Altars of Fab' Death

Toxic Shock : Welcome Home…Near Dark

Toxic Shock : Welcome Home...Near DarkL’année 1990 est synonyme du décollage du label allemand Nuclearblast mené par Markus Staiger qui, après un redoutable Purity Dilution de Defecation plus que remarqué une année auparavant, édite plusieurs albums qui se vendent jusqu’à 30 000 exemplaires, à savoir les premiers jets de Benediction, Pungent Stench, Master et Atrocity, ainsi que le second effort d’Incubus, cinq disques associés à un mouvement deathmetal en pleine explosion. Si cette même année d’autres groupes du label comme Disharmonic Orchestra ou Righteous Pigs sont également remarqués, les thrashers allemands de Toxic Shock passent quant à eux plutôt inaperçus malgré l’édition en vinyle et CD de leur album Welcome Home…Near Dark. Notons également que le disque est le fruit d’une seconde collaboration entre le trio d’Eislingen et Markus Staiger, notre manager ayant déjà produit le debut-album Change from Reality sur son label éphémère Metalblast, qui devait initialement être le pendant metal de Nuclearblast.

Si Change from Reality lorgnait assez du côté de Kreator, notamment à travers le chant d’Uwe Diessenbacher proche de celui de Mille Petrozza, Toxic Shock corrige le tir ici-même et s’éloigne plus distinctement de la trame thrashmetal teutonne typique des années 80’s comme celle d’Assassin ou de Violent Force. La voix d’Uwe devient plus bourrue, tandis que le thrash agressif du trio adopte une légère teinte crossover des US, un petiit feeling hardcore et un groove qui était absents sur le précédent album, hormis sur la reprise United Forces tirée du répertoire de SOD. Malgré de bonnes idées et de la rage, ainsi qu’une mise en place sans reproche et une interprétation solide, ce second effort des frères Kreissig donne dans un thrashmetal encore conventionnel, ne possédant pas d’atouts particuliers pour s’extraire de la masse, d’autant dans un style qui connait au départ des années 90’s une certaine désaffection du public, au profit d’un deathmetal en pleine ascension. Intrinsèquement, Welcome Home…Near Dark reste un disque de bonne tenue, un moment de choix pour les thrashers les plus endurcis.

Fabien.

> - Les commentaires -, Toxic Shock — admin @ 20:09

15 mai 2013

Cemetary : Godless Beauty

Cemetary : Godless BeautyPile un an après la capture d’An Evil Shade of Grey, Cemetary réinvestit les Sunlight Studios en février / mars 1993, sous l’oeil bienveillant de Tomas Skogsberg. Si la bande de Mathias Lodmalm possédait sur son premier jet un son d’une granularité très typique de ces lieux, il obtient désormais un son plus chaleureux et personnel, lui permettant de sortir des sentiers tracés par Entombed, Carnage et Dismember. Mais le plus gros changement reste avant tout d’ordre musical, puisque si l’on percevait déjà une certaine sensibilité sur le debut-album, Godless Beauty s’éloigne quant à lui significativement du swedish-death standard pour un voyage dans des sphères bien plus proches du doom, à l’image de la pochette plus introspective et bien moins stéréotypée.

Now She Walks the Shadows ouvre l’oeuvre sur des rythmes entrainants, possédant une couleur death’n roll que l’on retrouvait une année auparavant chez Furbowl sur Those Shredded Dreams, et séduisant aussi et désormais l’équipe d’Entombed sur Wolverine Blues. Toutefois si l’on retrouve quelques titres de même teneur au fil de l’avancée, le ton dominant de Godless Beauty est davantage empreint de mélancolie, à l’image du fabuleux titre By My Own Hand, bâti sur un rythme lent, des refrains mélodiques & poignants, et des soli de guitares tout aussi saisissants. Encore rauque & altéré, le chant de Mathias Lodmalm perd quant à lui son côté guttural au profit d’une voix plus émotionnelle tandis que, idéalement intégrés à l’ensemble, les plans acoustiques renforcent le spleen émanant de l’album, offrant de formidables contrastes avec les guitares lourdes et saturées, et réservant ainsi de belles montées en intensité et une superbe fin d’album lors des morceaux Sunrise et Where the Fire Forever Burns.

Possédant encore des réminiscences deathmetal de son passé, Cemetary franchit ainsi une étape dès son second effort, à la manière de Tiamat sur ses albums The Astral Sleep & Clouds, au style sensible et lourd en émotions. Si la césure est assez nette par rapport à son prédécesseur, Godless Beauty ne trahit toutefois pas l’identité de notre groupe de Boras, qui parvient à se réorienter sans totalement déconcerter. Somme toute, c’est une belle passerelle entre doom et deathmetal, avant un changement de cap plus serré dès l’oeuvre prochaine.

Fabien.

> - Les commentaires -, Cemetary — admin @ 18:10

26 avril 2013

Cerebral Fix : Life Sucks and Then You Die

Cerebral Fix : Life Sucks and Then You DieFondé en 1986 à Birmingham autour de Tony Warburton, Gregg Fellows et Simon Forrest, Cerebral Fix est un des nombreux groupes metal formés par des musiciens issus de la scène punk british, à l’instar d’Onslaught, Sacrilege, Anihilated, Metal Messiah ou Xyster. Sa seconde demo-tape Product of Disgust attire l’attention du label Vinyl Solution, signant cette même année les deathsters de Bolt Thrower. Tout comme son confrère de Coventry, le quintet se dirige aux Loco Studios pour la mise en boite de son premier album, également mis en image par Paul McHale et distribué uniquement en vinyle par le fameux label londonien.

A l’image de la couverture de Life Sucks and Then You Die, Cerebral Fix ne se prend pas tout à fait au sérieux et possède encore à cette époque un bon pied dans le british-hardcore, bien qu’il ait déjà cette volonté de métalliser le tout, à l’image de ses plans de batterie chargés, de son assise à deux guitares lourdes de distorsion, et des vocaux de Simon uniques et rocailleux. Si l’enregistrement reste modeste et les compositions principalement courtes & directes dans un bon esprit HC, notre groupe montre déjà une réelle capacité à structurer ses morceaux et à tendre plus particulièrement vers un thrash teigneux sur plusieurs morceaux, à l’image de l’intense Warstorm, quatre minutes où la bande alterne rythmes tapageurs et passages plombés, trouve les riffs & refrains accrocheurs, déchire sur quelques palm-muting serrés aux guitares, et définit déjà l’orientation metal franchement adoptée dès son second album.

Certes imparfait, Life Sucks and Then You Die reçoit une bonne & juste critique à l’époque, permettant à Cerebral Fix d’intégrer le team Roadrunner en 1990. Si Vinyl Solution a rapidement réédité en CD les premiers LP’s de Cancer et Bolt Thrower devant leur succès, on se demande bien pourquoi le label a délaissé ce bon Life Sucks, dont il n’existe à ce jour que le premier pressage vinyle. On s’étonne encore plus de sa réaction en 2007, lors du refus de licence à Metal Mind, à l’occasion de la réédition de la discographie sous forme de coffret, Life Sucks ayant alors été remplacé par les premières démos et rehearsals.

Fabien.

> - Les commentaires -, Cerebral Fix — admin @ 18:16

24 avril 2013

Monolith (UK) : Tales of the Macabre

Monolith (UK) : Tales of the MacabreLabel éclectique londonnien, Vinyl Solution a déniché de nombreux talents durant la seconde partie des eighties, comme Bolt Thrower, Cancer, Cerebral Fix, Macabre, Energetic Krusher ou Bomb Everything, avant de décélérer progressivement, puis de stopper son activité après 94. L’une de ses dernières signatures est le groupe de deathmetal Monolith, formé initialement en 1990 dans le Yorkshire sous le nom de Catalepsy et auteur de la demo-tape Faces of Death. Incluant notamment dans ses rangs le jeune batteur Nick Barker (au palmarès aujourd’hui impressionnant), le quintette adopte son second patronyme à l’occasion de son vinyle EP 2 titres Sleep with the Dead, paru chez Cacophonous Records en 1992, puis se dirige en studio l’année suivante pour la capture de son premier album Tales of the Macabre. En revanche, ne cherchez pas la pochette de cette référence SOL36 de Vinyl Solution, puisque seules quelques versions test ont été pressées en vinyle, l’album n’ayant officiellement jamais vu le jour, Monolith jetant d’ailleurs l’éponge peu de temps après, tout comme son label.

Modestement enregistré, Tales of the Macabre est une album de deathmetal assez classique, bâti sur des rythmes majoritairement lourds, parfois tapageurs, des guitares à l’accordage aussi bas que terre, supportant un growl relativement caverneux. Le tout sonne grosso-modo comme une version plus lente et moins puissante des deux premiers albums cultes de Grave, quelques nappes de claviers bienvenues complétant par ailleurs idéalement cette atmosphère de mort. Comme Monolith s’est rapidement séparé (Nick Barker rejoignant notamment les rangs de Cradle of Filth), et que Vinyl Solution reste toujours aussi réfractaire à la cession de ses droits, il reste donc l’unique moyen de se procurer un des rares vinyles en circulation (autant attendre le crash d’un airbus à ses pieds), ou bien de recourir au téléchargement de l’œuvre sagement déposée sur le web il y a plusieurs années, par un quidam mille fois béni pour son action d’intérêt publique.

Fabien.

> - Les commentaires -, Monolith — admin @ 12:46

Horror Of Horrors : Sounds of Eerie

Horror Of Horrors : Sounds of EeriePromis à un avenir certain sur la scène deathmetal après sa fameuse demo-tape Immortality’s End (1989), intéressant beaucoup de labels, le groupe Exmortis part malheureusement en vrille, nos interprètes se divisant et se chamaillant le patronyme. En effet, tandis que Brian Wercking enregistre le EP Fade from Reality à l’aide d’une boite à rythmes, Chris Wiser remonte un line-up de son côté, boucle la démo Butchers of the Urban Frontier, puis protège enfin le nom du groupe à l’insu de B.Wercking. Une embrouille ayant couté l’avenir tracé d’Exmortis, d’autant que C.Wiser quitte ensuite le circuit, tandis que B.Wercking ne parviendra à récupérer le patronyme qu’en 2008. C’est sur les cendres du groupe défunt que deux anciens membres, le guitariste Michael Chewka et le batteur Aantar Lee Coates, fondent Horror of Horrors en 93/94, signant un contrat avec le petit label portoricain Thrash Corner, sans aucune démo de leur nouvelle formation au préalable.

Mis en boite en 94 au Smoot Sound par son ingénieur Mark Smoot, Sounds of Eerie bénéficie d’un enregistrement maison et d’un emballage assez modeste, le livret se résumant à un simple recto-verso. Malgré un surcroît de puissance qui aurait été bienvenu, le mixage apporte tout de même un bon équilibre global, où le couple basse / batterie, les guitares et les growls trouvent naturellement leur place. Le style pratiqué par Horror of Horrors est un deathmetal relativement générique, le riffing étant déjà largement entendu à cette époque. On retrouve pêle-mêle de l’Exmortis, du Brutality ou du Killing Addiction à l’écoute des 34 minutes de l’album, un parfum de deathmetal issu de Floride. Le quatuor titre son épingle du jeu grâce à une bonne interprétation, pour citer la précision rythmique et les relances puissantes d’Aantar, batteur décidément talentueux, ou le bon growl de Buddy Buell, permettant un largage de morceaux suffisamment accrocheurs, à l’image d’Under the Falling ou de la piste éponyme tout aussi notable. Arrivé notamment dans le catalogue de VPC Holy Records début 95, Sounds of Eerie avait été hissé par le label dans ses recommandations, c’était exagéré mais témoignait toutefois d’une bonne qualité intrinsèque.

Fabien.

12 avril 2013

Kreator : Flag of Hate

Kreator : Flag of Hate1986. Un an après Endless Pain, l’un des tous premiers albums de thrashmetal issus d’Allemagne, Kreator, qui évolue encore sous forme de trio autour de Mille, Rob & Ventor, rejoint Ralf Humbert aux Phoenix Studios de Berlin, pour la mise en boite d’un EP trois titres baptisé Flag of Hate. Le vinyle paraît chez Noise en août 1986, tandis que dans le même laps de temps, notre groupe boucle son second album Pleasure to Kill. La piste éponyme du EP est un simple réenregistrement du morceau que l’on trouvait déjà sur le précédent album, dans une version cette fois plus rapide et plus nerveuse, ayant de fait perdu quelques secondes au passage. Un bon second jet, porté par le chant hargneux de Mille Petrozza, à défaut de transcender la version précédente qui contenait plus de noirceur.

L’intérêt du EP réside plus particulièrement dans ses deux inédits, donnant un avant-goût du terrible Pleasure to Kill, qui sortira à trois mois d’intervalle. En une seule année, Kreator a considérablement gagné en personnalité et en maturité. L’ombre de Venom disparait tandis que la construction des morceaux s’étoffe, les deux plages tournant notamment autour des 6/7 minutes. Take Their Lives est un vrai tour de force, bénéficiant d’une articulation solide et d’un riffing redoutable, particulièrement assassin lors de sa relance, lorsque les lignes de guitares de Mille de superposent et se nuancent par leur différence de tonalité, plongeant l’auditeur au cœur d’un véritable thriller. Un peu plus long, Awakening of the Gods est un morceau à l’architecture tout aussi imposante, nous montrant tout le génie de Mille et l’entente parfaite avec son batteur Ventor qui, cette fois, laisse la totalité des titres au chant enragé de notre furieux frontman.

Sans compter sa reprise éponyme, Flag of Hate est très bon EP de transition dévoilant deux morceaux d’un thrashmetal inattaquable, préfigurant déjà l’invincibilité de Pleasure to Kill, cette association meurtrière entre l’ingénieur du son Harris Johns et un Kreator au sommet de sa forme.

Fabien.

> - Les commentaires -, Kreator — admin @ 12:25

11 avril 2013

Amorphis : Black Winter Day

Amorphis : Black Winter DayPropulsé sur le devant de la scène grâce à The Karelian Isthmus ayant reçu un accueil élogieux de la part de la presse et des deathsters, Amorphis connait une période de forte inspiration, et signe pas moins de 13 morceaux (sans compter la reprise des Doors) durant les sessions de son second album en septembre 1993, aux célèbres Sunlight Studios de Tomas Skosgberg. Plutôt que surcharger Tales from the Thousand Lakes, le groupe lui réserve donc dix titres, les trois autres étant utilisés à quelques mois d’intervalle sur le mini-album Black Winter Day, paru en fin d’année 94 chez Relapse et Nuclearblast.

Si comme son nom l’indique, Black Winter Day reprend le fabuleux morceau éponyme que l’on retrouve déjà sur Tales from the Thousand Lakes, son principal attrait réside plus particulièrement dans la présence de ses trois inédits. Ceux-ci sont agencés à la manière du full-lenght, le premier titre étant un très bel instrumental signé par le nouveau claviériste Kasper Martenson, permettant d’introduire les morceaux phares Moon and Sun et North’s Son. La qualité des compostions est une nouvelle fois au rendez-vous et l’on constate avec plaisir combien ces deux titres, loin de simples chutes de studios, n’ont point à rougir devant les plages réservées pour l’album. Sur ces deux compositions inédites, Amorphis ne recours pas aux voix claires, et étonne une fois encore par son aisance à juxtaposer un deathmetal puissant et un chant guttural profond à des mélodies enchanteresses, portées par les leads éclatantes d’Esa Holopainen et les nappes de claviers de Kasper Martenson, utilisées avec talent et discrétion. Enfin, les lignes de piano de North’s Son clôturent le mini-LP avec beaucoup de légèreté tout en contribuant à son équilibre global.

Si Black Winter Day ne comporte que dix minutes d’inédits, celles-ci se révèlent particulièrement précieuses pour les deathsters ayant été conquis par la force et la noblesse de Tales from the Thousand Lakes, et ne possédant pas une réédition incluant ce mini-album. Il est enfin à noter que la fameuse reprise Light My Fire des Doors ne figure ni sur le pressage d’origine de l’album, ni sur celui du mini-LP, reprise ayant notamment échappé à mes oreilles jusqu’à ce jour.

Fabien.

> - Les commentaires -, Amorphis — admin @ 23:57

10 avril 2013

The Stupids : Peruvian Vacation

The Stupids : Peruvian Vacation

Originaire d’Ipswich, The Stupids se forme en 1984 autour de Marty Tuff, Tommy Stupid & Wolfie Retard (respectivement guitariste, batteur et bassiste), ces deux derniers se partageant le chant. Influencé en partie par le thrash-HC nord-américain, le groupe fait partie de ces pionniers du fastcore, du britcore, autant d’appellations éphémères qui symbolisaient cette scène crust / anarcho-punk britannique bouillonnante, où l’on retrouvait des formations plus ou moins metal et souvent très rapides, comme Concrete Sox, Heresy, Doctor and the Crippens, Doom, Electro Hippies, Napalm Death ou Extreme Noise Terror, notre trio penchant plus volontiers du côté HC. Alors que la majorité de ses confrères tiennent un discours plus ou moins politisé, en tout cas contestataire, nos trois jeunes acolytes brillent par leurs paroles ni sérieuses ni prise de tête, plus proches des pistes de skate-boards que des manifestations anti-Thatcher.

Suite à sa première maquette Leave Your Ears Behind (1984), The Stupids signe avec l’écurie Children of the Revolution (Onslaught, Sacrilege, Concrete Sox) se concluant par la sortie du EP Violent Nun, composé de morceaux de la demo-tape. Le premier album Peruvian Vacation débarque dès l’année suivante, un ensemble de 15 titres dépassant tout juste les 20 minutes. Si la précision n’y est pas forcément de mise, on ressent en revanche toute la fraicheur et la fougue des débuts, ce HC rapide et débordant d’énergie, mâtiné de thrashmetal. Le trio possède également une identité bien à lui, notamment grâce au croisement des lignes vocales de Tommy et Wolfie, et grâce au jeu de guitare caractéristique de Marty. Les pistes défilent ainsi sans temps mort et dans la bonne humeur, pour une clôture sur le génial Life’s a Drag, à mon sens le meilleur morceau de la bande de Tommy Stupid, idéalement repris par le groupe lors des fameuses Peel Sessions dans les locaux de Radio 1 à la BBC.

Fabien.

> - Les commentaires -, The Stupids — fabien @ 15:59

Celtic Frost : Emperor’s Return

Celtic Frost : Emperor's Return

Connu en Europe sur forme d’un mini-LP cinq titres, Emperor’s Return (et sa superbe illustration de Phil Lawrence) est en fait le résultat de la seconde session d’enregistrement de Celtic Frost, durant laquelle le groupe ne capture que trois nouveaux morceaux lors de quatre journées d’avril 1985, Circle of the Tyrants, Visual Aggression et Suicidal Winds. Les deux autres pistes qui appartiennent en fait aux premières sessions d’octobre 1984, ont été arbitrairement évincées de l’édition européenne de Morbid Tales pour être prévues sur le disque promotionnel Metal Attack Volume I, avant d’être finalement juxtaposées aux trois pistes de ce nouvel EP paru en été 1985. Entre ces deux sessions, Tom G.Warrior et Martin E.Ain ont trouvé le batteur idéal en la personne de Reed St Mark, formant ce que beaucoup considèrent comme le line-up culte de Celtic Frost.

Si Visual Aggression est encore assez proche de Morbid Tales, album au blackthrash unidimensionnel mais si entrainant et tellement saisissant, Suicidal Winds montre déjà un Celtic Frost plus sophistiqué, se rapprochant du style qu’il développera à la perfection sur l’immense To Mega Therion, enregistré en septembre 1985 et paru à quelques petites semaines d’intervalle d’Emperor’s Return. Mais le point culminant de cette courte session de 13 minutes se nomme sans conteste Circle of the Tyrants, à la première partie rapide, farcie de riffs imparables, succédant à une suite axée sur la lourdeur des rythmiques et la rondeur du riffing, titre si bon et si invincible que notre trio ne pourra s’empêcher de proposer une version légèrement remaniée sur To Mega Therion. Simple EP de transition, calibré en Europe sous forme de mini-LP par l’adjonction des deux morceaux amputés de Morbid Tales, Emperor’s Return reste tout aussi indispensable que les deux chefs d’œuvre qui l’entourent, représentant l’âge d’or de Celtic Frost pour tous les blackthrashers.

Fabien.

> - Les commentaires -, Celtic Frost — fabien @ 15:58

Wombbath : Internal Caustic Torment

Wombbath : Internal Caustic Torment

Formé initialement sous le nom de Seizure en 1990, par cinq acolytes suédois à la moyenne d’âge particulièrement jeune à en voir les photos d’époque, Wombbath adopte son patronyme définitif l’année même de sa création. Sa première demo-tape lui ouvre les portes du petit label français Thrash Records (associé à Infest Records pour l’occasion), et l’EP Several Shapes qui en découle récolte de bonnes critiques, grâce à un bon dosage entre deathmetal typiquement suédois et influences US évidentes. Le quintet rejoint rapidement un modeste studio à Eskilstuna pour la mise en boite de son premier album, paru au printemps 1993 et honnêtement illustré par les studios SV Bell (Kataklysm, Amorphis).

En 1993, le deathmetal de Wombbath n’a rien de très original, il s’agit d’un énième groupe suédois ayant de bonnes qualités (en témoigne le bon morceau Prevent Anemia en ouverture), mais insuffisantes pour sortir des sentiers battus, ne lui permettant que de ressasser avec moins de talent les codes érigés quelques années plus tôt par les ténors du style. A l’instar de ses collègues Excruciate et Epitaph plus brutaux sur leur split-LP commun que sur leur album respectif, Wombbath perd également le gras qui le caractérisait sur son EP, se retrouvant avec un son plus lisse et moins indiqué. C’est d’ailleurs hallucinant de voir la côte du pressage d’origine (comme tous ceux du catalogue Thrash Records), alors que le disque est sympathique sans être franchement indispensable ni exceptionnel. Internal Caustic Torments rencontre ainsi peu de succès à l’époque, Wombbath changeant alors de style sur son ultime MLP Lavatory paru l’année suivante, en copiant cette fois ouvertement sur le death’n roll de Furbowl & Entombed.

Fabien.

> - Les commentaires -, Wombbath — fabien @ 15:57