Altars of Fab’ Death

Deeds of Flesh : Of What’s to Come

Depuis le bon Mark of the Legion paru en 2001, Deeds of Flesh avait habitué l’oreille du death métalleux à un certain surplace, Crown of Souls, dernier album en date sorti en 2005, n’échappant pas à la règle. Une absence prolongée de trois années, mais aussi le départ de Jacoby Kingston, frère d’arme d’Erik Lindmark depuis les débuts du groupe, laissaient de plus transparaitre quelques craintes quant à l’évolution de la formation, pionnière du brutal death californien, mais désormais sévèrement concurrencée par ses voisins imparables nommés Severed Savior, Odious Mortem, Decrepit Birth ou Brain Drill, poussant la précision & la technique toujours un peu plus loin, notamment durant ces trois dernières années.

Rebondissant sur le départ de Jacoby (toujours coassocié du label Unique Leader), Erik décroche le jackpot en recrutant non seulement un second guitariste talentueux, en la personne de Sean Southern, mais en embauchant parallèlement l’incroyable Erlend Caspersen au côté de son batteur Mike Hamilton, l’un des tous meilleurs bassistes actuels sur la scène death metal, qui s’impose aujourd’hui en véritable prince, au sein de formations incontournables telles que Blood Red Throne, Vile & Spawn of Possession.

Le sang frais apporté porte ainsi ses fruits, Deeds of Flesh parvenant à se renouveler, tout en conservant son identité. Le couple basse batterie d’Erlend & Mike fonctionne en effet à merveille, Erlend apportant une assisse rythmique et une technique en tout point remarquables, comme ses parties désarmantes sur Dawn of the Next. L’apport de la guitare de Sean apporte parallèlement beaucoup de nuance au jeu d’Erik, qui prenait hélas la fâcheuse habitude d’enregistrer seul toutes les partitions de grattes. Décidément inspiré et bien dans ses baskets, le nouveau duo enchevêtre et superpose adroitement ses riffs, à l’image des bons Eradication Pods & Virvum, ou du titre éponyme, multipliant parallèlement les pointes techniques et les soli subtils, à la manière des derniers missiles d’Odious Mortem & Decrepit Birth.

Enfin, pour ne rien gâcher, Of What’s to Come bénéficie d’un enregistrement possédant enfin le relief & clarté espérés, deux caractéristiques manquant bien souvent dans les précédentes productions de Deeds Of Flesh. Toutefois, l’album manque encore de breaks réellement marquants, ou encore d’interludes, qui auraient permis l’apport d’une coloration accrue et d’une véritable atmosphère, en complément de sa technique imparable.

Parfaitement mis en valeur par l’illustrateur Raymond Swanland, à qui l’on doit notamment la pochette du dernier Ob(Servant) de Psycroptic, Of What’s to Come n’est peut-être pas encore la réalisation culte de Deeds of Flesh, mais impose en revanche une puissance et une profondeur qui le hissent sans conteste comme l’album enfin attendu depuis plusieurs années, permettant au groupe de se relancer judicieusement, et de lâcher avec fierté sa septième réalisation, entièrement dédiée à la scène brutal death underground.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deeds Of Flesh — fabien @ 11:15 am

January 1, 2008

Criminal Element : Guilty as Charged

Criminal Element se forme à New York en 2001 sous l’impulsion du chanteur Vince Matthew, ex-membre de Dying Fetus. Loin de compter des manchots parmi ses membres, le groupe voit ainsi défiler un nombre prestigieux d’interprètes, permanents ou simple guests, tels que Hobbs, Mullen ou Cincotta, issus de formations telles que Suffocation ou Catastrophic. Lors de l’enregistrement de Guilty As Charged en cette année 2008, outre son noyau dur composé de Matthew, Boyer, Morris, Kloeppel & Jarvis, membres actuels ou anciens de Suffocation, Misery Index ou Dying Fetus, le groupe aligne en plus des invités tels que Gallagher, Netherton & Voyles, réunissant notamment le line up actuel complet de Misery Index !

Avec de telles références, Criminal Element place donc la barre très haut pour son premier album, décrochant un contrat parallèle entre Sevared Records & Lacerated Enemy, respectivement aux Etats-Unis et en Europe. Guilty As Charged existe donc en deux versions, avec deux pochettes différentes, la version européenne de Lacerated Enemy comprenant en plus deux reprises d’Exciter & Carnivore en guise de bonus, exécutées par Doug Bohn (ex-Suffocation) derrières les fûts.

Criminal Element pratique ce death nerveux & contestataire, teinté de hardcore, initié par Napalm Death (période Harmony), Solstice (US) ou Crusher, et brillamment repris par Dying Fetus & Misery Index quelques années plus tard. Les compositions de Matthew & Morris sont ainsi très rentre-dedans, bâties autour d’une assise rythmique imparable de Jarvis & Boyer, solide & précise, supportant les riffs percutants du duo Kloeppel / Morris, le guttural particulièrement hargneux de Matthew, et les backings furieux de Gallagher / Netherton, à l’image des entrainants Blood Money & Future Felon, qui déclenchent inconsciemment ce plaisir associé à des headbangs incontrôlés.

La force de Guilty As Charged réside parallèlement dans son ancrage indéniable dans un brutal death, lâchant une série de riffs complexes & nuancés, se superposant impeccablement, à l’instar des rafales délivrées sur les excellents Shots Fired, Habitual Offender ou Suicide by Cop, lui conférant dans ces moments cette touche à la Effigy of the Forgotten (Suffocation) particulièrement jouissive.

Parfait compromis entre la complexité du death brutal et le percutant du hardcore grind, fluide et brillamment interprété, Guilty As Charged ravira sans conteste les amoureux des derniers missiles de Dying Fetus & de Misery Index, et aussi de Suffocation. Sans posséder encore le charisme des groupes précités, Criminal Element dégage ainsi une allure et un caractère déjà fortement marqués, mais possède parallèlement une maîtrise & une technique inattaquables, le hissant parmi les outsiders sujets à un avenir plus que prometteur.

Fabien.

> - Les chroniques -, Criminal Element — fabien @ 10:30 am

Lecherous Nocturne : The Age of Miracles Has Passed

Cette année, Unique Leader a eu le nez fin, rameutant sous sa coupe quelques formations brutal death destructrices, telles Hour of Penance & Carnophage, et plus récemment Lecherous Nocturne. Originaire de Greenville en Caroline du sud, tout comme Nile, le dernier groupe signé par le label d’Erik & Jacoby est loin d’être inconnu au bataillon, ayant sorti le très bon et trop court Adoration of the Blade en 2006 chez l’écurie Deep Send, et comptant également des membres prestigieux dans ses rangs, comme Chris Lollis & Mike Poggionne, qui officient respectivement au sein de Nile et de Monstrosity.

Affichant un line up stable depuis son dernier album, à l’exception du remplacement de Dallas Toller Wade (Nile) par Jeremy Nissenbaum derrière les fûts, Lecherous Nocturne rejoint alors sereinement l’expérimenté Bob Moore (Nile) au Sound Lab Recording au printemps 2008, pour les sessions du digne successeur The Age of Miracles Has Passed. Proche d’Hate Eternal ou du regretté Internecine dans l’esprit, le groupe ne s’est pas calmé entre ses deux albums, bien décidé à enfoncer le clou et à péter définitivement la baraque.

Lancé sur orbite par une intro tout en finesse, le titre Just War Theory ouvre le bal et déboulonne rapidement tout sur son passage, impeccablement supporté par les blast-beats puissants et millimétrés de Jeremy, et la basse six cordes de Mike, qui affole par sa présence rythmique et la complexité de son jeu. Sur un telle assise, Chris & Kreishloff matraquent à coup de riffs meurtriers, imposant une puissance de feu considérable, renforcée par le guttural teigneux de Jason Hohenstein.

Toutefois, malgré une brutalité manifeste, The Age of Miracles reste loin de la simple succession de blast-beats, cassant régulièrement son rythme effréné pour imposer des passages renversants, à l’image des imparables We Are As Dust & The Tripled Sun, ou de son titre éponyme tout en middle tempo. Dans ces moments, Chris & Kreishloff lacèrent à coups de guitares lancinantes & superposent habillement leurs riffs, apportant une nuance incroyable et décuplant littéralement l’intensité des morceaux, pour atteindre une puissance absolue lors du break impitoyable d’Edict of Worms et du final tout aussi poignant de Preponderance of Fire.

Chaque titre possède ainsi l’élément qui le distingue, conférant parallèlement tout la force et l’équilibre de l’ensemble. The Age of Miracles ne comporte en revanche pas de soli, malgré le niveau impressionnant de ses guitaristes, et ne dure également que 28 petites minutes, représentant son principal défaut. Toutefois, Lecherous Nocturne n’a pas l’habitude de se répéter, ne lâchant souvent ses riffs démentiels qu’une seule fois, offrant ainsi un véritable concentré de death metal, et des écoutes quasi infinies.

Dépassant son prédécesseur en terme de puissance, de brutalité et de qualité, The Age of Miracles hisse définitivement Lecherous Nocturne parmi les formations de brutal death les plus dangereuses et les plus incisives du moment, se plaçant directement dans le giron de ses confrères d’Hate Eternal, Nile & Origin, confirmant ainsi l’excellence actuelle de son label Unique Leader, et de cette année 2008.

Fabien.

> - Les chroniques -, Lecherous Nocturne — fabien @ 10:15 am

Pitiful Reign : Visual Violence

Pourtant synonyme de ringardise durant les années 90, la scène thrash metal retrouve désormais une seconde jeunesse depuis l’essor des nord américains de Municipal Waste ou Merciless Death. La Grande Bretagne emboite elle aussi le pas, à l’image de Gama Bomb, SSS, Evile ou Pitiful Reign. Ce dernier se forme en 2003 autour de Josh Callis-Smith, et nomme simplement son style du british thrash metal, désireux de s’inscrire dans la grande tradition des formations anglaises des eighties, comme Xentrix ou Re-Animator.

Un album auto-produit et deux EP plus tard, fort d’un contrat avec l’écurie italienne Punishment 18, et fin prêt pour les sessions de son nouvel album, le groupe décroche le jackpot, s’entourant non seulement de Juan Urteaga (ex-Vile) et du non moins célèbre Steve Digiorgio (Sadus) derrière les consoles d’enregistrement, mais obtenant parallèlement une superbe illustration du maître Ed Repka, symbolisant à lui seul une bonne partie des albums thrash cultes des eighties, d’Evildead à Megadeth.

Bénéficiant d’un enregistrement au poil, qui dote respectivement la batterie, la basse et les guitares d’un son claquant, rond et agressif, Visual Violence accroche dès son premier titre. Sur une rythmique carrée, Pitiful Reign possède en effet l’art du riffing percutant, renforcé par la voix dynamique de Callis-Smith, les breaks aux mosh parts entrainantes, les accélérations vicieuses, les batailles de soli fougueux, et les refrains accrocheurs, où le thrasher retrouve les fameux backing vocals, trop longtemps disparus. Human Coleslaw, Fatality ou l’excellent Push to Prime sont ainsi autant de titres montrant l’aisance et le plaisir à jouer des cinq acolytes, le tout dans un esprit particulièrement fun et une ambiance old school délicieuse.

En élève assidu, Pitiful Reign déroule ainsi brillamment les recettes à l’origine du succès de la scène thrash des années 80, britannique, new-yorkaise ou californienne. Cette force est aussi la faiblesse du combo, qui parfois trop appliqué, manque encore du brin de folie de Municipal Waste, ou encore de la force d’Hexen, maître californien actuel, pour véritablement s’imposer.

Malgré une personnalité restant à affirmer, le capital bonhomie de Pitiful Reign, ses titres percutants, mais aussi le grand soin apporté à son album, l’inscrivent parmi les formations revival thrash d’intérêt, aux côtés de Violator, Gama Bomb, Fueled By Fire ou Bonded By Blood. Visual Violence se recommande ainsi tous les jeunes thrashers, mais aussi à tous les amoureux des vieux loups comme Anthrax, Re-Animator, Exhorder & Evildead, ou plus simplement aux nostalgiques d’une époque emplie d’une insouciance certaine et d’un parfum particulièrement authentique.

Fabien.

> - Les chroniques -, Pitiful Reign — fabien @ 9:30 am

Carnophage : Deformed Future // Genetic Nightmare

Formé en 2006 à Ankara, autour des guitaristes compositeurs Mert Kaya & Berkan Basoglu, Carnophage confirme l’émergence du brutal death turque, aux côtés de ses compatriotes Decaying Purity d’Istanbul. Officiant dans des sphères plus techniques, le groupe enregistre rapidement son premier album, en décembre 2007 dans un studio local, décrochant d’entrée un précieux contrat avec Unique Leader, spécialiste reconnu dans le milieu, grâce à ses nombreux protégés, tels Vile, Gorgasm ou Pyrexia. Soignant particulièrement ses dernières réalisations, le label californien ne faillit pas à la règle, gratifiant l’album d’un artwork très complet, ainsi que d’une superbe illustration de l’incontournable Par Olofsson.

Dès ses premières notes, Carnophage annonce la couleur d’un brutal death sous influence directe des New Yorkais de Suffocation ou des californiens de Deeds of Flesh. Sur une assise rythmique carrée & complexe d’Onur & Bengi, Mert & Berkan balancent une cascade de riffs serrés, nuançant leurs compositions en superposant adroitement leurs guitares. Enfin, sans être toutefois d’une profondeur exceptionnelle, les vocaux gutturaux d’Oral s’intègrent bien à l’ensemble, laissant parallèlement une part importante aux guitares, tout en apportant une dynamique appréciable.

En outre, depuis les soli soignés des bons No One Forgotten & Corpsefield, la finesse des riffs de Bone Nails, jusqu’aux ambiances travaillées d’Anomalistic Resurrection, Carnophage s’attache à proposer un album varié, évitant le piège d’une linéarité rapidement ennuyeuse. Enfin la production, manquant certes d’un brin de puissance, possède en revanche un mixage équilibré, apportant la précision et la clarté exigées par le death technique de la formation.

Tout aussi brutal, mais plus subtil que le Phases of Dimensional Torture des voisins de Decaying Purity, Deformed Future Genetic Nightmare se hisse ainsi parmi les albums de qualité, confirmant l’essor de la Turquie sur la scène brutal death internationale. Bon élève, Carnophage manque en revanche d’identité pour véritablement s’imposer, se plaçant dès lors dans l’ombre de ses homonymes européens, tels que Beheaded, Kataplexia ou Inveracity.

Fabien.

> - Les chroniques -, Carnophage — fabien @ 9:00 am

Banishment : Cleansing the Infirm

Originaire de Los Angeles, Banishment s’ajoute à la myriade de formations de brutal death sévissant dans l’état californien, depuis l’essor de Deeds of Flesh dans les années 90. Une seule démo enregistrée en 2006 suffit au jeune groupe pour décrocher un contrat avec le label tchèque Lacerated Enemy, qui habitue depuis quelques temps le death métalleux à des productions de qualité, dans des emballages toujours très soignés. Cleansing The Infirm ne faillit donc pas à la règle, bénéficiant non seulement d’une bonne production, mais aussi d’un artwork somptueux du maître suédois Par Olofsson, particulièrement courtisé ces dernières années.

Si Cleansing The Infirm ne surprend pas de prime abord, reprenant fidèlement la recette de Suffocation ou de Beheaded maintes fois testée, il balance toutefois un brutal death parfaitement en place, prenant alors rapidement corps au fil des écoutes. Son assise rythmique solide, bâtie autour d’un double pédalage et de blast-beats carrés, sert impeccablement les guitares de Billy Clap, qui joue habillement sur la stéréo en superposant ses riffs, apportant une nuance très appréciable aux compositions. Imar Arnotovic ajoute enfin son guttural très rauque, un brin monocorde, mais suffisamment compréhensible pour ne pas verser dans la caricature, et dynamiser l’ensemble.

Bien que ses compositions restent encore interchangeables, Banishment multiplie toutefois les plans subtils & les contretemps, varie ses rythmes et équilibre adroitement ses morceaux, à l’image du break renversant d’Obscure Benevolence, des harmoniques du bon Detriment, des guitares fines de l’instrumental Inimical Figure, ou encore du calibrage impressionnant l’excellent Empyreal Treachery, symbolisant à lui seul tout le potentiel et la marge de progression du quatuor californien.

A l’instar des ses homonymes de Decaying Purity, Carnophage ou Kataplexia, Banishment figure ainsi parmi ces formations « Suffocation-like » certes conventionnelles, pêchant encore par leur manque de personnalité, mais lâchant en revanche un death metal particulièrement subtil & maitrisé, se plaçant bien au dessus de la meute brutal death actuelle. Technique, varié & équilibré, Cleansing The Infirm se décortique avec beaucoup de plaisir, ravissant sans conteste les amateurs du genre, qui devront alors multiplier les écoutes, pour tenter de maîtriser ses nombreuses facettes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Banishment — fabien @ 8:35 am

Resurrection : Mistaken for Dead

Trois ans après son unique album Embalmed Existence, bon album de death metal floridien, mais stéréotypé pour l’époque et malheureusement noyé dans la masse des sorties de l’année 1993, Resurrection jette l’éponge et splitte définitivement en 1996. Mais en 2005, à l’instar de ses voisins de Brutality & Killing Addiction, Resurrection refait surface, rejoignant finalement Sinister, Malevolent Creation & Deadborn au sein de l’écurie allemande Massacre Records.

L’équipe reste soudée autour du guitariste compositeur John Astl et du growleur Paul Degoyler, mais perd l’appui précieux de l’impitoyable Alex Marquez, qui réalisait de véritables prouesses derrières les fûts sur Embalmed Existence. Toutefois, le duo recrute judicieusement Gus Rios, connu pour son martelage au sein de Malevolent Creation, ainsi que Jerry Mortellaro à la seconde guitare, transfuge du célèbre Diabolic. Fort d’un line up solide et expérimenté, Resurrection rejoint ainsi Jim Morris au Morrisound Studios début 2008, débouchant sur la sortie de Mistaken for Dead en juin, muni d’une couverture de Dan SeaGrave, illustrateur incontournable sur la scène death metal des nineties.

A l’image du choix des studios d’enregistrement et de la pochette de son album, Resurrection distille un death thrash ancré dans la grande tradition floridienne des années 90, privilégiant des structures middle tempo & entrainantes, servant de base à des rafales de riffs carrés et accrocheurs, loin de la technique et de la vitesse démentes et des nouveaux maîtres Origin, Hate Eternal & Brain Drill. L’ensemble est assez nerveux, Astl & Mortellaro ayant le sens du riff catchy et efficace, mais aussi suffisamment technique pour ne pas rendre la galette rapidement ennuyeuse. Le duo bénéficie en outre d’une assise rythmique béton, grâce au jeu précis & puissant de Gus Rios.

En quinze années, Resurrection a également brillamment conservé son identité, grâce au jeu caractéristique de John Astl, mais aussi au guttural particulier de Paul Degoyler, qui éructe des vocaux arrachés reconnaissables dès la première écoute. Ceci donne ainsi des morceaux agressifs & racés, à l’image des bons Coward & Buried Alive, ou encore du redoutable Perils of Burden.

Sans subir le préjudice d’une longue séparation, Resurrection revient ainsi dans une forme étonnante et un moral en béton, livrant un Mistaken for Dead aussi authentique qu’efficace, soutenu par la production puissante de Jim Morris. L’ensemble possède en revanche une teinte old school fortement marquée, qui rend le produit quelque peu daté, à l’image du dernier Doomsday-X de Malevolent Creation, séduisant donc en premier lieu les death thrashers nostalgiques des nineties, mais laissant peut-être la nouvelle frange du public extrême sur sa faim.

Fabien.

> - Les chroniques -, Resurrection — fabien @ 8:00 am

Kataplexia : Supreme Authority

Formé en 2003, Kataplexia est basé en Finlande, bien que le trio composant la formation soit originaire d’Amérique du sud. Enregistré en ces terres scandinaves en début d’année 2008, Supreme Authority représente déjà la troisième réalisation du groupe, qui évolue toujours au sein de l’écurie espagnole Xtreem Music (Kronos, Hour of Penance) dirigée par le célèbre Dave Rotten. Le label gratifie cette fois l’album d’une superbe illustration de Georges Prasinis, déjà remarqué pour ses pochettes de Spawn of Possession ou d’Inveracity.

Plus long, plus consistant, et bien mieux enregistré que son prédécesseur Catastrophic Scenes, Supreme Authority envoie un brutal death très proche du dieu Suffocation. Les compositions du duo Artiga / Moreira sont en effet structurées autour de rythmiques complexes & assommantes, exécutées par le batteur de session Timo Häkinnen & le bassiste Mikael Da Costa, à grands renforts de double pédale et des blast-beats, sur lesquelles viennent se greffer les plans enchevêtrés à deux guitares de Davi Moreira, à l’image des bons Unpredictable Spiritualism & Endless Suffering.

Supreme Authority renvoie ainsi une image proche de l’eternel Effigy of the Forgotten des dieux new-yorkais, ou encore du récent & inspiré Extermination of Millions des grecques d’Inveracity. Kataplexia balance en revanche quelques accélérations renversantes, sur un accordage très bas, durant lesquelles le guttural de Rodrigo se mue en des « grouinements » qui conférent quelques touches slam death fort appréciables. En outre, le groupe ponctue judicieusement ses morceaux de breaks écrasants (Anonymous Identities), de riffs dissonants & de soli accrocheurs (Circle of Sickness), permettant d’apporter une dynamique accrue à l’ensemble.

Parfaitement ficelé et bénéficiant d’une production compacte, Supreme Authority surprend ainsi par ses subtilités et la qualité de sa mise en place, présageant de nombreuses écoutes méticuleuses pour l’inconditionnel de death brutal & alambiqué. En revanche, Kataplexia ne possède pas d’identité particulière, s’ajoutant dès lors aux nombreuses formations évoluant dans le style, sans possibilité d’émergence et d’accès parmi les ténors de la scène brutal death actuelle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Kataplexia — fabien @ 6:45 am

Prostitute Disfigurement : Descendants Of Depravity

Descendants Of DepravityPour son quatrième album, Prostitute Disfigurement rejoint les excellents studios Excess en avril 2007, avec un tout autre visage, enterrant définitivement son death métal suffocant à l’extrême et ses vocaux incompréhensibles. La violence très crue et parfois insoutenable de ses précédents méfaits laisse parallèlement place à une brutalité toujours présente, mais beaucoup plus subtile et suggérée. Muni d’une superbe illustration du maître Par Olofsson, Descendants Of Depravity sort en mai 2008 chez la brillante écurie Neurotic Records (Visceral Bleeding, Psycroptic), une longue année après son enregistrement.

A l’instar des derniers missiles d’Odious Mortem & Decrepit Birth, le gang hollandais aère considérablement ses structures, utilisant désormais la brutalité de ses blast beats avec plus de parcimonie, lui permettant d’accroître l’impact et le relief de ses morceaux, et de les rendre dès lors beaucoup plus digestes et percutants. Niels délaisse parallèlement ses diarrhées vomitives habituelles, pour délivrer maintenant un chant guttural pur & articulé, le superposant parfois à des vocaux rageurs, qui booste l’ensemble de manière fort judicieuse.

Sur le jeu de batterie complexe de Michiel, dosant son double pédalage et ses blast beats avec une aisance désarmante, Roel & Benny déballent des riffs techniques et entrainants, possédant des jeux complémentaires, souvent en décalage d’un demi ton, qui nuancent et enrichissent ainsi considérablement les morceaux. Depuis les riffs affutés de Killing For Company, jusqu’au middle tempo écrasant du redoutable Life Depraved, en passant par les soli endiablés de Carnal Rapture et les breaks vicieux de Sworn To Degeneracy, P.Disfigurement frappe juste, avec une violence manifeste et une finesse étonnante.

Parfaitement calibré par la production d’Andy Classen (Krisiun, Sinister), brutal et fin à la fois, Descendants Of Depravity surprend à chaque instant par son équilibre et la richesse de ses compositions, donnant l’une des plus grosses baffes de ce premier semestre 2008. En s’éloignant du style hermétique de Devourment, P.Disfigurement rejoint ainsi brillamment les sphères subtiles & techniques de Spawn Of Possession, s’imposant parmi les chefs de file du brutal death technique européen, l’un des genres les plus prolifiques et les plus intéressants du moment.

Fabien.

Merciless Death : Realm of Terror

Merciless Death (USA) : Realm of TerrorEn ce mois de mai 2008, fidèle à son label Heavy Artillery, Merciless Death revient battre les tympans des thrashers, déjà sous le joug d’Evil In The Night, son premier et précédent assaut. Les frères Torres et Dan Holder abandonnent cette fois les zombies d’Edouard Repka, pour une illustration tout aussi travaillée d’un autre maître, Andreas Marshall, mettant en scène un prêtre aspiré par les forces obscures.

Realm of Terror déboulonne d’entrée avec The Abyss, une intro percutante lançant parfaitement le thrash intraitable de Merciless Death. L’album bénéficie en outre d’un enregistrement puissant & équilibré, qui apporte un son incisif aux guitares, tout en respectant la rugosité propre à la formation californienne. Ainsi, la force de son thrash ajoutée à la qualité de la production forment un cocktail détonnant, où se succèdent rythmiques entrainantes, guitares assassines, breaks tranchants et chant teigneux, tel l’impitoyable The Gate et ses rafales de riffs renversants.

Conservant un thrash particulièrement hargneux, Merciless Death digère également mieux ses influences et soigne parallèlement ses ambiances, à l’image de l’interlude Fall To The Pentagram, lui permettant d’épaissir judicieusement son style. Possédant la vitesse de Strappado (Slaughter), embrassant l’aura sombre de None Shall Defy, Urm The Mad & Seven Churches (Infernal Majesty, Protector, Possessed), dégageant des accents Slayeriens délicieux sur les soli emballés de Dan Holder, Realm of Terror synthétise ainsi l’esprit thrash ‘evil’ des années 80 avec une justesse remarquable.

Aussi rugueux & percutant que son prédécesseur, aux colorations rétro tout aussi exquises, Realm of Terror balance 28 minutes de thrash dense & authentique, risquant d’emballer le rythme cardiaque de nombreux thrashers, béats devant son atmosphère endiablée et l’efficacité de ses riffs. S’imprégnant parfaitement de l’essence du thrash des eighties, tout en affirmant sa pleine personnalité, Merciless Death devient désormais aussi précis et meurtrier qu’une balle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless Death — admin @ 6:15 am