Altars of Fab' Death

Grave : Burial Ground

Grave : Burial GroundAuteur de deux premiers albums cultes, puis perdu au milieu des années 90 dans des réalisations qui ne lui correspondaient plus vraiment, Grave avait fini par se séparer quelques années plus tard, pour finalement revenir en 2002 sous l’impulsion d’Ola Lindgren, nouveau frontman en lieu et place de Jorgen Sandstrom. Depuis, le groupe enchaine ses réalisations avec un rythme de métronome, oscillant entre le moyen et l’honorable, sans hélas réussir à toucher de nouveau de cette magie du bout des doigts.

Pourtant en ce bon cru 2010, Grave revient avec un Burial Ground (cinquième album depuis sa reformation) assez surprenant. Que l’on ne s’y méprenne pas, le groupe emmené par l’infatigable Ola Lindgren n’a pas changé sa position d’un iota, livrant évidemment un deathmetal dans la plus pure tradition du combo, mais retrouve en revanche une inspiration certaine.

Dès le premier morceau Liberation, Grave attaque ainsi à coups de rythmes tapageurs et de riffs agressifs, privilégiant toujours une simplicité dans les structures à toute forme de déballage technique. L’intensité ne faiblit pas sur le bon Semblace in Black tandis que le riffing très accrocheur de Dismembered Mind et Bloodtrail capte rapidement l’attention du deathster.

Bien que l’on puisse trouver quelques faiblesses à l’image du très ancien titre Sexual Mutilation remis au goût du jour mais très primaire, ou encore du titre final éponyme, judicieusement plus lent et aux ambiances soignées, mais s’étendant finalement trop en longueur, il faut ainsi reconnaître combien Ola Lindgren a réussi concocter un album intéressant, à l’atmosphère relativement dense pour ne rien gâcher.

Ainsi, sans retrouver la pleine lourdeur et l’agressivité de ses débuts, Grave signe peut-être le meilleur album depuis sa reformation, trouvant encore un regain d’inspiration après tant d’années. On peut alors espérer le retour de Jorgen Sandstrom au micro, ce qui siérait à merveille aux titres de Burial Ground, qui ne demandent parfois qu’un guttural plus caverneux pour donner leur meilleure expression.

Fabien.

> - Les chroniques -, Grave — admin @ 2:00

25 août 2010

Grave : Back From The Grave

Grave : Back From The GraveAprès le départ de Jorgen Sandström chez Entombed, et le décevant Hating Life sorti en 1996, Grave, l’un des pionniers de la scène death metal suédoise, décide alors de splitter. Mais, d’une détermination sans faille, Ola Lindgren reforme le groupe, rappelant au passage Jonas Torndal & Jensa Paulsson, qui officiaient tous deux sur les premières réalisations du groupe. En octobre 2002, la bande sort alors son cinquième album, judicieusement nommé Back From The Grave.

Délaissant le côté power de Soulless, Grave revient avec le style sombre et 38 tonnes qui le caractérise le mieux, celui des terrifiants Into The Grave & You’ll Never See. En effet, la double grosse caisse, très présente, balance des rythmes mid tempo, sur lesquelles les guitares assènent des riffs particulièrement lourds, à l’image de Rise, le très bon titre d’ouverture. Enfin, les titres basés sur des structures simples, et dotés d’une production Tomas Skogsberg relativement conventionnelle, confèrent un côté old school très marqué.

Figé dans le temps, et n’affichant pas un niveau technique exceptionnel, la musique de Back From The Grave se veut avant tout sombre et sans fioriture. Mais, l’intensité de l’opus n’égale pas malheureusement pas les deux premiers brûlots du groupe, qui développait autrefois des morceaux d’une puissance renversante, renforcée par la voix de Jorgen Sandström terriblement gutturale, et beaucoup plus profonde que l’actuelle d’Ola Lindgren.

Back From The Grave ne casse certes pas des barres, mais propose en contrepartie un death metal authentique, loin des productions aseptisées du moment ; il plaira certainement aux fans irréductibles des early’s Grave, sans toutefois leur laisser un souvenir impérissable, à l’inverse des redoutables Into The Grave & You’ll Never See. Enfin, pour décider les indécis, Century Media a eu la joyeuse idée de sortir l’album accompagné d’un CD bonus, contenant les trois premières démos de la formation.

Fabien.

> - Les chroniques -, Grave — admin @ 2:00

14 août 2007

Grave : Soulless

Troisième album de Grave, Soulless paraît en 1994, deux ans après le monumental You’ll Never See. Déroutant, c’est le terme qui convient concernant cette réalisation… Et pourtant, même si l’album a été plutôt boudé par le public, Soulless est tout de même loin d’être un navet, seulement pour beaucoup, le groupe s’éloigne trop sensiblement de ces racines…

Ce qui saute aux tympans dès la première écoute est le changement de son. Bien que l’album soit toujours enregistré au Sunlight Studio par Tomas Skogsberg, les guitares sont moins grasses, la batterie beaucoup plus claquante et la basse plus présente. Bref, le groupe modernise sa production et oublie quelque peu le death poisseux de ses deux premiers albums. Cela se ressent également dans sa musique qui se veut plus accessible et moins foncièrement death métal. Pas mal de touches thrash sont perceptibles dans les grattes et les riffs sont souvent plus gentillets, nettement moins morbides que par le passé. De quoi décevoir les fans… En fait, l’évolution du groupe me fait assez penser à celle de Dismember sur l’album Massive Killing Capacity. Une musique plus sage, mais non dénuée d’intérêt, car le talent de composition est toujours là !

Grave nous envoie d’entrée de jeu quatre bons morceaux, chargés en riffs saccadés, en mid tempo entraînants et en refrains bien construits. Pour tout fan de métal, difficile de résister par exemple au morceau-titre, Soulless, dont le refrain est imparable. “I’m soulless to the core, i’m 6-6-6? !!!
Bullets Are Mine est lui aussi excellent et renferme des breaks basse / batterie simples, mais bien sentis, et tout à fait inédits pour le groupe. Ce titre est également en mid-tempo, c’est d’ailleurs une donnée que l’on retrouve sur tout l’album. Finis les accélérations furibardes, ici les rythmes moyens sont rois ! Mais malheureusement, au bout du cinquième titre, l’album commence sérieusement à s’essouffler. A part un And Here I Die plus mélodique et boosté sur la fin par une bonne accélération à la double, les six titres restants se révèlent plutôt mous du genou et trop répétitifs. Cette idée de rajouter un soupçon de thrash et de polir ses compositions n’était pas mauvaise à la base, mais le tout manque d’adrénaline, Grave met de côté son death crasseux de façon trop radicale.

Cet album de Grave est donc assez courageux et novateur (pour l’époque) mais se montre au final un poil décevant. Si les morceaux les plus réussis se montrent redoutables, les longueurs sont trop nombreuses et une bonne partie des compos sont à oublier. Si les musiciens avaient ajouter à cette sauce une bonne dose d’Into The Grave, le résultat aurait été énorme. Dommage !

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Soulless est effectivement assez décevant , non seulement à cause d’un virage musical trop important, laissant malheureusement les atmosphères morbides au placard, mais aussi à cause de ses compositions s’avérant un peu trop poussives au fil de l’album. Fabien.

> - Les guests -, Grave — fabien @ 3:30

24 mai 2007

Grave : You’ll never see…

En 1991, Grave, tel ses comparses d’Unleashed ou Dismember, a sorti un premier album fracassant, Into The Grave, considéré aujourd’hui encore, et à juste titre, comme un incontournable du death métal. Malgré le jeune âge de ses membres, le groupe possédait déjà un style bien trempé, ce qui a séduit bon nombre de death-métaleux. Aussi ce deuxième album était-il attendu de pied ferme par sa horde de fidèles…

Grave ne change pas sa formule et enregistre cet album au même endroit, avec le même producteur. Et c’est tant mieux ! Le son gras et légèrement crade du groupe est préservé, ce qui peut bien sur en rebuter plus d’un. Les amateurs de sons propres et clairs auront vite les oreilles qui saignent, moi j’adore ! A une époque où les groupes cherchent plutôt à donner dans la surenchère de vitesse, Grave choisit quant à lui de renforcer le côté sombre de ses compos et donc de travailler d’avantage les ambiances lourdes et les mélodies lugubres. Pour moi cet album est tout simplement meilleur qu’Into The Grave, car les morceaux sont plus recherchés, tant au niveau des riffs que des structures. Le travail du batteur est lui aussi plus riche et se révèle subtile, d’avantage fourni en contretemps.

Les parties lentes sont donc plus présentes que sur leur premier album, les vocaux toujours profondément caverneux de Jorgen collent parfaitement à cette ambiance pesante, presque poisseuse, mais le groupe ne s’enferme pas non plus dans un death doom pachydermique. Les mid tempo foisonnent et, même si on est bien loin du blast, Grave enclenche régulièrement le turbo et bastonne ses riffs basiques de façon toujours aussi entraînante. Bien sûr, nous bien loin ici des records de vitesse et les petites brutes en herbes élevés à grand coups d’Exmortem(par exemple) trouvons cette musique probablement molassone ! Toujours est-il que pour les amoureux de death old-school, cet album démarre sur deux titres magistraux. You’ll Never See, aux tempos écrasants relevés par des cloches funèbres, et Now And Forever, morceau plus énergique qui renferme un excellent passage lent, un de mes morceaux préferés du groupe.
D’autres chansons, d’avantage axées sur la vitesse, sont tout aussi bonnes. Severing Flesh et Christi(ns)anity, titre qui clôture l’album de la plus belle des façons, sont bâties sur des riffs et des rythmes radicaux, quelques vocaux doublés démoniaques et des petites touches de synthé adroites. Mais Grave conserve en permanence son côté basique qui lui va si bien !

Voici donc l’album de Grave qui reste à ce jour mon préféré. Les constructions sont habiles, le groupe enfonce le clou en renforcant la personalité de son death rampant et viscéral. De plus, c’est mine de rien un album qui demande plusieurs écoutes pour livrer tous ses secrets, comme quoi la musique de Grave n’est pas si simpliste que ça…

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Même s’il ne possède pas le même statut culte qu’Into The Grave, ses ambiances plus travaillées, lourdes & morbides à souhait, en font également un Grave excellent. Il n’avait été commercialisé que 9 mois après la sortie du premier album, ceci s’expliquant par le fait que Grave possédait encore plusieurs titres sous le coude, tirés de leurs anciennes démos, à l’image de Morbid Way To die et Brutally Deceased. Fabien.

> - Les guests -, Grave — fabien @ 3:15

23 mai 2007

Grave : Into The Grave

Grave : Into The GraveFormé en 1988, Grave figure parmi les pionniers du deathmetal scandinave, aux côtés de Nihilist, Merciless ou Carnage. Mais loin de Stockholm et de ses influences, le groupe ne sonne pas exactement comme ses confrères, développant un death sombre et caverneux, accordé très bas, rappelant à l’époque le style US de formations obscures comme Incantation. Après trois démos très appréciées dans le milieu, Grave décroche enfin un contrat avec l’écurie Century Media (à fond dans le death avec ses groupes Morgoth, Unleashed, & Asphyx), débouchant sur la sortie de son premier album en août 1991.

Into The Grave est construit sur un death primitif et sans compromis. Les guitares de Jörgen Sandström et d’Ola Lindgren assomment par leur lourdeur, sans compter les vocaux terrifiants de Jörgen, d’un guttural parmi les plus profonds que l’on peut entendre à cette époque. L’album sort ainsi tout droit des cavernes, assénant son riffing brutal et terriblement meurtrier, à l’image de ses classiques Deformed ou Into The Grave, véritables tremblements de terre. La production Tomas Skogsberg est grasse et rugueuse, volontairement approximative, renforçant le côté brut et spontané des compositions, taillées directement dans la roche.

Enfin, bien qu’Into The Grave pêche quelque peu sur ses rythmes de batterie, loin des standards actuels à la Derek Roddy ou Tony Laureano, il impose en revanche son extrême lourdeur et un double pédalage imparable, servant de moteur à des rafales de riffs assassins qui dégagent une force et une pureté formidables, symbolisant toute l’essence du deathmetal de l’époque.

Comprendre l’histoire du deathmetal, c’est ainsi posséder Into The Grave, ce monument de la scène suédoise, ne représentant ni plus ni moins qu’un maillon indispensable de la chaîne reliant tous ces jeunes groupes, qui avaient tout à explorer en terme de brutalité et définissaient inconsciemment les bases de la scène extrême actuelle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Grave — admin @ 2:00

22 mai 2007