Altars of Fab' Death

Massacra : Signs Of The Decline

Il fut un temps où la scène française était dominée par des groupes comme Crusher, Agressor, Mercyless… Si certains comme No Return ou Loudblast font encore parler la poudre, beaucoup d’autres en revanche ont disparu. Restent leurs albums, magnifiques témoignages d’une époque révolue (hoooo…).

Massacra… Le nom du groupe peut faire sourir les jeunes metaleux, mais je vous jure que le premier qui en rigole devant moi a mon pied au c… J’avoue que j’aurai du mal a rester objectif quand à leur musique car ce groupe represente plus que de simples albums, c’est toute ma jeunesse, des souvenirs, des suites en pagailles aussi… Pour moi Massacra est au death metal ce que la bière est à un concert : indispensable !

Bon, la zique… Signs of the Decline, sorti en 1992 est la troisième réaisation du groupe. Leur premier album Final Holocaust était typique d’une première réalisation : direct, instentané, impulsif, un peu dans l’esprit des premiers albums de Kreator mais en version death. Leur deuxième opus, Enjoy the Violence proposait des compos plus travaillées avec d’avantage d’ambiance, des parties lentes, bref, une brutalité mieux controlée. Quand à ce troisième, mamamia !!!

Massacra a parfaitement trouvé son équilibre et renforce la bestialité de ses compositions par des breaks incessants, des constructions hyper tordues mais complaitement maîtrisées. Je ne me suis pas amusé à compter le nombre de riffs par morceaux mais c’est assez affolant. Beaucoup de ces riffs restent impregnés de l’esprit thrash des années 80 et c’est une invitation permanene au head-banging, d’autant que tous les morceaux sans exeption sont bons. Faîtes vous sauter en priorité les tympans sur Civilization in Regression (avec ses breaks incensés), Excruciating Commands et Evidence of Abominations qui ouvre l’album de façon magistrale. Rien que les titres, ça en dit long !

La haine dégagée par cette oeuvre est pénetrante, les vocaux de possédé y sont pour beaucoup. Ecoutez Mortify The Flesh et vous comprendrez mieux ce que je veux dire. Un détail m’a toujours un peu gonflé par contre, ce sont les solos de grattes systématiquement éxecutés à la wha-wha. Question de goûts, mais c’est en décalage avec les compos je trouve. Mais bon, c’est un détail !

Avec ses deux réalisations suivantes le groupe calmera considérablement son jeu en s’essayant à un style plus accessible, plus “thrashy”, ce qui lui vaudra de perdre beaucoup de fans de la première heure, même si les albums en question n’étaient pas mauvais. Le guitariste Fred Death est décedé il y a quelques années et le groupe est en silence depuis. A ma connaissance aucune reformation n’est à ce jour prévue. En tout cas, Signs of the Decline est rangé dans ma discothèque avec Contaminations Rise de No Return, Sublime Dementia de Loudblast et Neverending Destiny d’Agressor.

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Ayant découvert Massacra à la sortie de Final Holocaust début 1990, j’ai toujours eu une préférence pour ses deux premiers albums. Sign Of The Decline reste toutefois un classique, clôturant parfaitement la trilogie death metal culte de la formation parisienne. Ces trois disques renferment une rage débordante, que peu de groupes ont dégagée depuis. Fabien.

> - Les guests -, Massacra — fabien @ 3:30

31 juillet 2007

Massacra : Enjoy the Violence

Massacra : Enjoy the ViolenceEnregistré en octobre 1989 et paru en tout début d’année suivante, Final Holocaust avait imposé Massacra parmi les formations les plus virulentes de notre jeune scène deathrash hexagonale, aux côtés de Loublast & Agressor. Le groupe parisien revient dès l’année suivante chez Shark Records, encore lié avec l’écurie allemande pour un album. Il doit ainsi retourner aux studios RASH du label, retrouvant l’ingénieur du son Uli Posselt. Mais cette fois, l’expérience du quatuor et de son ingénieur permet d’éviter le manque de lourdeur du premier jet pour obtenir enfin toute la puissance recherchée et lâcher un Enjoy the Violence aux caractéristiques deathmetal plus évidentes.

Massacra plante d’emblée le décor avec son morceau éponyme idéalement placé en ouverture, ce plaisir manifeste de violence idéalement retranscrit par les rythmiques fracassantes de Chris Palenguat, les riffs tranchant de JM Tristani & Fred Death, et les vocaux foncièrement gutturaux de Pascal Jorgensen. La suite n’en est que plus folle, avec un Ultimate Antichrist d’anthologie, véritable tourbillon d’agressivité et de haine, aux rythmes survoltés.

Massacra varie toutefois rapidement ses compositions après de tels tempi, lâchant tour à tour des morceaux aux rythmes plus écrasant (Gods Of Hate, Full of Hatred) et d’autres incorporant des plages acoustiques du meilleur effet (Revealing Cruelty, Near Death Experience), tout en conservanr cette haine constante, véritable fil conducteur de cet impitoyable Enjoy the Violence. Fred Death remplace enfin son acolyte derrière le micro sur Revealing Cruelty et Sublime Extermination, tout comme il l’avait habilemment fait sur deux titres de Final Holocaust.

En outre, au jeu désormais plus précis et plus meurtrier, le batteur Chris Palengat offre une assise idéale à ses collègues, permettant de lâcher des morceaux à l’impact immédiat. Massacra écrit parallèlement des compositions plus directes, évitant les quelques longueurs de son précédent et néanmoins redoutable effort.

Riche en rebondissements, véritable concentré d’agressivité et de haine impeccablement retranscrites par l’excellence de sa production, Enjoy the Violence est une oeuvre en tout point impitoyable, décisive dans la carrière de Massacra et plus généralement dans l’histoire du deathmetal hexagonal. Ce second album des parisiens trouve ainsi une place de choix aux côtés des très nombreuses ogives ayant marqué cette année 1991, démontrant définitivement combien la France encore à la traine il y a quelques années dans le style n’a désormais plus à rougir face à une concurrence sans pitié.

Fabien.

> - Les chroniques -, Massacra — admin @ 2:00

17 juillet 2007

Massacra : Final Holocaust

Massacra : Final HolocaustFormé en 1986, Massacra pratique un death/thrash métal à ses début, réalisant plusieurs démos prometteuses, qui attisent inévitablement la curiosité des labels. Privilégiant une structure moyenne par rapport aux géants comme Roadrunner, qui mettent très vite les groupes sur la touche, les parisiens concluent alors avec Shark Records, écurie possédant notamment à cette époque les deux premiers Sepultura (licence Congumelo), et venant de signer les jeunes hollandais de Thanatos.

Enregistré en octobre 89, Final Holocaust sort en février de l’année suivante, reprenant entre autre tous les titres de leur fameuse démo Nearer from Death. A l’instar du premier Loudblast (ou des premiers Pestilence & Thanatos), le death metal de Massacra, même s’il est particulièrement brutal, possède une touche quelque peu thrashisante, principalement dû à leur ingénieur du son, Uli Posselt, qui ne possède pas une culture death metal suffisante, leur permettant d’obtenir la lourdeur désirée, notamment dans la batterie, au son assez plat.

Malgré tout, le groupe obtient un son de guitares très tranchant, appuyé par la voix bourrine de Pascal (ou de Fred sur deux morceaux), conférant beaucoup de violence aux compositions. Ces dernières sont remarquables pour un premier album, techniques et très structurées, solides au niveau rythmique, et proposant des solis particulièrement agressifs.

Tout au long des 47 minutes de l’album (version CD avec deux bonus), Massacra fait preuve d’une grande inventivité, pour casser la linéarité engendrée par ce déferlement de violence, en proposant des intros lourdes (Final Holocaust), des refrains accrocheurs (Researchers Of Torture) ou des breaks techniques et écrasants (Sentenced For Life), rendant l’opus vraiment intéressant. Il faut d’ailleurs plusieurs écoutes attentives pour maîtriser la bête, mélange de brutalité et de technique, rendant les titres plutôt difficiles d’accès au premier abord.

Véritable concentré de haine, Final Holocaust impose Massacra comme le leader de la scène death metal française de l’époque, aux côtés de leur confrères de Loudblast. De plus, le contrat avec Shark Records, correctement distribué au niveau international, permet au groupe de s’exporter, notamment sur le territoire germanique, où il rencontre un succès notoire. Aujourd’hui encore, Final Holocaust est considéré comme un classique de la période death metal de Massacra, aux côté des deux réalisations suivantes du groupe.

Fabien.

> - Les chroniques -, Massacra — admin @ 2:00

6 juillet 2007