Altars of Fab' Death

Immolation : Kingdom of Conspiracy

Immolation : Kingdom of ConspiracySi le line-up d’Immolation est inchangé depuis 10 ans, correspondant à l’arrivée du batteur Steve Shalaty en 2003, le groupe compte aussi sur une association historique avec son ingénieur du son Paul Orofino, présent depuis l’impitoyable Failures for Gods. Depuis l’imposant Majesty and Decay, en passant par le redoutable EP Providence, notre quatuor de deathmetal semble apprécier également les mixages / mastering de Zack Ohren, ainsi que les illustrations de Par Olofsson, puisqu’il reconduit toute cette même équipe pour l’immortalisation de Kingdom of Conspiracy, son second album paru chez Nuclearblast et son neuvième full-length en 25 ans de carrière.

Musicalement, inutile de chercher non plus de grands bouleversements, Immolation réadaptant sans changement notoire la recette de ses précédents albums, avec une brillance, une sincérité et une pureté qui ne peuvent toutefois aucunement être remises en cause. Kingdom of Conspiracy s’ancre ainsi dans la tradition de ses grands albums comme Failures for Gods ou Unholy Cult, tout en privilégiant un impact immédiat sur plusieurs morceaux, à l’image du titre éponyme idéalement placé en ouverture.

Immolation enchaine ainsi de sacrés titres avec un savoir-faire indéniable, pour citer l’imparable Bound to Order au martèlement rythmique assommant et aux riffs incisifs, l’intense The Great Sleep aux riffs & soli de Bob Vigna rarement aussi torturés, ou encore l’impérial All That Awaits Us aux montées en puissance intenses et saisissantes, un formidable final une fois encore. Outre la singularité des lignes de guitares irremplaçables de Vigna, soutenues par la solidité du jeu de Taylor & les rythmes fouillés de Shalaty, l’arme suprême de notre quatuor se nomme Ross Dolan, au growl pur & profond, représentant l’âme d’Immolation aux côtés de Vigna, ce duo complémentaire, invincible et inséparable.

Synthèse de tous ses albums compris entre Here in After et Majesty and Decay, Unholy Cult et Shadows in the Light restant les deux œuvres qui reviennent le plus souvent à l’esprit à l’écoute de ces dix nouveaux morceaux, Kingdom of Conspiracy ne constituera pas vraiment une surprise pour les deathsters qui suivent déjà le groupe depuis tant d’années. Immolation garde en revanche une noirceur, une brutalité et une majesté qui le maintiennent immuablement parmi les dieux du deathmetal, parmi ces rares formations telles que Cannibal Corpse, d’influence majeure et à la carrière tout aussi inébranlable. Intrinsèquement, bien que peu aventureux, ce neuvième album de notre quatuor new-yorkais prend corps au fil des écoutes et se distingue par une qualité du riff irréprochable, de quoi s’assurer une sévère addiction sur nos platines.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 16:21

31 mai 2013

Immolation : Hope and Horror

Immolation : Hope and HorrorDeux ans après Harnessing Ruin plus direct et un peu plus atypique dans sa discographie, Immolation revient au printemps 2007 avec le très grand Shadows in the Light, entre la densité de Failures for Gods et la noirceur d’Unholy Cult, nouvel effort où le quatuor montre une fois encore toute sa grandeur durant 40 minutes de deathmetal solide comme un roc. Fourmillant d’idées cette fois-ci, notre groupe décide d’un commun accord avec Laurent Merle (boss de l’écurie Listenable Records) de sortir un mini-CD en parallèle, afin de ne pas rendre l’ensemble indigeste en une seule bouchée, d’où la naissance de Hope and Horror issu des mêmes sessions d’enregistrement en novembre 2006, aux habituels Millbrook Sounds Studios sous l’œil bienveillant de Paul Orofino.

Loin de proposer de banales chutes de studios sur Hope and Horror, Immolation nous réserve trois morceaux d’une qualité irréprochable, n’ayant rien à envier à la sélection de Shadows in the Light. Tandis que Den of Thieves, au riffing agressif et aux blast-beats imparables, constitue l’amorce idéale du mini-album, The Condemned se hisse quant à lui parmi les instants de premier choix de notre quatuor, cinq minutes d’une maîtrise désarmante où les riffs de Taylor & Vigna s’enchevêtrent sur des motifs tout aussi solides de Shalaty derrière les fûts, où Vigna fait littéralement pleurer sa guitare, où la tension monte inexorablement, où les growls de Dolan renversent par leur profondeur. Sur une suggestion de Laurent Merle, Immolation clôt enfin l’œuvre sur la première plage instrumentale de sa carrière, exercice inédit qui tient magistralement en haleine durant sept minutes, grâce à ses multiples variations, sa richesse d’écriture et sa qualité d’interprétation.

Cerise sur le gâteau, Hope and Horror est assorti d’un DVD de 47 minutes filmées durant un concert à New-York au printemps 2006, au BB King Blues Club. La qualité du son est au rendez-vous, et c’est aussi l’occasion d’observer, outre la chevelure impressionnante de Ross Dolan, le jeu décharné de Robert Vigna n’ayant aucun équivalent dans le style. Si Immolation fait bien sûr la part belle à Harnessing Ruin et Unholy Cult (les deux derniers albums en date à ce moment) en leur consacrant les trois-quarts des morceaux lors de cette soirée, on retrouve également avec plaisir de sacrés classiques comme le culte Into Everlasting Fire tiré de son premier album, l’immense Unpardonable Sin de Close to a World Below, ainsi que l’invincible No Jesus No Beast de Failures for Gods, une école à lui seul.

Si Immolation peut non seulement se vanter d’avoir sorti en cette année 2007 un Shadows in the Light inattaquable, il nous offre en plus un complément de premier plan avec le mini-CD Hope and Horror, 15 minutes d’une densité et d’une grandeur équivalentes, renfermant un morceau instrumental judicieux. Le DVD l’accompagnant devrait enfin décider les derniers réfractaires inconscients, proposant une qualité visuelle & sonore tout à fait satisfaisante pour dresser un aperçu fidèle du quatuor en concert, à domicile ce soir-là au cœur de sa ville natale de New-York.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 0:03

9 novembre 2012

Immolation : Providence

Immolation : ProvidenceAuteur d’un debut-album culte dès 1991 et s’étant illustré par la suite grâce à une suite d’une excellence qui ne peut être remise en cause, Immolation compte parmi le cercle très restreint des poids lourds du deathmetal, ces quelques formations brillantes et intègres, à l’instar de Cannibal Corpse, sans lesquelles la scène deathmetal se sentirait bien orpheline. Un an après le très bon Majesty and Decay paru chez Nuclearblast, le quatuor emmené par Vigna & Dolan organise contre toute attente la sortie d’un mini-album à l’automne 2011 avec Scion Audio Visual (tout comme Enslaved quelques mois auparavant), écurie bien en dehors du circuit metal que nous chérissons tous. Cette parution est d’autant plus surprenante que le mini-CD en pochette carton n’est officiellement distribué que durant la tournée nord-américaine du moment, ou bien mis à disposition en version digitale via un téléchargement légal sur le site du label. Autant dire que les spéculations sur la version manufacturée ont été immédiates sur un marché dicté par la loi de l’argent.

Enregistré en août 2011 aux Millbrook Sound Studios sous la houlette de Paul Orofino et mixé par Zack Ohren aux Castle Ultimate Studios, ce mini-album baptisé Providence et mis en image par P.Olofsson a été immortalisé dans des lieux et par des ingénieurs du son qu’Immolation connaît bien, d’où ce rapprochement assez évident avec les précédents efforts du géant new-yorkais, notamment Shadows in the Light et Majesty and Decay. On y retrouve ce groupe massif et impérial, instantanément reconnaissable par son mélange imparable entre noirceur et force tranquille, sans occulter le growl profond de Ross Dolan et le jeu si singulier de Bob Vigna, qui tronçonne littéralement avec sa guitare tant en concert qu’en salle d’enregistrement.

Premier titre dans la grande tradition d’Immolation, What they Bring est un morceau imposant, dominé par le jeu de batterie complexe de Steve Shalaty et les riffs de guitares lourds & croisés du duo Taylor / Vigna, tandis que l’on retrouve ce même pouvoir d’attraction sur l’excellent Still Lost où le groupe jongle habillement entre un middle tempo terrassant et des blast-beats tout aussi dévastateurs. Si l’on monte encore d’un cran en termes d’intensité sur l’imparable morceau éponyme, digne des meilleurs titres de l’invincible Failures for Gods, on s’agenouille une fois encore devant le talent du quatuor lors de l’immense final Swallow the Fear, Immolation ayant toujours jalousement conservé le secret d’une finition impeccable à chaque album. C’est alors Illumination choisi pour le clip qui sort plus particulièrement des sentiers battus, non loin de l’approche directe et des riffs plus atypiques de l’album Harnessing Ruin, un morceau en contraste idéal avec le côté massif des autres plages, sans représenter toutefois la facette du groupe que je préfère.

Si le prédécesseur Majesty and Decay reste un disque de très haute tenue, il se situe également parmi les œuvres les plus compactes dans la discographie d’Immolation, un monolithe de 45 minutes parfois difficile d’accès. A ce titre, ce mini-CD Providence lui emboitant le pas referme les mêmes qualités, tout en étant plus digeste grâce une durée de 19 minutes qui lui sied idéalement, mais aussi grâce à cinq titres inédits se détachant naturellement les uns des autres. On obtient au final une nouvelle pierre indispensable dans l’édifice d’Immolation, valant un investissement notoire ne serait-ce que pour l’illustre Still Lost ou le final Swallow the Fear tout aussi immersif, des trous noirs d’une densité et d’une force d’attraction sans équivalent.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 23:57

7 novembre 2012

Immolation : Majesty and Decay

Immolation : Majesty and DecayGuère prolifique durant les nineties faute à de nombreux déboires & désillusions, Immolation a largement inversé la tendance depuis l’invincible Failures for Gods, alignant désormais les albums avec une régularité remarquable. Sans jamais faillir qualitativement ni trahir son essence, le quatuor new-yorkais s’est ainsi définitivement imposé parmi les dieux incontestés du deathmetal, étalon aujourd’hui vital et incontournable.

Fidèle à l’ingénieur du son Paul Orofino depuis Failures for Gods, Immolation retourne ainsi au Millbrook Sound Studios durant les mois d’octobre et novembre 2009, pour la capture de son huitième album. Le budget important alloué par sa nouvelle écurie Nuclearblast, qui semble de nouveau suivre le mouvement deathmetal de près à l’image de ses récentes signatures de Suffocation, Vader, Unleashed ou Behemoth, autorise également le mixage et la masterisation aux Castle Ultimate Studios, sous la coupe de Zack Ohren (Odious Mortem, Severed Savior), permettant d’obtenir un son plus précis, de peaufiner les ambiances ainsi que les soli de Bob Vigna.

Paru en mars 2010 et intitulé Majesty and Decay, le nouvel album des inusables Ross Dolan et Bob Vigna est magistralement illustré par l’inévitable Par Olofsson, représentant ce trône tombant en poussière, qui laisse derrière lui des milliers d’âmes errant en peine. Cette image reste loin d’une application au maître Immolation, qui revient en ce printemps 2010 avec une constance et une détermination sans faille.

Proche de l’intensité et des atmosphères sombres de Failures for Gods et Unholy Cult, le nouvel effort d’Immolation place de nouveau la barre très haute. Après une intro fixant de suite un climat épais, Majesty and Decay débute sur un The Purge tout d’abord très rentre dedans, dominé par le martelage des fûts de Shalaty, les croisements de riffs sans pitié de la paire Taylor-Vigna et les growls profonds de Dolan. Puis, suite aux soli décharnés de Vigna, la cadence ralentit pour céder la place à un middle tempo et un riffing écrasants, s’enchainant sur une guitare acoustique qui noircit l’ambiance d’un cran, avant que la machine ne s’accélère et terrasse de plus bel.

Dirigés avec la même maestria, jonglant entre débauche de brutalité pure et atmosphère à couper au couteau, A Token of Malice, Divine Code et l’excellent titre éponyme maintiennent ce niveau d’intensité hors norme imposé dès le premier morceau. Une fois encore, la maîtrise de Bob Vigna et la singularité de son jeu impressionnent, arme imparable d’Immolation, laissant parler et pleurer sa guitare comme peu de musiciens extrêmes, pour ne pas citer Trey Azagthoth du dieu Morbid Angel.

Après un interlude hypnotique et un magistral A Thunderous Consequence, la dernière partie de l’oeuvre se déroule toutefois sans surprise notable, manquant parfois même du tourbillon de noirceur & de folie d’un Failures for Gods ou un Close to a World Below au coeur des morceaux. En revanche, The Raptures of Ghosts et The Comfort of Cowards se terminent sur deux finaux époustouflants, tout en loudeur et majesté, sur l’entremêlement si délicieux des guitares de Bob Vigna et Bill Taylor, dans la grande tradition d’Immolation.

Si Majesty and Decay ne représente ni l’effort le plus marquant d’Immolation, ni une révolution dans sa carrière, la réalisation reste d’une richesse exceptionnelle, montrant une nouvelle fois un groupe survolant la masse des formations deathmetal actuelles. Monolithique, d’une brutalité et d’une noirceur à toute épreuve, cette offrande représente encore des heures d’écoutes passionnées et infinies, ne laissant parallèlement que peu de chances à la concurrence dès le début de cette année 2010.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 2:00

3 avril 2010

Immolation : Shadows in the Light

Harnessing Ruin

Ecouter un album d’Immolation, c’est l’assurance de se prendre en pleine face un death métal stylé executé par des passionnés qui roulent leur bosse depuis bientôt 20 ans. Shadows in the Light est le septième album des américains, et leurs trois précedentes réalisations étaient de véritables bombes. Alors qu’en est-il de celui-ci, baisse de forme ? Inspiration envolée ? Vous vous doutez de la réponse, vous avez vu ma note…

Pas d’inquétude, Immolation reste égal à lui même, un groupe monolytique, un colosse taillé dans le roc avec lequel peu de formations peuvent rivaliser. Tous les élements qui caractérisent la formation sont présents ici et les fans ne seront en aucun cas dépaysés. Après autant d’années d’activité, les musiciens ne se montrent pas du tout à court d’idées. Tout le talent de ce groupe est de réussir a dégager une haine immense sans miser à tout bout de champ sur la vitesse. Les compos sont partagées entre mid-tempos, blast et parties lourdes, avec une ambiance toujours très sombre, funèbre même, qui vous empoigne les tripes à pleine main. Le chant y est aussi pour beaucoup, j’ai écouté cet album au casque et j’ai franchement eu l’impression que Ross Dolan s’adressait directement à moi, sa voix est énorme et pénétrante.

Le travail de composition est toujours aussi fouillé et le groupe ne se contente jamais de se vautrer dans un death trop bestial ou basé uniquement sur la technique. Les harmonies de guitares sont rampantes et malsaines, les riffs ébouriffants, Immolation a vraiment une façon unique de créer un death métal à la fois fascinant et percutant. Par ailleurs, les textes évitent les clichés gore simplistes de beaucoup de groupes et se focalisent sur la noirceur de notre monde, ce qui rend leur musique encore plus crédible et personnelle.

Immolation ne laisse donc rien au hasard et ne fait pas de remplissage, le groupe met tout en oeuvre pour que chaque compo possède sa propre identité, soit à travers des lignes de guitares obsédentes, soit grâce à l’utilisation de riffs hypnotiques. Le travail du batteur est par ailleurs remarquable, ce dernier, qui réalise ici son deuxième album avec le groupe, semble avoir définitivement trouvé sa place au sein du combo et enrichit les compos avec un jeu fourni et original. Les solos de guitare n’ont pas une place capitale dans la musique de Immolation mais les gratteux savent exactement les placer là où ça fait du bien, avec beaucoup de feeling et de dexterité.

Je ne passerais pas en revue les dix titres qui composent Shadows in the Light car ils sont tous excelents, je vous laisserai vous même le bonheur de capter chaque subtilité que renferment les compos. Le terme subtilité n’est pas exageré tant chaque morceau fourmille de petits arrangement de gratte, pas toujours décelables lors de la première écoute. Cet album, comme les précedents du groupe, demande plusieurs écoutes pour être completement assimilé, c’est la marque des grands !

Quelques titres vous mettrons tout de même immédiatement par terre. Passion Kill et son riff lourd, entêtant et saccadé, est un vrai rouleau compresseur, The Weight Of Devotion s’ouvre sur un étonnant riff en harmonique completement innatendu qui rend ce titre immédiatement passionnant, Whispering Death, le dernier morceau, est d’une noirceur et d’une profondeur peu commune… etc.

D’autre part, pour ne rien changer, Immolation a enregistré avec Paul Orofino. C’est là leur cinquième collaboration et la production est évidement à la hauteur de la musique, massive et limpide. La batterie est même d’avantage mise en avant que sur leur précedent album où elle paraîssait légerement en retrait à mon goût.

Shadows in the Light est de nouveau une réussite éclatante, jusqu’où Immolation ira t’il ? Ca en devient presque énervant tellement ces mecs sont doués ! Dans leur style, ils sont insurpassables. Cet album est d’ores et déjà pour moi une des meilleures sorties death métal de l’année et tout simplement un des meilleurs albums du groupe, à égalité avec Close to a World Below et Unholy Cult, qui sont à mon sens leurs deux autres meilleures réalisations. Album indispensable !

?Tonio (www.metal-blogs.com/tonio).

Pour tout avouer, Harnessing Ruins m’avait laissé quelque peu sur faim, la faute peut-être à ses structures plus directes, manquant d’un poil de consistance, d’épaisseur. En revanche, Shadows in the Light possède cette noirceur et cette puissance phénoménales, que je ne n’avais pas ressenties depuis Failures for Gods et Close to a World Below. Le riff central poignant du superbe World Agony, le final renversant de Whispering Death, les soli intenses et décharnés de Rob Vigna, la profondeur des growls de Ross Dolan, le jeu fouillé de Steve Shalaty, sont autant d’élement qui transcendent ce nouveau chef d’oeuvre d’Immolation. Fabien.

> - Les guests -, Immolation — fabien @ 17:28

6 novembre 2009

Immolation : Unholy Cult

Immolation : Unholy CultDieu confirmé du deathmetal depuis la sortie des invincibles Failures for Gods et Close to a World Below, Immolation revient en cette fin d’année 2002 avec son cinquième blasphème en seize années de carrière. Entre temps, le bande des infatigables Ross Dolan et Robert Vigna affronte le départ du guitariste de longue date Thomas Wilkinson, remplacé au pied levé par Bill Taylor, transfuge de l’impitoyable formation floridienne Angelcorpse.

Le groupe quitte parallèlement son label Metal Blade, pour un nouveau contrat chez Olympic Recordings et Listenable, se partageant respectivement les licences outre atlantique et européenne. La signature chez le label français de Laurent Merle ne tient toutefois pas au hasard, ce dernier étant ami avec la formation depuis l’origine, ayant notamment organisé ses premiers concerts sur le vieux continent en 1990, quelques mois avant même la tournée mythique de Morbid Angel en compagnie de Napalm Death.

Immolation retourne ainsi en mai 2002 aux Milbrook Sound Studios en compagnie de Paul Orofino, pour les sessions d’Unholy Cult, muni d’une nouvelle illustration du maître Andreas Marshall (Messiah, Hate Eternal) et commercialisé dès le mois de novembre, dans les même temps que le destructeur Plainfield Cemetery de son homonyme suédois Deranged.

Unholy Cult débute sur le classique Of Martyrs and Men, s’ouvrant sur les guitares lancinantes de Robert Vigna, prélude au déluge rythmique d’Alex Hernandez, précieux soutien des riffs intraitables & entremêlés du duo Taylor / Vigna et des soli décharnés de ce dernier. Enfin, doit-on rappeler une fois encore la profondeur et la pureté du chant guttural de Ross Dolan ? L’arme fatale d’Immolation.

Puis, l’excellent Sinful Nature montre la facette d’un groupe plus direct, qui conserve toutefois cette même furie, tout en relançant impeccablement la machine, enchainant alors sur le titre éponyme saisissant, au riffing et au final tout aussi mémorables. Sans faiblir, le quatuor new-yorkais lâche ensuite des morceaux au savoir-faire indéniable, à l’image du middle tempo Reluctant Messiah ou du furieux A Kingdom Divided, sans que cette suite n’offre toutefois réellement de surprise en regard des précédents joyaux de la formation. Enfin Bring Them Down, au rythme tout d’abord effréné, calme le jeu dans sa seconde partie, laissant alors place aux pleurs de la guitare de Rob Vigna, le temps d’un final particulièrement poignant, dont Immolation possède le secret.

Sans révolutionner le style du quatuor, supportant parallèlement la lourde succession de deux disques cultes coup sur coup, Unholy Cult reste puissant et prenant, renfermant de surcroît une pureté et une noirceur brillamment conservées. Nouvelle gravure dans la carrière inattaquable de la formation new-yorkaise, Unholy Cult inscrit ainsi Immolation parmi les acteurs deathmetal incontournables de cet an de grâce 2002, aux côtés de ses compatriotes Origin, Nile, Hate Eternal et Internecine, qui bombardent dans les mêmes temps avec une précision et une intensité tout aussi manifestes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 2:00

5 novembre 2009

Immolation : Close to a World Below

Immolation : Close to a World BelowSi deux étés séparent les sessions de Close to a World Below et celles de l’impitoyable Failures for Gods, une seule année différencie la sortie des deux disques, la parution du précédent ayant été reportée de plusieurs mois faute au planning surchargé du dessinateur Andreas Marshall. Enregistré en juin 2000 aux désormais habituels Millbrook Studios sous la houlette de Paul Orofino, le nouvel album d’Immolation sort en effet dès l’automne chez Metal Blade, muni d’une illustration diabolique d’Andreas, cette fois-ci dans les temps et assisté pour l’occasion de son frère Alex Marshall.

A l’image du titre d’ouverture Higher Coward très tapageur, dominé par les blast-beats & les roulements d’Alex Hernandez, les riffs intraitables & soli déchirants du couple Wilkinson / Vigna et le chant guttural profond de Ross Dolan, Immolation durcit sensiblement le ton, entretenant une ambiance chaotique terriblement prenante, infernale. La débauche de violence et la complexité des morceaux, tels Furthest from the Truth ou Put my Hand into the Fire sur lesquels les deux guitaristes superposent malicieusement leurs plans de guitares, rendent ainsi l’album difficile d’accès, nécessitant de nombreuses écoutes attentives avant d’être dompté.

Mais, au lieu de perdre l’auditeur dans un déluge de tout instant, Immolation calme judicieusement le jeu aux endroits clés, décuplant alors l’intensité de ses morceaux pour un résultat dévastateur. Les guitares lancinantes d’Unpardonable Sin, les riffs obsédants de Lost Passion, le break redoutable de You’re Not a Father, les ambiances saisissantes du titre éponyme, ou encore le final poignant de Fall from a High Place, sont autant d’éléments qui relancent parfaitement la machine, permettant au quatuor new-yorkais de terrasser définitivement l’auditeur et de lâcher plusieurs titres parmi les plus mémorables de sa carrière.

Manifeste de noirceur et de brutalité pure, à l’iconicité antichrétienne fortement marquée, Close to a World Below impose une atmosphère diabolique et un niveau d’intensité hors du commun. Après un Failures for Gods inattaquable, Immolation parvient ainsi à se maintenir au sommet de la scène deathmetal en cette année 2000. D’une manière plus générale, ce millésime confirme le retour sans précédent du death nord américain, qui bombarde à coups de Close to a World Below, Black Seeds of Vengeance (Nile), Gateways to Annihilation (Morbid Angel) ou The Infernal Storm (Incantation) en tout point renversants.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 2:00

29 janvier 2009

Immolation : Failures for Gods

Immolation : Failures for GodsDurant l’été 1998, trois années après son dernier enregistrement, Immolation investit les Millbrook Sound Studios, pour les sessions de son troisième full lenght, succédant à un Here in After ayant partagé les avis au sein de la communauté death métallique. Epaulé par son nouveau batteur Alex Hernandez, le groupe rejoint alors l’ingénieur du son Paul Orofino, qui deviendra dès lors le producteur attitré de ses futurs albums. Sous une couverture Metal Blade reconduite, la nouvelle offrande du quatuor new-yorkais ne sort que l’été suivant, la faute au planning surchargé de l’illustrateur Andreas Marshall, qui se rattrape toutefois en livrant des artworks intérieurs et extérieurs fabuleux, s’inscrivant sans conteste parmi ses travaux les plus remarquables.

Failures for Gods ouvre les hostilités avec un Once Ordained dominé par les rythmes tapageurs d’Alex Hernandez, au jeu moins chaotique et plus serré que son prédécesseur, mais aux blast-beats tout aussi dévastateurs. Puis Immolation terrasse l’auditeur avec un No Jesus No Beast d’anthologie, tout en lourdeur, aux cascades de riffs renversants et au refrain particulièrement entêtant. Les lignes de guitares imbriquées et nuancées de Thomas Wilkinson & Bob Vigna, les soli décharnés de ce dernier, le guttural très pur de Ross Dolan, sont autant d’éléments qui subjuguent, et apportent une épaisseur formidable aux compositions.

Sans faiblir, Failures for Gods poursuit avec son titre éponyme tout aussi mémorable, avec ses harmoniques subtiles et son break acoustique infernal. L’album monte ensuite parfaitement en puissance, sur des Stench of High Heaven et Your Angel Died d’une profondeur et d’une nuance incroyables, aux riffs obsédants et aux mille lectures, pour clore sur un The Devil I Know au final atteignant un niveau d’une intensité peu commune. Outre sa technique irréprochable et sa forte identité musicale, Immolation entretien parallèlement une ambiance sombre & blasphématoire, qui lui apporte une aura toute particulière, tout en donnant véritablement une âme à chacune de ses compositions.

Osmose entre puissance et noirceur, brillamment captées par l’enregistrement de Paul Orofino, Failures for Gods distille un death metal diabolique & impitoyable, d’une pureté et d’une grandeur exemplaires. Ainsi, après une période de doute et de galère, Immolation revient définitivement sur le devant de la scène death metal en cette année 1999, confirmant sa suprématie sur le territoire nord américain aux côtés de Morbid Angel, tandis que dans ce même laps de temps, Nile & Angelcorpse affirment leur caractère à coups de Nephren-Ka et The Inoxerable puissants et racés, et que Suffocation splitte malheureusement après un ultime Despise the Sun pourtant déboulonnant.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 2:00

27 janvier 2009

Immolation : Here in After

Immolation : Here in AfterAprès s’être engouffrées dans la brèche du deathmetal durant les années 91 à 94, beaucoup d’écuries indépendantes et de majors déchantèrent, s’apercevant que des investissements conséquents ne pouvaient doper les ventes d’un genre musical trop extrême pour séduire un large public. Considérant en outre une période de doute traversée par des groupes souvent très jeunes et manquant encore de recul, le style connaît ainsi un flottement dès 1994, marqué par la désaffection de labels porteurs, à l’instar de Roadrunner lâchant progressivement ses poulains comme Immolation, Gorguts, Malevolent Creation ou Sorrow, pour se consacrer pleinement au post-thrash naissant initié par les Fear Factory, Biohazard ou Machine Head du moment.

Ainsi sans soutien d’un label, accumulant parallèlement les galères sur le plan personnel, Immolation reste désespérément silencieux durant cette période, lui, ayant pourtant touché la magie du bout des doigts en 1991 sur l’atemporel Dawn of Possession. La détermination de ses leaders Rob Vigna & Ross Dolan finit toutefois par payer, le groupe décrochant un contrat avec la fidèle écurie Metal Blade en 1995, débouchant sur les sessions d’Here in After dès l’été (sous la coupe de Wayne Dorell aux Water Music Studios californiens), puis sur la sortie de l’album en début d’année suivante.

A l’image de l’illustration d’Andreas Marshall, assurant une continuité avec son précédent dessin, Here in After se situe dans la lignée de Dawn of Possession, délivrant ce deathmetal profond et chaotique dont Immolation conserve précieusement le secret. L’auditeur retrouve ainsi les blast-beats & les roulements meurtriers de Smilowski supportant les jeux de guitares complémentaires & nuancés de l’imparable duo Wilkinson / Vigna et le chant guttural pur de Dolan.

Depuis le terrible Burn with Jesus en passant par l’incision des riffs d’I Feel Nothing, jusqu’au final du redoutable Christ’s Cage, Immolation démontre une nouvelle fois son talent & son incroyable pureté, tout en entretenant ce ton blasphématoire. Rob Vigna transcende enfin les compositions, parvenant à coups de riffs serrés & de soli lancinants à faire parler sa guitare comme peu de musiciens death de l’époque.

Toutefois, malgré de nouveaux morceaux parfaitement calibrés, mais privé de l’épaisseur du précédent enregistrement d’Harris Johns aux Music Lab Studios berlinois, Immolation ne réussit pas à recréer pleinement la magie et l’apocalypse de son premier album, lâchant des compositions aux lectures toujours aussi multiples, mais manquant d’une certaine profondeur en regard de joyaux tels qu’Everlasting Fire ou Those Left Behind, qui marquèrent à jamais les esprits en 1991.

Ainsi, après une première offrande rapidement devenu culte et une attente de cinq longues années, le quatuor new-yorkais revient avec un nouvel album sombre et puissant, mais subissant fatalement la comparaison avec son illustre prédécesseur. Sans dégager la même intensité, Here in After possède une essence, un équilibre et une force indéniables, qui maintiennent invariablement Immolation parmi l’élite du deathmetal nord américain, aux côtés de Suffocation ou Morbid Angel en cette année 1996.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 2:00

6 janvier 2009

Immolation : Dawn of Possession

Immolation : Dawn of PossessionPionnier du deathmetal à New York, Immolation se forme en 1986 autour de Robert Vigna et Ross Dolan. Le groupe multiplie alors les démos et les concerts sur le territoire américain, se forgeant une solide réputation, sans toutefois rechercher véritablement un deal. C’est alors Monte Conner, boss de Roadrunner sur le territoire US, qui vient directement au groupe, pour lui proposer enfin un contrat discographique.

Se démarquant de la majorité des formations death qui enregistrent à tour de bras aux Morrisound Studios de Tampa, Immolation se dirige quant à lui aux Music Lab Studios de Berlin, pour les sessions de son premier album. Ainsi, à sa sortie en septembre 1991, le disque suscite l’intérêt des jeunes deathsters, fascinés par la superbe illustration d’Andreas Marshall, et par la réputation de tueur du quatuor new yorkais.

Chamboulant le paysage deathmetal de l’époque, Dawn of Possession rompt avec les structures majoritairement middle tempo (Death, Morgoth, Obituary), pour balancer un tourbillon de violence, mais terriblement contrôlé par les blasts précis de Craig Smilowski. L’album affiche également un caractère entier, grâce aux riffs inimitables de Rob Vigna (au même titre que les jeux uniques de T.Azaghtoth, C.Schuliner & P.Mameli), et au chant guttural de Ross Dolan, d’une profondeur inégalée.

Depuis les blast terrassants du redoutable Into Everlasting Fire, jusqu’aux riffs lacérants de No Forgiveness, en passant par l’intro écrasante de Those Left Behind, Dawn of Possession ne laisse décidément rien au hasard, ne perdant pas une once d’intensité durant ses 42 minutes. Harris Johns (Pleasure To Kill, Consuming Impulse) apporte enfin les lettres de noblesse à l’ensemble, grâce à sa production incroyablement lourde et épaisse.

Manifeste de brutalité, à l’atmosphère sombre quasi indescriptible, Dawn of Possession hisse directement Immolation parmi les groupes les plus puissants et les plus purs du brutal death US. Sa force et son originalité en font une pièce maitresse, à insérer dans toute discothèque deathmetal qui se respecte. Culte à en mourir.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 2:00

7 décembre 2007