Altars of Fab' Death

Horde Casket : Slab of Infinite Butchery

Horde : Slab of Infinite Butchery

Chez Sevared Records, le fast-food du brutal, on sait pourquoi on y va : pour s’en payer une bonne tranche et parce qu’on aime ça, même si on sait très bien que ça a souvent voire toujours le même goût. En plus, pour trois burgers achetés, le quatrième est cadeau… tiens, justement, je vais commencer par celui-là, le Horde Casket, goût brutal death Us sûrement épicé à la sauce slam.

Oh mais attend ! Z’avaient pas sorti un album ceux-là déjà ? Ah oui, le médiocre Landscape of Cadavers en 2008 : pas trop de slam en fait, et c’est pas plus mal, mais par contre des compos insipides et une production plutôt claire mais sans saveur. Entre temps, ils ont perdu le chanteur d’origine (moment de lucidité ou indigestion ?), et ce sont désormais les deux gratteux qui assurent le service du growl : premier point positif, le chant est bien brutal, n’abuse pas du porc, c’est quasiment l’ingrédient le mieux mixé.

Secondo, et c’est quand même le principal, l’album n’est pas mauvais en soi, Horde Casket propose 10 titres courts bien en place, les trois premiers sont typiques du brutal death Us d’aujourd’hui, sans personnalité, avec des harmoniques qui fusent, et des tricotages qui tricotent. Les morceaux “CPR” et “Excrement Covered Stabwounds” sont plus intéressants, nos amis varient les tempos (attention, pas de coup de génie non plus !), et le “Abhorrent Subsistance”, rapide et linéaire est plutôt plaisant et le point d’orgue de l’album. Par contre les titres “Defiled Apparitions” et “Slops of Impending Illness” ne sont pas mis en plein milieu pour rien, ils sont là pour donner plus d’épaisseur à l’album en faisant croire qu’il s’agit de vrais morceaux, alors que, malgré leur départ en fanfare, ils s’arrêtent étonnement en cours de route, comme quand en répet’ le batteur perd sa baguette et met fin au morceau par un juron en regardant stupidement ses acolytes. Pour finir, les deux derniers titres (“Prophets of Sadistic Obliteration” et “Rapid Depopulation” : juste les noms en disent long sur l’énorme potentiel d’originalité dont les groupes sont capables de nos jours, il faudrait juste leur dire que tout a déjà été pris et de creuser plus loin…), retour à la case départ, je tricote, tu tricotes… et je mets quelques harmoniques de-ci, de-là…

Heureusement, Barrett, le manager en chef, nous a réservé une petite surprise au fond du doggy bag, qui nous tient en haleine depuis le début : LA démo 4 titres de 2007, oaaouh ! Bon, en fait on s’en fout. Surtout qu’il y avait déjà un titre repris sur le premier cd, et que le reste proposé ne correspond pas clairement à la démo, mais peu importe.

3ème point à mettre au crédit de Horde Casket et non des moindres : pas de samples de films gore et de gémissements en guise d’intro ou d’intermède : merci.

Maintenant les points négatifs (!), Gortuary est pour moi le meilleur espoir Us catégorie Brutal death, c’est gras, technique et puis vous avez tous remarqué ces petits soli croustillants qui ne font qu’ajouter de la qualité à leurs méfaits. Horde Casket s’est dit «Bah nous, on va faire pareil !..», sauf que là c’est raté, personne dans le groupe ne sait faire de solo. Ensuite la prod, bien meilleure que sur le premier album, est plus lourde, mais c’est pas encore ça : la grosse caisse est très en avant sûrement pour donner le côté slam-groove, malheureusement la basse étant mélangée dans la bouillie guitare/ caisse claire / basse, du coup, la grosse caisse se retrouve seule avec la voix pour groover, pas facile… !

Pour conclure, c’est pourtant pas mal, l’album passe bien sur sa durée et on ne s’ennuie pas vraiment, c’est «sympa», un peu comme si Disgorge avait enregistré un album sans vouloir faire de mal à personne.

Sijj (www.spirit-of-metal.com).

Sans être original ni exceptionnel, Horde Casket lâche un brutaldeath sans caricature, suffisamment technique et globalement bien exécuté. Bref, je trouve que les compositions de Slab of Infinite Butchery possèdent un certain corps, sans compter ce Suffocation-worship loin de me déplaire. Quant à Gortuary, autant Manic Thoughts me renverse, autant je reste plus dubitatif quant aux qualités de Pestilent Beings. Je trouve personnellement ces nouveaux titres plus communs, à l’impact frontal moindre, et flanqués de growls plats et caricaturaux. Je traine donc la savate quant à l’achat de l’album, acquisition qui pourrait peut-être me faire changer d’avis, qui sait… Fabien.

> - Les guests -, Horde Casket — fabien @ 12:39

26 novembre 2010