Lecherous Nocturne : The Age of Miracles Has Passed
Cette année, Unique Leader a eu le nez fin, rameutant sous sa coupe quelques formations brutal death destructrices, telles Hour of Penance & Carnophage, et plus récemment Lecherous Nocturne. Originaire de Greenville en Caroline du sud, tout comme Nile, le dernier groupe signé par le label d’Erik & Jacoby est loin d’être inconnu au bataillon, ayant sorti le très bon et trop court Adoration of the Blade en 2006 chez l’écurie Deep Send, et comptant également des membres prestigieux dans ses rangs, comme Chris Lollis & Mike Poggionne, qui officient respectivement au sein de Nile et de Monstrosity.
Affichant un line up stable depuis son dernier album, à l’exception du remplacement de Dallas Toller Wade (Nile) par Jeremy Nissenbaum derrière les fûts, Lecherous Nocturne rejoint alors sereinement l’expérimenté Bob Moore (Nile) au Sound Lab Recording au printemps 2008, pour les sessions du digne successeur The Age of Miracles Has Passed. Proche d’Hate Eternal ou du regretté Internecine dans l’esprit, le groupe ne s’est pas calmé entre ses deux albums, bien décidé à enfoncer le clou et à péter définitivement la baraque.
Lancé sur orbite par une intro tout en finesse, le titre Just War Theory ouvre le bal et déboulonne rapidement tout sur son passage, impeccablement supporté par les blast-beats puissants et millimétrés de Jeremy, et la basse six cordes de Mike, qui affole par sa présence rythmique et la complexité de son jeu. Sur un telle assise, Chris & Kreishloff matraquent à coup de riffs meurtriers, imposant une puissance de feu considérable, renforcée par le guttural teigneux de Jason Hohenstein.
Toutefois, malgré une brutalité manifeste, The Age of Miracles reste loin de la simple succession de blast-beats, cassant régulièrement son rythme effréné pour imposer des passages renversants, à l’image des imparables We Are As Dust & The Tripled Sun, ou de son titre éponyme tout en middle tempo. Dans ces moments, Chris & Kreishloff lacèrent à coups de guitares lancinantes & superposent habillement leurs riffs, apportant une nuance incroyable et décuplant littéralement l’intensité des morceaux, pour atteindre une puissance absolue lors du break impitoyable d’Edict of Worms et du final tout aussi poignant de Preponderance of Fire.
Chaque titre possède ainsi l’élément qui le distingue, conférant parallèlement tout la force et l’équilibre de l’ensemble. The Age of Miracles ne comporte en revanche pas de soli, malgré le niveau impressionnant de ses guitaristes, et ne dure également que 28 petites minutes, représentant son principal défaut. Toutefois, Lecherous Nocturne n’a pas l’habitude de se répéter, ne lâchant souvent ses riffs démentiels qu’une seule fois, offrant ainsi un véritable concentré de death metal, et des écoutes quasi infinies.
Dépassant son prédécesseur en terme de puissance, de brutalité et de qualité, The Age of Miracles hisse définitivement Lecherous Nocturne parmi les formations de brutal death les plus dangereuses et les plus incisives du moment, se plaçant directement dans le giron de ses confrères d’Hate Eternal, Nile & Origin, confirmant ainsi l’excellence actuelle de son label Unique Leader, et de cette année 2008.
Fabien.
