Altars of Fab' Death

Illdisposed : Return from Tomorrow

Illdisposed : Return from TomorrowFort d’un noyau inchangé, consolidé avec l’apport d’un second guitariste en la personne de Morten Gilsted, Illdisposed investit les studios Borsing Recordings au Danemark durant le mois de février 94, pour les sessions du mini-album Return from Tomorrow, suite directe du départ prometteur entamé sur l’écrasant Four Depressive Seasons. Initialement paru en version quatre titres chez Progress Records en deux tirages de 500 exemplaires, le nouvel effort des danois parait dès l’automne 94 dans sa version complète 7 titres (en partenariat renouvelé avec Nuclearblast), représentant pas moins de 27 minutes de deathmetal rouleau-compresseur, un plat consistant pour un simple mini-album destiné à contenter les deathsters les plus impatients.

Return from Tomorrow reprend globalement la recette de son ainé, où l’on réentend avec plaisir ces guitares si aplatissantes, ce son danois typique & imparable, et bien sûr le guttural décoiffant de Bo Sommer qu’il baptise idéalement subwoofer. Si le morceau Darkness Weaves renverse par une lourdeur du riff peu commune, Depersonnalisation en ouverture nous montre un Illdisposed qui groove davantage. Impression nettement confirmée sur le titre éponyme fort entrainant, cinq minutes où Bo Sommer alterne chant à la limite de l’éraillement et subwoofer déracinant, où quelques interventions vocales féminines discrètes & bienvenues font leur apparition, où Illdisposed déboulonne à coups d’accélérations fracassantes, où Morten Gilsted gratifie le tout de soli particulièrement soignés, pour un ensemble gagnant en aération tout en conservant une lourdeur manifeste. Whitering Teardrops, bonus de qualité de ce mini-album, est tout aussi équilibré et surprend encore par la qualité des leads du nouveau guitariste et par un groove tout aussi affirmé. Copieux, Return from Tomorrow est un mini-album à ne pas rater pour les deathsters appréciant la première partie de carrière d’Illspisposed, une transition idéale entre l’extrême lourdeur des débuts et le côté plus groovy de Submit, second full-lenght à paraître dès 1995.

Fabien.

> - Les commentaires -, Illdisposed — admin @ 17:12

22 janvier 2013

Illdisposed : Four Depressive Seasons

Illdisposed : Four Depressive SeasonsFormé autour des frères Bak et de Bo Summer, Illdisposed figure parmi les pionniers de la scène death metal danoise, qui ne s’était guère illustrée jusqu’à lors. Le groupe enregistre son premier album, Four Depressive Seasons fin 1992 pour le compte de l’écurie Progress (future DieHard), bien que le disque ne soit réellement disponible qu’au printemps 1994, lorsque son label parvient à décrocher une couverture européenne via Nuclear Blast.

Four Depressive Seasons assène un death metal d’une lourdeur incroyable, rappelant le death caverneux et middle tempo du redoutable Into The Grave, à l’image de Reversed et de ses riffs particulièrement mortels. La force d’Illdisposed réside en effet dans cette force incommensurable qui se dégage de la guitare de Lasse, accordée très bas, et des vocaux ‘Sub Woofer’ de Bo, qui annihilent tout sur leur passage. De plus, parallèlement à son extrême lourdeur, l’album contient quelques touches mélodiques, qui deviendront très vite la marque du groupe, comme l’acoustique de Forbidden Summer, les passages apaisants de Weeping Souls, ou la voix Soprano de Deathwork, lui apportant judicieusement un accent mélancolique, en opposition à sa brutalité pure.

Mais malgré son identité très marquée, Four Depressive Seasons contient trop de riffs linéaires et un côté ultra conventionnel, qui ne lui permettent pas de rivaliser avec les maîtres de l’époque. De plus, bien que le son de grattes soit particulièrement terrassant, le mixage final de l’album s’avère brouillon, étouffant les compositions au lieu d’accroitre leur puissance intrinsèque.

Four Depressive Seasons de bonne facture, n’est donc pas un album incontournable pour autant. Il possède certes de bons éléments, mais exprimés de manière parfois confuse et maladroite pour en faire véritablement une référence. Au delà, Illdisposed parvient néanmoins à convaincre grâce à un son de guitares et des vocaux écrasants, s’opposant à une approche mélodique certes discrète, mais déjà très caractéristique.

Fabien.

> - Les chroniques -, Illdisposed — admin @ 2:00

2 octobre 2007