Altars of Fab’ Death

Bloodbath : The Fathomless Mastery

Bloodbath est toujours un groupe composé de stars, Dan Swanö et Peter Tägtgren s’en sont allé vers d’autres cieux mais Michael Âkerfeldt est de retour au chant et Per Eriksson suppléé l’ex leader de Edge Of Sanity à la guitare depuis l’EP Unblessing The Purity.

The Fathomless Mastery (2008) est donc le troisième album du all star band suédois et Bloodbath représente toujours un exutoire pour des musiciens généralement impliqués dans des projets plus mélodiques ou plus Black Metal. Une belle façon de se retrouver entre potes et de jouer du Death Metal pour se faire plaisir, mais vu que ces messieurs s’appellent Axenrot, Nyström ou Akerfeldt ce n’est pas simplement pour faire péter trois riffs dans une cave, mais bien pour être la tête de proue Death Metal de Peaceville Records.

Dans tous les cas comme sur les deux opus précédents, nos gaillards pratiquent un Death Metal old-school (difficile de se tromper avec une pochette pareille) et puissant mais emprunt d’une modernité certaine. Jonas Renkse a composé une bonne moitié de l’album laissant le reste du travail à Nyström et Eriksson, mais l’ensemble sonne de façon homogène, même si les trois titres de « Blakkheim » ont peut-être un petit poil d’impact en plus : At The Behest Of Their Death par exemple, ouvrant le CD sur des rythmes scotchant d’efficacité.

On trouve tout au long du CD des chansons solides, variées et inspirées, tel des vieux Into The Grave et Osculum Obscenum dépoussiérés et boostés, comme Slaughtering The Will To Live ou Treasonous sonnant typiquement comme du vieux Death suédois mais avec en plus la puissance d’Axenrot à la batterie et l’énorme son que leur à concocté David Castillo.

Bloodbath alterne judicieusement entre riff lourds et passages plus rapides tout au long du disque (Iesus est un bon exemple), rendant l’écoute du skeud dynamique, chaque changement de rythme ou accélération étant ainsi un pur régale.

De plus Bloodbath sait se renouveler et varier un peu les plaisirs, Earthrot propose un Death mélodique vieille école qui rappellera quelques souvenirs aux fans de Edge Of Sanity alors que Drink From The Cup Of Heresy propose un Death brutal dont certains riffs alambiqués sont éminemment techniques. Si on rajoute à cela la profondeur du chant de Michaël Âkerfeldt et les soli impeccables qui jalonnent l’album, The Fathomless Mastery est un disque irréprochable un cran au dessus de Nightmares Made Flesh.

Comme à chaque fois les musiciens de Bloodbath ont bien fait le travail et avec la passion de Metalheads invétérés qui les animent : il y a des choses qui ne trompent pas et la qualité des compositions de The Fathomless Mastery en est une. 41 minutes d’un Death Metal implacable à rajouter à la pile (qui touche désormais le plafond) des bonnes sorties 2008 de Death Metal.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Au delà d’un death parfaitement maîtrisé, The Fathomless Mastery dégage une ambiance sombre savamment entretenue, renforcée par le retour d’Akerfeldt, avec son timbre guttural si profond. Bloodbath est l’éxécutoire parfait de ses membres, perdus dans des formations de plus en plus molassones. Toutefois, je suis un poil déçu de ne pas retrouver une intensité comparable au EP Unblessing the Purity qui, avec un titre aussi meurtrier que Weak Aside, laissait entrevoir une suite encore plus déboulonnante. J’ai également toujours cette fâcheuse préférence pour les titres de Nyström, jamais assez nombreux à mon sens, comportant toujours ces harmonies dissonantes si atypiques et si subtiles. Fabien.

> - Les guests -, Bloodbath — fabien @ 10:00 am

January 1, 2008

Sinister : The Silent Howling

Ces vétérans du Death Metal ont parcouru un long bout de chemin depuis leur premier et excellent méfait Cross The Styx (1992). Entre départs de musiciens, changements d’instruments de certains, aller et retour pour d’autres, ce n’est pas simple de s’y retrouver pour ceux qui découvrent le groupe. Quoi qu’il en soit Afterburner (2006) avait constitué un retour en forme que l’ont attendait plus après une doublette Creative Killings / Savage Or Grace peu inspiré. Et le quatuor a l’air de vouloir faire durer le plaisir et le prouve avec The Silent Howling (2008) sorti chez Massacre Records (le groupe semble avoir définitivement coupé les ponts avec leur label historique Nuclear Blast), on retrouve d’ailleurs avec plaisir sur la pochette les gargouilles, qui sont un peu la marque de fabrique du groupe, leur Eddie ou Vic Rattlehead à eux.

L’amateur reconnaîtra d’ailleurs assez aisément la patte et le son Sinister dès les premières notes de Republic Of The Grave, toutefois on note une certaine modernisation des hollandais, la structure de ce titre rappelant un peu les dernières productions de Behemoth, particulièrement dans les parties de blast de Edwin (Aad a bien fait de lâcher les baguettes pour le micro).

Le style Sinister est plus marqué sur le début de Summit Of Sacrifice, son départ canon et ses breaks abruptes, en revanche la deuxième partie du titre est beaucoup moins conventionnelle avec un solo d’inspiration Heavy Metal, et surtout un passage acoustique suivi d’une rythmique Death mélodique (pas typée Göteborg je vous rassure) qui surprend quelque peu. Mais le Death brutal n’est jamais loin et on retombe en plein dedans avec Fortified Bravery dont le premier riff n’est pas sans rappeler celui très rapide de Bastard Saints, et quand Sinister calme le jeu sur des tempo plus lents et même une pointe de clavier en fond, c’est pour mieux nous achever sur une ultime accélération dévastatrice.

On précisera que les titres sont plutôt longs et naviguent allègrement autour des 6-7 minutes et plus. C’est notamment le cas sur le pavé The Silent Howling (10:15), proposant le meilleur de leur savoir-faire : riffs et soli accrocheurs, ambiance glauque lorgnant parfois vers le Black Metal, mid-tempos « brise-nuques », breaks avec arpèges, accélération crescendo, j’en passe et des meilleurs, on a même droit à une partie acoustique rappelant le meilleur de In Flames (époque Lunar Strain ou The Jester Race évidemment !).

Alternant riffs old-school et techniques avec des touches plus modernes et par moment mélodiques, Sinister prouve qu’il n’est pas un groupe figé dans le souvenir de la gloire passée que représentent Cross The Styx et Diabolical Summoning, il en a d’ailleurs gardé indéniablement l’essence, The Kill To Come alternant parties lourdes et blast-beats en est la preuve. Le morceau le plus surprenant du CD est sans aucun doute Palace Of The Fates, distillant des sonorités très orientales avec un riff d’Alex très mille et une nuits, preuve supplémentaire s’il en est de la créativité d’Alex et ses acolytes.
Les bataves n’oublient pas de nous balancer un dernier titre bien rapide histoire que l’ont oublie pas que Sinister jouait du Death brutal alors que le guitariste de Children Of Bodom pissait encore au lit (ah ? c’est plus le cas).

Sinister revit une seconde jeunesse et a bien l’air de vouloir faire durer cette cure de jouvence, tant mieux pour nous. Les gardiens du temple tels Malevolent Creation, Immolation ou Morbid Angel et donc Sinister sont encore là pour montrer les dents et c’est tant mieux. Décidément avec les sorties en 2008 des albums de Brain Drill, Krisiun, Origin, Prostitute Disfigurement, Deicide, Hate Eternal, The Monolith Deathcult et d’autres encore, la lutte pour l’attribution du titre d’album Death de l’année va être serrée (bien que pour ma part Origin soit loin devant), The Silent Howling peut se placer en outsider.

BG (www.spirit-of-metal.com).

The Silent Howling confirme le retour du grand Sinister, depuis le très bon Afterburner. Depuis son glissement à la guitare, Alex Paul est en effet impitoyable, signant des compositions brutales, riches, variées & alambiquées, loin du tapage linéaire de l’époque Creative Killings & Savage or Grace. Les blasts, les breaks incisifs et les acoustiques sombres se succèdent ainsi dans une parfaite fluidité, sur des guitares massacrantes. Quant à Aad, son guttural est puissant et articulé : un vrai régal à suivre avec les paroles sur les genoux. Enfin, le couple basse batterie enfonce carrément, avec un Edwin blastant avec une précision et une vitesse & incroyables. Du bon cru, rien à redire. Fabien.

Salut Fabien ! Je suis très heureux de voir que tu a repris ma rédaction de Sinister sur ton Metal-blogs. Merci et à bientôt pour d’autre concerts à discuter Metal devant quelques (litres de) mousses ! Stay Brutal. Laurent.

> - Les guests -, Sinister — fabien @ 8:45 am

Hexen : State of Insurgency

Bon, après les Fueled By Fire, Bonded By Blood, Merciless Death et les autres que j’oublie, sans parler de la très prolifique scène brésilienne actuelle, quel groupe allait encore arriver sur une scène revival thrash sentant de plus en plus la saturation à pleine narine? On se croirait revenu dans les eighties alors que la première armada émergeait un peu partout dans le monde. A peine le temps d’écouter une galette que dix nouveaux combos sortent de terre vous scrutant avec leurs p’tits yeux rouges et vous soufflent sournoisement des “chronique moi, chronique moi, chronique moi”. Ce nouveau groupe s’appelle Hexen et nous vient tout droit de la mère patrie thrash, les USA.

Hexen se forme en 2003 à Glendale dans la sainte Californie et fait dans le thrash old school à l’instar de ses jeunes et nombreux frères d’armes. Après avoir été légèrement déçu par les précités Fueled By Fire et Bonded By Blood qui personnellement, ne m’avaient pas emballé plus que ça en se hissant difficilement au genou d’un Municipal Waste ou d’un Warbringer avec un thrash des plus conventionnel, que pouvait-je attendre d’Hexen? Encore un de ceux qui prétendent faire revivre une époque en or, fanfaronnant avec vestes à patch, T-shirt d’Exodus et jean’s moule burnes. Ne jugeons pas hâtivement…

Le groupe a eu pour commencer le privilège de voir sa pochette dessinée par le maître Ed Repka, où l’on voit un quidam détonateur à la main, en train de faire un beau feu de joie en plein centre ville. Pour la p’tite histoire, John, sexagénaire harassé par tant d’années de travail à la centrale électrique du coin, gavé de débilités télévisuelles et partageant sa morne existence avec sa Margaret chérie, laquelle, poids des années obligent, ressemble désormais plus à un shar pei qu’autre chose, a coulé une bielle et décide de se refaire un épisode de Speed. Manque de chance, Keanu Reeves était à ce moment là occupé à lire son Star Mag préféré, ça sent le grisou…

“IT’S A BOMB!” Grosse déflagration, vitres qui volent en éclats, membres roussis, cris de panique, parfum de nitroglycérine et odeur de mort. Ambiance Gaza garantie. Le décor est posé sur une intro détonante. La bien nommée Blast Radius ouvre l’album sur un mid tempo léger et riff thrashy efficace, accompagné de la voix puissante et très légèrement écorchée de André Hartoonian, pas démonstrative, simple mais accrocheuse, pile poil dans le ton. Hexen mise avant tout sur l’harmonie de ses compos avec des mélodies recherchées et pratique autant la grande vitesse que le middle tempo, laissant ainsi libre cours aux guitaristes de s’exprimer pleinement en lâchant de nombreux solis de toute beauté et une basse terriblement cinglante qui flagelle l’auditeur de ses lignes acérées. On passe d’une violente Gas Chamber dans la grande tradition thrash à une sublime et calme Desolate Horizons en passant par Chaos Agressor et son intro de guitare acoustique virant assez vite dans un heavy thrash massif avec envolées de six cordes éblouissantes d’une maitrise impressionnante.

C’est bien là ce qui frappe immédiatement sur cet album, la maitrise technique dont font preuve les californiens, jouant sur des structures à plusieurs tiroirs, sur des rythmiques d’une infinie précision, alternant les plans avec une facilité déconcertante, le tout parsemé de solis finement ciselés et avec un sens de la mélodie incroyable, qui n’est pas sans rappeler par moments le Megadeth des grandes heures, époque RIP. Le groupe distille un thrash à la fois énervé, mélodieux, fin et élégant. Le titre State of Insurgency est un bijou en soi, réunissant tout les ingrédients d’un thrash diablement redoutable ; rythme enfiévré, breaks déboulonnants, riffs aiguisés et solis joués incroyablement vite. Un florilège musical. L’album se clôt finalement sur une outro de toute beauté, une perle acoustique de mélancolie et une fois de plus, on ne peux s’empêcher de penser au roux le plus mal aimé du thrash. Les paroles d’ailleurs se rapprochent du discours de Mustaine sur un Peace Sells… Le groupe délivre au travers de ses textes une vision contre utopiste et morose du futur à venir. La paix fait vendre… L’ensemble sur une production sonnant juste, pas crade ni trop synthétique, s’accordant ainsi parfaitement avec le ton général de l’album.

Hexen s’impose avec State of Insurgency comme une valeur sûre dans une scène en pleine effervescence et frôlant l’overdose, avec un thrash empreint d’une nostalgie évidente, mais très personnel et d’une virtuosité appréciable, varié et loin du simple copier-coller de pas mal de groupes thrash actuels. En espérant que la suite soit toute aussi excellente.

Barback (www.spirit-of-metal.com).

Parmi les formations issues du revival thrash de ces dernières années, à défaut de la personnalité de Municipal Waste ou Merciless Death, Hexen lâche des compostions d’un équilibre et d’une intensité exemplaires. Sur une production à la fois rugeuse et limpide, State of Insurgency subjugue ainsi par son thrash rageur, l’efficacité de son riffing, l’excellence de ses soli, et la justesse de son propos, durant 55 minutes n’ayant jamais parues aussi courtes. L’intrumental Desolate Horizons et l’outro finale sont alors cerises sur le gâteau, acoustiques poignants, offrant un contraste incomparable avec le thrash nerveux & mélodique d’Hexen. Excellent ! Fabien.

> - Les guests -, Hexen — fabien @ 8:30 am

Unleashed : Hammer Batallion

Haaaa, enfin ! Le voici le nouvel album d’Unleashed, et c’est peu dire que je l’attendais de pied ferme celui là, vue la claque que j’ai pris avec leur précédente réalisation, Midvinterblot. Je n’avais qu’une peur, c’est que le groupe perde de sa fougue et nous serve un album en demi teinte, comme ça lui est déjà arrivé par le passé.

Il faut dire qu’Unleashed, tout comme Grave, a de la bouteille, alors les musiciens ont ils choppé de l’arthrite dans les articulations ? Ont-ils eu envie de ralentir la cadence et de nous parler d’autre chose que de glorieuses épopées viking ? Que dalle ! Unleashed reste Unleashed, et cet album est une merveille qui se place encore un cran au dessus de Midvinterblot, car plus compact et plus homogène. Le groupe n’a jamais été si teigneux, si agressif, et ne lésine d’ailleurs pas sur les blasts. Mais il ne mise pas tout sur la vitesse car les ambiances sont glaciales, parfois même proche du black métal, et les compos, assez courtes, sont gorgées de riffs assassins et de rythmiques massives parfois lentes et vicieuses (This Day Belongs To Me, Carved In Stone).

D’après moi, Unleashed n’a jamais réussi a être aussi percutant qu’aujourd’hui, pas mal pour un groupe qui traîne ses clous depuis environ 25 ans ! Que se soit à travers le style de riffs ou les vocaux uniques de Jonnhy Hedlund, Unleashed est reconnaissable entre mille et s’offre tout simplement une seconde jeunesse tellement les compos d’Hammer Battalion sont bonnes. Vous pensez peut-être que je m’emballe un peu vite, mais attendez un peu de poser une oreille sur ce disque, on en recausera après…

Oubliées les rythmiques parfois simplistes du passé, oublié le passage à vide de la fin des années 90, les compos sont tranchantes, entraînantes, les arrangements fouillés, et la production massive achève de donner à cet album une personnalité écrasante. Comme d’habitude avec la bande à Jonnhy, les rythmes sont variés, alternant entre parties très speed ou lourdes, et mid tempo foudroyants.

Mais surtout, Unleashed construit ses morceaux de façon à les rendre les plus percutants possible, c’est à dire qu’il ne fait pas étalage de sa technique mais concentre ses efforts sur des constructions assez basiques (bien que plus fouillées que par le passé), ce qui rend chaque compo immédiatement accrocheuse. Impossible par ailleurs de ne pas placer un mot sur les très brillants soli qui ponctuent chaque morceau ! Inspirés, fortement heavy et créatifs, chacun d’eux est un pur moment de délice pour les tympans.

Vraiment, je ne suis pas déçu par ce nouvel album, et je vous invite fortement à en faire l’acquisition. Treize titres, treize torpilles, « Hammer Battailon » est une œuvre majeure de la discographie de Unleashed, qui, loin de renier son style, s’impose comme un chef de file du death métal. Rien que ça ? Ben ouais… 

Tonio (www.metal-blogs/tonio) .

Fini les titres niaiseux à la “Death Metal Victory”, Hammer Battalion attaque sévèrement, c’est un fait. Les compositions de Fredrik & Johnny sont plus recherchées et plus sombres que par le passé (le culte Where no Life Dwells étant hors catégorie), ce surcroît de technique & d’intensité rendant de nouveau le groupe intéressant, à mon humble avis. Les soli de Fredrik sont également d’une fluidité étonnante, sans être démonstratifs, et les riffs sacrément renversants, particulièrement sur les refrains où l’intensité monte judicieusement d’un cran. Personnellement, sans monter jusqu’à un dithyrambique 18/20, je n’espérais plus un album de cette qualité et de cette ambiance de la part d’Unleashed. Fabien.

> - Les guests -, Unleashed — fabien @ 7:15 am

Testament : The Formation of Damnation

Si tout se jouait au mérite, Testament serait assurément sacré roi du thrash metal actuel. S’accrochant avec vigueur tout au long des années 90, pour finir en apothéose avec l’incroyable The Gathering, Chuck Billy et Eric Petterson peuvent se targuer non seulement d’être le seul des monstres sacrés américains à avoir braver la tempête de la sorte, mais également d’avoir déclenché le signal du renouveau du thrash dans ses plus beaux atours dès 1999. Les années ont passé, et désormais, même les vieux collègues historiques de la Bay Area (Exodus, Death Angel) sont réapparus au sommet de leur forme. Le successeur de The Gathering étant annoncé depuis bien (trop ?) longtemps, un strapontin au premier rang avait été toutefois soigneusement réservé pour Testament. On connaît la suite, les péripéties qui ont amené à ces presque dix ans stériles passés, puis enfin, The Formation of Damnation naquit.

Habitué des line-up mouvants sur les derniers albums, le duo s’est attaché cette fois-ci à reconstituer le noyau historique autour d’Alex Skolnick à la guitare et de Greg Christian à la basse. A la batterie, on trouve Paul Bostaph, l’un des trois plus fameux mercenaires batteurs de Californie avec Gene Hoglan et Dave Lombardo.

Premières impressions après tant d’attente fébrile ?

Pour commencer par le début, on dira que le disque met un certain temps à prendre sa vitesse de croisière. Après une jolie intro qui annonce le riff-thème principal de More Than Meets The Eye, on entre dans le vif du sujet. Chuck Billy a toujours ce timbre si appréciable, le tout ronronne gentiment sur un tempo plutôt moyen, mais sorti de la redondance volontariste de son riff, le morceau laisse une impression mitigée. Cela ne s’arrange pas vraiment avec The Evil Has Landed, toujours calé sur du mid-tempo. Bien carré, bien fini, soigné dans ses transitions, le heavy-thrash catchy de Testament se déguste facilement mais manque un poil d’allant. Bien loin d’apparaître comme une évolution logique de l’album précédent, ce début de disque paraît inspiré d’un héritage plus lointain. Sauf que le titre suivant, Formation Of Damnation, remet -enfin- les pendules à l’heure. On retrouve le chant plus guttural de Chuck, venant s’appuyer sur une compo bien plus virulente. Bostaph semble enfin se lâcher, et le premier headbanging est de la partie. Rien non plus de révolutionnaire, notamment dans la partie centrale du morceau où le matraquage plus lent ne fait pas dans l’original. Sauf que l’accélération finale vient juste à point pour conclure quand même un bon moment de plaisir. Gros morceau que ce titre.

La montée d’adrénaline se fait salement doucher par le morceau suivant, sans doute le plus insipide du disque. Là encore, pas de faute de goût particulière, mais ce thrash déjà entendu, assez poussif et au refrain pas accrocheur pour deux sous n’a pas le supplément d’âme que l’on espère, malgré de jolis soli et une rythmique volontaire. Testament semble enfin trouver sa vitesse de croisière à partir de The Persecuted Won’t Forget, plus varié et incisif, que ce soit au niveau des guitares, du chant ou du tempo. Henchman, malgré sa rythmique « tagada-tagada » un peu éculée, recèle une belle énergie qui se révèle à mi-morceau. Même Killing Season, plus mou du genou, passe relativement bien grâce à des lignes guitaristiques pertinentes, donnant un côté rock n’roll très agréable. Après un Afterlife très quelconque et un poil soporifique, le très catchy F.E.A.R vient à point pour relancer la machine. Pas d’envolées supersoniques ici, mais son petit riff sautillant bien épaulé par de bonnes parties de double du père Bostaph, alternant avec un refrain bien accrocheur, donne un joli relief au morceau. Le tout se finit par un morceau assez mélancolique et finalement plutôt sombre, Leave Me Forever, qui tranche assez nettement avec l’esprit global du disque.

Vous aurez compris à mes nombreux bémols que The Formation of Damnation ne m’a pas procuré les mêmes frissons que le dernier Exodus, par exemple. Etais-je trop naïf en croyant que Testament allait nous refaire le coup de The Gathering ? Toujours est-il que Chuck Billy et sa bande sont rentrés dans le rang. Il s’agit premier rang, tout de même, et le fameux strapontin leur revient malgré tout. L’album est de qualité, proposant un thrash plutôt mid-tempo bien ficelé, accrocheur, à la production irréprochable (tout de même), qui ravira les fans du genre. Mais personnellement j’y vois une légère régression par rapport à The Gathering, The Formation of Damnation apparaissant moins moderne et peut-être plus poussif, allant chercher des inspirations dans la vieille discographie du groupe (et c’est une réussite à ce niveau),alors que son prédécesseur semblait définitivement tourné vers l’avenir. Et sans réel grief envers Testament, je ne peux qu’exprimer une pointe de déception et d’amertume toute personnelle, qui reste quand même anecdotique à l’heure du bilan.

Eulmatt (www.spirit-of-metal.com).

Sans égaler la puissance et l’avant garde de Gathering, Formation est un bon album de Testament, retour aux amours thrash des premiers albums, avec un son impressionnant, grâce à l’incroyable ingénieur Andy Sneap. Rien à redire quant à la précision du couple rythmique de Bostaph & Christian, ni sur les incroyables vocaux de Billy, insufflant beaucoup de punch et de relief à l’ensemble. Et quel bonheur de réentendre les duels de soli endiablés entre Scholnick & Peterson ! Un bon album pour ma part, même si je préfère nettement certains titres à d’autres, à l’image des superbes More Than Meets & The Evil, survolant le lot. 15/20 me paraît la note la plus juste. Fabien.

> - Les guests -, Testament — fabien @ 5:15 am

Arsis : We Are The Nightmare

Et voici le troisième album des redoutables américains de Arsis. Le groupe compte de plus en plus de fans dévoués à sa cause, il faut dire que son death métal hyper technique est impressionnant de maîtrise et que question dextérité, les musiciens n’ont de leçons à recevoir de personne…

Avec ses deux réalisations précédentes, Arsis a montré de quoi il était capable, plus question pour le groupe de prouver quoi que ce soit. Deux options s’ouvrent alors à lui, continuer sur la lancée d’un death qui frôle la démonstration ou revoir sa façon de composer pour proposer quelque chose d’un peu plus risqué et ambitieux. Point de grosse évolution, Arsis cimente son style avec un troisième album ébouriffant et au final assez peu surprenant, les fans y trouveront leur compte. Pas de réelle évolution, mais pas d’immobilisme non plus, car la composition est extrêmement habile et les soli mélodiques toujours aussi savoureux. Toutefois, même si les riffs et les breaks sont toujours aussi barrés, Arsis met quelque peu de l’eau dans son vin en proposant des compos plus sages qui ne foncent plus tête baissée comme par le passé. Ce petit côté adouci, côté renforcé par une production très claire, décevra peut-être ceux qui avaient été séduit par l’aspect “chien fou” des deux opus précédents (le premier surtout), mais l’ensemble reste de haute volée.

Nous voici donc en présence d’un album qui pilonne dans tous les sens (quel batteur !), à la fois bourrin et mélodique, et relevé parfois de touches heavy bien sympas. Les amateurs de technique et de soli décoiffants seront à la fête, d’autant que l’inspiration est bien présente, chaque titre fourmillant en effet d’idées originales. Et pourtant, au niveau des sensations que dégagent cet album, j’ai été un poil déçu, il manque un ingrédient final qui aurait élevé cette réalisation à un niveau supérieur. Curieusement, même s’il est agressif, cet album ne dégage pas d’atmosphère particulièrement prenante, je n’ai été réellement transporté qu’à de trop rares moments. Arsis ne possède pas l’aura malsaine et suffocante du récent Antithesis de Origin par exemple, et c’est bien dommage car ce We Are The Nightmare aurait été bien meilleur encore. Mais bon, faut pas non plus cracher dans la soupe, de très bons passages font régulièrement mouche, notamment lors des trois derniers titres, les meilleurs à mon goût (Failure’s Conquest est un vrai morceau de bravoure).

We Are The Nightmare  a de quoi vous mettre à genoux et se décortique écoutes après écoutes, preuve que le death technique a encore de beaux jours devant lui. Mettez la main à votre porte-monnaie, vous ne gaspillerez pas vos thunes, et ce même si je pense que le meilleur de Arsis est encore à venir. Vivement le prochain !

Alors que le death à tendance mélodique paraît de plus en plus fade et aseptisé au fil des années, Arsis parvient à sortir des missiles authentiques et particulièrement inspirés. Ce groupe US réussit le pari incroyable de marier le métal brutalico-classieux de Necrophagist, avec la fibre mélodique & agressive des premiers Dark Tranquillty, époque culte The Gallery. Arsis possède de surcroît une personnalité fortement marquée, et une technique absolument renversante. Son album We Are The Nigthmare porte d’ailleurs bien son titre : un vrai cauchemar pour les musiciens, et guitaristes en particulier ! Fabien.

> - Les guests -, Arsis — fabien @ 4:15 am

Origin : Antithesis

Bon, allez, j’arrête de trembler, je respire un grand coup, je bois un verre d’eau glacée et surtout je me calme. Comprenez moi, je viens d’écouter un album de death comme je n’en ai pas entendu depuis fort longtemps. Antithesis est le quatrième album de Origin, groupe US formé en 1997. Leur meilleur album ? C’est fort probable…

Origin n’a absolument pas changé son bazooka d’épaule, il ferra logiquement fuir les allergiques au death brutal et jouir les mordus du brutal death hyper technique. Moi j’ai joui, et pas qu’une fois, mon caleçon peut vous en causer… Le groupe atteint tout simplement la perfection dans l’art d’accoupler bestialité et déboires techniques en tout genre. Fans de Spawn Of Possession et de Necrophagist, courez vous offrir ce bijou ou volez le, bref, démerdez vous pour vous le procurer !

Origin est formé de membres qui ont traîné leur savates dans des formations comme Vile, Angelcorpse, Skinless et bien d’autres, on a donc à faire à des musiciens confirmés qui ont l’art et la manière de composer des compos à la fois sidérantes de précision et de technique et à la fois d’une violence assommante. C’est le genre de production qui normalement peut vite me saouler, mais Origin possède vraiment une façon de composer sidérante, et même si on peut parler de débauche technique, tant dans les rythmiques que dans les soli, chaque titre se montre tout simplement captivant. De plus, les musiciens placent par petites touches quelques lignes mélodiques du meilleurs effet, sans forcément ralentir les tempo, ce qui donne encore plus de caractère à l’album. Perso, je ne me remets toujours pas du final magistral de la dernière piste, Antithesis, qui filera la migraine à tous les apprentis gratteux…

La formation ralentit assez rarement les rythmes et John Longstreth, véritable lapin Duracell, place des parties de double colossales sur les quelques parties plus lourdes disséminées ça et là. Chez Origin, point de traces de thrash, encore moins de heavy, juste du brutal, du brutal et encore du brutal, mais avec classe. De même, les amoureux de death old school se chopperont rapidement la migraine, car les mid tempo headbanguesques construits sur des riffs basiques n’existent pas chez Origin. Vous êtes prévenus…

Véritable terminator du death brutal (j’imagine bien Schwartzy à batterie tiens !), Origin nous pond là un album magistral qui ferra probablement office de référence dans les années à venir. Régalez vous avec cette merveille qui ferrait presque passer Cannibal Corpse pour des danseurs de claquettes…

Tonio (www.metal-blogs.com/tonio)

Plus fort que le redoutable Fury And Flames, Antithesis réprésente ma plus grosse claque Death Metal depuis AssassiNation & Noctambulant (Krisiun / Spawn Of Possession - 2006), désarmant par sa maîtrise, sa technique, son avant garde et sa débauche d’énergie pure. Son titre éponyme en clôture et son final sont cultes à en mourir… Purée, c’est pas possible. Dépassant son standard Informis Infinitas de 2002, Origin règne désormais en maître sur la scène brutal death technique US, aux côtés de Nile & d’Hate Eternal. L’hyper technique au service de la puissance ultime. Vénération absolue. Fabien.

> - Les guests -, Origin — fabien @ 4:00 am

Behexen : My Soul For His Glory

La scène Black Metal Finlandaise est pour moi la meilleure actuelle, ne serait ce que par cette trilogie ultime: Horna, Sargeist, Behexen, chaque membre, notamment le remarquable Shatraug, copulant sans distinction dans ces trois entités. Behexen, à travers ses deux premiers albums, et particulièrement Rituale Satanum sorti en 2000, a fait preuve de sa capacité à nous vomir un Black haineux, brutal, pas toujours fin mais non dénué d’identité, en tout cas bien accrocheur.

Après un mémorable split avec Horna en 2005, on n’entend plus parler de Behexen, les membres s’éparpillant dans des projets annexes comme il est de coutume. Mais comme les meilleurs reviennent toujours, Behexen fait son come back en 2008 avec ce My Soul For His Glory, notablement transformé. Behexen a affiné sa musique, l’a diversifiée, élargissant sa palette Black Metal, sans en perdre sa sève destructrice, ce côté authentique.

On a affaire sur cet opus à des morceaux aux structures et influences indéniablement plus variées. J’en veux pour preuve ce vieux riff Thrash au groove plaisant sur le titre d’ouverture. Ou bien ces superbes trémolos sur Demonic Fleshtemple, avec cette intensité, cette conviction que bien peu de groupes sont à même de reproduire. On note aussi ces variations bien amenées accompagnés de sonorités guitaristiques bien trouvées sur Cathedral Of The Ultimate Void.

Behexen ne rechigne même pas à quelques petites parties atmosphériques, à la fin de Born In The Serpent In The Abyss, après un début de titre quasi Death, ou bien sur O.O.O., titre lent et monolithique sans batterie accompagné d’une voix lointaine. La voix d’ailleurs est une force de ce nouvel album, comprenant des variations allant du quasi grunt au criard strident classique au BM, et même au chant mystique, martial et clair sur le titre éponyme, un peu comme sur certains morceaux de Kampfar.

On a aussi droit à quelques parties de Black mélodique à la suédoise sur le très direct “And The Believers Shall Be Damned”. On finit avec le mid tempo gorgé de feeling “And The Stigmas Bleed Black” en belle conclusion d’un album bien trop court. Et même avec toutes ces influences, My Soul For His Glory est d’une redoutable cohérence. Ca passe d’une traite et ca fait énormément de bien. Le tout est servie par une prod’ audible à défaut d’être puissante, n’en déplaise aux “puristes purs” amateurs d’approximations, bien loin du son baveux de By The Blessing Of Satan déservant quelque peu le travail guitaristique.

Eclectisme, talent, conviction, et à défaut d’une originalité de toute facon caduque dans ce style si étroit, une patte évidente. Voilà les maîtres mots de ce cru 2008 de Behexen. Déjà, un très gros album de vrai et bon Black Metal pour 2008. La concurrence va devoir se bouger, la barre est haute.

Sargeist (www.spirit-of-metal.com).

A l’heure ou la scène black semble saturée et stéréotypée, quelques albums survolent inexorablement la masse, tel My Soul For His Glory, à la fois intense, prenant, sombre et profond. Behexen varie admirablement ses titres et maîtrise impeccablement ses atmosphères, pour restituer au final un album d’une richesse et d’une fluidité exemplaires, avec une authenticité & une sobriété plus que remarquables, loin du caricatural environnant. Une très bonne surprise me concernant. Fabien.

> - Les guests -, Behexen — fabien @ 2:15 am

Hate Eternal : Fury And Flames

Le voici, donc, ce nouveau rejeton d’une des terreurs de la scène brutal death moderne. La seule attente fiévreuse qu’a généré Fury & Flames prouve à elle seule la belle santé de cette scène. Et le line-up respectable qu’a réuni ce vieux loup d’Erik Rutan permettait en tout état de cause d’entrevoir de bien belles prouesses. Le verdict au bout d’une poignée d’écoutes est sans appel. C’est bel et bien la grosse baffe attendue…et même plus que cela.

Fidèle à ses habitudes, Hate Eternal prend le soin d’imposer un feu ininterrompu, dont les salves de batterie de l’épatant Jade Simonetto constituent le plus gros de l’artillerie. On connaissait bien sûr Alex Webster et sa capacité à nourrir la rythmique de sa basse avec une dextérité et une vigueur peu communes. On obtient ainsi un matraquage parfaitement maîtrisé, très équilibré entre blasts dévastateurs, changements de rythme pertinents et breaks bien sentis, ô combien salvateurs. Sur cette seule base, Fury & Flames pourrait déjà prétendre damner le pion à une bonne partie de la concurrence.

Mais la seule approche technique est profondément réductrice pour appréhender la richesse de ce disque. Malgré son déploiement intempestif d’artillerie lourde et d’agression sonore, la musique d’Hate Eternal atteint là une richesse émotionnelle étonnante, que pour ma part je discerne moins dans ses opus précédents. Pas d’angoisse à la lecture de cette phrase : il ne s’agit pas de mélancolie ou de je ne sais quel autre sentiment existentiel, mais de colère furieuse, de haine enragée, de noirceur oppressante.

Ce cataclysme de violence débute par un incroyable Hell Envenom, mitraillage de blasts, riffs monstrueux de puissance, avec le soupçon de lyrisme et de dissonance pour d’ores et déjà donner une magnifique esthétique à la déferlante métallique de Hate Eternal. Le feu sacré est désormais allumé, rien ne peut éteindre l’incendie. Il se propage un peu plus avec Whom Gods May Destroy, un poil plus complexe et technique, suivi de Para Bellum, remarquable de par ses breaks d’une lourdeur écrasante, venant temporiser avec subtilité le déchaînement furieux et continu des compères de Rutan. A noter également le magnifique solo, sublime d’émotion et de finesse, sur fond de double pédale déchaînée. Baissant un poil de rythme – entre des séries incroyables de blasts – Bringer Of Storms s’affiche également comme un titre plus fin qu’il n’y paraît, et le travail de composition est remarquable, mettant diablement en relief les qualités artistiques des différents musiciens (Webster, quel bassiste…).

Grandiloquente et monstrueusement malsaine, la marche funéraire qui suit est délicieusement éprouvante, voire jouissive à l’écoute des quelques soli qui s’invitent à la fin d’un morceau d’une noirceur incroyable. Plus chaloupé et groovy, Thus Salvation permet d’entrevoir un peu plus la remarquable production dont bénéficie Hate Eternal. Les tympans les plus fragiles pourront souffrir du parti pris de mettre très en avant la rythmique batterie/basse, qui tel un tir de barrage continu laboure le terrain très avant la cavalerie « légère »…

Des deux titres suivants, toujours dans la même veine musicale qui fait la raison d’être de l’album, on notera quelques riffs particulièrement judicieux, qui une fois encore donne un caractère très organique au death metal brutal de Hate Eternal, qui ne paraît jamais déshumanisé. Plutôt surhumain en fait, tant la démonstration de rage vomie ici semble sortir du fond des entrailles.

Et comment ne pas apprécier un petit morceau au titre français, qui certes ne dépareille pas avec le thème enjoué du disque, surtout quand ses deux dernières minutes sont aussi sublimes d’émotions, les guitaristes jouant à leur tour le premier rôle sur ce disque colossal. Un petit Outro quelconque laissant les ouïes se reposer quelques instants, il ne fait cependant aucun doute que vous allez repartir pour un tour…

Bilan des courses ? Hate Eternal a accouché d’un monstre, et déjà là, à chaud, je ne crois pas me tromper en considérant ce disque comme l’un des plus essentiels de ces derniers années dans le petit monde du death metal. Ne soyons pas frileux, il s’agit même d’un bon pavé dans la mare des monstres sacrés qui avaient marqué de leur grosse patte l’année 2007, je pense principalement à Nile et Immolation. Décidemment, le death metal vit une nouvelle époque dorée, après celle du début des années 90. Et ce death metal moderne, à la fois ultra technique, brutal, et cependant remarquable de par ses atmosphères noires et quasi-mystiques, nous laisse présager encore de bien belles heures. Ah, quel pied !

Eulmatt (www.metal-blogs.com/eulmatt)

Fury And Flames est une nouvelle fois un très bon cru de la part d’un des groupes qui survole la scène death métal actuelle, à l’instar de Nile, Krisiun, Immolation, Morbid Angel, Origin ou Necrophagist. Les rythmiques sont étonnantes, et le mixage est vraiment impeccable, montrant notamment toute la complexité du jeu de basse d’Alex Webster, le meilleur bassiste death métal actuel, aux côtés d’Erlend Caspersen. A l’heure où je n’ai jamais vu autant d’alliances désespérantes entre le death métal et les scènes mélodiques, je suis soulagé de voir encore des groupes de la trempe d’Hate Eternal, affichant immuablement cette pureté et cette sobriété exemplaires. Fabien.

> - Les guests -, Hate Eternal — fabien @ 2:00 am

Hate : Morphosis

A l’instar de ses compatriotes de Vader ou Decapitated, les polonais de Hate poursuivent leur route et sortent, après 17 années d’existence, leur 6ème album studio, Morphosis. Que les accros du blast arrêtent de se mordre les lèvres d’inquiétude, Hate n’a pas viré indus et ne s’est pas calmé question rythmiques ! Cette nouvelle offrande est violente et malsaine, du Hate, tout simplement…

Dans cette magnifique intro (hé hé), j’ai failli ajouter : “…du Hate reconnaissable entre mille”. J’ai finalement ejecté cette expression toute faite, car en y regardant de plus près, le death de la formation n’est pas si original que ça. Ce mélange d’ambiances lugubres et de riffs acérés évoque sans complexes Vader ou Behemoth, et ce malgré tout une (très) légère coloration indus lors des parties lourdes ou des intro. Cette utilisation de l’electro reste plutôt discrète et n’est absolument pas envahissante, la musique de Hate galope donc sur les contrées d’un black / death somme toute assez conventionnel…

Mais bon, le trio se montre d’une dextérité et d’une efficacité remarquable, leur compos sont donc ajustées au micron près et atteignent sans problème leur but, celui de vous écrabouiller le cerveau en moins de deux ! Les blast sont titanesques, les riffs en acier trempé et Adam possède une voix à classer parmi les meilleures du genre, le résultat est donc forcément bon. De plus, Hate varie énormément les tempos et évite ainsi de gaver l‘auditeur avec des blast incessants. Les titres les plus lourds comme Catharsis, Resurrection Machine ou l’excellent “The Angelistic Pain sont tout à fait réussis, les musiciens jonglant brillamment entre rythmiques 38 tonnes, riffs saccadés et arpèges glauques frissonnants.

Malgré ses qualités évidentes, Morphosis me laisse néanmoins un peu sur ma faim, peut-être à cause de sa courte durée ? Ou tout simplement parce que j’ai la sensation que Hate pourrait être bien meilleur encore et se contente, pour une bonne moitié des titres, d’évoluer dans un registre brutal réussi mais trop classique. Un morceau surpasse d’ailleurs tous les autres, “Omega”, morceau à la fois tranchant et mélodique qui nous montre combien le talent du trio peut être grand…

Pas de déception ni de grosse surprise, si vous appréciez la formation polonaise, vous ne serez pas déçus par cette nouvelle offrande qui se montre même un poil plus variée que « Anaclasis », leur précédent disque. Quant à ceux qui n’appréciaient déjà pas la formation auparavant, qu’ils passent leur chemin, ils ne l’aimeront pas d’avantage avec ce nouvel album…

Tonio (www.metal-blogs.com/tonio).

Awakening Of the Liar, Anaclasis & Morphosis sont des albums carrés et très bien ficelés, bénéficiant en plus d’une production béton, mais ils manquent à mon sens de personnalité et de folie, confinés dans l’ombre des réalisations de Vader, Behemoth & Morbid Angel. Bref, c’est un peu mou du slip à mon goût, avec en plus ces touches indus qui finissent par déhumaniser le tout. C’est dommage, le potentiel est là, et le trio polonais pourrait être beaucoup plus puissant & incisif s’il parvenait enfin à se lâcher. Fabien.

> - Les guests -, Hate — fabien @ 1:15 am