Altars of Fab' Death

Megadeth : Peace Sells… But Who’s Buying?

Peace Sells... But Who's Buying?

Après son éviction de Metallica et un Killing Is My Business certes prometteur mais à la production malheureusement assez moyenne, Dave Mustaine revient en cette année 1986 directement chez une major (Capitol) avec un Megadeth à l’identité désormais inattaquable et un Peace Sells bien plus convaincant. Premier point fort, la pochette dévoilant un logo plus métallique, mais aussi un superbe dessin du maître Ed Repka montrant la mascotte Rattlehead au cœur d’un décor apocalyptique, sur des tons bordeaux si chers à notre illustrateur. A l’image du design, la musique du quatuor s’avère tout aussi renversante.

D’entrée, Megadeth terrasse avec un Wake Up Dead d’anthologie, figurant parmi les plus grandes tueries thrashmetal jamais entendues. L’intensité croît implacablement au fil du morceau à coups de riffs de plus en plus acérés et de soli endiablés, pour finir en apothéose sur les vocaux hargneux de Dave Mustaine soutenus par des hordes de fans déchaînés, idéalement mis en image dans le clip mémorable accompagnant l’album à sa sortie. Puis, l’aura devient maléfique sur le terrible The Conjuring, tandis que le titre éponyme nous entraine dans un riffing de folie magnifiquement ouvert par la basse claquante de Dave Ellefson, et que le dernier titre de cette face vinyle nous expédie sur l’ile du diable, sur des guitares tout aussi diaboliques.

L’ambiance se noircit considérablement à l’ouverture de la face B, sur un Good Morning / Black Friday montant si bien en intensité et prenant directement au tripes, avant que Megadeth nous assomme une fois encore par les riffs féroces et les vocaux teigneux de Dave Mustaine, sur les tout aussi imparables Bad Omen et My Last Words. Durant 34 minutes n’ayant jamais parues aussi courtes, le quatuor maîtrise idéalement l’équilibre entre passages apaisants et moments de tension insoutenable, apportant non seulement un relief et une force considérable à l’ensemble, mais lui conférant aussi cette ambiance unique, à la fois sombre et terriblement brutale. Le seul point faible réside à mon humble avis sur de la reprise I Ain’t Superstitious de Willie Dixon en décalage et sans cette même intensité.

Peace Sells reste également associé à la grande maîtrise technique de ses interprètes, depuis la force couple basse batterie de Gar Samuelson & Dave Ellefson, la précision & le tranchant des guitares rythmiques de Dave Mustaine & Chris Poland, jusqu’à la voix teigneuses du leader et ses soli époustouflants. Pour ne rien gâcher, l’ingénieur Randy Burns dote l’ensemble d’un son limpide et renforçant, l’inestimable profondeur de l’album.

Proposant sans conteste les compositions les plus thrash et les plus incisives de Dave Mustaine, Peace Sells s’inscrit parmi les réalisations les plus marquantes de la longue carrière de Megadeth. Le disque compte non seulement dans les albums thrashmetal les plus remarquables parus en cette terrible année 1986, aux côtés des incontournables Reign in Blood, Master Of Puppets, Pleasure to Kill ou Darkness Descends, mais figure plus généralement parmi les meilleurs disques thrash de tous les temps.

Fabien.

> - Les chroniques -, Megadeth — admin @ 4:15

22 juin 2007