Altars of Fab' Death

Katatonia : Brave Murder Day

Katatonia : Brave Murder DayFormé par Anders Nyström & Jonas Renske dès 1987, Katatonia surprend le monde du metal extrême en 1993 avec son premier album Dance of December Souls, mélange inclassable entre dark, doom et deathmetal. Le groupe ne revient toutefois que trois années plus tard pour son second full lenght, laissant au passage le temps à ses deux leaders de se consacrer à leurs projets respectifs Diabolical Masquerade et October Tide.

Désormais secondé par Fredrik Normann (October Tide), Katatonia retourne ainsi aux Unisound Studios en juillet 1996, sous la coupe de Dan Swanö, succédant ainsi à October Tide, Edge Of Sanity & Opeth, qui viennent respectivement de clore les sessions de Rain Without End, Crimson & Morningrise quelques mois auparavant dans ce même studio. Brave Murder Day sort à la fin de l’année, couvert par le remarquable label italien Avantgarde Music.

En trois ans, le doomdeath de Katatonia a évolué vers une forme bien plus épurée, construite sur les rythmes simples de Jonas et les riffs entêtants de Fredrik, supportant la guitare lancinante d’Anders, au toucher toujours aussi fin, unique et torturé. Le trio s’épaule cette fois de Mikael Akerfeldt et de son chant guttural pur, dominant la majorité de Brave Murder Day, en opposition à la voix claire et suave de Jonas, n’apparaissant que sur le titre Day et le break de Rainroom.

Loin de toute démonstration technique, ou d’une multitude d’effets et de contre temps, Brave Murder Day privilégie ainsi les atmosphères mélancoliques et éthérées, opposant parfaitement ses rythmiques lourdes à ses guitares lancinantes (Brave, Murder, Endtime), ses riffs obsédants à ses acoustiques mélancoliques (Twelve), et son guttural profond à son chant plaintif (Rainroom). Au final, seul Day tranche véritablement avec l’ensemble, distillant durant ses quatre minutes guitares classiques & voix claire particulièrement dépressives.

Si Brave Murder Day, dernier album de Katatonia usant d’un chant guttural, rappelle la couleur du superbe Morningrise, avec les growls d’Akerfeldt comme dénominateur commun, l’association avec le tout aussi saisissant Rain Without End, enregistré un an plus tôt, paraît encore plus évidente. Aux structures assez simples, et définitivement mélancolique, le disque possède un caractère fort et une puissance émotionnelle toute particulière, qui l’inscrivent parmi les œuvres marquantes de Katatonia, et l’impose comme un must-have aux côtés de Crimson & Morningrise en cette année 1996.

Fabien.

> - Les chroniques -, Katatonia — admin @ 2:00

13 mai 2008