Altars of Fab’ Death

Merciless : Merciless

Pionnier du death métal suédois aux côtés de Nihilist, Carnage ou Grave, Merciless reste sans doute l’un des groupes les plus mésestimés, faute aux budgets insuffisants de ses labels respectifs, pour assurer une distribution correcte de ses albums et lui permettre de partir en tournée. Cette malchance qui le poursuit au long des années, malgré la qualité de ses réalisations, précipite ainsi son retrait peu après la sortie d’Unbound, son troisième album paru au printemps 1994.

Sans s’être véritablement séparé, le quatuor revient alors en mai 2002 avec le même line up, rejoignant Nico Elgstrand au Dog Pound Studio. L’album baptisé simplement Merciless sort seulement l’année suivante chez la petite écurie Black Lodge, une fois encore dans le plus parfait anonymat, flanqué en plus d’une illustration de Micke Svanberg (Dark Funeral) guère aguicheuse.

Délaissant les touches épiques de son précédent album, Merciless retourne au death thrash direct et sans fioriture qui le caractérisait à ses débuts. Les rythmiques de Karlen & Peter sont agressives, soutenant les riffs speed d’Erik et ses quelques pointes mélodiques sur les soli. Depuis les riffs intraitables de Violent Obsession jusqu’à aux atmosphères plus épaisses d’In Your Blood, en passant par Mind Possession (reprise du culte The Treasures Within), ou encore par l’entrainant Cleansed By Fire (composé spécialement par Jorgen Sandström (Ex-Grave)), l’album conserve délibérément cette coloration death thrash rugueuse et agressive, renforcée par les vocaux éraillés de Rogga.

Renvoyant une image figée vers la fin des années 80, entre le thrash allemand et les débuts de la scène death métal suédoise, Merciless (l’album) s’adresse avant tout aux nostalgiques de l’époque, risquant ainsi de décevoir les néophytes ne maîtrisant pas les premiers disques de la formation. Sans percuter à la hauteur de ses brillants successeurs, l’album balance néanmoins un death thrash racé, basé sur le feeling et l’authenticité des riffs, à l’opposé des nombreuses productions aseptisées du moment.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless — fabien @ 8:15 am

January 1, 2003

Merciless : Unbound

UnboundDeux ans après l’incontournable Treasures Within, passé malheureusement inaperçu, Merciless, pionnier de la scène death metal scandinave, change alors de label, atterrissant chez l’écurie suédoise No Fashion. Le groupe entre dès lors en studio sous la houlette de Dan Swanö, se concrétisant par la sortie de Unbound début 1994, son troisième album, en déjà huit ans de carrière. Petit changement au niveau du line up, puisque Stipen est remplacé par Peter Stjärnvind, connu pour ses nombreuses participations dans des combos suédois, et plus récemment chez Entombed.

A l’image de la superbe illustration de Kristian Wahlin (Necrolord), Merciless décide d’étoffer son death rapide, en insufflant des accents épiques et progressifs sur trois morceaux, les excellents Unbound, Back To North et Lost Eternally, lui donnant un côté viking particulièrement réussi. Ces trois titres mêlent ainsi les passages rageurs typiquement Merciless, à des choeurs (de D.Swanö), des acoustiques ou des solis apaisants, qui leur confèrent cette touche mélodique délicieuse.

Les cinq autres titres d’Unbound sont toutefois plus conventionnels, reprenant la recette death thrash des deux précédentes réalisations, s’avèrant même au final moins percutants, notamment en regard du fabuleux The Treasures Within. Enfin, côté production, Dan Swanö exécute un superbe travail aux studios Unisound, permettant au groupe d’obtenir un son très clair, tout en conservant son côté très agressif.

Délivrant un death thrash racé et mordant, distillant de surcroît une ambiance épique et viking envoûtante, Unbound est un album d’une qualité remarquable. Mais, malgré beaucoup d’espoir, Merciless obtient certes une reconnaissance indéniable, mais ne rencontre pourtant pas le succès pourtant amplement mérité, en partie faute à la scène death metal, qui commence irrémédiablement à décliner à cette époque.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless — admin @ 1:45 am

January 1, 1994

Merciless : The Treasures Within

The Treasures WithinDeux ans après The Awakening, premier album de death thrash exporté de Suède, Merciless décroche un contrat avec l’écurie Active Records, division de Music For Nations. Le groupe atterrit dès lors aux Sunlight Studios en juin 1991 pour les sessions de The Treasures Within, son second effort, qui ne voit pourtant le jour qu’en mars de l’année suivante, et s’avérant de surcroît très difficile à trouver.

Depuis ses débuts, Merciless montre des progrès pourtant très importants. Si The Awakening possédait une influence Kreator très marquée, le groupe s’affirme désormais avec The Treasures Within plus convaincant, personnel et abouti, servi de plus par une production incisive de Tomas Skogsberg, lui apportant beaucoup de relief et un surcroît d’agressivité.

The Treasures Within balance des titres énergiques et violents, emmenés par le jeu de batterie rapide de Stipen et les riffs tranchants d’Erik Wahlin, soutenus par la voix déchirée de Rogga, aux timbre vraiment unique. En 10 morceaux, dont le très bon instrumental Act Of Horror ou le redoutable Mind Possession, Merciless délivre ainsi un death de grande qualité, aux accents thrash délicieux, lui conférant toute son originalité et son côté catchy, lui permettant dès lors de se démarquer des formations death caverneuses de l’époque.

Mais malgré son originalité et sa qualité indéniables, The Treasures Within ne parvient pas à imposer Merciless, faute à une promotion lamentable de son label. Les suédois livrent pourtant une seconde réalisation s’inscrivant directement dans les classiques du death metal, et figurent sans conteste parmi les formations death les plus influentes de Suède, au côté de Grave, Unleashed, Entombed ou Dismember.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless — admin @ 12:30 am

January 1, 1992

Merciless : The Awakening

Formé en 1986 autour d’Erik Wahlin & Fredrik Karlen, Merciless figure sans conteste parmi les pionniers suédois ayant poussé le thrash aux portes du death métal, style pratiquement inexploré dans la Scandinavie du moment. Deux démos plus tard, complétant entre temps son line up avec Rogga & Stipen, le groupe croise inévitablement la route du défunt Oystein Aarseth, figure de la scène extrême nordique de l’époque avec son groupe Mayhem & son mini album Deathcrush. Le leader norvégien propose ainsi l’enregistrement d’un album et sa sortie sur son propre label DSP, qu’il vient tout juste monter, n’ayant encore aucune production à son actif.

Merciless rejoint alors Stefan D au Tuna Studio durant cinq journées consécutives de juillet 1989, pour les sessions de The Awakening. L’album sort tardivement en février de l’année suivante chez DSP, représentant ainsi la toute première sortie sur le label d’Oystein, privant toutefois le disque d’une promotion et d’une distribution conséquentes, faute à l’insuffisance de ses moyens.

D’une courte durée de 26 minutes, The Awakening transpire ses influences thrash prononcées, principalement issues de combos germaniques comme Sodom, Kreator ou Protector. Le couple rythmique de Stipen & Karlen reste majoritairement tapageur, soutenant les riffs rugueux & agressifs d’Erik, ainsi que les vocaux haineux & arrachés de Rogga, par ailleurs assez proches des éraillements de Mille Petrozza. L’ombre des premiers missiles de Kreator reste ainsi particulièrement perceptible, à l’image de titres tels que Realm Of The Dark ou Bestial Death.

Toutefois, Merciless possède un son, une identité & un style déjà très caractéristiques, développant une lourdeur et un extrémisme rythmique inédit, lui conférant ces accents death métal marqués. Pure Hate & Denied Birth déploient ainsi des structures massives & brutales, DreadFul Fate assomme avec son break fracassant, tandis que le culte Dying World (titre repris sur le second album) lacère avec ses riffs tranchants et lamine sur ses accélérations dans pitié.

Passerelle entre le thrash de Pleasure To Kill et le death de Scream Bloody Gore, The Awakening s’impose parmi les détonateurs portant la scène scandinave de l’époque vers des sphères death métal pratiquement vierges dans ces contrées. L’album reste cependant brut de décoffrage, montrant avant tout un jeune groupe débordant de fougue & d’énergie, mais nécessitant encore une certaine maturité avant la pleine maîtrise de son style, parfaitement calé dès l’impitoyable successeur, le terrible The Treasures Within.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless — fabien @ 10:30 am

January 1, 1989