Altars of Fab' Death

Lecherous Nocturne : Adoration of the Blade

Lecherous Nocturne : Adoration of the BladeSi l’état de New-York ou de Californie regorgent de formations death metal, de qualité variable, d’autres états nord-américains comptent en revanche leurs groupes sur les doigts d’une main. C’est le cas de la Caroline du Sud, s’illustrant avant tout grâce à l’incontournable Nile, mais aussi avec Lecherous Nocturne. Ce dernier se forme en 1997 autour de Chris Lollis & Dallas Toler-Wade (guitariste de génie de l’entité bicéphale Nile, au côté de Karl Sanders), rapidement rejoints par Mike Poggione (Monstrosity), Kreishloff & Hohenstein. Deux démos et un EP plus tard, le quintette rejoint Bob Moore aux Sound Lab Studios (Nile), pour les sessions de son premier album Adoration of the Blade, commercialisé par le label Deep Send dans le courant de l’année 2006.

Si Toler-Wade impose un jeu guitaristique unique au sein de Nile, il n’en demeure pas moins un batteur d’un niveau remarquable. Sa frappe sur Adoration of the Blade est puissante et précise, se mariant à merveille avec le jeu de basse complexe de Poggione, offrant une assise en béton au couple Lollis / Kreishloff, pour l’expression de leurs guitares, qui dégagent alors une puissance de feu et une teigne considérables. Hohenstein enfonce le clou grâce à son timbre guttural hargneux, rappelant les growls furieux de Luc Lemay au sein de Gorguts.

Adoration of the Blade défile ainsi dans une intensité parfaitement entretenue, lâchant sans répit ses rythmiques écrasantes et ses rafales de riffs incisifs, à l’image des redoutables Kampagne & The Divine Wind. En outre, lorsque que Lecherous Nocturne calme le tempo, il épaissit alors ses atmosphères et n’en devient que plus puissant, massacrant sur Singe Este Viata & A Path to a Deity, à coups de guitares lancinantes et de breaks particulièrement renversants.

Désarmant par le niveau technique et la rage de ses interprètes, Adoration of the Blade manque toutefois de soli, qui auraient permis d’accroître la couleur & le relief de ses morceaux. Mais le défaut principal de l’album reste sa durée scandaleusement courte, ne dépassant pas les 24 minutes. En revanche, l’absence de temps mort ou de riffs redondants maintiennent une intensité constante, permettant au final à Lecherous Nocturne de lâcher un véritable concentré de brutal death.

Possédant une maîtrise, une technique et une rage que Gorguts, Nile ou Hate Eternal ne refuseraient pas, Lecherous Nocturne possède une personnalité affirmée et un potentiel destructeur, lui permettant de lâcher une premiere offrande particulièrement impressionnante. A tout instant, l’auditeur ressent en effet l’énergie pure entourant la formation de Chris Lollis, qui doit désormais fournir un album plus long et plus abouti, pour dégager enfin sa pleine puissance.

Fabien.

17 décembre 2008

Lecherous Nocturne : The Age of Miracles Has Passed

Lecherous Nocturne : The Age of Miracles Has PassedCette année, Unique Leader a eu le nez fin, rameutant sous sa coupe quelques formations brutal death destructrices, telles Hour of Penance & Carnophage, et plus récemment Lecherous Nocturne. Originaire de Greenville en Caroline du sud, tout comme Nile, le dernier groupe signé par le label d’Erik & Jacoby est loin d’être inconnu au bataillon, ayant sorti le très bon et trop court Adoration of the Blade en 2006 chez l’écurie Deep Send, et comptant également des membres prestigieux dans ses rangs, comme Chris Lollis & Mike Poggionne, qui officient respectivement au sein de Nile et de Monstrosity.

Affichant un line up stable depuis son dernier album, à l’exception du remplacement de Dallas Toller Wade (Nile) par Jeremy Nissenbaum derrière les fûts, Lecherous Nocturne rejoint alors sereinement l’expérimenté Bob Moore (Nile) au Sound Lab Recording au printemps 2008, pour les sessions du digne successeur The Age of Miracles Has Passed. Proche d’Hate Eternal ou du regretté Internecine dans l’esprit, le groupe ne s’est pas calmé entre ses deux albums, bien décidé à enfoncer le clou et à péter définitivement la baraque.

Lancé sur orbite par une intro tout en finesse, le titre Just War Theory ouvre le bal et déboulonne rapidement tout sur son passage, impeccablement supporté par les blast-beats puissants et millimétrés de Jeremy, et la basse six cordes de Mike, qui affole par sa présence rythmique et la complexité de son jeu. Sur une telle assise, Chris & Kreishloff matraquent à coup de riffs meurtriers, imposant une puissance de feu considérable, renforcée par le guttural teigneux de Jason Hohenstein.

Toutefois, malgré une brutalité manifeste, The Age of Miracles reste loin de la simple succession de blast-beats, cassant régulièrement son rythme effréné pour imposer des passages renversants, à l’image des imparables We Are As Dust & The Tripled Sun, ou de son titre éponyme tout en middle tempo. Dans ces moments, Chris & Kreishloff lacèrent à coups de guitares lancinantes & superposent habillement leurs riffs, apportant une nuance incroyable et décuplant littéralement l’intensité des morceaux, pour atteindre une puissance absolue lors du break impitoyable d’Edict of Worms et du final tout aussi poignant de Preponderance of Fire.

Chaque titre possède ainsi l’élément qui le distingue, conférant parallèlement toute la force et l’équilibre de l’ensemble. The Age of Miracles ne comporte en revanche pas de solo, malgré le niveau impressionnant de ses guitaristes, et ne dure également que 28 petites minutes, représentant son principal défaut. Toutefois, Lecherous Nocturne n’a pas l’habitude de se répéter, ne lâchant souvent ses riffs démentiels qu’une seule fois, offrant ainsi un véritable concentré de death metal, et des écoutes quasi infinies.

Dépassant son prédécesseur en terme de puissance, de brutalité et de qualité, The Age of Miracles hisse définitivement Lecherous Nocturne parmi les formations de brutal death les plus dangereuses et les plus incisives du moment, se plaçant directement dans le giron de ses confrères d’Hate Eternal, Nile & Origin, confirmant ainsi l’excellence actuelle de son label Unique Leader, et de cette année 2008.

Fabien.

18 novembre 2008