Altars of Fab' Death

Kreator : Violent Revolution

Kreator : Violent RevolutionLes années 90’s restent synonyme de nouveaux horizons pour Kreator, s’étant notoirement écarté de son thrashmetal orginel depuis Renewal en 1992 jusqu’à l’expérimental Endorama en 1999. Durant cette période riche, le quatuor allemand a su gagner un nouveau public, tout en laissant une grande partie de ses premiers fans sur le carreau, la faute à une évolution parfois déstabilisante et une agressivité rangée au placard.

Désireux de renouer avec le thrashmetal de sa première époque, Kreator revient en 2001 avec une tout autre optique chez le label emblématique Steamhammer, ayant abrité quelques dieux tels Sodom ou Destruction. Ce retour à un thrash plus traditionnel provoque parallèlement le départ du talentueux guitariste Tommi Vetterli (ex-Coroner), qui aurait aimé quant à lui poursuivre l’exploration vers ces méandres encore vierges. Les infatigables Mille & Ventor et leur bassiste Christian Giesler recrutent alors un élément de choix en la personne de Yli Sirnio, transfuge du groupe finlandais Waltari, guitariste lead de talent et idéal complément aux côtés de Mille.

Le retour de la mascotte si emblématique de Kreator, idéalement représentée par Alex Marshall dans une pose proche de Coma of Souls, est sans aucune équivoque, montrant la volonté ferme de Kreator d’effectuer un retour à un thrashmetal dans sa pleine et entière définition. Le titre du morceau d’ouverture Reconquering the Throne reste également très évocateur quant à cette intention forte de renouer avec les anciens fans ayant délaissé la formation depuis plusieurs années.

Ce premier titre et le très bon morceau éponyme suivant dégagent ainsi ce parfum propre à ces années gravitant autour de 1990, tant leur articulation, leur dominante middle tempo et leurs harmonies rappellent l’album Coma of Souls, reprenant fidèlement les choses là où Kreator les avait laissées onze années auparavant. Violent Revolution reste toutefois à mille lieux de sonner de manière veillotte, grâce à la production puissante et moderne d’Andy Sneap (Testament, Nevermore) qui apporte beaucoup de corps aux guitares et une force certaine à l’ensemble. Le jeu posé de Yli s’accorde en outre brillamment aux rythmiques assassines de Mille, nuançant les compositions et accentuant leur richesse, notamment lors des nombreuses leads.

Sans retrouver toutefois la pleine rage et le riffing de furie de ses premières oeuvres, Kreator enchaine sur des titres convaincants, à l’image des bons All the Same Blood et Ghetto War. Violent Revolution reste ainsi assez prévisible au fil de son avancée, tant Kreator s’attache à retrouver les riffs et la saveur de sa première partie de carrière. Le quatuor allemand ne s’autorise ainsi que peu d’écarts, si ce n’est le chant clair d’ailleurs bienvenu sur l’intro de Replicas of Life et le final de l’excellent System Decay.

En tant qu’irréductible de la première ère de Kreator, on peut ainsi largement se réjouir du renouement du groupe avec son thrashmetal des années 89/90, d’autant plus que les nouveaux morceaux de Violent Revolution restent d’une qualité indéniable et sont impeccablement mis en valeur par un enregistrement béton. Toutefois, à vouloir revenir à tout prix à ses amours originels, Kreator en devient paradoxallement trop académique, oubliant au passage de se lâcher un peu plus, pour un résultat relativement scolaire. Ce manque de folie se corrigera sur l’imparable successeur de ce beau Violent Revolution, ayant déjà au moins renconquis les fans des premières heures.

Fabien.

> - Les chroniques -, Kreator — admin @ 2:00

19 octobre 2010