Altars of Fab' Death

Infinitum Obscure : Sub Atris Caelis

Infinitum Obscure : Sub Atris CaelisSi certaines formations extrêmes sont avant tout guidées par la recherche d’une brutalité et d’une technique à tout prix, d’autres exercent au contraire leur art dans la quête d’ambiances particulièrement sombres, à l’image d’Infinitum Obscure, au patronyme sans équivoque. Le groupe se forme à Mexico en 2000 sous l’impulsion de son leader Robert Lizarraga, ayant notamment officié en tant que membre de session chez The Chasm et Incantation. Après son premier album Internal Dark Force, le combo rejoint l’écurie BloodHarvest (distribué par Deathgasm sur le territoire nord américain) pour son second effort, Sub Atris Caelis.

L’instrumental Serenade for Destruction plonge de suite le deathster dans une ambiance sombre, alternant guitares acoustiques et parties lourdes du meilleur effet, pour enchainer sur les agressifs Seeding of Darkness et Towards the Eternal Dark, visiblement guidés par le Malin en personne, à commencer par le guttural rageur et solennel de Roberto Lizarraga. A ce titre, la comparaison entre Infinitum Obscure et son invincible compatriote The Chasm reste inévitable, tant son culte de mort si bien entretenu saisit sur chaque passage.

L’interlude au piano Adventus Mortis obscurcit encore l’atmosphère d’un cran, annonçant le superbe middle tempo Messenger of Chaos d’une noirceur et d’une intensité peu communes, qu’Infinitum Obscure parvient à conserver jusqu’à la fin de son oeuvre, à coups de riffs, de soli, d’orations funèbres saisissants, pour clôre le tout sur une outro acoustique mélancolique. En outre, le groupe parvient à se démarquer grâce à un riffing singulier, loin d’une technique démonstrative, mais diablement fluide et inspiré.

Sub Atris Caelis bénéficie parallèlement d’un enregsitrement puissant, grâce à la capture de Bill Metoyer (icône du thrashmetal des eighties) au Skull Seven Studio californien, et au mastering du non moins célèbre Tore Stjerna aux fameux Necromorbus Studios de Suède. Limpide, cette production n’en reste pas moins authentique, ne trahissant pas l’essence même du darkdeath d’Infinitum Obscure.

Moins recherché que les dernières offrandes de The Chasm d’une durée de vie infinie, Sub Atris Caelis reste un album personnel et direct, multipliant toutefois les effets pour une écoute toujours prenante. L’épaisseur et l’intensité du climat créé par Infinitum Obscure sont idéalement resumées à l’interieur du livret : ” Guided by Lucifer’s Light “.

Fabien.

1 septembre 2010

Winterwolf : Cycle of the Werewolf

Winterwolf : Cycle of the Werewolf

AutanAutant le deathmetal connait de sérieuses avancées techniques ces dernières années, autant de nombreuses formations s’évertuent inversement à conserver l’essence même du style des premières années, Winterwolf étant largement rattaché à cette seconde mouvance. Le groupe finlandais se forme en 1997, mais est rapidement mis en sommeil au profit de l’investissement de ses interprètes au sein de Deathchain. Le line up original lui redonne toutefois une seconde vie en 2006, pour finalement rejoindre l’écurie Xtreem Music et livrer son premier album complet à l’automne 2009, tout d’abord en simple version vinyle, le format CD ne suivant qu’au début de l’année suivante.

Winterwolf compte notamment en son antre Antti Boman, l’ancien growler de Demilich, dont chaque deathster garde en mémoire ses régurgitations particulièrement chargées en hémoglobine. Antti partage pour l’heure son micro avec Tommi Viranta et, loin de ses déjections du passé, possède désormais un timbre vocal toujours gras mais bien plus limpide, en totale adéquation avec le chant plus rageur de son acolyte.

Musicalement, si Cycle of the Werewolf bénéficie d’un ancrage purement old school, ses compositions étant bâties sur une alternance de rythmiques tapageuses & accrocheuses, et un riffing privilégiant le feeling à toute forme de technique, le premier album de la troupe ne sonne pas finlandais pour deux sous, quoiqu’un peu Demilich sur les bords. En effet, dès les premiers accords, la ressemblance avec le son des premiers albums d’Entombed et Dismember saute aux oreilles. Winterwolf est en effet parvenu à la manière des germains de Fleshcrawl à trouver le grain de guitare si particulier que les groupes suédois de l’époque obtenaient aux Sunlight Studios de Tomas Skogsberg, avec cette distorsion granuleuse si caractéristique.

Il ne suffit ainsi que du titre d’ouverture Phamtoms of Madness pour effectuer le rapprochement avec les oeuvres cultes Left Hand Path et Like An Ever Flowing Stream des deux précurseurs suscités, et s’immerger corps et âme dans cette atmosphère qu’une densité à couper au couteau. Les thèmes de lycanthropie abordés par Winterwolf et idéalement mis en image par ce loup garou aux cent visages, collent ainsi judicieusement à ce climat de mort, qui saisit directement aux tripes.

Cycle of the Werewolf contient ainsi son lot de pépites, depuis les guitares fines & entêtantes de Lycantrophic Aeons jusqu’au rythmes percutants d’All Shall Be Eaten, en passant par l’impensable Shadows Howling and Doom aux accélérations fracassantes, sans compter sur la force de son break central et de son solo court mais idéal. Multipliant les clins d’oeil aux ténors de la vieille époque, notamment au cours de la reprise Cenotaph de l’invincible Bolt Thrower, Winterwolf parvient en revanche difficilement à varier le riffing de ses morceaux, qui manquent d’une singularisation permettant de faire la différence.

Plongeant immédiatement le deathster quelques vingt années en arrière, Winterwolf livre ainsi un brillant hommage aux débuts du deathmetal suédois, en reprenant habilement ses codes pour une bonne leçon d’efficacité. Toutefois, si Cycle of the Werewolf possède indéniablement la couleur d’un culte Left Hand Path ou d’un Dark Recollections, restituant leur ambiance épaisse avec brio, il ne renferme pleinement ni la folie, ni le riffing si meurtrier des premières oeuvres d’Entombed ou Carnage, restant parfois le fruit d’un travail encore trop scolaire.

Fabien.

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31 août 2010

Malevolent Creation : Invidious Dominion

Malevolent Creation : Invidious DominionArticulé autour d’un line up culte sur Doomsday X, comptant le retour d’anciens membres tel Jon Rubin, Malevolent Creation a pourtant rapidement subi ses turbulences habituelles, sans moindre mal cette fois-ci, puisqu’il conserve son noyau dur autour de Phil Fasciana, Brett Hoffmann et Jason Blachowicz, auquel s’ajoute le retour de Gus Rios derrière les fûts.

Malevolent Creation reste en outre fidèle à son label Massacre Records (Deadborn, Sinister), mais s’offre parallèlement des sessions d’enregistrement aux redoutables Mana Studios d’Erik Rutan (Hate Eternal), de quoi faire largement saliver n’importe quel deathster. Enfin, pour compléter idéalement ce tableau, le maître actuel Par Olofsson (Brain Drill, Spawn Of Possession) lui concocte une illustration d’une qualité toujours aussi bluffante.

Parés de tels atouts, le bien nommé Invidious Dominion, déjà onzième album de la bande floridienne, part sous de bons auspices. Il ne suffit que du titre d’ouverture United Hatred pour comprendre combien Malevolent Creation a conservé l’énergie deathrash débordante qui l’animait sur son précédent effort, sur lequel il était parvenu à trouver un regain de rage et d’inspiration. Sur le martètelement intraitable de Gus Rios, les guitares de Fasciana et Geraca (la nouvelle recrue) s’avèrent diablement agressives, support idéal aux vocaux si arrachés et si typiques de Brett Hoffman, le hurleur le plus caractéristique du gang de Fort Lauderdale.

Malevolent Creation enchaine ainsi sur des morceaux sans grande surprise, livrant un deathmetal dans sa grande tradition, sans chercher à dépasser son style, ni à le renouveler. Ainsi, si certains titres comme les terribles Conflict Finalized et Compulsive Face Breaker ou encore le reoutable Born Again Hard, parviennent encore à mettre le deathster sur le tapis, à coups de rythmiques assassines, de breaks impitoyables et soli déboulonnants, la majorité des morceaux défilent sans histoire, avec ce goût de déjà entendu sur les claques nommées Envenomed et Doomsday X.

D’une qualité équivalente à son prédécesseur, servi par une production d’Erik Rutan irréprochable, sans transcender toutefois le son de la formation, Invidious Dominion figure ainsi comme un mets de choix dans la longue carrière de l’infatigable Malevolent Creation, proche des deux bons albums précités. Il ne faut donc guère s’attendre à une grande révolution, mais prendre avant tout son pied devant cette débauche pure d’agressivité old school lâchée imperturbablement par la bande de Fasciana, en belle forme actuellement. En tout cas, un vrai régal pour les fans.

Fabien.

28 août 2010

Killing Addiction : Fall of the Archetypes

Killing Addiction : Fall of the Archetypes

Sans être une référence durant la première partie des années 90, à l’instar de Nokturnel, Morpheus Descends ou Rottrevore, Killing Addiction figurait parmi les formations deathmetal sans compromis, particulièrement brutales & dangereuses, mais disparues prématurément. Le seul album en 1993, le terrible Omega Factor, suivi d’une split-tape (Dark Tomorrow) avec son homologue Eterne de Sade l’année suivante furent les uniques réalisations de ce combo destructeur issu de Floride.

Pourtant, à l’instar de Resurrection ou Brutality (séparé de nouveau depuis), le groupe prépare son retour durant les années 2000, annonçant dès l’année 2007 la suite d’Omega Factor, le bien nommé Fall of the Archetypes. Mais non seulement les affaires trainent en longueur, le disque ne sortant finalement qu’en avril 2010 chez le fameux label Xtreem Music (résurrecteur d’anciens combos tels Deteriorot), mais aussi le format annoncé n’est finalement qu’un mini-CD de six titres, comblant difficilement seize années d’absence. Pour rémédier à ce fâcheux contretemps, Dave Rotten (boss du label) a alors la judicieuse idée de juxtaposer les titres avec les cinq morceaux des sessions de Dark Tomorrow (sans la reprise de Kiss), EP pour le moins difficile à dégoter hier comme aujourd’hui.

En plus de quinze années, le deathmetal de Killing Addiction à certes évolué dans la forme, mais reste invariable dans le fond. On retrouve avec plaisir ces morceaux sauvages, gras et lourds, si caractéristiques de la bande de Chris Wicklein et des frères Bailey. Les growls de Pat Bailey ne sont peut-être pas aussi gutturaux que par le passé, mais restent empreints de cette même sauvagerie, oscillant entre un chant caverneux et des cris éraillés, tel que le groupe le pratiqua à partir de Dark Tomorrow.

Enregistré à l’ancienne par Juan Gonzales (ingénieur du Heretic de Morbid Angel), les titres sonnent de façon crue, primaire, soulignant le côté intraitable de Killing Addiction. En effet, il ne suffit que du titre éponyme en ouverture pour comprendre toute la radicalité de la formation. Pourtant, le groupe reste loin de lâcher un deathmetal aux structures ataviques, chaque titre étant suffisamment technique, finement pensé et varié pour rendre le tout riche au fil des écoutes. On se surprend ainsi à trouver les nombreuses subtilités dont les bons Leviathan et Less Than Human regorgent, sans compter le retoutable Silent War, au-delà d’une sauvagerie à toute épreuve.

Mais voilà, la leçon d’une vingtaine de minutes reste insuffisante pour envoyer définitivement le deathster au tapis, considérant les nombreuses années séparant Fall of the Archetypes du précédent enregistrement. De bonne facture intrinsèque, très proche d’Omega Factor si l’on ôte les vocaux éraillés de Pat, Dark Tomorrow comble justement ce manque avec difficulté, flanqué d’un enregistrement mettant moyennement la puissance de Killing Addiction en valeur.

Sur ce dernier point, le bilan reste ainsi en demi-teinte après une si longue absence, pour laquelle on était en droit d’attendre un peu plus de la part de Killing Addiction. Les nouveaux morceaux proposés risquent également de surprendre les deathsters découvrant le gang à travers cette réalisation, tant le côté brouillon et volontairement barbare puisse déconcerter de prime abord. Anecdotique pour la plupart, Fall of the Archetypes (avec sa superbe pochette) se recommande donc à mon humble avis à un public restreint, amateur d’un style figé dans les années 90 et particulièrement sauvage. Inutile de préciser mon adoration pour le groupe, ce qui reste tout à fait subjectif, j’en conviens.

Fabien.

26 août 2010

Deteriorot : The Faithless

Deteriorot : The Faithless

Auteur du culte Manifested Apparitions of Unholy Spirits en 1993, EP digne héritier de l’intétrônable Onward to Golgotha d’Incantation, Deteriorot n’avait ressurgi que de nombreuses années plus tard, à l’occasion de son premier album complet In Ancient Beliefs en 2001, pour de nouveau connaître un période de longue léthargie. En cette année 2010, son leader Paul Zavaleta est enfin de retour avec nouveau line-up et une signature chez Xtreem Music, qui prouve régulièrement son attachement profond aux formations deathmetal issues des années 90.

Le nouvel effort de Deteriorot baptisé The Faithless, muni d’une illustration pleine de sens (ce temple à la porte d’entrée mortuaire avalant ses fidèles comme des moutons) reste toutefois assemblé dans des conditions assez particulières. C’est en effet Jon Brody, ancien batteur de la formation qui a assuré l’ensemble des parties de batterie en 2001, peu après la sortie d’In Ancient Beliefs, tandis qu’à l’automne 2009 Paul Zavaleta posait ses lignes de basse, de guitares et de chant, sur des morceaux composés il y a plus de huit années de cela.

A ce titre, on peut largement comparer The Faithless et son prédécesseur qui, bien qu’étant séparés par un intervalle de temps considérable, n’en demeurent pas moins forgés dans un esprit et une forme identiques. Les bons The Phantoms Cry, Into the Abyss of Loneliness, Restless Spirits, ou encore le titre éponyme s’articulent ainsi fidèlement selon les codes de Deteriorot, frappés par ces rythmes tout en lourdeur, cette double pédale entêtante, ces guitares intenses et parfois mélancoliques, et ce chant guttural à la fois grave et solennel.

Mais, malgré un départ saisissant, la suite de The Faithless tient plus difficilement ses promesses. Non seulement Deteriorot peine à varier ses morceaux et parvient laborieusement à décoller sur des titres lents comme Beyond the Emptiness ou Alone and Cold, mais aussi n’arrive-t-il pas toujours à embrasser les ambiances si denses de ses premiers efforts. On peut enfin s’interroger sur la pertinence du réenregistrement du titre éponyme de son précédent album, ou encore sur la reprise Outbreak of Evil de Sodom, n’apportant guère d’eau dans le moulin.

Malgré un côté parfois poussif sur la durée et quelques titres dispensables, The Faithless reste une oeuvre très personnelle et devrait séduire les amateurs d’In Ancient Beliefs, de par son ancrage très proche de ce bel album. En revanche, figé au coeur des années 90 et perdant progressivement l’intensité qui le caractérise, Deteriorot tient plus difficilement la distance les années passant, considérant de surcroit le long laps de temps entre deux réalisations et l’évolution impitoyable du style.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deteriorot — admin @ 2:00

Grave : Burial Ground

Grave : Burial GroundAuteur de deux premiers albums cultes, puis perdu au milieu des années 90 dans des réalisations qui ne lui correspondaient plus vraiment, Grave avait fini par se séparer quelques années plus tard, pour finalement revenir en 2002 sous l’impulsion d’Ola Lindgren, nouveau frontman en lieu et place de Jorgen Sandstrom. Depuis, le groupe enchaine ses réalisations avec un rythme de métronome, oscillant entre le moyen et l’honorable, sans hélas réussir à toucher de nouveau de cette magie du bout des doigts.

Pourtant en ce bon cru 2010, Grave revient avec un Burial Ground (cinquième album depuis sa reformation) assez surprenant. Que l’on ne s’y méprenne pas, le groupe emmené par l’infatigable Ola Lindgren n’a pas changé sa position d’un iota, livrant évidemment un deathmetal dans la plus pure tradition du combo, mais retrouve en revanche une inspiration certaine.

Dès le premier morceau Liberation, Grave attaque ainsi à coups de rythmes tapageurs et de riffs agressifs, privilégiant toujours une simplicité dans les structures à toute forme de déballage technique. L’intensité ne faiblit pas sur le bon Semblace in Black tandis que le riffing très accrocheur de Dismembered Mind et Bloodtrail capte rapidement l’attention du deathster.

Bien que l’on puisse trouver quelques faiblesses à l’image du très ancien titre Sexual Mutilation remis au goût du jour mais très primaire, ou encore du titre final éponyme, judicieusement plus lent et aux ambiances soignées, mais s’étendant finalement trop en longueur, il faut ainsi reconnaître combien Ola Lindgren a réussi concocter un album intéressant, à l’atmosphère relativement dense pour ne rien gâcher.

Ainsi, sans retrouver la pleine lourdeur et l’agressivité de ses débuts, Grave signe peut-être le meilleur album depuis sa reformation, trouvant encore un regain d’inspiration après tant d’années. On peut alors espérer le retour de Jorgen Sandstrom au micro, ce qui siérait à merveille aux titres de Burial Ground, qui ne demandent parfois qu’un guttural plus caverneux pour donner leur meilleure expression.

Fabien.

> - Les chroniques -, Grave — fabien @ 2:00

25 août 2010

Severe Torture : Slaughtered

Severe Torture : Slaughtered

Depuis le très bon Fall of the Despised sorti chez Earache Records, Severe Torture avait notoirement et judicieusement aéré son style, apportant une dose finesse dans ce monde de brutes avec beaucoup de talent. Toutefois, après un Sworn Vengeance tenant plus difficilement ses promesses, le groupe emmené par Dennis Schreurs tenait à embrasser de nouveau la barbarie de ses débuts.

Ceci est chose faite sur son cinquième effort doucement baptisé Slaughtered, à commencer par sa pochette grasse et sans grande équivoque. Le quinquet néerlandais revient ainsi en ce mois de juin chez le label estimé Season-Of-Mist, quittant le navire Earache qui, hormis Blood Red Throne, perd successivement ses derniers groupes deathmetal.

Il suffit des bons morceaux Unholy Misconception et Defective Fornication pour comprendre combien Severe Torture retrouve le sens de la brutalité qui l’animait au départ. Loin de blast-beats ininterrompus, le jeu de Seth impressionne par sa puissance, sa précision et ses accélérations dementielles, offrant une réelle dynamique aux compositions. Les guitares de Thijs et Marvin se font également à la fois plus lourdes et plus agressives, sans compter le guttural gras de Dennis, arme imparable de la formation.

N’allez toutefois pas croire à une brutalité systématique dans les morceaux, Slaughtered mariant habillement la barbarie des débuts à toute la finesse dont Fall of the Despised débordait. Ce mélange judicieux, allié à un sens du riffing particulièrement catchy, offre ainsi beaucoup de saveur à chacune des compositions, à l’image des finaux tout en subtilité des excellents Grave Condition et Feeding on Cadavers, du délectable interlude To Relieve the Mortal Flesh, ou encore du solo éclatant au coeur du titre éponyme.

A la fois terriblement brutal, varié et particulièrement soigné dans sa mise en place, synthèse réussie de la carrière du combo, Slaughtered devrait réconcilier les anciens deathsters ayant lâché le groupe un peu trop hâtivement. En cette bonne année 2010, Severe Torture parvient ainsi à concilier la brutalité la plus crue aux mélodies les plus fines, confirmant sa place parmi les formations bataves de premier choix. Une bien belle surprise.

Fabien.

> - Les chroniques -, Severe Torture — fabien @ 2:00

Interment : Into the Crypts of Blasphemy

Interment (SWE) : Into the Crypts of BlasphemyTandis que certaines formations pionnières du deathmetal suédois embrassaient le succès au début des années 90 bénies, pour ne citer qu’Entombed ou Dismember, d’autres groupes talentueux tels Nirvana 2002 ou Crematory disparurent prématurément après quelques démos et EP pourtant prometteurs. C’est notamment le cas d’Interment, formé dès 1988 et auteur de la fameuse démo Where Death Will Increase, mis en hibernation au milieu des nineties.

Il faudra ainsi attendre 2007 pour que le groupe ressurgisse lors du Split-LP commun avec son homologue outre-Atlantique Funebrarum, jusqu’à l’enregistrement de son premier album complet en janvier 2010 (sous la houlette de l’ingénieur Peter Bjargo), soit 22 années après sa formation. Sans surprise, Interment décroche parallèlement un contrat tant attendu avec le label singapourien Pulverized Records, spécialiste dans les signatures de vieux routards du deathmetal tels Seance, Desultory ou Crypt Of Kerberos.

Boudant les influences modernes, le bien nommé Into the Crypts of Blasphemy répond très justement aux codes du deathmetal dans la pure pratique de ses débuts. Ici, pas de blast-beats, de plastique ni de technique superflue, Interment envoie la sauce à coups de rythmes tantôt tapageurs ou rentre-dedans, privilégiant à tout moment un riffing fracassant sur un grain de guitares sombre & râpeux si typique, mais non exempt des fameuses harmonies dont les suédois possèdent le secret.

Le premier morceau Eternal Darkness fixe ainsi une ambiance de mort dès les premiers accords, sur un accordage en Si tellement évocateur, rappelant bien sûr l’aura des Left Hand Path et Clandestine. Cette atmosphère si sombre trouve enfin toute sa signification dans le chant guttural de Johan Jansson, semblant surgir d’outre tombe.

Bien qu’ Into the Crypts of Blasphemy contienne une série de titres assez conventionnels (on reste toutefois loin du deathmetal réchauffé de Mr Death sur Detached From Life), le disque parvient à hanter définitivement le deathster sur quelques perles, pour citer le fabuleux ralentissement au coeur de Night of the Undead suivi d’un solo saisissant de Johan Jansson, ou encore de Morbid Death au riffing particulièrement mortel, sans compter la cerise sur le gâteau, l’invincible Sacrificial Torment (un hymne à lui seul) et son atmosphère d’une densité à couper au couteau.

Convenu de prime abord, Into the Crypts of Blasphemy prend ainsi son ampleur au fil des écoutes, distillant un parfum de mort si délectable. Si l’ambiance du deathmetal suédois du début des années 1990 est ainsi idéalement restituée (à l’instar du Cycle the Werewolf des finlandais de Winterwolf), Interment parvient également à s’imposer par la force de son riffing, apportant de nouvelles lettres de noblesse à un style si sombre et si singulier.

Fabien.

> - Les chroniques -, Interment — admin @ 2:00

Aeon : Path of Fire

Aeon (SWE) : Path of FireDepuis Bleeding the False, Aeon, le petit protégé de Cannibal Corpse, avait conclu un contrat discographique avec Metalblade, se traduisant par la sortie de Rise To Dominate en 2007. Bon album, ce dernier n’avait toutefois pas intégralement tenu ses promesses, se soldant par un certain surplace et restant dans l’ombre du style US invincible de la bande d’Alex Webster. En 2010, après un passage à l’Empire Studio sous la houlette de Marcus Edvardsson, le groupe revient avec une toute autre ambition avec Path of Fire, son troisième album.

Brutaité et rage toute particulières restent bien sûr les mots d’ordre de la formations suédoise, à l’image du premier titre Forgiveness Denied au riffing pour le moins fracassant. Mais voilà un Aeon bien plus inspiré, concoctant non seulement un deathmetal farcis de riffs accrocheurs, mais soignant parallèlement ses soli et variant impeccablement ses rythmes au coeur des morceaux. Ce regain d’énergie permet ainsi à Path of Fire de frapper juste et fort, et de garder une intensité constante au fil de son avancée.

La variété de Path of Fire reste en outre un des points forts, à l’image du final mémorable de Abomination to God, s’enchainant sur l’interlude acoustique et mystique Total Kristus Inversus en son coeur, pour repartir de plus bel sur l’invincible Of Fire, d’une tension dramatique et d’une profondeur parfaitement entretenues. Cette césure judicieuse permet à Aeon de rebondir idéalement sur la seconde partie de son oeuvre, à la conquête des deathsters sur les bons et brutaux Suffer the Soul et The Sacrament, ou encore grâce à la force du dernier morceau God of War.

En cette année 2010, Aeon parvient ainsi à se renouveler tout en conservant son agressivité, mais aussi à se défaire d’influences Cannibal Corpse & Deicide qui lui portaient un préjudice notoire. Puissant, profond et inspiré, éclairé par les soli de Zeb Nilsson qui livre un travail décidément remarquable, Path of Fire est enfin l’album attendu de la part du quinquet suédois, qui s’offre visiblement de beaux jours devant lui s’il continue sur sa lancée.

Fabien.

> - Les chroniques -, Aeon — admin @ 2:00

24 août 2010

Decrepit Birth : Polarity

Decrepit Birth : PolarityIndéniablement, Decrepit Birth avait crée la surprise en 2008 lors de la parution de Diminishing Between Worlds, en délaissant son brutaldeath aux accents Suffocation fortement marqués, pour se rapprocher d’un deathmetal résolument technique et bien plus personnel. Deux années plus tard, en ce mois de juillet 2010, la bande emenée par Matt Sotelo revient ainsi avec la même ambition, ayant visiblement trouvé son style de manière définitive, dans la lignée de son voisin Element.

En effet, peu de changements se sont profilés à l’horizon, à l’exception du recrutement de Joel Horner (nouveau transfuge d’Odious Mortem) en tant que bassiste à part entière, ainsi que l’intégration du quatuor chez la prestigieuse écurie Nuclearblast qui, depuis quelques années accorde une nouvelle place de choix aux formations deathmetal. Le groupe réinvestit ainsi les propres studios de Matt Sotelo, et renouvelle parallèlement sa collaboration avec Zack Ohren et Dan Seagrave pour le mixage et l’illustration respectifs.

Débutant par des plans de guitares tout en finesse, le premier titre de Polarity dégage dès son départ une sensation de plénitude. Au fil de l’avancée du morceau, Decrepit Birth mélange riffs entremêlés, parties acoustiques, et soli intenses & vertueux, s’écartant encore un peu plus des sentiers du brutaldeath pour un deathmetal empreint d’une grande sérénité, rappelant le tournant abordé par le regretté Chuck Schuldiner (Death) au début des années 90.

Une fois encore, KC Howard impressionne derrière les fûts grâce à la richesse de son jeu, se hissant sans conteste parmi les batteurs les plus doués de la côté ouest américaine, offrant ainsi une assise particulièrement solide à Matt Sotelo. Ce dernier possède un jeu de guitare immédiatement identifiable, un authentique gage de talent au sein d’une scène deathmetal états-unienne qui peine parfois à se renouveler.

Les surprises au coeur de Polarity sont ainsi nombreuses, à l’image d’un Mirroring Dimensions bluffant par sa mise en place, du bel instrumental Solar Impulse, ou encore du court & surprenant Odyssey in Time aux ambiances futuristes. Chaque titre possède ainsi sa propre singularité, permettant des écoutes riches en rebondissements et jamais ennuyeuses.

Sans évolution majeure depuis son précédent album, Decrepit Birth revient avec un album serein et peaufiné dans ses moindres détails, comptant parmi les efforts remarquables de ce cru 2010. Malgré de nombreux passages plus apaisants et ralentissant la cadence, Polarity reste toutefois une réalisation ardue, demandant un certain effort de concentration pour bénéficier de ses nombreuses subtilités.

Fabien.

> - Les chroniques -, Decrepit Birth — admin @ 2:00