Altars of Fab' Death

Malevolent Creation : Warkult

Malevolent Creation : WarkultDécevant sur The Fine Art of Murder bien poussif et maigrement inspiré, Malevolent Creation s’était largement refait une santé sur l’ultra agressif Envenomed et le rouleau compresseur The Will to Kill parus à deux années d’intervalle. Renouvelant l’expérience avec l’écurie Nuclearblast qui retrouve le goût du deathmetal depuis ce nouveau millénaire, la bande de Phil Fasciana ne tarde pas à mettre sur pied son neuvième album Warkult, un concept autour de la guerre comme son nom et son illustration l’indiquent. Le groupe réussit en plus l’exploit d’aligner quasiment le même line up, exception faite du retour de Dave Culross, redoutable batteur ayant démonté plus d’une cervicales sur les terribles Despise the Sun et Bleeding Profusely de Suffocation & Gorgasm.

Death March ouvre idéalement l’album sur un double pédalage en béton et un palm-muting serré supportant le chant guttural bourrin de Kyle Simmons, annonciateur des déflagrations & rafales de riffs imminentes du morceau Preemptive Strike. Malevolent Creation se transforme ainsi en une machine deathmetal guerrière, accélérant la cadence sur les rythmes de batterie dévastateurs de Dave Culross, particulièrement foudroyant lorsqu’il emballe son jeu dans des blast-beats.

En revanche, si Warkult écrase sans conteste au niveau rythmique dans la grande tradition de Malevolent Creation, ses riffs restent globalement assez fades, sans bénéficier parallèlement du surcroît de puissance des guitares dont The Will to Kill était doté avec une production béton aux Mana Studios, malgré un bon mixage. Bien que l’on puisse retenir de fameuses pièces telles que les furieuses Murder Reigns et Tyranic Oppression dominées par des blasts fracassants, Warkult peine ainsi à aligner des moments vraiment mémorables, sans compter ses quelques morceaux comme Captured ou On Ground of Battle qui décollent quant à eux assez laborieusement.

Réalisation sans grands reproches dans sa mise en place et sa qualité d’exécution, Warkult ne représente ainsi pas l’album aux riffs les plus mordants de Malevolent Creation, manifestement plus à l’aise sur ses parties rapides et plus déboulonnant sur son précédent effort. Le disque se situe toutefois à des lieux de la faiblesse de The Fine Art of Murder et peut largement satisfaire les deathsters avec une telle force rythmique, sans compter sa clôture sur la bonne reprise Jack the Ripper des thrashers australiens d’Hobbs Angel Of Death, loin d’être déplaisante.

Fabien.

19 mars 2011

Malevolent Creation : Invidious Dominion

Malevolent Creation : Invidious DominionArticulé autour d’un line up culte sur Doomsday X, comptant le retour d’anciens membres tel Jon Rubin, Malevolent Creation a pourtant rapidement subi ses turbulences habituelles, sans moindre mal cette fois-ci, puisqu’il conserve son noyau dur autour de Phil Fasciana, Brett Hoffmann et Jason Blachowicz, auquel s’ajoute le retour de Gus Rios derrière les fûts.

Malevolent Creation reste en outre fidèle à son label Massacre Records (Deadborn, Sinister), mais s’offre parallèlement des sessions d’enregistrement aux redoutables Mana Studios d’Erik Rutan (Hate Eternal), de quoi faire largement saliver n’importe quel deathster. Enfin, pour compléter idéalement ce tableau, le maître actuel Par Olofsson (Brain Drill, Spawn Of Possession) lui concocte une illustration d’une qualité toujours aussi bluffante.

Parés de tels atouts, le bien nommé Invidious Dominion, déjà onzième album de la bande floridienne, part sous de bons auspices. Il ne suffit que du titre d’ouverture United Hatred pour comprendre combien Malevolent Creation a conservé l’énergie deathrash débordante qui l’animait sur son précédent effort, sur lequel il était parvenu à trouver un regain de rage et d’inspiration. Sur le martètelement intraitable de Gus Rios, les guitares de Fasciana et Geraca (la nouvelle recrue) s’avèrent diablement agressives, support idéal aux vocaux si arrachés et si typiques de Brett Hoffman, le hurleur le plus caractéristique du gang de Fort Lauderdale.

Malevolent Creation enchaine ainsi sur des morceaux sans grande surprise, livrant un deathmetal dans sa grande tradition, sans chercher à dépasser son style, ni à le renouveler. Ainsi, si certains titres comme les terribles Conflict Finalized et Compulsive Face Breaker ou encore le reoutable Born Again Hard, parviennent encore à mettre le deathster sur le tapis, à coups de rythmiques assassines, de breaks impitoyables et soli déboulonnants, la majorité des morceaux défilent sans histoire, avec ce goût de déjà entendu sur les claques nommées Envenomed et Doomsday X.

D’une qualité équivalente à son prédécesseur, servi par une production d’Erik Rutan irréprochable, sans transcender toutefois le son de la formation, Invidious Dominion figure ainsi comme un mets de choix dans la longue carrière de l’infatigable Malevolent Creation, proche des deux bons albums précités. Il ne faut donc guère s’attendre à une grande révolution, mais prendre avant tout son pied devant cette débauche pure d’agressivité old school lâchée imperturbablement par la bande de Fasciana, en belle forme actuellement. En tout cas, un vrai régal pour les fans.

Fabien.

28 août 2010

Malevolent Creation : The Fine Art of Murder

Malevolent Creation : The Fine Art of MurderA l’instar de Chuck Schuldiner et Lee Harrisson (Death, Monstrosity), Phil Fasciana peine à aligner deux fois le même line up. La cuvée 1998 ne transige à pas la règle, marquant le retour de Brett Hoffmann, Rob Barrett et Dave Culross (rien que ça !), ainsi que l’arrivée de Gordon Simms à la basse. Grâce à l’apport de membres déjà rôdés, les compositions sont alors rapidement mises en boite, permettant à Malevolent Creation de rentrer dès 1998 aux Qualitone Studios de Brian Griffin (Broken Hope), pour les sessions de son sixième album. The Fine Art of Murder sort ainsi en octobre pour le compte de Crash Music, muni d’une illustration assez fade.

Avec une formation classique, Malevolent Creation ne surprend donc pas, enchaînant les morceaux sur les rythmiques millimétrées de Dave Culross et les riffs massifs du tandem Fasciana / Barrett. Mais malgré un bon départ avec To Die At Hand & Manic Demise, la machine s’essouffle assez vite, laissant progressivement s’installer une grande monotonie, sur des rythmes poussifs et un manque de hargne indéniable. Même Brett Hoffmann, dont le retour était pourtant très attendu, ne parvient pas à insuffler l’agressivité nécessaire dans ses vocaux pour relancer suffisamment l’ensemble.

Ne pouvant s’empêcher de trop en faire, Malevolent Creation aligne en outre 56 longues minutes réparties en 13 morceaux, dont certains hautement dispensables, à l’image de l’horrible ballade Day Of Lamentation ou des atmosphères ennuyeuses de Fracture et du titre éponyme, au lieu de se concentrer sur l’intensité de ses rythmiques, domaine où il excelle habituellement. Le mixage de Brian Griffin étouffe de surcroît le tout, privant notamment les guitares d’une partie de la puissance exigée.

Malgré le line up impressionnant rassemblé par Fasciana, The Fine Art of Murder reste ainsi l’album le plus décevant de Malevolent Creation à ce jour, montrant comme Deicide ou Dismember son mal d’inspiration durant cette fin des nineties. Heureusement, le groupe floridien redressera largement la barre sur le très bon Envenomed, renouant enfin avec ses rythmiques 38 tonnes et son agressivité si caractéristique.

Fabien.

1 avril 2008

Malevolent Creation : In Cold Blood

Malevolent Creation : In Cold BloodDeux ans après le bon Eternal, passé toutefois relativement inaperçu, Malevolent Creation signe son retour, annonçant ses traditionnels turnover. Jon Rubin quitte en effet le gang floridien pour la seconde fois, remplacé au pied levé par le guitariste JP Soars, tandis que Derek Roddy succède au brillant Dave Culross derrières les fûts. La bande de Phil Fasciana rejoint alors Scott Burns aux Morrisound Studios en cette année 1997, pour les sessions d’In Cold Blood, son cinquième effort. Le disque sort tardivement l’année suivante chez Pavement / Crash, muni d’une pochette déplorable, ne facilitant pas son appréhension.

Majoritairement composé par Fasciana, In Cold Blood n’annonce aucune surprise, reprenant le death métal solide et massif d’Eternal. Sur les blasts et les roulements de Roddy, d’une puissance et d’une précision en tout point désarmantes, les riffs de Fasciana / Soars déchirent, soutenant Blachowicz et son guttural monocorde, malheureusement loin des growls incisifs de son prédécesseur, le charismatique Brett Hoffman.

Depuis le puissant Nocturnal Overlord jusqu’à l’écrasant Seizure, In Cold Blood balance ainsi un death rugueux, brutal et sans concession, mais défile en revanche dans une parfaite linéarité. Ses riffs certes tranchants sont en effet trop similaires, pour atteindre le relief et l’inspiration des premiers joyaux de la formation, les redoutables The Ten Commandments & Retribution.

Traversant les années fades du deathmetal de l’époque, Malevolent Creation continue imperturbablement son chemin, délivrant son death conventionnel qui, à défaut d’être original, dégage une pureté et une force toujours aussi remarquables. In Cold Blood s’adresse en particulier à tous les adeptes du groupe floridien et du death US, à l’image du message sans équivoque de Jason Blachowicz : “special thanks to all who follow true extreme brutal death metal”. Vous voilà prévenus !

Fabien.

30 janvier 2008

Malevolent Creation : Eternal

Malevolent Creation : Eternal

Déjà relégué aux pauvres Pro Media Studios avec l’ingénieur du son Mark Pinske pour les sessions de Stillborn, en lieu et place des Morrisound Studios jugés trop onéreux par son écurie Roadrunner, Malevolent Creation trouve plus précisément la porte de sortie peu après la parution de son troisième album, évincé tout comme Immolation, Gorguts et Sorrow, faute à la politique opportuniste de son label ayant trouvé une nouvelle poule aux œufs d’or avec l’essor de Fear Factory ou Machine Head. Le groupe de Floride subit par ailleurs ses inévitables mouvements de line-up, affrontant non seulement le départ du redoutable batteur Alex Marquez, mais aussi celui de son chanteur emblématique Brett Hoffmann, au timbre éraillé si particulier.

L’infatigable leader Phil Fasciana ne se laisse toutefois pas démonter, dégotant un sacré batteur en la personne de Dave Culross, tandis que Jason Blachowicz s’empare du micro en plus de la basse. Malevolent Creation signe enfin un contrat de moindre envergure avec l’écurie Pavement Records (et SystemShock pour l’Europe), comme nombre de ses confères subissant à l’époque les effets liés au recul du deathmetal, pour citer Vader relégué chez Croon / SystemShock ou Nocturnus chez Moribound Records.

La bonne capture du quatrième album Eternal, aux Criteria et Innerface Studios, permet le retour du deathmetal fracassant de notre bulldozer nord américain, mal loti sur son précédent enregistrement faute au manque de mordant de ses guitares et à la relative confusion du mixage. Le groupe s’exprime avec davantage de rage et de lourdeur, les rythmiques retrouvant leur impact façon 38 tonnes de la période Retribution, à l’image du puissant titre d’ouverture No Salvation et du tout aussi écrasant Unearthly. Le ton global devient en outre plus radical & tapageur, le jeu de Dave Culross s’emballant régulièrement dans des parties en blast-beats, pour citer ses frappes impitoyables sur Infernal Desire ou Living in Fear. Enfin, si les beuglements gutturaux de Jason Blachowicz contrastent quant à eux avec le chant plus écorché de Brett Hoffmann, ils manquent en revanche de finesse et de variation, entrainant par ailleurs la perte non négligeable d’un pan de la personnalité initiale de Malevolent Creation.

Avec une hargne intacte, même retrouvée, Malevolent Creation revient ainsi avec un monolithe deathmetal puissant et convaincant, sans toutefois renouer avec le génie de ses débuts si marquants. En cette année 1995, relégués sur un label de second plan et privés du chant charismatique de leur ancien frontman, Phil Fasciana et ses acolytes subissent par ailleurs les conséquences de la baisse de popularité de la scène deathmetal au profit des scènes power US, revival black ou progressives émergeantes, mais gardent imperturbablement la tête haute, lâchant sans concession ce deathmetal d’une intensité et d’une authenticité toujours aussi notoires.

Fabien.

26 octobre 2007

Malevolent Creation : Envenomed

Malevolent Creation : EnvenomedAprès un Fine Art Of Murder poussif et décevant, mais fort d’un line up inchangé entre temps, Malevolent Creation décide de mettre les bouchées doubles lors de ses nouvelles sessions d’enregistrement aux Studios B en Floride. Le groupe revient alors en octobre 2000 avec un Envenomed gonflé à bloc, inspiré et teigneux, rappelant le terrible Retribution de 1992.

Envenomed démarre très fort avec les excellents Homicidal Rant et Kill Zone, développant une agressivité débordante, qui permet aux compositions de Phil Fasciana et de Rob Barrett de prendre toute leur ampleur. Sur les rythmiques complexes et carrées de Dave Culross, les guitares du duo Fasciana / Barrett assènent des riffs incisifs, soutenus par la voix charismatique de Brett Hoffman, arrachant littéralement et augmentant cette rage formidable. Le tempo rapide est brillamment maintenu par la suite, ne conférant pas le côté ennuyeux de Fine Art Of Murder.

Envenomed bénéficie de plus d’une très bonne production de Jeremy Staska, dotant l’ensemble d’un équilibre et d’une clarté exemplaires, apportant ce surcroît de puissance qui manquait cruellement sur le précédent album. Servi enfin avec une illustration originale et lumineuse de Travis Smith, Envenomed possède de nombreux atouts pour convaincre. Enfin pour les plus réfractaires, il existe aussi une version baptisée Envenomed II, commercialisée deux ans plus tard, contenant trois bonus, Epileptic Seizure et Confirmed Kill, deux titres des premières démos réenregistrés pour l’occasion, ainsi que Perish In Flames, reprise de l’incontournable Darkness Descends de Dark Angel.

Ainsi, de par sa qualité et sa nervosité, Envenomed montre non seulement Malevolent Creation plus déterminé que jamais, mais témoigne aussi de la bonne santé de la scène death metal US et de son regain d’intérêt justifié, à l’instar des redoutables Close To A World Below, The Infernal Storm, Black Seeds Of Vengeance et Gateways To Annihilation (Immolation, Incantation, Nile & Morbid Angel) sortis en ce bon cru 2000.

Fabien.

4 octobre 2007

Malevolent Creation : Doomsday X

Malevolent Creation : Doomsday XRejoignant désormais le club de Napalm Death, Cannibal Corpse et Hypocrisy, Malevolent Creation dépasse lui aussi le cap des dix albums avec ce Doomsday X bien trempé. Quittant Nuclear Blast pour Massacre Records, le groupe frappe effectivement fort, alignant le line up culte de ses débuts (Fasciana-Rubin-Blachowicz,Hoffman), à l’exception de son fabuleux batteur Dave Culross, qui n’avait rejoint le groupe qu’en 1995. Ultra motivés, les floridiens emmenés par l’inaltérable Phil Fasciana, déboulent ainsi avec l’une des galettes les plus rapides et heavy de leur carrière.

Dans un style 38 tonnes très rentre dedans, rappelant les terrifiants Retribution et Envenomed, Doomsday X débute sur les chapeaux de roue, avec des Cauterized et Culture Of Doubts brutaux et entraînants, suivi d’un Deliver My Enemy ou d’un Buried In The Nameless Grave aux alternances de blasts mortels et de riffs heavy particulièrement acérés. La production de l’opus est également de bonne qualité, avec une rythmique au son percutant et profond, mais possèdant par ailleurs une touche old school indéniable, qui la rend certes un brin datée, mais lui confère un côté rugueux très appréciable.

Enfin, Malevolent Creation sans Brett Hoffman, c’est un peu comme Morbid Angel sans David Vincent, donc autant dire que le retour du chanteur charismatique est une aubaine. Ce dernier apporte ce regain d’agressivité et cette personnalité incontestable, avec sa voix death thrash déchirante, contrastant avec le guttural plus conventionnel de Kyle Simmons sur les deux précédentes réalisations.

Avec l’unique objectif de dévisser un maximum de têtes, les gars de Malevolent reviennent donc en forme avec un redoutable Doomsday X écrasant, plaisant inévitablement aux fans du groupe, déçu par un Warkult un peu trop fade. Par contre, le death US linéaire et retro du quintette floridien risque d’ennuyer rapidement l’auditeur avide de deathmetal aux accents plus modernes et recherchés.

Fabien.

11 septembre 2007

Malevolent Creation : Stillborn

Malevolent Creation : StillbornAprès le culte Ten Commandents et l’excellent Retribution, voici Stillborn, le troisième album de Malevolent Creation, sortant en cet automne 1993 sous le label Roadrunner. Entre temps, la formation floridienne perd le redoutable Rob Barrett, heureusement remplacé au pied levé par l’excellent Jon Rubin, transfuge de Monstrosity.

A travers une nouvelle pochette DanSeagrave, très réussie au passage, Stillborn annonce la couleur d’un death metal ancré dans la tradition floridienne. Son style lourd et écrasant, satisfaisant le fan acharné de death metal US, laisse toutefois un goût amer au métalleux désireux de voir la scène death metal évoluer, à l’image d’Individual de Death ou d’Heartwork de Carcass, indéniablement plus ambitieux.

Mais, même si les titres de Stillborn sont certes conventionnels, il n’en demeurent pas moins d’une qualité technique toujours remarquable, à l’image des très bons Way Of All Flesh & Stillborn, tranchants et superbement construits. La force de Malevolent Creation réside en effet dans ses rythmiques dévastatrices, avec le martèlement du dieu Alex Marquez à la batterie, au jeu terriblement puissant et carré, sur lequel s’appuient les guitares lourdes et acérées du duo Fasciana / Rubin.

Afin de conférer un nouvel angle à ses compositions, Malevolent Creation change toutefois d’ingénieur du son, tentant l’expérience avec Mark Pinske, auteur des sessions d’enregistrement d’Elements, 3ème album d’Atheist. Malheureusement, la production de Stillborn étouffe littéralement les morceaux, ceux-ci n’obtenant pas la clarté et le mordant insufflés dans les prod’s précédentes de Scott Burns. Les guitares se perdent alors dans un mixage brouillon, manquant d’intensité et ne parvenant dès lors pas à s’exprimer. Stillborn manque ainsi de cette puissance, qui symbolise pourtant l’essence même de Malevolent Creation.

Proposant des titres certes moins accrocheurs, servis de surcroît par une production en demi-teinte, Malevolent Creation rate donc le coche du troisième album. Le groupe est dès lors délaissé par de nombreux métalleux, qui désertent par ailleurs de nombreuses formations death metal, commençant sévèrement à se mordre la queue. Heureusement, la pureté et qualité intrinsèque de Stillborn, ajoutée à la foi inébranlable de Phil Fasciana, permettent à la formation de conserver une légion de fans irréductibles, désormais acquise à sa cause.

Fabien.

5 septembre 2007

Malevolent Creation : Retribution

Deux ans après l’incontournable The Ten Commandments, Malevolent Creation, excellent groupe de Death Thrash Ricain, sort sur Roadrunner toujours ce Retribution. Nous sommes alors en 1992, et la scène Death Metal bat son plein. Des tas de groupes sortent vers ces années leurs meilleurs albums, définissant le genre pour les années à venir. Comment va il en être pour le groupe Phil Fasciana? Bien qu’évoluant dans un style violent, le style de Malevolent Creation, qui se forge à cet époque, à un rendu moins brutal que certains combos comme Cannibal Corpse par exemple, de par cette persistante touche Thrash, et des solis plus mélodieux (tout est relatif).

La première chose qui m’a marqué à l’écoute de ce deuxième album, c’est le son. Bien, bien différent de celui de The Ten Commandments. La batterie et la basse, ayant un son assez sec, sont mixés très en avant, mettant en valeur le côté purement rythmique des compos. Pas de crainte, les guitares sont tout à fait audibles, les quelques rares solis se font mieux entendre, mais on dirait que celles ci sont légèrement étouffées. J’ai aussi pour ma part eu la sensation que les riffs étaient moins marquants, plutôt très simples et bourrins, comme si la mise en avant de la rythmique avait été intégrée dès le processus de composition. Mais la encore, pas de soucis, il subsiste quelques accords pas piqués des vers.

Le gros choc à l’écoute de ce disque, c’est la voix, absolument MONSTRUEUSE. On savait que Brett Hoffmann était un excellent vocaliste, mais là il s’est littéralement transformé en furie, son chant transpire la hargne. La aussi sa voix est mixée très en avant, plus que tout le reste d’ailleurs, pour un rendu saisissant. On a vraiment l’impression qu’il grogne à côté de vous. Excellent. Je n’avais plus eu cette impresssion depuis Panzerfaust de Darkthrone. Vraiment très bon. D’ailleurs le chant a une très large place dans l’espace des compos, il doit occuper quelque trois quarts du temps des morceaux. En général je m’interesse peu à la voix, mais là, c’est sur ce quoi je suis resté scotché pendant tout l’album. Comme un instrument à part entière, un mélange de grunts Death et de hurlements Thrash. Encore bravo Monsieur Hoffmann.

Retribution est d’une durée assez courte, moins de 35 minutes, le temps idéal pour une oeuvre Death de cette intensité. Ca me fait penser aux meilleurs Sinister. Pas besoin de plus. Pour moi les 5 premiers morceaux survolent le reste, en particulier Slaughter Of Innocence, No Flesh Shall Be Spared et surtout l’excellent Coronation Of Your Domain. La fin du disque est légèrement plus poussive, c’est plaisant, mais les titres plus courts comme Monster, The Coldest Survive et Mindlock sont moins marquants. Rien de bien grave. Les musiciens assurent tout de même, vivifiant le tout avec les traditionnelles cassures speed/ mid tempo propres au style, et quelques transitions et structures bien trouvées.

Un petit point négatif: je déteste ce genre de pochette avec ces couleurs criardes. Une petite faute de gout inhérente à l’époque. Malevolent Creation continue tout de même sur sa lancée, asseyant sa réputation, avec ce deuxième album néanmoins un peu au dessous du précédent, déjà rentré au Panthéon du Death Metal.

Sargeist. (www.spirit-of-metal)

Retribution n’est certes pas un classique comme Ten Commandments, mais une très belle pièce du death éetal. L’apport des rythmiques millimétrés d’Alex Marquez et de la précision des riffs de Rob Barret complètent parfaitement le jeu tranchant de Phil Fasciana et les vocaux arrachés de Brett Hoffman. A titre personnel, je considère le titre Coronation Of Our Domain comme le meilleur titre death metal de l’année 1992. Ce titre tue sur scène. Fabien.

> - Les guests -, Malevolent Creation — fabien @ 4:00

31 mars 2007

Malevolent Creation : The Ten Commandments

Malevolent Creation : The Ten Commandments

Alors que la scène extrême se remet tout juste du séisme floridien initié par Death, Morbid Angel, Obituary, Atheist & Deicide et ayant secoué la planète, c’est au tour de Malevolent Creation de mettre le feu aux poudres en ce tout début des nineties. Formé autour de Phil Fasciana dès 1987, le quintette fait rapidement parler de lui et atterrit en 1990 dans le bureau de Monte Conner, patron de l’écurie Roadrunner sur le territoire états-unien. Le groupe voit ainsi son fameux titre Decadence Within issu de sa seconde démo inclus dans la fameuse compilation deathrash culte du label parue en fin d’année, l’imparable At Death Door Vol.1 qui regroupe notamment Death, Pestilence, Deicide, Sepultura ou Obituary.

Très Attendu, le premier album de Malevolent Creation, baptisé The Ten Commandments, sort au printemps 1991, et est fort bien accueilli par la communauté deathmetal. Lors d’un classement à la fin de cette même année, le journal français Hard Rock Magazine n’hésite d’ailleurs pas à le classer quatrième dans le top 20 des meilleurs albums de death de l’époque. Tous les ingrédients sont effectivement réunis pour un plébiscite, comme la provenance du groupe de l’état de Floride qui attire de nombreux regards, la superbe illustration de Dan SeaGrave pour ce premier album, ou encore la production claire et incisive de Scott Burns aux fameux Morrisound Studios, au sein d’une scène deathmetal où les mots stéréotype et saturation n’ont encore peu de sens.

Il faut bien sûr avouer la qualité intrinsèque de The Ten Commandments, qui enchaîne ses dix titres à la perfection. L’album débute sur une intro très lourde, suivie de titres rapides et nerveux tels que Premature Burial et Remnants of Withered Decay, d’une violence et d’une précision rythmiques qui collent au tapis. Malevolent Creation renverse tout autant à l’occasion de nombreux breaks accrocheurs, pour citer la relance impeccable au cœur de Multiple Stab Wounds ou le riff central d’Impaled Existence tout aussi meurtrier. Bombardant à coups de Thou Shall Kill ou d’Injected Sufferage tout aussi renversants, la seconde partie de l’album frappe sans faiblir, pour se clore sur le titre éponyme d’un équilibre remarquable trouvant magnifiquement sa place en dernière position.

L’un des atouts de Malevolent Creation réside en outre dans le chant arraché de Brett Hoffman, qui apporte un mordant tout particulier, complétant une assise rythmique béton et une incision des riffs de chaque instant. Cette opposition entre agressivité thrash et cette lourdeur deathmetal donnent justement beaucoup de corps et de dynamisme aux compositions imparables de Phil Fasciana.

Fluide, massif et extrêmement bien ficelé, The Ten Commandements impressionne par sa rage et sa qualité, véritable coup de maître pour une première réalisation. Malgré ses atouts certains, Malevolent Creation reste toutefois en léger retrait des sommités deathmetal de l’époque, statut d’outsider qu’il n’arrivera d’ailleurs jamais a réellement dépasser. Son premier album arrive en effet un poil en retard, perdant le terrible impact rencontré par les Leprosy, Altars of Madness, Deicide paru quelques petites années plus tôt, à une époque où les codes du style était encore en pleine définition. Dans tout les cas, The Ten Commandements s’inscrit indiscutablement parmi les œuvres cultes du deathmetal du début des nineties.

Fabien.

30 mars 2007