Altars of Fab’ Death

Incantation : Primordial Domination

Primordial DominationQuel est le plus gros changement entre Decimate christendom & Primordial Domination ? Eh bien, John McEntee, guitariste et fondateur du groupe, a décidé de se laisser pousser la barbe ! En effet, pour son septième album (sans compter le MCD Forsaken Mourning), Incantation sort en cet octobre 2006 un opus dans la lignée directe de ses précédentes oeuvres, en développant invariablement son death métal brutal & sombre, sur un concept satanique, occulte & blasphématoire.

Primordial Domination est le second album paru sous le label Listenable, au sein duquel le combo de Pennsylvanie, à l’instar d’Immolation, trouve enfin la stabilité recherchée. Côté line-up, pas de changement également, puisque l’entente semble parfaite entre McEntee et ses acolytes Kyle Severn & Joe Lombard.

Avec la très belle pochette du célèbre Jacek Wisniewski, Primordial Domination annonce donc la couleur : un death métal pur, made by Incantation ; le groupe possède en effet un style très marqué et reconnaissable entre 1000, alternant brillamment des rythmiques lourdes et techniques, sans être démonstratives, à des passages doom et sombres, conférant cette atmosphère si personnelle et evil à l’ensemble. Toutefois, sur Primordial, l’accent est mis sur un métal plus cru et plus agressif, l’album commençant notamment sur un instrumental tout en puissance, et introduisant le reste des compositions avec une touche très entrainante.

Le joker imparable d’Incantation, depuis The Forsaken Mourning en 97, réside dans la production des albums, par leur ingénieur du son Bill Korecky, qui parvient à donner à la fois le gros son aux guitares, tout en privilégiant un côté très roots à l’ensemble, gardant ainsi intacte l’essence des compositions et renforçant leur très forte identité.

Pour les fans, mais aussi pour décider les indécis, Primordial sort en plus avec un DVD bonus montrant un concert d’environ six titres et trente minutes, de la dernière tournée européenne. Ce concert ravira certainement les purs et durs, avec un son d’une qualité très correcte et une ambiance très authentique, mais aussi par les morceaux choisis, présentant le meilleur du dernier album et des premières réalisations cultes du combo.

Depuis 1989, la qualité du death pur, evil, et imposant d’Incantation est donc toujours présente ; John McEntee est l’exemple parfait du personnage qui s’est battu contre vents & marées, durant les années sombres du death metal, afin de porter haut et fort l’étendard de ce style désormais redevenu underground, statut qu’il n’aurait d’ailleurs jamais dû quitter.

Fabien.

> - Les chroniques -, Incantation — admin @ 11:00 am

January 1, 2006

Incantation : Diabolical Conquest

Le successeur de Mortal throne of nazarene s’est fait attendre quatre longues années pour finalement sortir en 1998. Après le mini The forsaken mourning of angelic anguish (1997) paru chez Repulse records, nos death metalleux ricains ont embarqué dans une écurie spécialisée dans le death, grind et autres styles musicaux brutaux qui convient parfaitement à Incantation, j’ai nommé Relapse. Le troisième album d’un groupe est souvent crucial car il peut être les dernier avant le split s’il ne marche pas. Incantation avait quand même à confirmer deux albums énormes : Onward to golgotha et Mortal throne of nazarene, ce qui n’était pas évident mais à l’écoute de Diabolical Conquest on peut dire qu’ils ont relevé le défi.

A l’heure où le death nouvelle génération commençait à pointer le bout de son nez et où les vieux groupes n’avaient plus la même notoriété qu’il y a quelques années, le combo aurait pu se tourner vers un son plus propre et une production policé. Que nenni ! Dès le début de Impending Diabolical Conquest on reconnaît aisément leur style et leur son, mais on aurait pu s’en douter rien qu’en voyant la pochette : blasphématoire, sanglante, tordue et ressemblant étrangement à celle de Mortal throne of nazarene.

En plus des deux « historiques » John Mc Entee (guitare) et Kyle Severn (batterie), on notera l’arrivée de Daniel Corchado remplaçant à la fois le bassiste Kevin Hugues et surtout le chanteur Craig Pillard. Sa façon de grogner est plutôt proche de l’ancien vocaliste, il s’en sort avec les honneurs et a même participé à l’élaboration de deux morceaux. Pour ceux qui ne connaissent pas Incantation sachez que musicalement c’est un peu une version monolithique d’Immolation : aussi intense mais moins fouillée et plus direct.

Quoi qu’il en soit les atmosphères sombres et brutales d’Incantation sont omniprésentes sur ce disque, sublimées à merveille par des hymnes haut de gamme comme Disciples Of Blasphemous Reprisal ou Shadows from The Ancient Empire. Judicieusement, une instrumentale situé en piste 4, Unleashing Skies, aère l’album sans pour autant en casser le rythme, en témoigne le superbe enchaînement avec United In Repugnance qui est du meilleur effet.

La galette se termine sur une curiosité pour un groupe de death old – school puisqu’il s’agit d’un titre de près de 17 minutes, ce qui assez surprenant pour Incantation qui n’est pas vraiment connu pour donner dans l’expérimental. Néanmoins l’ensemble est cohérent et tous les types d’ambiances y passent, de l’intro doomesque aux parties blastées en passant par les mid – tempo bien lourd comme nos américains savent si bien le faire. Certes 10 ou 12 minutes auraient sans doute été suffisantes sur Unto Infinite Twilight / Majesty Of Eternal Damnation, mais ils voulaient peut-être se faire plaisir et battre un record que sais-je ?

Dans tous les cas avec Diabolical Conquest, Incantation n’avait pas raté son retour phonographique et la suite de leur longue carrière prouvera que ce n’était pas un ultime baroud d’honneur. Fans d’Immolation, si vous êtes passés à côté d’Incantation, tâchez de réparer l’erreur au plus vite, et vous procurer Diabolical Conquest me semble le meilleur moyen pour cela.

BG (www.spirit-of-metal.com)

J’aime Diabolical Conquest, au même titre que n’importe quel album d’Incantation. C’est l’un des rares groupes ayant conservé l’essence même du death underground de ses débuts. Même si j’apprécie un peu moins le guttural de Corchado sur l’album, préférant celui du redoutable Craig Pillard, je reste toujours aussi impressionné par le death blasphématoire de John McEntee, d’une pureté diabolique. Fabien.

> - Les guests -, Incantation — fabien @ 2:15 am

January 1, 1998

Incantation : The Forsaken Mourning Of Angelic Anguish

The forsaken mourning of angelic anguish est un mini CD sortie en 1997 histoire de faire patienter les fans avant la parution de Diabolical Conquest. Malgré le format court du produit, il est suffisamment intéressant pour que l’on s’y attarde un peu. Tout d’abord, une belle pochette blasphématoire du grand Joe Petagno orne ce CD dans la tradition Incantation même si celle-ci est moins chargée qu’à l’accoutumé.

Au niveau du principal, j’ai nommé la musique, le premier titre Shadows Of The Ancient Empire, est en quelque sorte le single car il apparaîtra également sur Diabolical Conquest, album complet à venir. Et ce superbe morceau sombre et brutal montre qu’Incantation n’a rien perdu de sa verve depuis The Mortal throne of nazarene (1994) malgré les trois années écoulées.

Lusting Congregation Of Perpetual Damnation est dans la même lignée de leur death sans concession : blasting efficace en alternance avec des parties lourdes ou mid-tempo. La chanson titre, The forsaken mourning of angelic anguish démarre sur un riff entêtant avec sonars à gogo et finit dans la furie la plus totale : jouissif !

Voici venu maintenant la surprise du chef, le grand plus de ce mini album, une reprise du Scream Bloody Gore de Death. La version d’Incantation est plutôt fidèle à l’originale, mais avec le son lourd et l’atmosphère sombre des américains, le rendu est très occulte, une impression renforcée par la voix de grizzly de Craig Pillard.
Allez ! Un dernier petit titre (1 min) pour la route : Twisted Sacrilegious Journey…, aux relents grind suivi d’une outro inquiétante et l’écoute est déjà terminée.

Incantation a réussi son but de nous mettre l’eau à la bouche avant l’album et n’a pas bâclé ce mini comme cela arrive trop souvent dans ce genre d’exercice, voici donc un 5 titres (+ outro) soigné, même si on soupçonne que les trois inédits soient des titres non utilisés sur Diabolical Conquest. Dans tous les cas la patte et l’inspiration d’Incantation sont présentes ici et c’est bien là l’essentiel. A découvrir ou redécouvrir donc.

BG (www.spirit-of-metal.com)

On peut se demander actuellement l’intérêt de ce MCD, puisqu’outre le titre Twisted de moins d’une minute et l’excellente reprise de Death, il n’offre finalement que deux inédits. Enfin, Forsaken permet tout de même à Incantation de se remettre sur les rails après trois années d’absence et de flottement ; il constitue aussi la dernière oeuvre enregistrée avec le chant de Craig Pillard, et rien que pour cette dernière raison, son achat s’impose ! J’aime aussi la pochette de Petagno, différente des illustrations fouillées de Miran Kim. Fabien.

> - Les guests -, Incantation — fabien @ 12:15 am

January 1, 1997

Incantation : Mortal throne of nazarene

Mortal throne of nazareneFort d’un premier album déjà culte sur la scène death underground avec l’atemporel Onward to golgotha, Incantation remet le couvert en août 1993, pour la mise en boîte de Mortal throne of nazarene. L’enregistrement ne convient toutefois pas au label Relapse, qui impose de nouvelles sessions d’enregistrement en mars 1994, débouchant sur la sortie tardive de l’album en fin de cette même année, toutefois impeccablement mis en valeur par les illustrations de Miran Kim et Wes Benscoter (Hypocrisy, Sinister).

Dès les premiers accords du titre d’ouverture Demonic Incarnate, Incantation balance son death caverneux et chaotique, dominé par les blast-beats de Jim Roe, les rythmiques suffocantes du tandem John McEntee / Craig Pillard, et le guttural incompréhensible de Craig. Puis, le tempo se ralentit brusquement, cédant la place à un death doom suintant, qui répand aussitôt ses atmosphères funèbres, renforcées par les paroles blasphématoires de Craig, d’une iconicité anti chrétienne particulièrement marquée.

D’un hermétisme à toute forme de mélodie, Mortal throne of nazarene poursuit ainsi l’alternance entre ses blasts et ses rythmes pachydermiques, assénant au passage quelques riffs bien trempés, à l’image des rafales assassines d’Iconoclasm Of Catholicism & Ibex Moon, avant de trouver son apogée sur Immaculate Serenity, son titre final de huit minutes, au death lent et terriblement lugubre.

Malgré des riffs moins directs & percutants que ceux de son premier album, Incantation impose en revanche un death gagnant en technique et en épaisseur, dégageant dès lors des ambiances parmi les plus sordides & malsaines de sa discographie. D’une essence purement diabolique, Mortal throne of nazarene confirme ainsi la place du groupe parmi les maîtres incontestés du style, aux côtés du dieu Immolation. Pourtant, visiblement insatisfait et manifestement en froid avec son label, le leader John McEntee insiste sur la sortie d’Upon The Throne Of Apocalypse quelques mois plus tard, une réplique au mixage plus rugueux et aux titres en ordre inversé, semant dès lors une certaine confusion auprès de son public, désorienté entre deux versions quasiment identiques.

Fabien.

> - Les chroniques -, Incantation — admin @ 8:45 am

January 1, 1994

Incantation : Onward To Golgotha

Et hop ! Un petit retour dans le passé grâce au label Relapse qui nous gratifie d’une ré-édition du premier album d’Incantation. Enfin, quand je dis “petit retour”, on débarque quand même en 1992 ! Pour me mettre dans l’ambiance, je ressors mon cuir noir, mes vieux t-shirts usés jusqu’à la corde et mes tennis montantes (avec la languette qui pend !)…

Au début des années 90, pas mal de groupe U.S. sorte leur premier album, qui bien souvent deviendront des classiques, même s’ils ne sont pas toujours les plus intéressants à écouter. Pour ne taper que dans les plus connus, Suffocation sort en 1991 Effigy Of The Forgotten, Immolation sort Dawn Of Possession également en 1991, Brutality sort Screams Of Anguish en 1992, Monstrosity assomme tout le monde avec Imperial Doom en 1992…etc. Et Incantation fait parler la poudre avec ce Onward to golgotha que beaucoup n’hésiteront pas à classer dans les vingt meilleurs albums de death métal jamais produits.

A cette époque la musique du groupe n’était pas aussi technique et recherchée qu’aujourd’hui, mais on retrouve déjà le caractère sombre et viscéral des compos, ainsi que les thèmes sataniques qui leur colleront toujours à la peau. Incantation n’est pas là pour plaisanter et nous assène un death massif qui alterne blast et passages hyper lourds, sur des riffs relativement basiques mais au combien redoutables. Le chanteur semble beugler directement depuis ses entrailles tant sa voix est grave, ce qui augmente largement le côté malsain des morceaux.

Honnêtement, je trouve que cette sortie est moins passionnante que les albums qu’ils sortirons par la suite, même si elle s’écoute avec grand plaisir. Disons que ça a pris un petit coup de vieux quoi ! Onward to golgotha reste néanmoins un album culte qu’il est toujours bon de posséder dans sa collection, car il incarne parfaitement le style et le son du death métal du début des années 90, et la pochette est délicieusement sinistre.

Cette ré-édition est agrémentée d’un DVD qui regroupe trois concerts du groupe, tous de 1992. L’intérêt de ce DVD est clairement limité car ses concerts, originalement capturés sur VHS, sont filmés directement depuis le public, avec bien sur un son abominable ! Les fans du groupe serons bien sur aux anges à l’idée de posséder un tel témoignage, pour le prix d’un simple album, mais ce n’est pas ce qu’il existe de mieux sur INCANTATION, loin de là ! Bonne initiative de la part de Relapse en tout cas.

Si vous voulez vous plonger (ou vous replonger) dans cette époque, Onward to golgotha est une très bonne carte de visite, la première oeuvre d’un groupe passionné qui continu toujours à clamer haut et fort son amour pour le death métal avec un grand “D”. Culte !!!

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Lorsque j’ai acheté Onward en 1992, j’ai vraiment été impressionné par l’atmosphère brutale, doom, sombre et maléfique d’Incantation. Je suis un fan absolu de ce style death sans concession. D’Unholy Massacre à Christening The Afterbirth, Onward To Golgotha est effectivement culte à mourir, comptant parmi mes meilleurs albums. Je ne te rejoins donc pas lorsque tu écris que cette oeuvre reste moins passionnante que le reste de la discographie d’Incantation, ou encore qu’elle a mal vieilli. Onward est intemporel et dégage une puissance diabolique inégalée. 
Fabien

> - Les guests -, Incantation — fabien @ 4:30 am

January 1, 1992