Altars of Fab' Death

Hate : Morphosis

A l’instar de ses compatriotes de Vader ou Decapitated, les polonais de Hate poursuivent leur route et sortent, après 17 années d’existence, leur 6ème album studio, Morphosis. Que les accros du blast arrêtent de se mordre les lèvres d’inquiétude, Hate n’a pas viré indus et ne s’est pas calmé question rythmiques ! Cette nouvelle offrande est violente et malsaine, du Hate, tout simplement…

Dans cette magnifique intro (hé hé), j’ai failli ajouter : “…du Hate reconnaissable entre mille”. J’ai finalement ejecté cette expression toute faite, car en y regardant de plus près, le death de la formation n’est pas si original que ça. Ce mélange d’ambiances lugubres et de riffs acérés évoque sans complexes Vader ou Behemoth, et ce malgré tout une (très) légère coloration indus lors des parties lourdes ou des intro. Cette utilisation de l’electro reste plutôt discrète et n’est absolument pas envahissante, la musique de Hate galope donc sur les contrées d’un black / death somme toute assez conventionnel…

Mais bon, le trio se montre d’une dextérité et d’une efficacité remarquable, leur compos sont donc ajustées au micron près et atteignent sans problème leur but, celui de vous écrabouiller le cerveau en moins de deux ! Les blast sont titanesques, les riffs en acier trempé et Adam possède une voix à classer parmi les meilleures du genre, le résultat est donc forcément bon. De plus, Hate varie énormément les tempos et évite ainsi de gaver l‘auditeur avec des blast incessants. Les titres les plus lourds comme Catharsis, Resurrection Machine ou l’excellent “The Angelistic Pain sont tout à fait réussis, les musiciens jonglant brillamment entre rythmiques 38 tonnes, riffs saccadés et arpèges glauques frissonnants.

Malgré ses qualités évidentes, Morphosis me laisse néanmoins un peu sur ma faim, peut-être à cause de sa courte durée ? Ou tout simplement parce que j’ai la sensation que Hate pourrait être bien meilleur encore et se contente, pour une bonne moitié des titres, d’évoluer dans un registre brutal réussi mais trop classique. Un morceau surpasse d’ailleurs tous les autres, “Omega”, morceau à la fois tranchant et mélodique qui nous montre combien le talent du trio peut être grand…

Pas de déception ni de grosse surprise, si vous appréciez la formation polonaise, vous ne serez pas déçus par cette nouvelle offrande qui se montre même un poil plus variée que « Anaclasis », leur précédent disque. Quant à ceux qui n’appréciaient déjà pas la formation auparavant, qu’ils passent leur chemin, ils ne l’aimeront pas d’avantage avec ce nouvel album…

Tonio (www.metal-blogs.com/tonio).

Awakening Of the Liar, Anaclasis & Morphosis sont des albums carrés et très bien ficelés, bénéficiant en plus d’une production béton, mais ils manquent à mon sens de personnalité et de folie, confinés dans l’ombre des réalisations de Vader, Behemoth & Morbid Angel. Bref, c’est un peu mou du slip à mon goût, avec en plus ces touches indus qui finissent par déhumaniser le tout. C’est dommage, le potentiel est là, et le trio polonais pourrait être beaucoup plus puissant & incisif s’il parvenait enfin à se lâcher. Fabien.

> - Les guests -, Hate — fabien @ 2:05

19 janvier 2008