudewijn possèdent en outre un son écrasant, soutenant le guttural incroyable de Jan Chris.

Le second morceau, l’éponyme Erase, confirme ainsi le tournant pris par Gorefest, qui délaisse la fluidité et les mélodies de son précédent album. Mais, après deux titres de bonne facture, la machine s’essouffle rapidement, laissant inéluctablement la monotonie s’installer, malgré quelques sursauts, le temps de Seeds Of Hate et Godless In Black. En effet, les rythmes finissent hélas par se ressembler, étalant un death brutal, mais sans véritable coloration.

Bénéficiant d’une production puissante de Pete Coleman aux TT Studios (Massacra, Protector), Erase balance un death métal monolithique et moins mélodique que son prédécesseur. Gorefest dévoile certes un concept innovant, mais hélas en demi teinte, faute à son death bien trop poussif et linéaire pour convaincre une nouvelle fois les métalleux, encore sous l’emprise du magnifique False.

Fabien.

> - Les chroniques -, Gorefest — admin @ 2:00

31 décembre 2007

Gorefest : Mindloss

Gorefest : MindlossPionnier du deathmetal néerlandais aux côtés de Pestilence, Thanatos ou Sinister, Gorefest se forme en 1989 autour de Frank Harthoorn et Jan-Chris De Koeijer, dégageant des relents gores très marqués durant ses premières années, à l’image de son patronyme. Après deux démos, le groupe batave décroche alors un contrat avec la petite écurie Foundation 2000 (Sempiternal Deathreign, Skeletal Earth) qui parvient à convaincre le maître Colin Richardson, alors ingénieur du son du bastion britannique Carcass, Napalm Death, Bolt Thrower, de rejoindre la Hollande pour l’enregistrement de Mindloss, premier album de la formation.

Avec sa pochette décalée, montrant l’injection directe de produits de grandes marques dans le cerveau d’un automate décapité et trépané, Mindloss ne passe pas aperçu à sa sortie. En plein dans le trip gore, Gorefest lâche un deathmetal sans concession, à grands coups de rythmiques lourdes et de riffs brutaux, soutenant les grunts terriblement graves de Jan Chris, qui confèrent en grande partie la personnalité du groupe à l’époque.

Bénéficiant d’un son de guitares puissant, Mindloss enchaîne ainsi les bons titres, à l’image de Mental Misery et de ses accélérations fracassantes ou encore du mémorable Retarded Mind aux riffing assassin. Au-delà, l’album peine à se distinguer rééllement de la masse des réalisations deathmetal du moment, reprenant plus ou moins les structures déjà entendues depuis les Eternal Fall, Consuming Impulse (Morgoth, Pestilence) et compagnie.

Bien qu’assez conventionnel, ne comptant pas encore le groove développé dès l’année suivante par Gorefest, le death gore intraitable de Mindloss parvient à imposer le groupe dans le paysage deathmetal de 1991, notamment grâce au charisme de son chanteur et à la singularité de son growl, mais aussi grâce à la notoriété de son ingénieur du son. Ce premier album constitue ainsi un début fort intéressant, l’oeuvre la plus sauvage du quatuor batave, qui montre déjà un fort potentiel et affirmera véritablement son identité sur l’intemporel False, avec ses accents groove délicieux et si particuliers.

Fabien.

> - Les chroniques -, Gorefest — admin @ 2:00

20 décembre 2007

Gorefest : La Muerte

Gorefest : La MuerteSuite à Soul Survivor & Chapter 13, albums mêlant habillement death metal & influences rock, Gorefest perd pourtant progressivement ses fans, et splitte alors en 1998. Après plusieurs années de silence, les tensions internes étant désormais apaisées, le quatuor hollandais décide de se reformer avec les même membres. Il signe dans la foulée un nouveau deal avec Nuclear Blast, qui commercialise son nouvel album en octobre 2005.

La Muerte reprend principalement la période False de Gorefest, la préférée de nombreux métalleux, mais aussi celle qui lui convient le mieux. Le groupe délaisse en effet le côté Thin Lizzy de Soul Survivor, et les accents Rock de Chapter 13, pour proposer un death metal plus tranchant, mais toujours rempli du groove qui le caractérise si bien, et lui confère toute son originalité.

Dès le premier titre, le redoutable For The Masses, Gorefest balance un metal direct sur la voix brutale de Jan Chris, tout en conservant ce feeling groovy très affirmé ; puis, il enchaîne brillamment les titres mid tempo à l’image de Make Me Kill, et ceux très entraînants comme le fabuleux Man To Fall. Au final l’album s’étend sur 64 minutes, mais ses 12 morceaux défilent pourtant avec une fluidité exemplaire, sans aucune baisse de régime. De plus, la production aux fameux studios Excess (Sinister, Krisiun) est excellente, apportant le gros son au couple basse/batterie et aux guitares, et dotant le tout d’un punch étonnant.

Très bon retour sur le devant de la scène death metal, La Muerte peut séduire sans conteste les amoureux de la période False de Gorefest ; son énergie et sa fougue débordantes, ajoutées à une maîtrise technique imparable de B.Bonebakker et E.Warby, mais aussi aux paroles intelligentes de JC DeKoeijer, laissent deviner le meilleur pour le quatuor hollandais.

Fabien.

> - Les chroniques -, Gorefest — admin @ 2:00

16 août 2007

Gorefest : False

Gorefest : FalseAprès Mindloss, premier album très orienté Death/Gore, tant au niveau de l’approche musicale que des paroles, Gorefest se fait rapidement remarquer, atterrissant logiquement en 1992 chez Nuclear Blast, label traversant à ce moment la période la plus death metal de son histoire.

Frank et Jan Chris présentent alors leur nouveau line up, complété par le talentueux Ed Warby derrières les fûts, et par le très expérimenté B.Bonebakker à la guitare. L’apport d’un guitariste de formation extra métallique ne tient pas au hasard, puisqu’en effet, Gorefest change sensiblement d’orientation, mixant désormais son death metal avec un feeling groove évident. De plus, Jan Chris écrit maintenant des textes intelligents, traitant de divers sujets de société, évitant ainsi le stéréotype des déballages débiles de démembrements et putréfactions diverses.

False débute sur The Glorious Dead, un titre aux riffs particulièrement rapides et brutaux, avant de calmer le jeu et de se caler finalement sur un rythme alternant brillamment des passages mid-tempo et d’autres plus entraînants, à l’image des excellents State Of Mind et Get A Life. Le groupe prend ainsi le temps de développer des compositions particulièrement soignées, aux riffs mélodiques mémorables et aux solos de grande somptuosité, en opposition à la voix death bourinne de Jan Chris, au timbre guttural inimitable.

De plus, chaque titre possède des petits plus qui font toute la différence, brisant cette linéarité dans laquelle s’enferment malheureusement trop de formations métal. Enfin, pour ne rien gâcher, False possède une production Colin Richardson relativement puissante, apportant un son à la fois clair et énorme aux guitares, tout en conservant un mixage à l’équilibre exemplaire.

La métamorphose de Gorefest le propulse ainsi directement sous les feux de la rampe, lui permettant d’accéder à l’époque, au rang des formations death metal les plus appréciées et les plus respectées. Aujourd’hui encore, False est considéré comme le classique absolu du combo hollandais, qui réussit l’exploit de marier un death brutal d’une qualité irréprochable, avec une côté groove des plus intéressants.

Fabien.

> - Les chroniques -, Gorefest — admin @ 2:00

29 juin 2007