Altars of Fab' Death

Hail Of Bullets : On Divine Winds

Hail Of Bullets : On Divine WindsUne année avant la résurrection d’Asphyx sur Death… The Brutal Way, Hail of Bullets avait créé la surprise en 2008 lors de la parution de son premier album …Of Frost and War, alignant un line up de folie articulé autour de membres influents et respectés de Pestilence, Thanatos ou Gorefest, tels que le talentueux batteur Ed Warby, l’infatigable guitariste Stephan Gébédi et bien sûr l’indétrônable growler Martin Van Drunen, l’une des voix les plus mythique du circuit.

Fort d’un line up inchangé et du soutien sans faille de son label Metal Blade, le quintette revient en cette rentrée 2010 avec son nouvel album On Divine Winds, jetant cette fois-ci son dévolu en pleine guerre du pacifique, de Pearl Harbour à Guadalcanal, après être sorti indemne des batailles sanglantes de Berlin. Au coeur de la seconde guerre mondiale, Hail of Bullets s’est ainsi ancré dans un créneau historique en parfaite adéquation avec son deathmetal massif, tout en lui permettant d’entretenir un ton dramatique idéal.

Musicalement, On Divine Winds ne change pas foncièrement de son prédécesseur. S’étant déjà forgé une sacrée identité, Hail of Bullets reprend ainsi la recette de son premier album, articulant ses morceaux sur une assise rythmique massive, exempte de blast-beats mais riche en double pédale subtile, préparant le terrain à un riffing tout en puissance. Si la comparaison avec son confrère Bolt Thrower reste pertinente, le groupe réussit toutefois à coupler une lourdeur toute particulière à nombre de passages entrainants, conférant une grande dynamique à son oeuvre.

Parallèlement, Hail of Bullets gagne en impact non seulement en aérant davantage ses morceaux (le jeu de batterie d’Ed Warby est à ce titre d’une fluidité exemplaire), mais encore en multipliant les passages lents & poignants, à l’image du riffing et des soli mémorables d’Operation Z, Full Scale War ou Unsung Heroes. Le groupe monte ainsi régulièrement en tension au coeur ou en fin de morceau, pour citer les excellents Tokyo Napalm Holocaust, Kamikaze et To Bear the Unbearable qui clôturent divinement l’album, marquant la différence grâce à l’authenticité des riffs de Paul & Stephan et du chant si singulier de Martin.

Si Hail of Bullets reprend les choses là où les avaient déposées deux années auparavant, On Divine Winds l’emporte toutefois grâce à une fluidité & une intensité du riff supplémentaires, invitant à s’incliner devant son deathmetal si bien amené, tour à tour martial, destructeur et dramatique. Le groupe batave a parfaitement compris combien l’authenticité de la musique et la densité des atmosphères priment sur le long terme devant un déballage de notes sans âme et un propos caricatural. Sans prétention démesurée et respectueux de ses racines, le quintette s’impose ainsi avec puissance et majesté, tout en entretenant judicieusement cette saveur si exquise du début des nineties.

Fabien.

> - Les chroniques -, Hail of Bullets — admin @ 2:00

21 octobre 2010