Altars of Fab' Death

Grotesque (SWE) : Incantation

Obscura (GER-1) : Cosmogenesis

Pionnier du deathmetal dans la région de Gothenburg en Suède, Grotesque nait en 1988, sur les cendres de Conquest, autour du guitariste compositeur Kristian Wahlin et du growler Tomas Lindberg, adoptant respectivement les pseudonymes de Necrolord & Goatspell. Influencé par le blackdeath d’Hellhammer, Possessed, Bathory, Obscurity (Swe) ou Poison (Ger), le groupe ne tarde pas à lâcher son premier rehearsal, Ripped from the Cross, bénéficiant parallèlement d’une réputation sulfureuse croissante, et d’une forte aura occulte & satanique.

Complétant son line up avec le batteur Offensor (Tomas Eriksson), et livrant au passage sa première démo The Black Gate is Closed, le groupe se dirige en novembre 1989 aux Pagan Studios, pour l’enregistrement de six morceaux (dont une intro & un interlude), destinés à devenir la première moitié de son album prévu sur Dolores Records. Il faut alors attendre août 1990 pour la capture de trois nouveaux titres, lors de sessions se déroulant dans les mythiques Sunlight Studios de Tomas Skogsberg, ingénieur du son des précédents LP Sumerian Cry, Left Hand Path & Dark Recollections de Tiamat, Entombed & Carnage.

Pour des raisons obscures, le premier album supposé de Grotesque ne voit le jour fin 1990 chez Dolores Records que sous forme de mini LP, baptisé Incantation, n’incluant que deux titres des sessions de novembre 1989 (connues sous le nom de In the Embrace of Evil) et les trois morceaux d’août 1990.

Submit to Death & Blood Runs from the Altar, les deux titres les plus anciens, possèdent un côté deaththrash très spontané, basés avant tout sur l’incision des riffs de Necrolord, la rapidité des rythmes de batterie d’Offensor, et les cris arrachés de Goatspell, trahissant la forte influence de formations des eighties telles Hellhammer ou Obscurity (Swe).

En revanche, tout en restant dans la même lignée, les trois morceaux issus des secondes sessions sont plus techniques et possèdent une structure plus solide, permettant à Grotesque de peaufiner ses ambiances occultes, pour atteindre alors la quintessence de son art. Les riffs & soli sans pitié de Nocturnal Blasphemies & Spawn of Azathoth deviennent rapidement obsédants, supportés par les vocaux décharnés et les growls incantatoires de Tomas Lindberg. L’apogée est alors atteinte sur l’intemporel titre éponyme du mini LP, aux rythmes plus lourds et à l’atmosphère occulte quasi indescriptible, se hissant parmi les morceaux les plus emblématiques du deathmetal scandinave.

Enregistrement culte par excellence, mais bénéficiant malheureusement d’une distribution assez confidentielle, Incantation ne permet pas à Grotesque de rencontrer le succès de ses homonymes Entombed ou Carnage. Suite à des tensions internes, le groupe se sépare d’ailleurs peu de temps après la sortie du mini LP, Kristian Wahlin formant dans la foulée l’entité Liers in Wait (tout en continuant ses activités en tant qu’illustrateur reconnu), tandis que Tomas Lindberg rejoint les frères Björler au sein du jeune At The Gates.

Il faut alors attendre 1996 pour entendre de nouveau parler de Grotesque, lorsque le label Blacksun décide de réunir enfin l’intégralité des sessions de novembre 1989 & août 1990 au sein d’un même album, baptisé In the Embrace of Evil, en référence au premier des deux enregistrements. Cerise sur le gâteau, Wahlin, Lindberg & Eriksson se réunissent aux Berno Studios (Seance, Deranged) pour le réenregistrement de deux anciens titres oubliés, l’intraitable Ripped from the Cross & l’ultra culte Church of the Pentagram, parvenant brillamment à restituer l’essence noire & diabolique de la formation défunte, et rendre ainsi un dernier hommage à ce groupe mythique, acteur incontournable de la scène blackdeath scandinave de la fin des eigthies.

Fabien.

> - Les chroniques -, Grotesque — fabien @ 8:31

19 mars 2009