Altars of Fab' Death

Krhoma Death : Grating into Corpse

Krhoma Death : Grating into CorpseCrypta Records, écurie allemande ayant sévi quelques petites années à partir de 1992, est l’exemple type de ces petits labels éphémères qui ont fleuri dans le paysage extrême du début des ninetites, et pour lesquels leur poignée de productions se négocient désormais à des prix déraisonnables. Si Agretator, Amboss, Chemical Breath, Cripple ou Media in Morte sont autant de poulains death ou thrashmetal de qualité honnête, la signature la plus marquante de Crypta Records reste celle de Gorement, quintette deathmetal suédois à l’origine du superbe The Ending Quest en 94. Groupe lillois fondé en 1988, Krhoma Death a également fait partie de l’équipe, auteur de l’unique album Grating into Corpse.

Le début de carrière de Krhoma Death est ponctué de démos et promo-tapes, ainsi que du split-album Obscurum per Obscurius en 1992, partagé avec cinq groupes de sa région, à savoir Sepulchral, Putrid Offal, Supuration, Dagon et Nocturnal Fears, autant de noms qui devraient parler à ceux ayant bien connu cette scène deathmetal du Nord-Pas-De-Calais très active à cette période. Cette même année 92, en mai exactement, le quatuor emmené par les frères Delhoute (à la batterie et aux guitares) rentre en studio durant trois journées, pour la mise en boite de son premier album Grating into Corpse. Celui-ci sort toutefois tardivement chez Crypta Records, puisque deux années s’écoulent entre l’enregistrement et la diffusion. Ce décalage joue en défaveur de Krhoma Death qui, pratiquant un deathmetal influencé par Obituary, Massacre, Morgoth et les premiers Death, se retrouve en 94 avec des compositions en déphasage avec les attentes d’un public boudant progressivement le deathmetal traditionnel.

Absence d’illustration, nullité de la promotion, faiblesse des tirages, sont d’autres éléments qui s’ajoutent et expliquent le faible succès de Grating into Corpse à l’époque, y compris sur notre territoire hexagonal. Intrinsèquement, il s’agit d’un album au deathmetal bien calibré, efficacement interprété (batterie bien calée, riffing carré, growl puissant), et mis en valeur par une production claire & massive. Si le disque ne présente rien de foncièrement original, il s’écoute sans prise de tête et, à l’image du puissant & entraînant morceau Creep in Blood, nous montre un Khroma Death solide, n’ayant pas à rougir face à ses confrères deathmetal nationaux de l’époque.

Fabien.

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25 juin 2013