Altars of Fab' Death

Krisiun : AssassiNation

Pour ce sixième opus Krisiun a décidé de refaire confiance à l’allemand Andy Classen (Holy Moses, Dew-Scented, Tankard,…) déjà auteur d’un bon travail sur Conquerors of Armageddon. Fort d’une pochette montrant clairement la dévotion du trio au Death Metal et illustrant sa puissance de feu, Krisiun balance un AssassiNation reprenant les recettes du bon Works of Carnage mais réussit le tour de force de sortir un album encore plus dévastateur et abouti.

La production d’Andy Classen est en tous points idéale : transmettant parfaitement la rugosité et la précision des guitares de Moyses, faisant sonner la batterie de Max de façon encore plus agressive qu’auparavant, sans oublier une place pour la basse d’Alex : la clarté parfaite tout en maintenant l’agressivité et l’esprit old-school qui caractérisent le trio.

La force de frappe des brésiliens n’est plus à démontrer, mais AssassiNation enfonce magistralement le clou, débutant sur un Bloodcraft dont le début rappelle fortement Deicide, Krisiun a franchi un palier : chaque nouvelle rythmique, chaque changement de tempo, chaque accélération du redoutable Max Kolesne, chaque break, chaque attaque de riff,… sont un vrai régal, comme un enfant ouvrant un à un ses cadeaux de Noël, l’auditeur en prend plein les yeux (plein les oreilles en l’occurrence).

C’est avec une hargne fabuleuse que les trois frères assènent des titres comme Vicious Wrath, chanson à la montée en puissance progressive jusqu’au départ en trombe et un déluge de notes et de blast-beats orchestrés au millimètre, la boucherie chirurgicale en somme. De plus, Krisiun a mûri et sait désormais composer des plans totalement accrocheurs tout en restant dans un esprit profondément sincère et evil : Refusal et son refrain sont à ce titre imparables.

Certains pensent que placer du blast-beat à tout bout de champ affaiblit leur portée et provoque la lassitude à la longue, Krisiun apporte un cinglant démenti sur AssasiNation. Des morceaux de bravoures comme Suicidal Savagery ou le monstrueux United in Deception sont proches de l’hystérie au niveau de la vitesse d’exécution mais à aucun moment on ne perd l’attention : une guitare dissonante par ci, un plan chant martial et entraînant là, chaque titre se différencie parfaitement des autres et trouve sa place sans coup férir. L’anecdotique mais rigolote reprise de Motorhead est juste là pour le fun.

Krisiun a atteint ici son apogée sur AssassiNation, mélangeant somptueusement technique, vitesse, construction et précision avec l’esprit « old » et « evil » qui les caractérise et que l’on retrouve aussi chez Angel Corpse. Leader du Death Metal en Amérique du sud, Krisiun avait entraîné dans son sillage une pléiade de groupes de brutal Death (Nephast, Ravager, Rebaelliun, Norned God,…) dont certains commençaient à sérieusement les bousculer, avec AssassiNation les pendules sont de nouveaux à l’heure et Krisiun reprend sa place tout en haut de la hiérarchie, et ce également à l’échelle mondiale. Un must à ranger aux côtés des grands disques de Death des années 2000.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Alors que Krisiun habituait le death métalleux à une rapidité d’éxécution démentielle, le trio brésilien ralentit la cadence… Pour devenir encore plus meurtrier, plus incisif, poussant inconciemment l’auditeur à monter le volume Hi-Fi de quelques crans. AssassiNation figure en effet parmi les missiles les plus destructeurs des années 2000, confirmant l’impression que te procure l’album. Natural Genocide, Refusal ou Suicidal Savagery possèdent à mon sens cette puissance absolue, hissant une fois pour toutes Krisiun parmi les groupes incontournables du brutal death sans concession, aux côtés de Nile ou Hate Eternal. Fabien.

> - Les guests -, Krisiun — fabien @ 19:58

31 mars 2008

Krisiun : Works of Carnage

Après le semi-ratage (surtout au niveau du son) que constituait le quatrième album Ageless Venomous, les brésiliens de Krisiun se devaient de réagir, cette fois le trio familial a retenu la leçon et ne prend pas le risque d’enregistrer chez lui au Brésil. Century Media sans doute échaudé par l’expérience du disque précédent, leur ouvre les portes du Victor Studio de Pierre Rémillard à Montréal. Déjà habitué à gérer le son de Cryptopsy, Gorguts ou Quo Vadis, l’ancien guitariste de Obliveon va donner à Works of Carnage le son qu’il mérite, rattrapant brillamment la bévue du précédent.

Krisiun renoue donc ici dans un style Death brutal proche de Apocalyptic Revelation qui a fait sa réputation. Les blast-beats de Max Kolesne si creux et dénués de puissance sur Ageless Venemous redeviennent cette mitraillette qui a fait la renommée du combo, et ce dès Thorns of Heaven. On imagine aisément l’esprit de revanche qui animent les brésiliens et qui s’exprime redoutablement sur les bombes composant ce Works of Carnage : Murderer, jouant aussi bien sur les accélérations terribles de Max que sur les riffs millimétrés de Moyses. La basse n’est pas oublié dans le mix et au contraire celle-ci arrondit et solidifie l’ensemble rendant le tout encore plus compact.

Bien sûr la musique de Krisiun n’est toujours pas révolutionnaire mais leur façon si particulière de balancer du blast en permanence (marque déposée du trio) ainsi que la voix reconnaissable d’Alex Camargo font de cet opus une pièce de brutal Death puissante et essentielle. Sans atteindre l’effroyable intensité de titres comme Kings of Killing ou Rises From Black (Apocalyptic Revelation), les morceaux de Works of Carnage donnent dans un Death Metal ultra précis et démontrent un potentiel technique toujours aussi fort, Slaughtering Void nous gratifiant au passage de quelques riffs inoubliables. Cela dit Krisiun n’est pas figé dans son évolution et ne pratique pas uniquement le blast en permanence, quelques passages saccadés et diablement abrupts tel le début de Wolfen Tyranny témoignent d’une variété salvatrice. On ajoutera à cela un dessert sympathique avec la reprise de Venom In League with Satan ainsi que le brutal They Call Me Death, titre présent à l’origine sur le mini CD Unmercyful Order.

Sans non plus mettre tout le monde d’accord, la faute à une concurrence de plus en plus compétitive, Krisiun se replace dans les groupes de Death les plus influents de la scène avec un Works of Carnage distillant tout leur savoir-faire.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Avec Works of Carnage, Krisiun retrouve en effet l’intensité perdue sur Ageless Venomous. Toutefois, mon écoute de ce missile se résume à 25 minutes, soit aux titres 1 2 3 4 5 6 8 9 10, d’une puissance sans limite, à l’image du titre éponyme ou du meurtrier Wolfen Tyranny. Je considère en effet le reste comme pour remplissage, tels l’outro, l’interlude War Ritual, la reprise de Venom, ou le bonus tiré du MCD Unmerciful Order, faisant perdre une part d’intensité non négligeable à l’ensemble. Works of Carnage manque ainsi d’une ou deux tueries supplémentaires, et d’une sélection de titres plus draconienne, pour imposer un pur concentré de death metal. Du très bon Krisiun toutefois. Fabien.

> - Les guests -, Krisiun — fabien @ 19:50

16 mars 2008

Krisiun : Ageless Venomous

Krisiun : Ageless VenomousAprès une virée en Allemagne pour l’enregistrement de ses deux précédents missiles, Krisiun décide de rester sur ses terres pour les sessions de son quatrième album, rejoignant Tchelo Martins aux Creative Sounds Studios de Sao Paulo, en ce mois de mars 2001. Les trois frères ressortent ainsi avec Ageless Venonous, commercialisé en août par la puissante écurie Century Media, accompagné d’une nouvelle illustration de Joe Petagno, connu pour ses nombreuses pochettes de Mötörhead.

Le choix d’un enregistrement local s’avère malheureusement peu judicieux, Ageless Venonous bénéficiant d’une production faible à tout niveau. Tout d’abord, la batterie de Max est particulièrement plate, flanqué d’un son de grosse caisse sans aucune profondeur, lâchant un double pédalage résonnant comme une onomatopée du genre « flap flap ». Dans ces conditions, les guitares d’Alex peinent à s’exprimer, ne dégageant pas la moitié de la puissance de feu d’Apocalyptic Revelation et de Conquerors of Armageddon.

Côté compositions, Ageless Venomous reste pourtant convaincant, balançant des titres intenses et techniques, à l’image des bons Saviour’s Blood & Sepulchral Oath, ou de l’instrumental Serpents Specters, sur lequel le trio brésilien montre toute l’étendue de son talent. Mais, sans innovation particulière, l’album reprend hélas la recette éprouvée de ses prédécesseurs, donnant la fâcheuse impression d’un groupe vivant désormais sur ses acquis.

Krisiun loupe donc le coche en cette année 2001, servant non seulement une galette réchauffée, mais également sans saveur, faute à la faiblesse de l’enregistrement. Piètrement mis en valeur, et privé de la puissance exigée par le death cataclysmique du trio brésilien, Ageless Venomous reste à ce jour l’album le moins incisif de sa brillante carrière. Au-delà, le deathster ressent pourtant tout ce potentiel latent, ne réclamant dès lors qu’un simple détonateur pour exploser de nouveau.

Fabien.

> - Les chroniques -, Krisiun — admin @ 2:00

6 mars 2008

Krisiun : Conquerors of Armageddon

Krisiun : Conquerors of ArmageddonTandis que la scène deathmetal retrouve désormais sa splendeur en cette fin des nineties, grâce aux imparables The Inexorable, Amongst The Catacomb, Formulas Fatal, Failures For Gods ou Conquering The Throne (Angel Corpse, Nile, Morbid Angel, Immolation, Hate Eternal), Krisiun enfonce le clou en novembre 1999 lors des sessions de son troisième album. Privilégiant une nouvelle fois les terres allemandes, le trio brésilien rejoint les Stage One Studios, sous la coupe d’Andy Classen & d’Erik Rutan (faisant le voyage depuis sa Floride natale) pour ressortir avec le terrible Conquerors of Armageddon, bénéficiant cette fois du soutien solide de Century Media et d’une superbe illustration de Joe Petagno (Diabolic, Incantation), parmi ses dessins les plus réussis.

Sans surprise, Conquerors of Armageddon conserve le death brutal et diabolique d’Apocalyptic Revelation, basé sur les blast-beats dévastateurs de Max, les riffs & soli incisifs de Moyses et le chant guttural rageur d’Alex. Depuis Cursed Scrolls jusqu’à Hatred Inherit, en passant par l’éponyme Conquerors, Krisiun maîtrise parfaitement son sujet et ne faiblit pas une seconde, assommant l’auditeur par ses rythmes infernaux et une avalanche de riffs techniques & meurtriers e tout instant.

Conquerors of Armageddon bénéficie en outre d’un enregistrement exemplaire de Classen & Rutan, canalisant id&alement le tourbillon d’énergie pure et de haine déployé par Krisiun, pour restituer au final un son d’une profondeur, d’une clarté et d’une agressivité considérables.

Bien que Krisiun ne surprenne pas de prime abord, reprenant le deathmetal guerrier et occulte de son précédent effort Apocalyptic Revelation, il conserve en revanche cette pureté et cette force incroyables, se maintenant sans conteste parmi les leaders du deathmetal de la fin du millénaire. Conquerors of Armageddon compte en effet parmi les albums déterminants de cette année 2000 aux côtés des incontournables Gateways To Annihilation, Black Seeds Of Vengeance ou Close To A World Below (Morbid Angel, Nile, Immolation), qui confirment tous le retour fracassant et la nouvelle puissance du deathmetal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Krisiun — admin @ 2:00

5 mars 2008

Krisiun : Apocalyptic Revelation

Krisiun : Apocalyptic RevelationTrois années après un Black Force Domain prometteur, entièrement enregistré au Brésil avec les moyens du bord, Krisiun s’embarque cette fois en Allemagne pour rejoindre Simon Fuhrmann aux Musiclab Studios, bénéficiant dès lors d’une production bien plus professionnelle. Les trois frères Kolesne ressortent ainsi avec l’incroyable Apocalyptic Revelation, commercialisé par l’écurie GUN Records (sous licence Dynamo) en octobre 1998.

En trois années, le deathmetal ravageur et satanique de Krisiun s’est considérablement bonifié. Les rythmiques de Max & Alex sont désormais d’une précision époustouflante, décuplant la puissance de feu de la formation, et servant de véritable moteur aux rafales de riffs assassins de Moyses, sans compter le chant guttural d’Alex d’une fureur sans équivoque. D’entrée, le groupe brésilien fait en effet tout péter, assénant des Kings Of Killing ou autres Apocalyptic Victory d’une brutalité particulièrement significative.

Krisiun lâche ainsi ses blast-beats infernaux si emblématiques, puis enchaîne idéalement sur des rythmes d’une lourdeur écrasante, renforcés par un double pédalage millimétré, terrain propice à une cascade de riffs techniques et meurtriers, éclatant régulièrement sous le tonnerre des soli de folie d’Alex. Depuis l’instrumental March Of The Black Horde jusqu’au terrible Vengeance Revelation, le trio brésilien ne laisse décidément aucun répit, dévastant allégrement tout sur son passage.

Parfaitement mis en valeur par une production aussi rugueuse qu’incisive, Apocalyptic Revelation hisse directement Krisiun parmi les nouveaux fers de lance de la scène deathmetal. En cette année 1998, aux côtés de Nile, Angel Corpse & Morbid Angel, et de leur redoutable Amongst The Catacomb, Exterminate & Formulas, le trio brésilien largue en effet non seulement l’un de ses missiles les plus marquants, mais affiche en plus une violence dévastatrice et une technique imparable, permettant la résurgence tant attendu d’un deathmetal qui, après une longue période léthargique, retrouve enfin son souffle et ses lettres de noblesse. Terrassant !

Fabien.

> - Les chroniques -, Krisiun — admin @ 2:00

4 mars 2008

Krisiun : Black Force Domain

Krisiun : Black Force DomainKrisiun se forme en 1990 au Brésil, autour des frères Alex, Moyses et Max Kolesne, Alex adoptant le nom de leur mère, Camargo. Après un court essai en quatuor avec Mauricio Nogueira, le groupe reprend très vite la forme d’un trio, puis enregistre plusieurs démos, avant son entrée en mars 1995 aux Army Studios de Sao Paulo, pour les sessions de son premier album. Black Force Domain sort ainsi en août, pour le compte du label brésilien Dynamo.

A l’image de sa pochette, Black Force Domain développe une aura fortement satanique, sur un death d’une essence et d’une pureté comparables à Morbid Angel et Immolation, en dégageant parallèlement la rugosité des Sodom et Kreator des débuts. Mais, encore plus loin que ses aînés, Krisiun repousse les limites de la brutalité, dans des contrées encore peu explorées dans le deathmetal de l’époque, grâce au double pédalage meurtrier de Max et à ses blast beats apocalyptiques, quasiment ininterrompus. Sur ce rythme effréné, les guitares techniques de Moyses tranchent dans le vif, s’emballant dans des soli d’une fureur incroyable, et soutenant le guttural déchainé d’Alex.

Depuis le diabolique Double Cross jusqu’à l’écrasant Evil Mastermind, Black Force Domain déboite ainsi tout sur son passage, ne calmant le jeu que le temps de l’instrumental Infamous Glory avec ses guitares lancinantes, pour repartir de plus belle à l’assaut des tympans du deathster, définitivement terrassé lors du final de Sacrifice Of The Unborn.

Alors que le deathmetal s’essouffle inexorablement depuis quelques temps, Krisiun débarque lors de cette année 1995 en redéfinissant les codes mêmes du genre, imposant une vitesse d’exécution et une brutalité quasiment inédites, grâce à ses blasts apocalyptiques et à ses riffs infernaux, influençant directement les futurs leaders de la scène la plus extrême, à l’image de Nile ou Hate Eternal. Parfois approximatif dans ses structures, et souffrant d’une production limitant sa puissance de feu, Black Force Domain constitue toutefois un album de taille dans la carrière de Krisun, qui crée la surprise depuis son Brésil natal, en cet an de grâce 1995.

Fabien.

> - Les chroniques -, Krisiun — admin @ 2:00

19 février 2008