Altars of Fab' Death

Massacre (USA) : Inhuman Condition

Massacre (USA) : Inhuman ConditionPressé d’enchainer devant le succès de From Beyond, le label Earache Records demande à Massacre de sortir du nouveau matériel. Ce dernier n’a toutefois que deux compositions sous le coude, jugées suffisantes par son écurie pour la parution d’un EP (Extended Play). Ayant entre temps trouvé un second guitariste en la personne de Steve Swanson (en remplacement de Walt Trachsler ayant assuré discrètement l’intérim sur le debut-album), notre quintet floridien retourne alors aux Morrissound Studios en décembre 1991 pour la mise en boite d’Inhuman Condition, paru durant l’été suivant (en boitier slim dans sa version CD) et agrémenté d’une nouvelle illustration d’Ed Repka.

Si Inhuman Condition contient deux inédits, seule la piste éponyme en ouverture est une composition récente. On y retrouve un Massacre incisif, lâchant un deathmetal habilement ficelé où Steve Swanson s’intègre idéalement, ses leads soignées étant plus convaincantes que les coups de vibrato de Rick Rozz. Le bon et plus primaire Plains of Insanity est quant à lui un vieux morceau, puisque composé avant la première séparation de 1987. Pour compléter ces courtes sessions, Massacre enregistre aussi Warhead, une reprise de Venom tirée de son EP de 1984, s’intégrant difficilement au tout et valant surtout pour l’hommage et la présence au chant de Cronos aux côtés de Kam Lee. Enfin, pour les malheureux n’ayant pas eu le single Provoked Accurser tiré des sessions de From Beyond, le label a eu la sage décision d’inclure ce morceau en guise de rattrapage. Au final, on se retrouve avec un EP melting-pot néanmoins sympathique, présentant notamment un récent morceau solide qui laissait envisager une suite de bonne augure, avant que Massacre ne parte définitivement en vrille.

Fabien.

> - Les commentaires -, Massacre — admin @ 13:38

19 décembre 2012

Massacre : From Beyond

Massacre : From Beyond

Formé en 1984 par Allen West et Bill Andrews, Massacre prend plus particulièrement de corps et une direction précise dès l’arrivée de Rick Rozz et Kam Lee, et entame alors une carrière intrinsèquement liée à celle de Death. Le groupe est alors mis en sommeil durant la période Leprosy de Death, durant laquelle Rozz participe activement. Mais en 1989, alors que le guitariste se fait une nouvelle fois virer par Chuck Schuldiner, Dig Pearson, le boss d’Earache, supplie les deux acolytes de reformer Massacre, qui même sans album à son actif est déjà passé au rang de formation culte. Rozz et Lee redonnent alors vie au groupe, exhumant alors leur ancien répertoire des années 80, comme les mémorables morceaux Symbolic Immortality, From Beyond & Chamber of Ages.

Mais, peu avant l’entrée de Massacre en studio, un coup du sort permet l’assemblage d’un line up culte. Chuck Schuldiner, jugeant les conditions du tour européen insuffisantes, refuse la traversée et laisse ses collègues sur le carreau, qui recrutent en urgence Louie Carrisalez pour remplir les obligations de Death. Cet épisode ajouté aux humeurs versatiles du leader précipite le départ de Terry Butler & Bill Andrews dès la fin de la tournée, nos deux bonhommes excédés se tournant logiquement du côté de Rick Rozz et Kam Lee, tout heureux de retrouver non seulement deux anciens membres de Massacre durant les années 80, mais aussi deux interprètes des cultes Leprosy et Spiritual Healing.

De son côté, l’écurie britannique Earache Records, bien décidée à obtenir les albums deathmetal les plus influents, ne lésine pas sur les moyens, offrant à Massacre des sessions aux petits oignons aux Morrisound Studios sous la houlette de Scott Burns, ainsi qu’un mixage béton de Colin Richardson et une superbe illustration du maître Ed Repka (Death, Megadeth). Impressionné par tant d’atouts, chaque deathster attend alors impatiemment l’été 1991 pour le débarquement du bien nommé From Beyond, déjà culte avant sa sortie.

Calé entre l’aura des redoutables Leprosy et Slowly We Rot, Massacre lâche un deathmetal fidèle au style des eighties, bâti sur des structures relativement simples et des riffs conventionnels, mais aussi particulièrement assassins. Les leads torturées de Rick Rozz s’opposent aux guitares rythmiques tranchantes de Walt Thrashler, ami de la bande et uniquement présent durant les sessions d’enregistrement. Durant ses 38 minutes, From Beyond alterne ainsi des passages très entraînants à des breaks terriblement percutants, à l’image des redoutables Dawn of Eternity, Cryptic Realms, Biohazard ou du morceau éponyme tout aussi mémorable, puis achève l’auditeur grâce au guttural effroyable de Kam Lee et à ses ambiances glauques & saisissantes, pour citer l’incontournable titre Chambers Of Ages et son introduction lugubre & dramatique.

Si From Beyond ne révolutionne pas le genre en cette année 1991, ni en terme d’originalité, ni en terme de technique, reprenant les principaux codes de la scène deathmetal de l’époque, il possède en revanche un mélange redoutable entre riffs directs et atmosphères à couper au couteau. La plus grande force de Massacre en cette année 1991 est de sortir l’album que chacun attendait, ressuscitant ses morceaux classiques des années 80’s, pour hisser son premier album parmi les incontournables du deathmetal US. 

Fabien.

> - Les chroniques -, Massacre — admin @ 2:00

4 avril 2007