Altars of Fab' Death

Illogicist : The Insight Eye

Illogicist : The Insight Eye

Membre talentueux de la nouvelle vague de death technique qui s’émancipe au début des années 2000, Illogicist reste toutefois cantonné dans l’ombre de l’underground pendant de longues années.
L’hermétisme de son premier album, Subjected, ambitieux et très technique, mais aussi démonstratif en diable, n’a sans doute pas permis aux Italiens de séduire un public suffisamment large. Illogicist ne se décourage pas, et entre tournées intensives et disque promo auto-produit, il parvient à séduire Willowtip Records, avec à la clé une signature qui ouvre de nouvelles perspectives.

Enregistré au début 2007 dans les propres studios de Luca Minieri, puis mixé une nouvelle fois aux Finnvox Studios (Helsinki), The Insight Eye, second album d’Illogicist bénéficie en outre du renfort non négligeable de Marco Minnemann derrière les fûts.

Tirant visiblement des enseignements du passé, Illogicist réussit à éliminer pour bonne partie les scories de son précédent album, sans compromettre ses atouts artistiques. Le groupe italien propose un death metal très technique, qui revendique plus que jamais ses influences Death et Atheist: assumant parfaitement cet héritage, les musiciens disposent à la fois de la technique individuelle et du talent artistique pour relever le défi. Le bassiste Emilio Dattolo en est l’exemple parfait, incarnant ce jeu jazzy et subtil qui fût l’une des caractéristiques des Dieux américains, et qui s’avère être la pierre angulaire de la musique d’Illogicist. The Insight Eye s’articule donc autour de ces lignes ensorcelantes, en restant dans un tempo globalement peu enlevé, tranchant par là assez nettement avec l’école Necrophagist. A la fois mélodique et tourmenté, le jeu des guitares de la paire Minieri / Abrosi amplifie l’impression de clair-obscur qui jaillit à chaque note. Toujours soigné et élégant, le death d’Illogicist s’amuse à créer une atmosphère complexe et déstabilisante: on se laisse facilement griser par la justesse harmonique et la séduction de ces enfilades de notes gracieuses pour mieux se faire surprendre par des passages plus catchy et agressifs. Connu pour ses penchants mathcore et constructions en spirales à rendre chèvre, Illogicist abandonne l’utilisation systématique des polyrythmies et constructions déstructurées. Sans tomber dans le tout linéaire, le groupe parvient à conserver sa complexité et sa richesse à l’échelle de chaque morceau tout en gagnant en sobriété à l’échelle du riff. Le résultat est significativement plus convaincant: la musique d’Illogicist devient plus lisible, disposant d’une aération incontestable qui permet de nettement mieux apprécier l’ensorcelante machine à émotions. Elle gagne par la même en authenticité et en profondeur.
Les 40 minutes passent ainsi bien plus vite que celles plus éprouvantes de Subjected, avec à la clé une constance indéniable tout au long des huit titres, et dont le revers de la médaille serait qu’aucun ne sort véritablement du lot (peut-être Brain Collapse, dont le titre est révélateur d’un jeu d’enchaînements captivant et déstabilisant).

Illogicist parvient de fait à trouver sa place au sein de la scène techno-death, plus posé et moins véhément que ses congénères, les blasts en moins mais l’élégance italienne en plus.
En attendant une suite forcément prometteuse à The Insight Eye, il est clair que celui-ci à de quoi donner de longues heures de satisfaction aux amateurs qui ne cherchent pas systématiquement les efforts les plus ultimes du genre.

eulmatt (www.metal-blogs.com/eulmatt).

Je préfère également The Insight Eye à son prédécesseur. La maturité aidant, Illogicist gagne en effet en saveur et en fluidité, tout en restant fidèle à son style architectural. A ce titre, bien que le rendu soit moins mélodique et que le groupe n’évolue pas non plus dans la même cour, je pense qu’un parallèle avec les nord américains d’Arsis peut être pertinent. En tout cas, la démarche d’Illogicist est réellement différente de ses compatriotes Fleshgod Apocalyse et Hour of Penance, le groupe rangeant volontiers les blasts et le côté brutaldeath au placard. Un bon album technique, original qui plus est, tout en assumant parfaitement l’influence Chuck Schuldiner. Fabien.

> - Les guests -, Illogicist — fabien @ 21:34

11 novembre 2010

Illogicist : Subjected

Illogicist : SubjectedPeu exposée, en dehors de quelques groupes comme Natron ou le redoutable Hour of Penance, l’Italie a toujours été en retrait des autres scènes deathmetal européennes. Elle compte pourtant depuis 1997 une autre formation de renom, baptisée Illogicist, formée à Aoste autour du guitariste chanteur & compositeur Luca Minieri. Fort d’un contrat discographique avec le label US Crash Music, le groupe enregistre son premier album Subjected en décembre 2003, comptant sur la présence de son leader derrière les consoles, puis bénéficiant d’un mixage et d’un mastering aux célèbres Finnvox Studios finlandais.

A l’image de son logo labyrinthique, Illogicist développe un death technique & alambiqué, privilégiant des structures riches & posées à toute forme de brutalité. De l’architecture même des compositions polyrythmiques & feutrées, jusqu’aux vocaux éraillés de Luca, en passant par une thématique traitant de sujets philosophiques & spirituels, la couleur de Subjected reste ainsi comparable à l’excellent Individual Thought Patterns de Death, trahissant l’influence considérable de Chuck Schuldiner sur le compositeur italien.

Illogicist possède toutefois une empreinte personnelle qui lui confère une véritable identité, s’appuyant sur des individualités au talent indéniable. En effet, les lignes de basse habiles & complexes d’Emilio se mêlent aux rythmiques fouillées de Remy, offrant un terrain idéal aux duels guitaristiques de Luca & Diego, qui entremêlent leurs riffs et soli avec beaucoup de virtuosité, à l’image des subtils Price of Confidence & Soul Feeder, ou encore de l’instrumental Introspection, où la formation démontre toute l’étendue de son savoir faire.

Possédant à la fois un ton agressif et un côté intimiste, Subjected impressionne ainsi par sa richesse et sa mise en place minutieuse. Illogicist ne peut toutefois s’empêcher de trop en faire, délivrant des compositions manquant hélas de repères mélodiques et de moments paisibles, rendant l’écoute de son album parfois éprouvante, sans véritable refuge durant 38 minutes. Le talent de la formation italienne permettra toutefois de rectifier le tir dès le second album, toujours très technique mais décidément plus accrocheur.

Fabien.

> - Les chroniques -, Illogicist — admin @ 2:00

6 octobre 2008