Altars of Fab' Death

Master (USA) : On the Seventh Day God Created Master

Master (USA) : On the Seventh Day God Created MasterMalgré quelques désaccords l’opposant à l’ingénieur du son Scott Burns sur le précédent enregistrement, Paul Speckmann décide tout de même de retourner aux Morrisound Studios en août 1991, pour les sessions de son second effort, modestement baptisé On the seventh day God CreatedMaster. Seul aux commandes depuis le départ de Bill Schmidt & Chris Mittlebrun, Speckmann recrute alors le batteur Aaron Nickeas, déjà présent sur ses projets parallèles Abomination & Speckmann Project, le guitariste Paul Masvidal (le temps des sessions), évoluant au sein de Death & Cynic (deux des groupes les plus techniques de l’époque), et invite enfin John Tardy d’Obituary, pour quelques growls sur deux morceaux.

Dès le largage de What Kind Of God et Latitudinarian, le son rugueux et les structures crues de Master sont immédiatement reconnaissables, massacrant à coups de riffs death thrash basiques. La recrue de Paul Masvidal laissait pourtant supposer une direction plus moderne et plus technique, mais invariablement, malgré un son plus deathmetal grâce à l’apport de guitares plus lourdes et de vocaux plus gutturaux, Speckmann reprend l’essence qui animait le groupe au milieu des eighties, bien décidé à conserver cet esprit punk sans artifice, commun à Master et son ancien groupe Deathstrike, deux influences majeures du metal extrême des années 80’s.

Toutefois, le manque de technique, notamment dans ses rythmes de batterie d’une relative linéarité, rend l’album assez obsolète, délogeant Master de son statut de maître dans les eighties, pour celui d’un groupe désormais dépassé par la puissance de feu de ses élèves, à l’instar d’Immolation ou Suffocation, qui sortent en cette année 1991 des Dawn of Possession ou Effigy of the Forgotten d’une brutalité et d’une complexité désarmantes.

Très proche du premier album éponyme, On the seventh day God Created lâche ainsi un death cru et sans fioriture, privilégiant l’efficacité avant tout. Direct dans ses riffs et ses structures, aux relents punk délicieux, l’album constitue ainsi un bon point dans la discographie de Master, qui doit en revanche nécessairement évoluer, pour ne pas définitivement être balayé par la concurrence impitoyable d’une scène deathmetal en pleine effervescence, en cette année 1991.

Fabien.

> - Les chroniques -, Master — admin @ 2:00

26 avril 2008