Altars of Fab' Death

Impureza : La Iglesia Del Odio

Impureza : La Iglesia Del Odio

« Mieux vaut tard que jamais » Rarement un adage aura été aussi vrai pour la sortie de ce premier album des orléanais. Enregistré au Studio Plus de Stéphane Buriez, La Iglesia del Odio n’arrive dans les bacs qu’en ce printemps 2010, la faute à des problèmes extra musicaux dont je vous épargnerais les détails, ne possédant pas l’intégralité des tenants et des aboutissants. Dans tous les cas, après la réédition des démos en 2007 chez Nihilistic Holocaust, Impureza lâche enfin son Full-Lenght chez Snakebite Productions (Ouroboros, Bloodshed, …).

Pour les gens découvrant le groupe, sachez que tout en conservant une identité musicale clairement rattachée à ce style, on est loin d’un Death Metal classique. Le quatuor inclut de nombreux éléments Flamenco à sa musique. Ce mélange pourrait sûrement être indigeste si nous avions à faire à des musiciens moyens cherchant simplement à sonner original juste pour l’être. Mais comme Nile a su le faire à merveille avec les éléments égyptiens, Impureza intègre parfaitement les éléments Latinos, et ne se contente pas d’en placer quelques uns par ci par là.
« Lionelito » et ses amigos exploitent d’ailleurs à fond le concept avec des paroles intégralement en espagnol et un magnifique artwork signé Johann Bodin, représentant une sorte de Don Quichotte satanique brûlant tout sur son passage devant le fronton de « l’église de la haine ».

L’album est constitué principalement de morceaux déjà présents sur les démos, mais aussi de nouveaux titres écrits pour l’occasion, sans que la différence de niveau ou d’inspiration soit visible. On notera toutefois le remarquable titre éponyme sur lequel Lionelito fait étalage de tout son savoir faire avec une intro qui pourrait figurer dans Desperado. Mais attention, la musique de Impureza bien qu’empreinte de Flamenco reste violente comme doit l’être le Death Metal. Dans tous les cas, le parallèle avec le légendaire Amongst the Catacomb of Nephren-Ka est inévitable, El Gitano Maldito (non ce n’est pas un titre de Yvan Le Bolo’ch et Manitas de Platas), la lourdeur de ses guitares couplée à des sonorités traditionnelles, les blast-beat puissants de Guillermo, la rage dans le chant de Lamas (je suppose qu’il s’appelle Laurent, le jeu de mot est capilotracté mais les bonhommes ont de l’humour), tout rappelle le redoutable combo de Karl Sanders, sauf que Impureza ne s’intéresse pas aux momies et pyramides mais aux conquistadores et au soleil qui crame la peau des gringos dans le désert…
Les orléanais atteignent le sommet de leur art sur La luz de la Luna Negra, long titre à tiroirs proposant un Death technique et épique sans en perdre sa violence. Emmené par des rythmiques terrassantes de Lionelito, alternées avec quelques parties acoustiques toujours aussi espagnoles, ce morceau emmène littéralement l’auditeur dans leur univers, je vous conseille tout particulièrement le pont à 2:30 et la dévastatrice accélération qui suit.

Malgré un son de grosse caisse un poil synthétique, les prises de son de Stéphane Buriez et le Mastering de Colin Davis (Vile) s’avèrent payants, donnant une tout autre dimension aux morceaux, tant sur les cristallines parties Flamenco (tantôt en solo, tantôt en duo avec les riffs guitare électrique comme sur Marraneo) que sur les passages typiquement Death Metal. A la fin de Besar la Mano Del Infame nous avons même droit à des castagnettes pour une ambiance très taurine qu’on décrira tel un Innuendo de Queen version Death…
Pour une fois que des français sont à la pointe de l’innovation sans perdre la violence qui fait la moelle du Death Metal (Comment ça Kalisia ? Je n’ai rien dit, vous avez juste interprété… de façon correcte), Impureza mérite la plus grande attention. Il est indispensable de se pencher sur La Iglesia del Odio qui pourrait être la meilleure surprise de cette année. Espérons que Snakebite puisse promouvoir cette petite merveille et apporter une reconnaissance méritée à nos Antonio Banderas du Death Metal.

Aïe caramba!
BG. (www.spirit-of-metal.com)

L’une de mes plus grosses claques deathmetal venues d?hexagone depuis des temps immémoriaux. J?ai eu quelques appréhensions comme les versions démo des impitoyables El Gitano Maldito et En el Deserto de la Creencia ont tourné plein régme depuis 2007, mais ces nouvelles moutures p?nt comme pas deux. Une production de Buriez déboulonnante, loin de toute cette plastique insupportable lorsque parfois on sort le gros son. Un feeling?magistral, ce chant guttural en espagnol, ces guitares flamenco et ces claquettes si bienvenus, se couplant avec un tremblement brutaldeath de tout instant. Raah… Et ce titre épnyme aux rythmes flamenco d’entrée de jeu ! Tu meurs. Fabien.

> - Les guests -, Impureza — fabien @ 17:35

14 mai 2010