Altars of Fab' Death

Hypocrisy : Pleasure of Molestation

Hypocrisy : Pleasure of MolestationPeu après la parution de Penetralia à l’automne 1992, Hypocrisy évoluant désormais sous forme de quatuor suite au départ de Jonas Osterberg, réinvestit les studios sous l’oeil bienveillant de son leader Peter Tagtgren, pour la capture de quatre nouveaux morceaux. Cet enregistrement de 19 minutes est alors repris par le label nord américain Relapse Records (Amorphis, Incantation) en mars 1993, qui le commercialise en mini-CD sous le nom de Pleasure of Molestation, assorti d’une simple pochette cartonnée sous la série ‘The Relapse Underground Series’. On y retrouve un groupe aux compostions plus abouties et plus sataniques que jamais, emmené par son frontman Masse Broberg au timbre guttural si caractéristique.

Intégralement réenregistrés lors des sessions du second album Obsculum Obscenum paru à la fin de l’été 1993, ces quatre titres en avant-première n’ont donc été inédits que sur un intervalle de temps de quelques mois seulement, leur première mouture étant relativement identique au second jet immortalisé par Hypocrisy, hormis la guitare acoustique du très bon Attachment to the Ancestor, qui se distingue facilement à l’oreille de la version de l’album. Pleasure of Molestation est donc à Obsculum Obscenum ce qu’Upon the Throne of the Apocalypse (Incantation) est à Mortal Throne of Nazarene, un enregistrement un brin plus ‘evil’ et brut de décoffrage. Outre une valeur historique qui peut aussi prévaloir, l’intérêt du mini-CD se porte aujourd’hui davantage du côté des collectionneurs, d’autant que ces versions ont été incluses dans les différentes rééditions de Nuclear Blast.

Fabien.

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10 avril 2013

Hypocrisy : Penetralia

Hypocrisy : Penetralia

Multi instrumentiste, Peter Tägtgren commence très tôt la pratique de la musique, tout d’abord batteur, il s’essaie ensuite avec succès à la guitare, la basse et aux claviers. A la fin des années 80, après la dissolution de son premier groupe de thrashmetal Conquest, il émigre aux Etats-Unis et fait ainsi la connaissance de Phil Fasciana du groupe Malevolent Creation, qui le dirige plus précisément vers cette scène deathmetal en pleine émergence. De retour sur ses terres natales suédoise, le leader fonde alors en 1990 l’entité Seditious en solo, avant de finalement opter pour le patronyme Hypocrisy et d’assembler un line-up en entier deux années plus tard, autour de Masse Bröberg, Jonas Osterberg, Mikael Hedlund et Lars Szoke.

Avec une seule démo à son actif et encore très jeune, son line-up n’ayant pas même une année d’existence, Hypocrisy se fait rapidement remarquer par l’écurie allemande Nuclearblast, soucieuse en cette année 1992 d’étoffer notoirement son catalogue deathmetal. A la fin de l’année, le groupe sort ainsi son premier album Penetralia mis en image par l’incontournable DanSeagrave, et participe aussi à la fameuse compilation maison Death Is Just The Beginning Vol.II aux côtés d’autres formations récemment signées par Markus Staiger, comme Monstrosity, Gorefest, Brutality ou Resurrection. Le titre Life of Filth inédit sur la compilation est d’ailleurs issu des sessions de l’album fraichement enregistré.

Influencé par les pérégrinations de son leader aux Etats-Unis, Hypocrisy lâche un premier disque aux influences US assez évidentes, tout en possédant cette identité suédoise caractéristique. Penetralia se situe ainsi quelque part entre les premières d’œuvre de Deicide, Entombed et Seance. D’une architecture bien que très conventionnelle, son deathmetal est relativement sombre, renforcé par son concept anticlérical et par le guttural terrifiant de son frontman Masse Bröberg.

Entièrement pensé par notre guitariste Peter Tägtgren, qui s’offre d’ailleurs le luxe d’enregistrer plusieurs parties de batterie ainsi que les vocaux du titre éponyme, Penetralia offre finalement peu de surprise, tant ses morceaux, bien que habillement ficelés, surfent sur la vague deathmetal en lui empruntant ses codes. Toutefois, le riffing brutal et l’atmosphère occulte de l’album finissent par l’emporter, à l’image des guitares fracassantes d’Impotent God, des claviers sombres de Nightmare et Left To Rot, de l’introduction acoustique du titre final, autant d’ingrédients certes stéréotypés mais témoignant un savoir-faire indéniable.

Au-delà d’une qualité de mise en place et d’interprétation incontestables, Penetralia paraît sur la scène deathmetal avec une longueur de retard en cet automne 1992, montrant une formation déjà solide mais manquant encore de personnalité. Hypocrisy lâche toutefois une passerelle de choix entre les scènes suédoise et nord américaine et, fort de morceaux percutants et d’un chanteur au charisme incroyable, le quintette possède déjà un répertoire taillé pour la scène, lui valant rapidement le soutien de nombreux deathsters lors de ses fréquentes tournées.

Fabien.

> - Les chroniques -, Hypocrisy — admin @ 2:00

1 octobre 2007