Altars of Fab' Death

Kreator : Flag of Hate

Kreator : Flag of Hate1986. Un an après Endless Pain, l’un des tous premiers albums de thrashmetal issus d’Allemagne, Kreator, qui évolue encore sous forme de trio autour de Mille, Rob & Ventor, rejoint Ralf Humbert aux Phoenix Studios de Berlin, pour la mise en boite d’un EP trois titres baptisé Flag of Hate. Le vinyle paraît chez Noise en août 1986, tandis que dans le même laps de temps, notre groupe boucle son second album Pleasure to Kill. La piste éponyme du EP est un simple réenregistrement du morceau que l’on trouvait déjà sur le précédent album, dans une version cette fois plus rapide et plus nerveuse, ayant de fait perdu quelques secondes au passage. Un bon second jet, porté par le chant hargneux de Mille Petrozza, à défaut de transcender la version précédente qui contenait plus de noirceur.

L’intérêt du EP réside plus particulièrement dans ses deux inédits, donnant un avant-goût du terrible Pleasure to Kill, qui sortira à trois mois d’intervalle. En une seule année, Kreator a considérablement gagné en personnalité et en maturité. L’ombre de Venom disparait tandis que la construction des morceaux s’étoffe, les deux plages tournant notamment autour des 6/7 minutes. Take Their Lives est un vrai tour de force, bénéficiant d’une articulation solide et d’un riffing redoutable, particulièrement assassin lors de sa relance, lorsque les lignes de guitares de Mille de superposent et se nuancent par leur différence de tonalité, plongeant l’auditeur au cœur d’un véritable thriller. Un peu plus long, Awakening of the Gods est un morceau à l’architecture tout aussi imposante, nous montrant tout le génie de Mille et l’entente parfaite avec son batteur Ventor qui, cette fois, laisse la totalité des titres au chant enragé de notre furieux frontman.

Sans compter sa reprise éponyme, Flag of Hate est très bon EP de transition dévoilant deux morceaux d’un thrashmetal inattaquable, préfigurant déjà l’invincibilité de Pleasure to Kill, cette association meurtrière entre l’ingénieur du son Harris Johns et un Kreator au sommet de sa forme.

Fabien.

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11 avril 2013

Kreator : Violent Revolution

Kreator : Violent RevolutionLes années 90’s restent synonyme de nouveaux horizons pour Kreator, s’étant notoirement écarté de son thrashmetal orginel depuis Renewal en 1992 jusqu’à l’expérimental Endorama en 1999. Durant cette période riche, le quatuor allemand a su gagner un nouveau public, tout en laissant une grande partie de ses premiers fans sur le carreau, la faute à une évolution parfois déstabilisante et une agressivité rangée au placard.

Désireux de renouer avec le thrashmetal de sa première époque, Kreator revient en 2001 avec une tout autre optique chez le label emblématique Steamhammer, ayant abrité quelques dieux tels Sodom ou Destruction. Ce retour à un thrash plus traditionnel provoque parallèlement le départ du talentueux guitariste Tommi Vetterli (ex-Coroner), qui aurait aimé quant à lui poursuivre l’exploration vers ces méandres encore vierges. Les infatigables Mille & Ventor et leur bassiste Christian Giesler recrutent alors un élément de choix en la personne de Yli Sirnio, transfuge du groupe finlandais Waltari, guitariste lead de talent et idéal complément aux côtés de Mille.

Le retour de la mascotte si emblématique de Kreator, idéalement représentée par Alex Marshall dans une pose proche de Coma of Souls, est sans aucune équivoque, montrant la volonté ferme de Kreator d’effectuer un retour à un thrashmetal dans sa pleine et entière définition. Le titre du morceau d’ouverture Reconquering the Throne reste également très évocateur quant à cette intention forte de renouer avec les anciens fans ayant délaissé la formation depuis plusieurs années.

Ce premier titre et le très bon morceau éponyme suivant dégagent ainsi ce parfum propre à ces années gravitant autour de 1990, tant leur articulation, leur dominante middle tempo et leurs harmonies rappellent l’album Coma of Souls, reprenant fidèlement les choses là où Kreator les avait laissées onze années auparavant. Violent Revolution reste toutefois à mille lieux de sonner de manière veillotte, grâce à la production puissante et moderne d’Andy Sneap (Testament, Nevermore) qui apporte beaucoup de corps aux guitares et une force certaine à l’ensemble. Le jeu posé de Yli s’accorde en outre brillamment aux rythmiques assassines de Mille, nuançant les compositions et accentuant leur richesse, notamment lors des nombreuses leads.

Sans retrouver toutefois la pleine rage et le riffing de furie de ses premières oeuvres, Kreator enchaine sur des titres convaincants, à l’image des bons All the Same Blood et Ghetto War. Violent Revolution reste ainsi assez prévisible au fil de son avancée, tant Kreator s’attache à retrouver les riffs et la saveur de sa première partie de carrière. Le quatuor allemand ne s’autorise ainsi que peu d’écarts, si ce n’est le chant clair d’ailleurs bienvenu sur l’intro de Replicas of Life et le final de l’excellent System Decay.

En tant qu’irréductible de la première ère de Kreator, on peut ainsi largement se réjouir du renouement du groupe avec son thrashmetal des années 89/90, d’autant plus que les nouveaux morceaux de Violent Revolution restent d’une qualité indéniable et sont impeccablement mis en valeur par un enregistrement béton. Toutefois, à vouloir revenir à tout prix à ses amours originels, Kreator en devient paradoxallement trop académique, oubliant au passage de se lâcher un peu plus, pour un résultat relativement scolaire. Ce manque de folie se corrigera sur l’imparable successeur de ce beau Violent Revolution, ayant déjà au moins renconquis les fans des premières heures.

Fabien.

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19 octobre 2010

Kreator : Coma of Souls

Kreator : Coma of SoulsTel un baroud d’honneur, la rentrée de 1990 reste certainement la plus chargée de toute l’histoire du thrashmetal, comptant notamment les efforts de Slayer, Anthrax, Megadeth, Testament, Sodom, Sacred Reich ou Annihilator, sans compter les ogives de Suicidal Tendencies, Exodus ou Destruction parues durant l’été. Kreator est aussi de la partie avec son cinquième album Coma of Souls, muni d’une superbe illustration d’Andreas Marshall renouant avec la mascotte du groupe allemand, après l’épisode de la pochette d’Extreme Aggression qui n’avait guère remportée de suffrage auprès de la presse et du public.

Satisfait de la production de son précédent effort avec Randy Burns aux Etats-Unis, Kreator renouvelle son expérience avec l’ingénieur du son, à qui l’on doit notamment quelques enregistrements mémorables pour Megadeth, Death, Dark Angel, Possessed ou Nuclear Assault. Il ne faut donc guère s’attendre à une révolution quant au style pratiqué par le quatuor allemand, tant il reprend les codes de Terrible Certainty et d’Extreme Aggression, un soupçon mélodique en plus. Le changement le plus notable réside dans le remplacement de Jorg Tritze par Franck Blackfire, tranfuge de Sodom, lui-même remplacé par Brian Hoffmann d’Assassin (jeu des chaises musicales, quand tu nous tiens). A ce titre, Mille Petrozza écrit à l’époque : “Si Jorg était un bon acolyte, Franck est avant tout un ami”.

Coma of Souls ne surprend pas dès l’écoute de ses premiers morceaux, le bon When the Sun Burns Red et son titre éponyme. On retrouve cette agressivité thrashmetal si typique du quatuor dans le riffing, supportée par le jeu de batterie clair et précis de Ventor, et marquée par les vocaux rageurs de Mille. Kreator a en revanche gagné en lisibilité et harmonie avec l’intégration de son nouveau guitariste, tant l’entente entre Mille et Franck semble parfaite, notamment lors de leurs échanges de soli.

Si Coma of Souls reste ainsi assez prévisible, reprennant scolairement les ingrédients de ses ainés en y injectant toutefois plus de mélodie et calmant sensiblement le tempo, il marque plus particulièrement des points lors de deux morceaux, les indispensables People of the Lie et Agent of Brutality. Entre le riffing & les accélérations meurtrières du premier, et l’équilibre & les soli divins du second, Kreator signe ni plus ni moins deux classiques dans sa discographie.

Album de qualité, d’une solidité à toute épreuve, Coma of Souls est une bonne synthèse de la première partie de carrière de Kreator, dominée par un thrashmetal d’une agressivité sans grand équivalent. Il s’inscrit ainsi comme un testament de cette première ère et contient parallèlement quelques signes d’évolution, montrant un groupe dont la pérennité doit visiblement passer par son renouvellement. Ce changement peut-être nécessaire sera particulièrement notable dès son futur album, au grand dam d’une partie de son public de l’époque.

Fabien.

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18 octobre 2010

Kreator : Extreme Aggression

Kreator : Extreme AggressionBénéficiant du statut de leader de la scène thrash allemande, aux côtés de Sodom & Destruction, Kreator enchaîne déjà avec son quatrième album en cette année 1989, le terrible Extreme Aggression, au titre sans équivoque. Fort d’un line up et d’un label stables, le groupe change toutefois légèrement la donne. Il délaisse en effet les studios allemands, pour rejoindre le Music Grinder californien, sous la coupe de Randy Burns, réputé pour ses productions de Death, Atrophy, Vio-lence ou Nuclear Assault. L’illustration habituelle de Phil Lawvere cède également la place à une photo sobre du line up, rapidement élue par les magazines de l’époque parmi les pochettes les plus contestables de l’année.

Malgré quelques inquiétudes, le thrasher s’aperçoit dès les premières écoutes que son groupe fétiche, bien qu’évoluant forcément au fil des années, reste heureusement le même. Extreme Aggression s’ouvre en effet sur le titre éponyme donnant de suite le ton, avec les rythmiques nerveuses de Ventor, soutenant les riffs incisifs de Mille & Tritze, où se greffent les vocaux de Mille toujours aussi teigneux.

Kreator enchaîne alors avec certains titres honnêtes, comme Stream Of Consciousness & Betrayer, sympathiques sans être toutefois mémorables, mais balance parallèlement quelques missiles meurtriers, à l’image de Dont’ Trust & No Reason To Exist aux accélérations & riffs assassins, sans compter sur l’incontournable Some Pain Will Last, dégageant une force et une atmosphère formidables. Extreme Aggression bénéficie en outre d’une production nette de Randy Burns, mixant l’ensemble avec une précision qui apporte une clarté et un mordant remarquables, justifiant sans conteste le voyage entrepris outre atlantique.

Très thrash dans l’esprit, et moins sombre que ses prédécesseurs, Extreme Aggression se ne hisse certes pas au niveau de l’intensité de Pleasure to Kill, devenu culte et intemporel en l’espace de quelques années, mais montre toutefois Kreator toujours aussi rageur et inspiré, bien déterminé à conserver sa place sur le trône du thrash metal germanique.

Fabien.

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7 février 2008