Altars of Fab’ Death

Mercyless : Coloured Funeral

Coloured FuneralSuite à l’excellent Abject Offerings, Mercyless parvient à signer chez un gros label, le fameux Century Media, annonçant de gros espoirs pour le quatuor mulhousien. La formation, qui affiche toujours le même line up, comprenant notamment le redoutable Gérald Guenzi derrière les fûts, rentre alors aux studios TT en Allemagne, avec des moyens conséquents, enregistrant sous la houlette des experts Colin Richardson (Carcass, Bolt Thrower) et Tim Buktu (Massacra, Protector).

Sur une production très ample et très soignée, Coloured Funeral propose un death metal de grande qualité, très posé, sur une rythmique sans faille de G.Guenzi. Les guitares sont lourdes et apportent un regain de puissance, en opposition aux nombreux passages très fins, comme les breaks des excellents Mirrors Of Melancholy ou Forgotten Fragments, ou encore le refrain acoustique du fabuleux Strange Emotion. Tous les morceaux contiennent ainsi ces petits plus, qui leur confèrent cette grande richesse, se dévoilant écoute après écoute.

Or, même si Coloured Funeral est d’une qualité indéniable, il reste néanmoins moins marquant qu’Abject Offerings, affichant une pochette belle mais plutôt terne, ainsi qu’une musique trop conventionnelle. Il a de plus le malheur de sortir fin 93, la période la plus chargée de l’histoire du death metal (Dismember, Sinister, Hypocrisy Unleashed, Entombed, Carcass, Pestilence, Atheist, Malevolent Creation, Edge Of Sanity, etc.). Dans ces conditions, Mercyless ne parvient logiquement pas à s’imposer, malgré sa présence chez le puissant Century Media.

Coloured Funeral est donc un album à redécouvrir pour tous les death metalleux ayant été submergés par la déferlante death metal de cette fin d’année 1993, et l’ayant dès lors occulté ou relégué trop rapidement aux oubliettes. La qualité intrinsèque de ses morceaux, paroles & musiques comprises, mérite en effet une écoute attentive, et permet ainsi à Mercyless de clore sa période death metal de très belle manière.

Fabien.

> - Les chroniques -, Mercyless — admin @ 2:45 pm

January 1, 1993

Mercyless : Abject Offerings

Abject OfferingsMerciless se forme en 1987 à Mulhouse, autour de Max Otero, Stéphane Viard & Gérald Guenzi, et fait partie des pionniers de la scène death metal hexagonale. Le groupe sort trois démos entre 88 et 90, ainsi que le titre Without Christ figurant, aux côtés des morceaux de Loudblast et de ses voisins de Mestema & Frayeurs (Crusher), sur la compilation Total Virulence, la première compile death/thrash française ! Durant cette période, le groupe change son nom en Mercyless, à cause du Merciless suédois, puis signe avec l’écurie britannique Vinyl Solution, déjà connue pour les albums de Cancer, Bolt Thrower et Cerebral Fix.

Le quatuor enregistre alors Abject Offerings en 1991, bien que le disque n’arrive que tardivement dans les bacs, en juin de l’année suivante, avec une illustration admirable de Salvatore Dali à la clé (Christ Of St.John On The Cross - Glasgow Museum).

L’album balance un death metal très pur, à dominante mid tempo, collant parfaitement au style de l’époque, rappelant des réalisations aussi cultes que Leprosy (Death) ou Eternal Fall (Morgoth) ; par ailleurs, la voix de Max Otero, d’un guttural très profond, se situe entre les timbres de C.Schuldiner et M.Grewe, hurleurs respectifs des deux formations précitées.

Abject Offerings montre Mercyless solide, en commençant par Gérald Guenzi, l’un des batteurs métal les plus remarquables de cette époque, possédant une frappe d’une précision et d’une puissance exemplaires ; ses rythmiques très maîtrisées permettent au couple de guitaristes Otero / Viard d’asséner des riffs de grande qualité, à l’image de l’excellent Substance Of Purity. Par ailleurs, le groupe réussit pleinement le contraste entre les passages intenses et ceux plus apaisants, comme sur Selected Resurrection et son break acoustique suivi d’un passage lourd et d’un solo magnifique. Enfin, pour ne rien gâcher, la production Colin Richardson est encore une fois d’une clarté et d’une profondeur renversantes, apportant toute l’intensité demandée.

Avec Abject Offerings, Mercyless offre l’une des plus belles réalisations death metal françaises des débuts, lui permettant rapidement de signer avec le label Century Media. Malheureusement, le groupe ne connaît pas le succès de ses confrères Loudblast et Massacra, faute au disque sorti un peu trop tard, alors que l’explosion du death metal a déjà eu lieu, et que ses productions se multiplient. Pourtant, la qualité intrinsèque des morceaux est indéniable, comblant certainement tous les metalleux, fans de l’approche death metal des formations des early 90’s.

Fabien.

> - Les chroniques -, Mercyless — admin @ 4:15 am

January 1, 1992