Altars of Fab' Death

Kataklysm : Temple Of Knowledge

Kataklysm s’était déjà lancé dans un concept pour leur premier album Sorcery (1995), les canadiens récidivent un an plus tard sur Temple Of Knowledge contenant comme son prédécesseur 9 titres divisés en trilogies nous comptant une histoire d’envahissement de la terre par les démons plutôt compliqué à suivre si on n’a pas fait délire astral seconde langue.

La pochette évocatrice de leur concept est assez éloignée de ce qui se pratiquait et se pratique encore à l’heure actuelle et il en va de même pour la musique. Kataklysm intègre en effet de nombreux éléments mélodiques dans leur Death Metal pourtant brutal. Pour démontrer mes dires The Unholy Signature part sur un riff mélodique soutenu par des blast-beats et le chant complètement arraché de l’inimitable Sylvain Houde, le chant de celui-ci est d’ailleurs omniprésent sur Temple Of Knowledge et les paroles sont parfois déblatérées à une vitesse dépassant l’entendement. Cependant à force de recouvrir les titres d’un flot ininterrompu de paroles, Kataklysm provoque une légitime indigestion dans ce domaine : trop de chant tue le chant en somme…

Les chansons ont par contre gagnées en clarté par rapport à Sorcery : moins éparpillées, plus compactes et disciplinées dans la construction. Le son s’est aussi singulièrement amélioré et ce n’est pas du luxe en regard de la relative complexité des morceaux qui sont d’ailleurs parfois un peu trop longs. Malgré tout ce n’est pas encore parfait et la batterie (dont le son est d’ailleurs un peu trop sec) à parfois tendance à empiéter sur les autres instruments lorsque Nick Miller balance ses parties Grind.

Sur Point Of Evanescence on peut avoir un aperçu de ce que deviendra le combo québécois dans le futur : des rythmes carrés et puissants mais qui restent mélodiques, The Awakener joue sur le même registre avec un riff très ressemblant à l’instrumental The Renaissance, pour ceux qui possèdent The Prophecy (2000). Mais les meilleurs morceaux sont encore les plus directs tel Malstrom 2010 et Enhanced By The Lore dégageant une puissance hors du commun. L’album part quand même un peu dans tous les sens et il manque un petit quelque chose pour rendre le tout bien homogène, Kataklysm était alors en pleine recherche d’identité musicale et l’auditeur sera certainement un peu perdu après une première écoute complète.

Temple Of Knowledge est un album se singularisant par rapport à la scène Death de l’époque avec de belles parties furieuses mais qui ne possède pas encore l’accroche, le groove et l’homogénéité de Epic ou Shadows And Dust. Ceux qui apprécient les choses qui sortent un peu de l’ordinaire se délecteront de ce CD, les puristes du Death Metal auront plus de mal à rentrer dedans. Comme dirait un duo de comique bien connu : « C’est vous qui voyez ! ».

BG (www.spirit-of-metal.com)

Tout en conservant l’approche de ses précédents efforts (pluralité des vocaux et des rythmiques, batterie en avant), Kataklysm pousse la folie et l’originalité qui le caractérisent encore plus en avant, sortant un album à part sur le circuit death de l’époque. Toutefois, son mixage contestable, mais aussi ses vocaux et ses rythmiques qui partent dans tous les sens, dressent au final un ensemble manquant de cohérence et de fluidité, donc difficilement accrocheur. Le déclin de la scène death de l’époque combiné avec ce Temple en demi-teinte, explique le flop rencontré par Kataklysm en 1996, et son divorce momentané avec Nuclear Blast. Fabien.

> - Les guests -, Kataklysm — fabien @ 9:30

16 octobre 2008