Immolation : Hope and Horror
Deux ans après Harnessing Ruin plus direct et un peu plus atypique dans sa discographie, Immolation revient au printemps 2007 avec le très grand Shadows in the Light, entre la densité de Failures for Gods et la noirceur d’Unholy Cult, nouvel effort où le quatuor montre une fois encore toute sa grandeur durant 40 minutes de deathmetal solide comme un roc. Fourmillant d’idées cette fois-ci, notre groupe décide d’un commun accord avec Laurent Merle (boss de l’écurie Listenable Records) de sortir un mini-CD en parallèle, afin de ne pas rendre l’ensemble indigeste en une seule bouchée, d’où la naissance de Hope and Horror issu des mêmes sessions d’enregistrement en novembre 2006, aux habituels Millbrook Sounds Studios sous l’œil bienveillant de Paul Orofino.
Loin de proposer de banales chutes de studios sur Hope and Horror, Immolation nous réserve trois morceaux d’une qualité irréprochable, n’ayant rien à envier à la sélection de Shadows in the Light. Tandis que Den of Thieves, au riffing agressif et aux blast-beats imparables, constitue l’amorce idéale du mini-album, The Condemned se hisse quant à lui parmi les instants de premier choix de notre quatuor, cinq minutes d’une maîtrise désarmante où les riffs de Taylor & Vigna s’enchevêtrent sur des motifs tout aussi solides de Shalaty derrière les fûts, où Vigna fait littéralement pleurer sa guitare, où la tension monte inexorablement, où les growls de Dolan renversent par leur profondeur. Sur une suggestion de Laurent Merle, Immolation clôt enfin l’œuvre sur la première plage instrumentale de sa carrière, exercice inédit qui tient magistralement en haleine durant sept minutes, grâce à ses multiples variations, sa richesse d’écriture et sa qualité d’interprétation.
Cerise sur le gâteau, Hope and Horror est assorti d’un DVD de 47 minutes filmées durant un concert à New-York au printemps 2006, au BB King Blues Club. La qualité du son est au rendez-vous, et c’est aussi l’occasion d’observer, outre la chevelure impressionnante de Ross Dolan, le jeu décharné de Robert Vigna n’ayant aucun équivalent dans le style. Si Immolation fait bien sûr la part belle à Harnessing Ruin et Unholy Cult (les deux derniers albums en date à ce moment) en leur consacrant les trois-quarts des morceaux lors de cette soirée, on retrouve également avec plaisir de sacrés classiques comme le culte Into Everlasting Fire tiré de son premier album, l’immense Unpardonable Sin de Close to a World Below, ainsi que l’invincible No Jesus No Beast de Failures for Gods, une école à lui seul.
Si Immolation peut non seulement se vanter d’avoir sorti en cette année 2007 un Shadows in the Light inattaquable, il nous offre en plus un complément de premier plan avec le mini-CD Hope and Horror, 15 minutes d’une densité et d’une grandeur équivalentes, renfermant un morceau instrumental judicieux. Le DVD l’accompagnant devrait enfin décider les derniers réfractaires inconscients, proposant une qualité visuelle & sonore tout à fait satisfaisante pour dresser un aperçu fidèle du quatuor en concert, à domicile ce soir-là au cœur de sa ville natale de New-York.
Fabien.



Pour tout avouer, Harnessing Ruins m’avait laissé quelque peu sur faim, la faute peut-être à ses structures plus directes, manquant d’un poil de consistance, d’épaisseur. En revanche, Shadows in the Light possède cette noirceur et cette puissance phénoménales, que je ne n’avais pas ressenties depuis Failures for Gods et Close to a World Below. Le riff central poignant du superbe World Agony, le final renversant de Whispering Death, les soli intenses et décharnés de Rob Vigna, la profondeur des growls de Ross Dolan, le jeu fouillé de Steve Shalaty, sont autant d’élement qui transcendent ce nouveau chef d’oeuvre d’Immolation. Fabien.




