Altars of Fab' Death

Merciless Death (USA) : Realm of Terror

Merciless Death (USA) : Realm of TerrorEn ce mois de mai 2008, fidèle à son label Heavy Artillery, Merciless Death revient battre les tympans des thrashers, déjà sous le joug d’Evil in the Night, son premier et précédent assaut. Les frères Torres et Dan Holder abandonnent cette fois les zombies d’Edouard Repka, pour une illustration tout aussi travaillée d’un autre maître, Andreas Marshall, mettant en scène un prêtre aspiré par les forces obscures.

Realm of Terror déboulonne d’entrée avec The Abyss, une intro percutante lançant parfaitement le thrash intraitable de Merciless Death. L’album bénéficie en outre d’un enregistrement puissant & équilibré, qui apporte un son incisif aux guitares, tout en respectant la rugosité propre à la formation californienne. Ainsi, la force de son thrash ajoutée à la qualité de la production forment un cocktail détonnant, où se succèdent rythmiques entrainantes, guitares assassines, breaks tranchants et chant teigneux, tel l’impitoyable The Gate et ses rafales de riffs renversants.

Conservant un thrash particulièrement hargneux, Merciless Death digère également mieux ses influences et soigne parallèlement ses ambiances, à l’image de l’interlude Fall To The Pentagram, lui permettant d’épaissir judicieusement son style. Possédant la vitesse de Strappado (Slaughter), embrassant l’aura sombre de None Shall Defy, Urm The Mad & Seven Churches (Infernal Majesty, Protector, Possessed), dégageant des accents Slayeriens délicieux sur les soli emballés de Dan Holder, Realm of Terror synthétise ainsi l’esprit thrash ‘evil’ des années 80 avec une justesse remarquable.

Aussi rugueux & percutant que son prédécesseur, aux colorations rétro tout aussi exquises, Realm of Terror balance 28 minutes de thrash dense & authentique, risquant d’emballer le rythme cardiaque de nombreux thrashers, béats devant son atmosphère endiablée et l’efficacité de ses riffs. S’imprégnant parfaitement de l’essence du thrash des eighties, tout en affirmant sa pleine personnalité, Merciless Death devient désormais aussi précis et meurtrier qu’une balle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless Death — admin @ 2:00

23 juin 2008

Merciless Death (USA) : Evil In The Night

Evil In The Night

Merciless Death, à l’instar de Municipal Waste, est fermement décidé à faire revivre le thrash des années 80’s. Les Waste sont par contre plus orientés Anthrax, D.R.I ou Nuclear Assault, alors que Merciless Death est plus cru, balançant une musique au croisement des premiers Kreator, Destruction, Razor & Dark Angel.

Le groupe se forme en Californie en 2003 autour des frères Torrès et du guitariste Dan Holder, puis, après une démo enregistrée en 2004, il autoproduit deux ans plus tard son premier album, finement intitulé Evil In The Night. En mars 2007, la petite structure Heavy Artillery commercialise finalement la réalisation en format vinyle et CD, commandant au passage une nouvelle pochette au maître Ed Repka, qui se fait un malin plaisir à signer une superbe illustration, genre vintage horror movie.

A l’image de la couverture d’Evil In The Night, Merciless Death est vraiment thrash retro jusqu’au bout des ongles : l’intérieur du livret présente le groupe avec baskets hautes, badges & patchs de rigueur, ainsi qu’un assemblage de photos comme à la vieille époque, sans oublier la liste remerciant tous les vieux groupes thrash, ainsi que les fuck off traditionnels. Enfin, les paroles complètent le tableau, aux titres comme Burn In Hell ou Final Slaughter, particulièrement évocateurs.

Côté musique, le groupe ne s’embarrasse d’aucune fioriture, jouant un thrash direct sans compromis ; les guitares sont très agressives et balancent des rythmiques rapides, à la old Possessed & Destruction, supportées par la voix d’Andy Torres, aussi râpeuse que celle de Steve Souza, et par des soli rapides comme l’éclair. Enfin, avec une production rugueuse à souhait, mais aussi relativement claire, l’ambiance thrash 80’s est ainsi restituée à la perfection, et le tout dépote sévèrement. Les morceaux ne sont certes pas hyper techniques et tous plus ou moins bâtis sur la même recette, donc même si le disque est expédié en 25 minutes, on ne peut s’empêcher de trouver au final une certaine linéarité.

Même s’il est moins fouillé que les réalisations de Municipal Waste, Evil In The Night est un album néanmoins très intéressant, à conseiller au thrasher nostalgique des eighties, désirant avant tout écouter un speed direct, et passer un bon moment en se déboîtant tranquillement la tête, et de ce côté-là, le disque est fichtrement réussi.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless Death — fabien @ 12:45

6 juillet 2007