Altars of Fab' Death

Lawnmower Deth : Billy

Lawnmower Deth : BillyAprès deux albums axés majoritairement vers le thrashmetal, avec une bonne dose de HC et de déconne, Lawnmower Deth change complètement la donne sur son troisième full-lenght pour le compte d’Earache Records. Fini les guitares lourdes, les plans alambiqués et une partie de la franche rigolade, notre quintet se tournant en cette automne 1993 vers un HC mélodique, aéré et épuré. Le ton est de suite donné sur la couverture, où le logo ciselant du groupe et le dessin habituellement fouillé de Dan SeaGrave cèdent la place à un patronyme écrit en deux coups de crayons et à une simple photo d’enfant à l’âme d’aviateur. Dommage que le livret ne comporte d’ailleurs aucune parole.

Bien que le style ait beaucoup changé, ce surplus de douceur et de mélodie ayant refroidi à l’époque plus d’un thrasher, on reconnait toujours la patte de Lawnmower Deth, sans compter sur de nombreux titres à la vitesse d’exécution impressionnante, pour citer Somebody Call Me a Taxi et le morceau éponyme placés en ouverture, tous deux particulièrement entrainants. Le lifting est aussi largement palpable sur la réjouissante reprise Kids in America (Kim Wild), à la sauce thrash sur l’EP éponyme paru deux années auparavant, et bien plus mélodique ici-même, mais aussi sacrément véloce. Si les titres rapides peuvent encore séduire les brutes que nous sommes, les jolies notes au piano de Buddy Holly ou le beau refrain ‘Hey Little Girl‘ de Need to Be Your Main Squeeze risquent quant eux de faire fuir quelques premiers fans de la formation. Enfin, ceux regrettant la déconne des précédents LP’s pourront se rattraper sur le final Purple Haze, emmené par un Kev Papworth toujours en forme lorsqu’il s’agit de rigoler. Simple, mélodique et rafraichissant, Billy devait permettre à Lawnmower Deth de conquérir un autre public, mais faute au changement radical que personne n’a vu venir, l’album a au contraire très mal marché, précipitant l’arrêt du quintet britannique.

Fabien.

> - Les commentaires -, Lawnmower Deth — admin @ 18:58

20 décembre 2012

Lawnmower Deth : The Return of the Fabulous Metal Bozo Clowns

Lawnmower Deth : The Return of the Fabulous Metal Bozo ClownsSi la majorité des réalisations issues du label Earache Records tournent davantage autour du deathmetal entre les années 89-92, l’écurie culte de Nottingham n’oublie pas pour autant dans son catalogue des formations britanniques en dehors de ce mouvement extrême grandissant, pour citer ses signatures de Godflesh, Hellbastard, Cathedral ou Lawnmower Deth. Entre thrashmetal et hardcore, ce dernier nous livre en 1990 son premier full-lenght Ooh Crikey! It’s Lawnmower Deth!, album à dominante metal et à l’esprit fun, dans la lignée des albums de son confrère Acid Reign. Connaissant quelques remaniements de line-up, le groupe recrute d’ailleurs l’excellent Kevin Papworth, libre depuis la séparation du quintet impayable d’Harrogate.

Deux années après son premier LP, Lawnmower Deth retourne en studio sous la houlette de Stilly Harris, pour la mise en boite de son nouvel effort au nom à rallonge The Return of the Fabulous Metal Bozo Clowns. Remise aux mains du maître Dan SeaGrave, la couverture de l’album n’a en revanche rien en commun avec les principaux travaux du dessinateur pour les groupes deathmetal du moment, ce dernier s’étant de nouveau idéalement adapté à l’imagerie fun de nos cinq lurons de Mansfield. En cette année 1992, on retrouve alors la joyeuse bande sur une compilation promotionnelle d’Earache (jurant à côté de toute la pléiade deathmetal du CD-promo !) avec le fameux titre Paranoid Palaroïd, l’un des meilleurs titres de son répertoire. Si l’humeur festive entoure le morceau, il n’en reste pas moins sacrément bien ficelé, riche en rebondissements, loin de rythmiques simples et de riffs tout aussi binaires.

Dans la lignée du morceau présenté en avant-première, le nouvel album de notre quintet possède une assise solide et un son résolument métallique, pour citer les géniaux Jaggered Wedge, Feetcleaner, Sorrow ou King of the Pharaohs, bénéficiant d’une mise en place et d’une interprétation sans reproche. En outre, si la bande de Mr. Flymo déboite dangereusement lorsqu’elle décide d’accélérer la cadence, s’emballant dans ses rythmes fous sur le furieux Urban Surfer 125 ou encore sur un R.F. Potts tout aussi décoiffant, elle intègre aussi de multiples passages funky ou décalés avec une justesse remarquable, loin de livrer un melting-pot musical sans queue ni tête. Lawnmower Deth, c’est aussi et bien sûr cette esprit de déconne pour citer des Be Scene ou Egg Sandwich n’exédant pas quelques secondes, et des moments de franche rigolade à l’image du dernier morceau Fookin’ Moo Vit, où Kevin Papworth n’a jamais été aussi drôle.

Si l’on peut raccrocher The Return of the Fabulous Metal Bozo Clowns au sein de la mouvance crossover (mélange thrash et hardcore pour les incultes), Lawnmower Deth n’hésite pas non plus à exploser les limites, grâce à ses cinq interprètes possédant une culture musicale large et un talent tout aussi notable. Le quintet peine toutefois à trouver un public après deux albums, coincé dans un catalogue Earache penchant à cette époque plus volontiers vers un metal plus extrême, qui ne laisse guère de place aux formations plus purement thrashmetal du moment. Une nouvelle fois, la qualité et le plaisir font en tout cas bon ménage sur cette seconde réalisation de notre quintet britannique qui, sans prétention, reste bien moins désinvolte que les apparences le laissent paraitre.

Fabien.

> - Les chroniques -, Lawnmower Deth — admin @ 18:34

16 février 2012

Lawnmower Deth : Ooh Crikey! It’s Lawnmower Deth!

Lawnmower Deth : Ooh Crikey! It's Lawnmower Deth!Pas la plus représentative sur la scène thrashmetal des eighties, sans toutefois occulter quelques pointures comme Onslaught, Sabbat ou Sacrilege, la Grande Bretagne compte en revanche nombre de formations délirantes dans le style, à l’image d’Acid Reign, Re-Animator ou Lawnmower Deth. Des trois cités, le dernier reste certainement le plus décalé, poussant son thrash dans de multiples directions, tant que l’esprit fun y règne. Ses membres forment le groupe en 1987, adoptant des noms de scènes aussi sérieux que Qualcast Mutilator ou Mightymo Destructimo, puis enregistrent deux ans plus tard le split LP Mower Liberation Front avec les gars de Metal Duck. L’artwork du split est confié au jeune Dan Seagrave, qui livre ici son premier dessin pour un groupe de metal, sans savoir qu’il deviendra rapidement la coqueluche du death grâce à l’intérêt immédiat porté par Earache Records.

Parallèlement à ses récentes signatures d’Entombed, Godflesh ou Nocturnus, le label anglais propose ainsi un contrat au quintette britannique, puis l’envoie aussitôt aux Slaughterhouse Studios (Carcass, Napalm Death, Bolt Thrower) pour les sessions de son premier album. Ooh Crikey sort en septembre 1990, muni d’une illustration inévitable de Seagrave, mettant en scène une moissonneuse batteuse (lawnmower) interstellaire, histoire de bien fixer l’ambiance.

A partir d’une dominante thrash crossover, Lawnmower Deth balaye et parodie de nombreux styles, passant d’un thrash incisif (Spook Perv, Sheep Dip) à des titres hardcore (Icky Ficky, Judgement Day), en passant par du gros deathmetal (Sharp Fucka) ou des sections ska avec cuivres (Seventh Church), sans oublier ses multiples interludes délirants, à l’image du sympathique Duck Off. En outre, Pete Lee (Qualcast) module brillamment son chant, alternant voix hardcore & guttural profond, jusqu’à des pointes déjantées qui confèrent une bonhomie certaine, à l’image des bons Lancer With Your Zancer & Flying Killer Cobs, aux paroles tout aussi décalées.

Mais, au delà de leurs airs désinvoltes et de leur manque de sérieux apparent, les gars de Lawnmower Deth sont en plus loin d’être des manches, maîtrisant parfaitement leur sujet, et livrant quelques missiles comme Sumo Rabbit, Cobwoman Of Deth ou Satans Trampoline, habillement ficelés & particulièrement réjouissants. Ooh Crikey bénéficie en outre de l’expérience de l’ingénieur Steve Harris et des studios Slaughterhouse, doté d’un son clair & puissant, qui met impeccablement en valeur la profondeur de son couple basse batterie et la lourdeur de ses guitares.

Simple partie de franche rigolade, Ooh Crikey ne reste pas moins un album cohérent et inspiré, comblant les désirs du thrasher appréciant ces groupes sans prise de tête. A l’époque où le deathmetal domine insolemment le catalogue d’Earache Records, quelques formations comme Lawnmower Deth permettent ainsi d’apporter une bouffée d’air frais fort appréciable, et de détendre parfaitement l’atmosphère.

Fabien.

> - Les chroniques -, Lawnmower Deth — admin @ 2:00

29 mai 2008