Altars of Fab' Death

Infester (USA-1) : To The Depths… In Degradation

Infester (USA-1) : To The Depths... In Degradation

Des abysses les plus profondes de l’état de Washington, à Seattle exactement, surgit en 1992 l’un des groupes deathmetal les plus ténébreux de tous les temps, Infester, à une époque où la ville ouest américaine semble pourtant dominée par le grunge de Nirvana & Soundgarden. Jason Oliver, Todd Stevenson et Dario J.Derna ne tardent pas à mettre une première maquette sur pied, Darkness Unveiled, rapidement distribuée sous forme de vinyle EP par l’écurie Moribound Records.

Poursuivant le chemin avec son label, et retournant à l’Electric Eel Studio, Infester enregistre son premier album en 1994, To The Depths… In Degradation, pour une parution cette même année. A l’image de sa pochette montrant une vision singulière de l’enfer, fait de sang, de putréfaction et vomissures diverses, le trio fixe d’emblée une ambiance épaisse, putride et caverneuse, qui caractérise idéalement son deathmetal pesant, incantatoire, antichrétien.

En effet, les rythmes lourds de Derna, l’accordage bas d’Oliver, couplé à ses vocaux tantôt haineux ou chargés en hémoglobine, mettent en avant une atmosphère des plus glauques, croisement infernal entre un Mental Funeral & un Onward to Golgotha (Autopsy, Incantation). Le titre éponyme en ouverture, suivi des imparables Chamber of Reunion et Braded into Palsy, parviennent ainsi à happer le deathster dès les premiers accords, montant en intensité lors de leurs riffs centraux lents et lacérants, supportés par quelques nappes discrètes aux claviers qui assombrissent le climat de quelques crans supplémentaires.

Si la suite de To The Depths… In Degradation reste peut-être moins marquante après un tel départ, Infester parvient toutefois à conserver une ambiance funeste, alternant diaboliquement plans tapageurs à des parties beaucoup plus lentes, mais tout aussi malsaines et nauséabondes, à l’image du morbide Slippery Secretion. En outre, tel un véritable possédé par le Malin, Oliver ne cesse de surprendre par la sauvagerie et la torture de ses vocaux, qui entretiennent ce climat de mort et de désolation si particulier.

Ne recherchant pas la technique, Infester répand le virus death métallique grâce à ses atmosphères brutales, grasses et puantes, ne possédant que peu d’équivalent dans le style. Il faut à l’époque se perdre jusqu’en Finlande pour trouver son homonyme Demilich, hypnotisant l’auditeur de même façon avec son méfait Nespithe sorti l’année auparavant. To The Depths… In Degradation referme en revanche ce ton blasphématoire supplémentaire, lui donnant un côté noir et ritualiste quasiment indescriptible, semblant ainsi surgir du tréfonds des ténèbres.

Fabien.

> - Les chroniques -, Infester — fabien @ 0:00

18 septembre 2009