Altars of Fab’ Death

Cannibal Corpse : Evisceration Plague

Cannibal Corpse : Evisceration PlagueAprès le redoutable album Kill, qui annonçait le retour de Rob Barrett et la toute première collaboration avec Erik Rutan derrière les consoles d’enregistrement, l’infatigable Cannibal Corpse réinvestit les Mana Recording Studios du leader d’Hate Eternal, en ce mois de septembre 2008. Parfaitement rodé grâce à de longues tournées à travers le monde, mais aussi fort d’un line up inchangé, qui ne compte pas moins de quatre compositeurs en son sein, le groupe floridien met ainsi en boite Evisceration Plague, représentant déjà son 11ème full lenght.

D’entrée, le tapageur Priest of Sodom annonce la couleur, dominé par le couple rythmique en béton Mazurkiewicz / Webster, les riffs serrés et complémentaires d’O'Brien & Barrett, le tout dynamisé par les growls articulés de Fisher, qui possède cette aisance incroyable pour passer d’un guttural profond à des cris particulièrement arrachés. En douze titre, de l’entrainant et non moins excellent Scalding Hail à la patte Webster indéniable, jusqu’au technique To Decompose d’O'Brien au léger parfum de Gallery Of Suicide en son break, en passant par le Shatter Their Bones de Barrett aux riffs intraitables & contretemps vicieux, ou encore par le bon Unnatural mis en avant par un soli délectable de Rutan, Cannibal Corpse affiche une nouvelle fois un savoir-faire incontestable.

Toutefois, malgré la qualité de ses compositions & de leur interprétation, la clarté & l’incision de son enregistrement, Evisceration Plague manque encore d’éléments permettant de distinguer pleinement chacun de ses morceaux, et de produire cette étincelle qui magnifie définitivement un album. En outre, ce nouvel effort de Cannibal Corpse reste relativement proche de Kill, subissant inévitablement la comparaison avec son prédécesseur, sans bénéficier parallèlement du même effet de surprise, aussi bénéfique qu’excitant.

Fidèle à lui-même, se riant de toutes les modes et traversant toutes les époques, le groupe d’Alex Webster poursuit sa carrière tel un véritable métronome, lâchant un Evisceration Plague équilibré, qui le maintient invariablement dans le peloton de tête des formations deathmetal, auxquelles le deathster peut aveuglément se fier. Les détracteurs peuvent légitimement crier quant à la relative interchangeabilité des albums de Cannibal Corpse depuis un certain Bloodthirst, mais peut-on raisonnablement reprocher au groupe floridien de laisser en place les rouages d’une machine parfaitement huilée ?

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 1:00 am

January 24, 2009

Engaged In Mutilating : Population: Zero

Engaged In Mutilating : Population : ZeroRécemment formé en 2006 à San Antonio dans l’état nord américain du Texas, Engaged in Mutilating ne répond pas au doux appel slamdeath de l’école voisine Devourment, mais lâche en revanche un brutaldeath technique à la sauce californienne, proche de ses homonymes Odious Mortem et Severed Savior, le guttural d’Aaron Mendiola fleuretant d’ailleurs de près avec le timbre de son confrère Antonio Trapani des deux formations.

La seule démo The Process of Human Extinction parue en 2008 suffit à attirer l’attention du label brutaldeath Comatose Music, qui ajoute Engaged in Mutilating à son catalogue aux côtés de l’hollandais Supreme Pain et de l’italien Blasphemer. Mis en boite entre 2008 et 2009, Population: Zero, premier album du texan, bénéficie d’un enregistrement professionnel, notamment grâce à son mastering confié aux mains expertes du célèbre James Murphy. La couverture est également réussie, signée par le fameux Marco Hasmann (Blasphemer), auteur des dernières illustrations pour Fleshgod Apocalypse, Vomit The Soul, Embryonic Depravity ou encore du superbe dessin pour Septycal Gorge.

Le deathmetal de Population: Zero reste fidèle au contenant. Engaged in Mutilating lâche en effet un brutaldeath conventionnel, mais suffisamment complexe et appliqué pour bénéficier d’une attention particulière. Sans s’inscrire parmi les meilleurs batteurs de sa génération, Del possède un blast-beat et un double pédalage précis, supportant le riffing assez technique d’Anthony Guerrero et d’Eddie Blanquiz, et le guttural monocorde de leur growler.

Après un départ sur deux morceaux relativement brutaux (hors intro), Engaged in Mutilating calme le jeu et devient du coup plus percutant. Sphere of Deception et Perverse Influx contiennent en effet une variété et un équilibre leur conférant beaucoup d’attrait. Puis, si la suite de Population: Zero se poursuit sans histoire, le bon Reversion of Perversion rappelle à nouveau combien le groupe peut être dangereux lorsqu’il croise ses riffs sur un middle tempo millimétré.

Le résultat global de Population: Zero reste tout de même assez académique. Engaged in Mutilating emprunte d’une part les codes de la scène brutaldeath ouest états-unienne sans les transcender, mais manque d’autre part d’éléments lui permettant une meilleur distinction, comme quelques acoustiques ou soli bien sentis. Le deathster appréciera toutefois le clin d’oeil adressé à Pestilence sur la reprise cachée Out of the Body (Consuming Impulse), où Tom Stevens de Nokturnel (l’un de mes maîtres) vient lâcher quelques backings, sans que l’hommage reste aussi saisissant que l’original (eh oui, les soli de la paire Mameli / Uterwijk restent inimitables).

Loin d’une scène slamdeath texane souvent primaire et caricaturale, Engaged in Mutilating possède de sérieuses cartes en main malgré sa jeunesse, devant toutefois se forger une plus forte identité technique et musicale pour l’affirmation de son brutaldeath, déjà dangereux. D’une durée conséquente, Population: Zero se hisse actuellement parmi les réalisations les plus encourageantes et les moins grossières de l’écurie Comatose Music.

Fabien.

January 22, 2009

Goreaphobia : Mortal Repulsion

Goreaphobia : Mortal RepulsionNom culte dans l’underground deathmetal nord américain, Goreaphobia se forme en 1988 à Philadelphie, autour de ses leaders Chris Gamble (basse, grunts) et Alex Bouks (guitares), partageant une passion commune pour le metal diabolique de Slayer, Possessed & Celtic Frost. Tournant avec les plus grands noms de l’époque, tels Morbid Angel, Nocturnus ou Repulsion, le groupe marque la scène US au fer rouge, notamment lors de la parution de son EP Omen of Masochism en 1991 chez le jeune label Relapse Records, spécialiste à l’époque du pressage de démos sur vinyles 45 tours.

Toutefois, alors qu’Immolation, Suffocation ou Incantation immortalisent leur deathmetal sur les invincibles Dawn of Possession, Effigy of the Forgotten & Onward to Golgotha, le gang de Pennsylvanie ne dépasse quant à lui pas le stade des EP, à l’instar de ses homonymes Exmortis & Sadistic Intent, qui détenaient pourtant noirceur et toute puissance. En effet dès 1993, le groupe se sépare une première fois, puis connait de nombreux aller-retour jusqu’en 2004, année où Chris & Alex se réunissent durablement pour l’enregistrement de quatre nouveaux morceaux (dont deux inédits de la première époque), à l’occasion de la réédition de leurs premiers méfaits chez Necroharmonic Productions.

Ayant conservé cette foi inébranlable dans le dark deathmetal des premières heures, les deux acolytes concrétisent enfin 21 années de carrière lors des sessions de leur premier album complet, dans les propres studios de leur nouveau batteur Jim Roe (ex-Incantation & ex-Disciples of Mockery). Produit par le groupe, Mortal Repulsion sort en été 2009, bénéficiant d’une illustration du célèbre Kris Verwimp et d’une distribution Ibex Moon, l’écurie de leur incontournable ami John McEntee (Incantation & ex-membre de la formation).

Dès le premier titre Ordeal of the Abyss, Goreaphobia happe directement le deathster au coeur de l’album, dominé par les rythmiques lourdes & complexes de Jim Roe, les riffs noirs & sans pitié d’Alex Bouks, et les vociférations de Chris Gamble, à mille lieux des grognements synthétiques et caricaturaux qui inondent la scène actuelle. Le dosage subtil des blast-beats, la profondeur du riffing, les plaintes semblant surgir d’outre tombe, sont autant d’atouts montrant l’incroyable maîtrise du groupe dans la propension d’atmosphères glauques & ténébreuses, terrain où excellent ses homonymes Autopsy, Incantation ou Sadistic Intent.

Toutefois, loin de lâcher un deathmetal pesant & mélancolique durant 48 minutes, Goreaphobia croise habilement des morceaux aux ambiances occultes, tels l’interlude noir Negatives Screams ou le doomesque Despised and Ruined, à d’autres titres bien plus directs, tels Grave Plagued Planet au deux-temps entrainant et au refrain entêtant, Black Ashes Eyes et A Grevious Curse au double pédalage & accélérations mortels, ou encore The Inevitable Punishment et l’éponyme Mortal Repulsion au riffing tout aussi meurtrier.

Loin de tout déballage technique aussi vite joué qu’oublié, le gang de Philadelphie possède l’art du riffing percutant, ainsi qu’une identité fortement marquée, diffusant parallèlement ces relents deathrash de la fin des eighties plus que délectables. Lâchant un darkdeath obsédant au fil des écoutes, mêlé à des ambiances sombres & maléfiques savamment entretenues, Mortal Repulsion représente ainsi l’album de Goreaphobia tant attendu depuis le début des nineties, à conseiller à tous les mordus de Possessed, Morpheus Descends ou Sadistic Intent.

Fabien.

> - Les chroniques -, Goreaphobia — admin @ 12:00 am

January 20, 2009

Necrophobic : Death to All

Bon album, Hrimthursum s’étendait toutefois sur 58 minutes, perdant en spontanéité, et manquant parallèlement d’un brin d’agressivité, ainsi que du côté occulte symbolisant pourtant si bien les premiers albums de Necrophobic. Pour ses vingt années de carrière, le groupe emmené par Joakim Sterner décide de changer partiellement la donne, pour revenir à un concept beaucoup plus sombre, à l’iconicité noire & satanique fortement marquée. Sous couverture de son fidèle label Regain Records, le groupe gagne ainsi ses propres studios Necrophonic pour les sessions de Death To All, nouvelle offrande d’une violence sans compromis.

Rapide et tapageur, dominé par les vociférations d’un Tobias Sidegard visiblement possédé, le premier titre Celebration of the Goat n’offre d’entrée aucun répit, assommant l’auditeur sur une succession de riffs & soli aussi violents que percutants. Diaboliquement mené par son guitariste compositeur Sebastian Ramstedt, Death To All s’enchaîne ainsi sur des Revelation 666 ou Santisima Muerte ne perdant pas une once de puissance, jusqu’au morceau éponyme final, intense et équilibré, s’étalant sur huit minutes n’ayant jamais parues aussi courtes.

Outre son enregistrement d’une puissance notoire, Death To All possède également cette patte Necrophobic directement reconnaissable, aux riffs deathblack si typiques, dont lui seul possède le secret. Chargées en agressivité, distillant parallèlement des mélodies d’un parfum sombre particulièrement entêtant, les lignes de guitares de Ramstedt & Bergeback sont ainsi à la fois fluides, violentes et percutantes.

Necrophobic juxtapose également ses moments forts à des passages plus apaisants, notamment lors de ses intros aux guitares fines & mélancoliques, tel Wings of Death, montant parfaitement chaque morceau en puissance, et renforçant leur côté sombre. Death To All contient enfin plusieurs moments épiques, comme sur les redoutables Stayed Satanic et The Tower, qui ajoutent une dimension dramatique supplémentaire, s’opposant à cette violence deathblack de chaque instant.

Après deux décennies placées sur le signe du malin, Necrophobic revient en cette année 2009 plus déterminé et plus fort que jamais. Surfant toujours aussi adroitement entre cette puissance deathmétallique et cette intensité black toute particulière, le quinquet suédois lâche ainsi l’un des albums les plus sombres et les plus violents de sa carrière, disque qui devrait le réconcilier avec de nombreux deathsters, qui pensaient injustement que la formation s’essoufflait déjà depuis plusieurs années.

Fabien.

> - Les chroniques -, Necrophobic — fabien @ 10:41 am

January 13, 2009

Obscura : Cosmogenesis

Obscura (GER-1) : CosmogenesisFondé à Munich en 2002 par le guitariste chanteur Steffen Kummerer, le groupe de death progressif Obscura accroît sensiblement sa notoriété après la sortie de son premier album sur le petit label Vots Records, lorsqu’il décroche une tournée au côté du dieu Suffocation en 2006. Durant les deux années suivantes, le line up se stabilise suite à l’intégration du bassiste JP Thesseling et du batteur Hannes Grossmann, ayant respectivement officié au sein de Pestilence & Necrophagist sur les albums Spheres & Epitaph. La formation se complète enfin avec l’arrivée de Christian Muezner, acolyte de Grosmann sur l’intemporel Epitaph.

Le quatuor de prestige trouve rapidement place au sein de l’écurie Relapse Records, débouchant sur l’enregistrement de Cosmogenesis aux Woodshed Studios, sous l’oeil bienveillant de l’ingénieur du son V.Santura, puis sur sa parution en février 2009. Particulièrement attendu, le nouveau line up d’Obscura suscite toutefois quelques interrogations, risquant le confinement derrière Necrophagist, tout comme son confrère Deadborn, qui peine encore à s’affranchir de la forte influence du fameux groupe de Muhammed Suicmez.

Mais, au-delà des jeux appliqués de Grosmann & Muezner, rappellant bien sûr leur travail sur l’album Epitaph, notamment sur Anticosmic Overload & Desolate Spheres, Obscura possède le talent et la virtuosité lui permettant de s’exprimer de manière personnelle. Sur un couple basse batterie frisant l’excellence, magnifié par le jeu en fretless de JP Thesseling, d’une richesse et d’un feeling renversants, la paire de guitaristes croise riffs architecturaux et soli éclatants avec une aisance remarquable, montrant parallèlement énormément de plaisir à jouer, depuis l’imparable Choir of Spirit jusqu’au somptueux Centric Flow.

En outre, les vocaux tantôt gutturaux et agressifs Kummerer, parfois ponctués de quelques voix synthétiques, cèdent régulièrement la place à de longues plages instrumentales, acoustiques ou électriques, sur lesquels Obscura laisse libre cours à son imagination, transcendant alors les limites mêmes du death metal, à l’image des ambiances planantes de Noospheres, des écarts jazzy du mémorable Orbital Elements, ou encore du final particulièrement poignant d’Incarnated.

Nouvelle sensation au sein l’écurie Relapse Records, après Origin & Abysmal Dawn qui marquèrent les esprits en 2008 avec leurs indétrônables Antithesis et Programmed to Consume, Obscura se hisse à son tour parmi les valeurs sûres de la scène death metal actuelle, grâce à un Cosmogenesis d’une technique, d’une sobriété, et d’une richesse imparables. Proches des sphères de Necrophagist, Pestilence ou Cynic, délivrant un death riche & sensible, le groupe de Steffen Kummerer crée ainsi l’osmose de ce début d’année 2009, entre finesse, pureté et brutalité.

Fabien.

> - Les chroniques -, Obscura — admin @ 1:01 am

January 12, 2009

Seance : Awakening of the Gods

Fornever Laid To RestA l’instar des ses homonymes Resurrection, Asphyx, Pestilence ou Unanimated, Seance signe également son retour sur la scène deathmetal, seize années après son dernier album Saltrubbed Eyes. Le groupe suédois se reforme autour de son line up originel, autour de Mique, Tony & Johan (Batterie, Guitare, Chant), son leader guitariste compositeur Jensen manquant en revanche à l’appel, étant désormais occupé à plein temps aux côtés des frères Björler chez The Haunted. Son remplaçant Rille Rimfält est toutefois loin d’être inconnu, officiant notamment avec Tony & Jensen au sein de Witchery (jeu des chaises musicales, quand tu nous tiens…).

Brillamment enregistré par le batteur Mique dans ses propres studios HellSmell, et muni d’un design réalisé par Rille, le nouvel album du groupe, baptisé Awakening of the Gods, revendique une production 100% Seance, à l’exception du mastering confié aux mains expertes du très convoité Peter In De Betou. Enfin, si neuf labels indépendants ont montré de l’intérêt pour la formation, c’est Pulverized Records qui décroche finalement le pompon, écurie montante singapourienne ayant notamment & récemment signé les thrashers suédois de Guillotine.

Si la véritable crainte du retour de Seance résidait dans l’absence de son compositeur originel (à l’instar de Necrophobic ayant jadis perdu David Parland), cette dernière se dissipe dès le très bon Wasted, ouvrant parfaitement l’album. L’identité forte du groupe transpire en effet dès les premiers accords, le son de guitare typique ajouté aux growls brutaux de Johan restant reconnaissables entre mille. Mêlant brutalité deathmétallique et incision thrash toute particulière, intégrant également une acoustique fine et quelques soli débridés en son break, le premier titre d’Awakening of the Gods fait alors forte impression.

Peut-être moins marquante, la faute à des structures ou idées souvent similaires, la suite de l’album s’écoute toutefois d’un trait, pour le plus grand plaisir des fans des deux premiers albums de Seance. De très bons titres comme Invocation, Fornever Haunted, le subtil interlude Revel in Flesh, ou encore l’excellent titre de clôture Burn Me, justifient ainsi à eux seuls le retour de la formation, qui sort un album empli de mordant, et assume parallèlement un côté thrash plus affirmé, à l’instar de ses collègues néerlandais de Thanatos.

Album deaththrash ressuscitant brillamment l’aura des années 80 et 90’s, tout comme les dernières offrandes de Resurrection ou Thanatos (Mistaken for Dead, Justified Genocide), Awakening of the Gods se réserve avant tout aux deathsters fans d’une époque, où le feeling & l’incision du riff primaient avant tout sur la technique. Certes moins marquant qu’un Fornever Laid To Rest (aux atmosphères particulièrement prenantes et exquises), le nouvel effort du quatuor suédois marque ainsi le retour réussi de Seance, loin d’être grippé après plus de quinze années de sommeil.

Fabien.

> - Les chroniques -, Seance — fabien @ 7:33 am

January 8, 2009

Thanatos : Justified Genocide

Thanatos (NL) : Realm Of EcstasyPionnier du deathmetal en hollande, Thanatos n’a en revanche jamais bénéficié du statut culte de son homonyme Pestilence, ni même d’une notoriété équivalente à ses collègues Gorefest, Asphyx & Sinister. Mal distribué, son second album Realm Of Ecstasy possédait pourtant de sérieux atouts pour convaincre. Particulièrement lent pour sortir un nouvel album (la séparation entre 1992 et 1999 n’accélérant pas les choses), le groupe emmené par Stephan Gebédi n’en est ainsi qu’à son cinquième full lenght en 25 ans de carrière.
 
Changeant de label au gré des albums, Thanatos signe cette fois-ci avec la petite structure néerlandaise Deity Down Records qui, malgré une dévotion sans faille, possède des moyens promotionnels limités. L’écurie finance toutefois un enregistrement aux fameux studios Excess (Asphyx, Krisiun, Sinister) sous la coupe d’Andy Classen, tandis que le mixage et le mastering sont remis dans les mains expertes du non moins célèbre Dan Swanö, ancien leader d’Edge of Sanity et ingénieur du son talentueux.
 
Articulé autour d’un line up stable, comptant notamment Stephan Gebédi & Paul Baayens aux guitares, tous deux membres de la nouvelle sensation old school Hail of Bullets, Thanatos ressort ainsi des studios néerlandais avec un Justified Genocide flambant neuf, superbement mis en image par Marco de Brvin, bassiste au sein de la formation.
 
D’entrée de jeu, They Feed on Fear ouvre l’album sur des rythmiques très agressives, à la coloration deaththrash fortement marquée, renforcée par la voix de Stephan à la limite de l’éraillement. A l’instar du dernier missile de Seance, Thanatos assume ainsi un côté thrash prononcé, symbole fort le ramenant à ses premières années. Destruction.Chaos.Creation fixe quant à lui une atmosphère plus profonde, lâchant un passage acoustique fort bien senti, pour s’enchainer sur la batterie lourde de Yuri Rinkel et le chant désormais guttural de Stephan, avant de retrouver une rapidité et une incision thrash toute particulières au fil de son avancée.
 
Justified Genocide jongle ainsi habilement entre une lourdeur deathmetal et une agressivité thrash durant ses huit titres inédits, marqués par les soli puissants de Paul Baayens, qui manie fort bien sa six cordes dans ces moment là, à l’image de ses leads sur The Devil’s Triangle. Dans l’unique but de se faire plaisir, Thanatos reprend au passage le fameux Dawn of Eternity de Massacre, s’appropriant fort bien ce morceau culte. Enfin, quoique plus dispensable, son EP de 2006 clôture l’album en guise de bonus, offrant une nouvelle version d’And Jesus Wept (initialement présente sur son second disque) ainsi qu’une reprise du fameux Burning of Sodom de Dark Angel.
 
Plus technique qu’Angelic Encounters et plus percutant qu’Undead. Unholy. Divine., Justified Genocide montre ainsi la passion et le plaisir inaltérables de Thanatos après 25 années d’existence, s’imposant comme l’album le plus furieux de la formation hollandaise depuis Realm Of Ecstasy, tout en possédant cette touche délicieusement thrashisante d’Emerging From The Netherworlds. Ancré entre la fin des eighties et le début des nineties, le cinquième effort de Thanatos s’adresse ainsi en premier lieu et sans prétention aux deathsters nostalgiques de la première époque du deathmetal, à l’image des derniers albums de ses homonymes Seance & Pestilence.
 
Fabien.

> - Les chroniques -, Thanatos — fabien @ 11:50 pm

January 7, 2009

Unanimated : In the Light of Darkness

BloodhymnsFormé autour du guitariste Johan Bohlin en 1988, précurseur de la scène deathblack mélodique suédoise aux côtés de Dissection, Sacramentum ou Edge of Sanity, Unanimated disparaît brusquement en 1996, non sans avoir laissé deux albums marquants sortis chez la défunte écurie No Fashion Records (Fester, Merciless), spécialiste de la scène mélodique scandinave de l’époque. Onze année après sa séparation, le groupe se reforme autour de son leader, retrouvant ses coéquipiers de l’époque, Richard Cabeza (Ex-Dismember) à la basse, Peter Stjärnvind (Ex-Merciless, Ex-Entombed) à la batterie, et Micke Jansson au chant.

Fort d’un contrat avec l’incontournable écurie Regain Records (Behemoth, Vader, Marduk, Necrophobic), qui réédite au passage ses deux premiers albums longtemps introuvables, Unanimated rejoint le très célèbre Tore Stjerna aux Necromorbus Studios (Watain, Merrimack) pour les sessions de son troisième album. In the Light of Darkness sort ainsi en avril de l’année suivante, dans le même temps que le redoutable Death to All de son homonyme Necrophobic.

Après quatorze années de silence entre deux albums, le deathster pouvait donc avoir quelques craintes légitimes quant aux retour d’Unanimated. Les premiers accords de l’excellente intro Stench of Death suffisent toutefois à dissiper son appréhension, l’impression de puissance et de noirceur, largement mise en valeur par l’enregistrement impeccable de Tore Stjerna, emporte directement l’auditeur, parallèlement sous le charme des mélodies uniques de Johan Bohlin.

La succession irrésistible de riffs sur Retribution in Blood, au ton à la fois rageur et mélodique, soutenant les vocaux deathblack de Micke Jansson, confirment ainsi le retour réussi d’Unanimated. Le groupe parvient en effet brillamment à conserver l’aura death mélodique bénie des nineties, tout en évitant non seulement l’aspect vieille école propre à de nombreuses formations de retour aujourd’hui (Seance, Pestilence), mais aussi un côté moderne aseptisé. Imparable, The Endless Beyond charme par ses harmonies mélancoliques et son riff principal aussi subtil qu’entêtant, sur un rythme middle tempo, avant de laisser place à un Diabolic Voices très agressif, d’une forte coloration black, proche du meilleur de Watain, dominé par les rythmiques rapides et roulements tapageurs de Peter Stjärnvind.

In the Light of Darkness défile ainsi d’une traite, juxtaposant une furie deathblack et un ton mélancolique de tout instant, pour se clore sur un Death to Life et l’outro Strategia Luciferi en tout point mémorables. De nombreuses guitares lead s’ajoutent enfin sur chaque composition, exécutées par Johan Bohlin himself, ou encore par quelques invités de renom, tels Sebastian Ramstedt, Set Teitan & Erik Wahlin (Necrophobic, Watain, Merciless), complétant le tableau à la perfection.

Si depuis le milieu des années 90, des albums comme Skydancer, Storm of the Light’s Bane & Far Away From the Sun semblaient appartenir à une époque désormais révolue, Unanimated ressuscite la flamme de ces perles du death mélodique suédois de façon exemplaire. Agressif, mélodique & organique, In the Light of Darkness est une réalisation puissante et équilibrée, représentant un nouvel étalon dans un style deathblack mélodique pur, que l’on croyait pourtant oublié.

Fabien.

Commentaire : Un retour gagnant pour ce groupe que je croyais définitivement enterré. Quelle ambiance, on avait presque oublié que ce style Death / Dark mélodique existait. Gros coup de projecteur sur le morceau Serpent’s Curse qui me donne des frissons. Pour ma part du même niveau que In the Forest of the Dreaming Dead et un cran au dessus Ancient God of Evil, mais c’est juste une lubie personnelle… BEERGRINDER (beergrinder@voila.fr)

> - Les chroniques -, Unanimated — fabien @ 10:47 am

January 6, 2009

Abysmal Dawn : Programmed to Consume

Fort d’un premier album d’une étonnante maturité, Abysmal Dawn décroche directement un contrat avec le puissant label Relapse Records. Sans modifier l’alchimie de From Ashes, Le groupe californien emmené par Charles Elliot retourne ainsi aux studios Shiva Industries, pour les sessions du successeur Programmed to Consume, débouchant sur sa sortie en mai 2008, muni d’une nouvelle illustration du maître Par Olofsson.

Comme l’indique la réitération de l’ingénieur du son et du dessinateur, Programmed to Consume se situe dans l’exacte lignée de son prédécesseur. Les nouveaux titres d’Abysmal Dawn sont toujours aussi techniques, équilibrées & nuancées, bénéficiant de rythmiques bétons et d’un riffing d’une précision exemplaire. En outre, les jeux de guitares de Charles Elliot et Jamie Boulanger, souvent en décalage d’un ton, se complètent à la perfection, permettant de nuancer et d’enrichir considérablement les compositions.

Programmed to Consume s’entend cette fois sur une durée allongée à 37 minutes, permettant à Abysmal Dawn de varier davantage son style, tout en le peaufinant dans les moindres détails, depuis la puissance des riffs de Compulsory Resurrection & Cease to Comprehend, la beauté des soli de Modern Art, l’envoutement acoustique de l’interlude Aeon Aomegas, jusqu’aux atmosphères blackisantes de Path of Fire. Par ailleurs, le chant guttural pur de Charles Elliot complète admirablement le tableau, alliant une rage à une incroyable profondeur, n’ayant d’égal que les growls d’Akerfeldt au sein de Bloodbath. Les paroles se situent en outre dans un registre spirituel intelligent & posé, renforçant la sobriété du concept d’Abysmal Dawn.

Parfaitement enregistré, Programmed to Consume dégage ainsi un death metal d’une puissance et d’un équilibre étonnants, aux atmosphères d’une grande richesse. Tout en restant moderne dans son approche, l’album possède parallèlement une légère teinte old school qui confère beaucoup d’accroche à ses compositions, ainsi facilement mémorisables malgré la complexité de nombreux plans. Avec un tel talent et un tel potentiel créatif, Abysmal Dawn compte sans conteste parmi les valeurs sûres du death US, manquant seulement d’un brin de folie pour se hisser définitivement au premier plan.

Fabien
.

> - Les chroniques -, Abysmal Dawn — fabien @ 6:00 am

January 26, 2008

Banishment : Cleansing the Infirm

Originaire de Los Angeles, Banishment s’ajoute à la myriade de formations de brutal death sévissant dans l’état californien, depuis l’essor de Deeds of Flesh dans les années 90. Une seule démo enregistrée en 2006 suffit au jeune groupe pour décrocher un contrat avec le label tchèque Lacerated Enemy, qui habitue depuis quelques temps le deathster à des productions de qualité, dans des emballages toujours très soignés. Cleansing The Infirm ne faillit donc pas à la règle, bénéficiant non seulement d’une bonne production, mais aussi d’un artwork somptueux du maître suédois Par Olofsson, particulièrement courtisé ces dernières années.

Si Cleansing The Infirm ne surprend pas de prime abord, reprenant fidèlement la recette de Suffocation ou de Beheaded maintes fois testée, il balance toutefois un brutal death parfaitement en place, prenant alors rapidement corps au fil des écoutes. Son assise rythmique solide, bâtie autour d’un double pédalage et de blast-beats carrés, sert impeccablement les guitares de Billy Clap, qui joue habillement sur la stéréo en superposant ses riffs, apportant une nuance très appréciable aux compositions. Imar Arnotovic ajoute enfin son guttural très rauque, un brin monocorde, mais suffisamment compréhensible pour ne pas verser dans la caricature, et dynamiser l’ensemble.

Bien que ses compositions restent encore interchangeables, Banishment multiplie toutefois les plans subtils & les contretemps, varie ses rythmes et équilibre adroitement ses morceaux, à l’image du break renversant d’Obscure Benevolence, des harmoniques du bon Detriment, des guitares fines de l’instrumental Inimical Figure, ou encore du calibrage impressionnant l’excellent Empyreal Treachery, symbolisant à lui seul tout le potentiel et la marge de progression du quatuor californien.

A l’instar des ses homonymes de Decaying Purity, Carnophage ou Kataplexia, Banishment figure ainsi parmi ces formations « Suffocation-like » certes conventionnelles, pêchant encore par leur manque de personnalité, mais lâchant en revanche un deathmetal particulièrement subtil & maitrisé, se plaçant bien au dessus de la meute brutaldeath actuelle. Technique, varié & équilibré, Cleansing The Infirm se décortique avec beaucoup de plaisir, ravissant sans conteste les amateurs du genre, qui devront alors multiplier les écoutes, pour tenter de maîtriser ses nombreuses facettes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Banishment — fabien @ 11:05 am

January 25, 2008