Altars of Fab' Death

Minotaur : Power of Darkness

Minotaur : Power of DarknessSi les thrashers teutons de Minotaur débutent leur carrière assez tôt dans les eighties, réunion du guitariste / chanteur Andi Richwien et du batteur Jorg Bock, il faut attendre 1986/1987 pour la sortie des premières démos et une meilleure exposition sur le circuit. Désormais épaulé par le bassiste Thomas Witte, le groupe capture sa troisième demo-tape ‘The Power of Darkness‘ durant quelques journées du mois de décembre 1987. Cette dernière attire rapidement l’attention du petit label suisse Crazy Records, qui propose une publication sous forme de debut-album. Les sessions initiales ne s’étendant que sur 21 minutes, le groupe & l’écurie décident de compléter l’album avec deux morceaux (Fall of the Gods & Savage Aggressions), issus de la toute première démo ‘The Slaughter Continues‘, enregistrée en répétition en 1986. Ainsi parait le vinyle LP au printemps 1988, seule & unique réalisation de ce label éphémère.

En 1998, l’écurie allemande No Colours republie Power of Darkness en CD en y ajoutant un interlude (Brainhead), toutefois sans l’accord du groupe qui rejette ce pressage. Il faut finalement attendre 2010 pour que Minotaur s’entende avec l’écurie suédoise I Hate Records, pour une réédition officielle de Power of Darkness en format LP/CD. Tout d’abord, exit les bonus-tracks issues de la première demo-tape jugée trop faiblarde. En lieu et place, Andi Richwien et Jorg Bock s’embarquent en studios fin 2009 pour l’enregistrement de trois nouveaux morceaux (Praise Hell, Banished and Forsaken, Metal Mayhem) et une reprise à la sauce thrashmetal de Def Leppard (Wasted). Avec les mêmes interprètes et le choix du même studio, difficile de croire que 22 années séparent l’ancien matériel de ces nouvelles plages, hormis une capture plus précise et une meilleure maîtrise dans l’interprétation.

Quant au thrashmetal de Minotaur, celui-ci s’ancre définitivement dans le style agressif des premières œuvres de Kreator, en passant par la voix teigneuse d’Andi Richwien rappelant celle de Mille Petrozza, ou encore par ce côté charbonneux propre aux jeunes années du thrashmetal allemand, une couleur anthracite que Kreator ou Sodom n’auraient pas renié. L’absence d’originalité des compositions, l’interprétation honnête et la modestie de l’enregistrement, sont toutefois autant d’éléments qui confinent Power of Darkness au rang des réalisations thrashmetal teutonnes mineures, sans compter la faible distribution de l’album à son époque.

En revanche, en gardant en mémoire l’origine de Power of Darkness, simple demo-tape de la fin d’année 1987, et si la rugosité du vieux thrashmetal allemand signifie quelque chose de grand à nos yeux, cet unique full-album de Minotaur aux compositions bien ficelées et à l’interlude acoustique idéalement placé, devient un témoignage authentique & supplémentaire de ce formidable axe stylistique, géographique et temporel. Quant aux quatre morceaux additionnels de 2009 (reprise comprise), rangeons nos à priori tant ils s’intègrent bien à l’ensemble, nous heureux possesseurs de la réédition officielle d’I Hate Records.

Fabien.

> - Les chroniques - — admin @ 19:31

3 avril 2014