Mercyless : Coloured Funeral
Suite à l’excellent Abject Offerings, Mercyless parvient à signer chez un gros label, le fameux Century Media, annonçant de gros espoirs pour le quatuor mulhousien. La formation, qui affiche toujours le même line up, comprenant notamment le redoutable Gérald Guenzi derrière les fûts, rentre alors aux studios TT en Allemagne, avec des moyens conséquents, enregistrant sous la houlette des experts Colin Richardson (Carcass, Bolt Thrower) et Tim Buktu (Massacra, Protector).
Sur une production très ample et très soignée, Coloured Funeral propose un death metal de grande qualité, très posé, sur une rythmique sans faille de G.Guenzi. Les guitares sont lourdes et apportent un regain de puissance, en opposition aux nombreux passages très fins, comme les breaks des excellents Mirrors Of Melancholy ou Forgotten Fragments, ou encore le refrain acoustique du fabuleux Strange Emotion. Tous les morceaux contiennent ainsi ces petits plus, qui leur confèrent cette grande richesse, se dévoilant écoute après écoute.
Or, même si Coloured Funeral est d’une qualité indéniable, il reste néanmoins moins marquant qu’Abject Offerings, affichant une pochette belle mais plutôt terne, ainsi qu’une musique trop conventionnelle. Il a de plus le malheur de sortir fin 93, la période la plus chargée de l’histoire du death metal (Dismember, Sinister, Hypocrisy Unleashed, Entombed, Carcass, Pestilence, Atheist, Malevolent Creation, Edge Of Sanity, etc.). Dans ces conditions, Mercyless ne parvient logiquement pas à s’imposer, malgré sa présence chez le puissant Century Media.
Coloured Funeral est donc un album à redécouvrir pour tous les death metalleux ayant été submergés par la déferlante death metal de cette fin d’année 1993, et l’ayant dès lors occulté ou relégué trop rapidement aux oubliettes. La qualité intrinsèque de ses morceaux, paroles & musiques comprises, mérite en effet une écoute attentive, et permet ainsi à Mercyless de clore sa période death metal de très belle manière.
Fabien.
