Altars of Fab' Death

Hellwitch : Syzygial Miscreancy

Hellwitch : Syzygial Miscreancy

Fondé par Patrick Ranieri en 1984 à Fort Lauderdale, Hellwitch compte parmi les premiers groupes extrêmes de l’état de Floride aux côtés de Nasty Savage, Death, Massacre, Morbid Angel, Atheist ou Obituary. Au fil des demos, le guitariste chanteur complète son line-up avec le batteur Joe Schnessel et le bassiste Tommy Mouser, et parvient à décrocher un deal avec Wild Rags Records. Le trio rejoint Scott Burns aux Morrisound Studios basés dans la ville voisine de Tampa, durant quelques journées de mars 1990, tout comme Deicide qui investit les lieux à cette même date pour la capture de son debut-album. Syzygial Miscreancy débarque dans les bacs à la fin de l’été, et notamment en Europe par le biais du label hollandais Semaphore, qui distribue quelques rares licences Wild Rags comme les premiers jets de Blasphemy, Toxodeth et Impetigo.

Hellwitch se cale entre un deathmetal technique et un thrashmetal encore très présent, jouant notamment à un rythme sacrément rapide. Sans être dissonant, le jeu de guitare de Patrick Ranieri est très particulier, tout comme ses vocaux plus proches de la hyène écorchée que d’un chant d’outre tombe. Syzygial Miscreancy débute sur le très vieux morceau Nosferatu composé initialement en 1984, avant d’enchainer sur des titres relativement complexes, plus représentatifs du visage d’Hellwitch en 1990, à situer quelque part entre la rapidité & la rage de Sadus sur Illusions, la technicité & l’originalité d’Atheist sur Piece of Time, tout en y incluant cette granularité du son des guitares si typique des Morrisound Studios. On peut toutefois regretter la courte durée du LP dépassant tout juste les 25 minutes pour un total de 6 morceaux (hors intro). Moyennement distribué, peinant à trouver un public, Hellwitch ne rencontre à l’époque qu’un succès limité comparé à ses voisins directs qui cartonnent aux quatre coins de la planète. Quoi qu’il en soit, Syzygial Miscreancy est une oeuvre deathtrash d’avant-garde, pas facile à appréhender aux premières écoutes mais traversant remarquablement l’épreuve du temps.

Fabien.

> - Les commentaires -, Hellwitch — fabien @ 15:55

10 avril 2013