Altars of Fab' Death

Immortal : Pure Holocaust

Immortal : Pure HolocaustAprès un premier album ressuscitant l’esprit du blackmetal, aux côtés de Worship Him ou A Blaze in the Northern Sky Northern Sky (Samael, Darkthrone), mais encore trop typé Under The Sign of the Black Mark (Bathory) et manquant dès lors d’une pleine identité, Olve Eikemo et Harald Naevdal (Abbath, Demonaz) retournent en 1993 aux Grieghallen Studios sous la houlette d’Eirik Hunvind (Pytten), avec une toute autre ambition. Le duo affiche désormais une personnalité très affirmée, transcendant son blackmetal en un art d’une froideur et d’une brutalité encore inédites.

Sous couverture de l’excellente écurie Osmose Productions, Pure Holocaust sort ainsi dans les mêmes temps que l’Ugra-Karma d’Impaled Nazarene, avec une pochette dévoilant le nouveau visage d’Immortal, apparaissant sous forme de trio, bien que le batteur Erik Brødreskift (Grim), le troisième homme, n’ait pas participé à la conception et à l’enregistrement de l’album.

Dès les deux premiers titres, les redoutables Unsilent Storm et Norse Hordes, Immortal affiche un niveau de brutalité dévastateur, dépassant A Blaze in the Northern Sky en terme de vitesse pure, avec les blast-beats cataclysmiques d’Abbath soutenant les riffs infernaux de Demonaz. Pourtant, au-delà d’un tel déchaînement de violence, Pure Holocaust dégage une atmosphère indescriptible, terriblement profonde, grâce aux guitares froides de Demonaz et aux vociférations d’Abbath, qui glacent littéralement le sang de l’auditeur.

Par ailleurs, entre deux martelages rythmiques, Immortal ralentit judicieusement la cadence, le temps des superbes The Sun No Longer Rises et As The Eternity Opens, apportant un relief considérable à l’ensemble et renforçant toute la puissance de Pure Holocaust. Et que dire du titre éponyme final, ce concentré de puissance noire et de froideur peu communes, véritable étalon du style.

Brutal, glacial et hypnotique, Pure Holocaust s’inscrit parmi les standards incontournables du blackmetal, confirmant toute la force de la scène norvégienne dans ce domaine, et subjuguant ainsi des hordes de métalleux, qui depuis A Blaze in the Northern Sky ont déjà les yeux rivés vers Oslo, Bergen ou Trondheim. En cette année 1993, Immortal dégage en effet une intensité et une magie pure qu’il n’a jamais dépassées à ce jour, lui permettant d’imposer définitivement son blackmetal nordique à l’échelle internationale.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immortal — admin @ 2:00

21 novembre 2007