Altars of Fab' Death

Opprobrium : Discerning Forces

Incubus (USA-2) : Discerning Forces

Pratiquement 10 années après la sortie de Beyond the Unknown, les frères Howard, désormais résidents de Rio De Janeiro, décident d’enregistrer un troisième album d’Incubus. Malheureusement les frangins sont contraints de changer de patronyme, faute à la formation de fusion californienne du même nom, et optent alors pour Opprobrium. Fidèle à ses anciens groupes, l’écurie allemande Nuclearblast de Markus Staiger leur renouvelle un contrat puis leur dégotte l’ingénieur du son Harris Johns et le dessinateur Kristian Wahlin, tous deux symboles de l’âge d’or du thrash death dans leur domaine respectif, débouchant finalement sur la sortie de Discerning Forces en juin 2000.

A l’instar des deux premiers albums, tous les nouveaux titres ont été composés par Francis Howard, qui joue en plus toutes les lignes de guitares et de basse en studio, assure également le chant, ne laissant véritablement que les parties de batterie assurées par son frère Moyses. Discerning Forces se place donc dans la stricte lignée de ses prédécesseurs, balançant un death thrash corrosif bâti sur des rythmiques rapides et des riffs particulièrement nerveux, dont seul Francis possède le secret.

Discerning Forces possède ainsi son lot de titres percutants, à l’image des entraînants Dark Entanglement et Awakening To The Filth, mais manque au final d’une certaine puissance. Si ses compositions, son interprétation et son enregistrement n’ont en outre pas à subir de reproches fondamentaux, l’album paraît aussi relativement daté dans le paysage extrême du moment, à une époque où des nombreuses formations apportent de sacrés coups d’accélérateur.

Figé dans le début des années 1990 et développant imperturbablement son deathrash ancienne méthode, Opprobrium marque ainsi un retour assez discret malgré une place conservée chez Nuclearblast, parvenant désormais plus difficilement à convaincre dix longues années plus tard. Discerning Forces reste en tout cas une œuvre authentique et sincère à recommander en premier lieu aux nostalgiques de cette vieille école calée entre death et thrashmetal, sans toutefois espérer les pleines retrouvailles avec la fougue et la nervosité dégagées sur les cultes Serpent Temptation & Beyond the Unknown.

Fabien.

> - Les chroniques -, Incubus — fabien @ 3:15

21 décembre 2007

Incubus : Beyond the Unknown

Incubus (USA-2) : Beyond the Unknown

Sorti en 1988 sur les petites structures Brutal Records & Metalworks, respectivement sur les terres nord américaines et européennes, l’album culte Serpent Temptation révèle Incubus, une formation US aux rythmes rapides et aux riffs thrash death particulièrement assassins, attisant inévitablement la curiosité des plus grosses écuries de l’époque. Emmené par les deux frères Howard, le groupe décroche rapidement un contrat plus conséquent avec Markus Staiger du label Nuclear Blast, désireux d’étoffer son catalogue avec des formations lorgnant dangereusement du côté du death metal, à l’instar de ses signatures de Benediction, Master ou Atrocity, en cette terrible année 1990.

Dès le mois de juin, les deux frangins rejoignent ainsi Tom Morris aux Morrisound Studios floridiens, lieux particulièrement prisés à cette époque. Suite au départ de Scot Latour, Francis Howard glisse désormais au micro, tout en composant & jouant l’intégralité des partitions de basse et de guitare, tandis que Moyses conserve sa place derrière les fûts.

Reprenant la recette de son prédécesseur, Beyond the Unknown assène une succession de riffs déchirants & accrocheurs, représentant le principal atout d’Incubus. Francis possède en effet l’art de composer des lignes de gratte terriblement tranchantes, larguant des Deceived Ones & Freezing Torment mémorables, où s’enchainent breaks & refrains meurtriers, pour atteindre l’apogée sur l’ultime Massacre Of The Unborn, aux cascades de riffs d’une incision peu commune.

Tout en conservant une coloration thrash certaine, Incubus affiche désormais un côté death metal plus évident, bénéficiant non seulement d’un son de guitare plus massif, mais aussi des vocaux de Francis Howard, certes écorchés, mais au timbre foncièrement plus guttural que son prédécesseur Scot Latour. L’enregistrement de Tom Morris manque toutefois de profondeur, dotant la batterie d’un son de caisse claire creux et d’un mixage de cymbales trop en avant, privant hélas Beyond the Unknown d’une partie de sa puissance.

Synthèse parfaite entre l’efficacité du thrash et la lourdeur du death metal, Beyond the Unknown se hisse ainsi au rang des missiles les plus percutants de ce millésime 90, année marquée par une concurrence impitoyable sur ces scènes extrêmes. D’une manière générale, emblématique de son époque, cette seconde ogive des frères Howard s’inscrit indéniablement parmi les classiques death thrash du début des nineties, se rangeant aux côtés de Slowly We Rot ou To the Gory End (Obituary, Cancer), dans la catégorie des albums privilégiant l’efficacité et l’incision du riff avant tout.

Fabien.

> - Les chroniques -, Incubus — fabien @ 9:45

26 novembre 2007

Incubus : Serpent Temptation

Incubus (USA-2) : Serpent Temptation

Il existe deux versions de Serpent Temptation. La première, sortie fin 1988 en 33 tours, avec sa terrible illustration de Reginaldo, n’est jamais parue en édition CD (avis aux collectionneurs). La seconde, rééditée par Nuclear Blast en 1996, avec une nouvelle couverture de Kristian Wahlin, bénéficie d’un remaniement de quelques paroles et de noms de titres, mais surtout d’un réenregistrement total des guitares et du chant par le leader Francis Howard, dans le but de coller à l’esprit deathrash de Beyond the Unknown, ne conservant ainsi que la batterie et la basse des sessions initiales.

Mais retournons en 1986. Incubus se forme alors sous l’impulsion des frères Howard et de son chanteur / bassiste live Scot Latour, et balance un thrash particulièrement rugueux, qui lui permet une signature rapide avec l’écurie Brutal Records / Metalworks. Le groupe de Louisiane rentre ainsi au Southlake Studio sous la houlette de Steve Himelfrab, pour les l’enregistrement de Serpent Temptation, qui sort alors en même temps que les incontournables Leprosy, Blood Fire Death, et Hobbs Angel Of Death (Death, Bathory, Hobbs AoD).

Serpent Temptation surprend d’emblée le monde du métal par son incroyable nervosité, grâce aux nombreux blasts de Moyses Howard, qui le rendent extrêmement violent pour l’époque. Avec son jeu rapide et précis, Francis Howard enchaîne alors des cascades de riffs incisifs, hissant immédiatement le groupe parmi les plus meurtriers du moment.

Depuis Battle Of Armageddon jusqu’à Underground Killers, en passant par le redoutable Blaspheming Prophets, Serpent Temptation est en effet une succession de blasts et de breaks furieux, assommant l’auditeur à coup de riffs terriblement tranchants. La voix de Scot Latour, rugueuse à souhait, complète alors parfaitement le tableau, décuplant la rage des compositions de Francis.

Brillamment mis en valeur par une production agressive, et grâce à la force de ses riffs, Serpent Temptation rappelle ainsi à chacun la véritable signification du mot « thrash », à l’instar de Darkness Descends (Dark Angel). L’album s’impose sans conteste parmi les réalisations les plus incisives de cette année 1988, ne nécessitant certainement pas son réenregistrement partiel huit années plus tard.

Fabien.

> - Les chroniques -, Incubus — fabien @ 7:45

26 juin 2007